lundi 22 avril 2024

Jazz à Juan, la nuit des divas

Jazz à Juan, la nuit des divas

Encore enivré par l’incroyable réussite de la première édition du festival UMOF à Deauville en mai dernier, je me retrouve quelques semaines plus tard sur la Côte d’Azur pour la 62e édition de Jazz à Juan… Son programme éclectique est alléchant, puisque dès le premier soir deux divas du Jazz seront sur la scène Pinède Gould en ce 17 juillet de l’an 2023.

Samara Joy, l’étoile au zénith va illuminer la scène de Jazz à Juan
Native du Bronx dans l’état de New-York, âgée de 23 ans, la jeune Samara ouvrira la scène à Dee Dee Bridgewater en ouverture de la 62e édition de Jazz à Juan. Comme son illustre compatriote, on devrait la revoir souvent à la Pinède-Gould. Je ne l’avais jamais vu sur scène, mon attente était donc immense, mais j’avais aussi un peu l’appréhension de découvrir une chanteuse un peu trop surdouée et d’ores et déjà cataloguée comme la digne héritière d’Ella… Tu parles d’un héritage, défi immense !
Alors elle est apparue très grande et tout sourire , en toute simplicité, dans sa robe en lamé, sous une salve d’applaudissements de la foule déjà conquise avant même  la première note.
Alors j’ai retenu mon souffle tel un apnéiste qui va découvrir l’ivresse des profondeurs !
Il y a eu cette voix. D’une incroyable profondeur, tellement mature que l’on pourrait aisément croire qu’elle a été patinée par la vie. Et cette prestance, cette photogénie propre à toutes les reines du jazz…quel enchantement. Et dire qu’elle n’a que 23 ans !

Jazz à Juan 2023

Samara Joy, 23 ans, ouvre la 62è édition de jazz à Juan

Elle égrène un répertoire de reprises totalement revisitées, mais aussi des inédits…un enchantement. Samara Joy s’inscrit dans la lignée des grandes chanteuses de jazz, avec respect et humilité tout en apportant sa touche personnelle et en traçant sa propre voie, montrant aussi l’intemporalité de ses illustres aînées.
L’hiver dernier, son deuxième disque, Linger Awhile, l’a fait basculer dans une autre dimension, avec deux Grammy Awards à la clé : meilleur album jazz vocal et meilleure nouvelle artiste, tous genres confondus.
« Je n’aurais pas pu espérer mieux, pour être honnête. La manière dont j’ai été acceptée, dont les gens accueillent ma musique est incroyable. Je prends ces récompenses comme un signe qui montre que je vais dans la bonne direction. Je ne me dis pas que je suis déjà arrivée. » nous assure-t-elle. Élevée dans une famille où le gospel était la tasse de thé, elle a pris goût à la note bleue sur le tard. Ce qui ne l’empêche pas de connaître ses classiques.  « Je n’aurais jamais pensé me retrouver ici. J’ai vu tellement d’enregistrements de performances ici, comme ce fameux live d’Ella Fitzgerald avec les cigales. Une grande part de l’histoire du jazz a pris forme à Juan. Me retrouver ici, ça a un côté irréel… C’est encore plus beau que ce que j’imaginais. » Elle nous remercie et s’étonne encore de voir ce public debout et reconnaissant, tant elle chante comme elle respire.
Que c’est beau la jeunesse, surtout avec un tel talent !

jazz-juan-Dee Dee Bridgewater ļ Hernan Rodriguez

Dee Dee Bridgewater enflamme la pinède de Juan. ©Fernan Rodriguez

 

Le rideau se referme. Le temps pour les musiciens de Dee Dee Bridgwater de s’installer sur cette scène magistrale de la Pinède Gould.
Dee Dee revient cette fois-ci avec We Love Ella, un projet hommage à la légendaire Ella Fitzgerald.  Le Big Band de jazz, The Amazing Keystone Big Band, lauréat des Victoires du jazz 2018 dans la catégorie « Groupe de l’année », se produit à ses côtés et réinvente les plus grands succès d’Ella, dans la même Pinède Gould où cette dernière dialoguait avec des cigales près de 60 ans auparavant… Pas une ride et une joie d’être sur scène jubilatoire…

Décidément le jazz ça conserve ! Jean-Loup Guest

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