mercredi 17 juin 2026

Steinway & Sons : l’art du piano réinventé, entre ombre et lumière

Dans les ateliers de Hambourg, là où chaque piano est façonné à la main comme une œuvre d’art, Steinway & Sons dévoile deux créations d’exception : Ultra Black et Ultra White. Deux éditions limitées, deux visions du monde, un seul souffle — celui du son absolu.

Hambourg, octobre 2025

Depuis plus d’un siècle et demi, le nom Steinway & Sons résonne comme une note suspendue entre ciel et terre. C’est l’écho d’un savoir-faire rare, né des mains d’artisans qui ont su apprivoiser le bois, le métal et le silence. Fondée en 1853 par Henry E. Steinway à New York, la maison a façonné le son de générations entières de musiciens, des salons feutrés du XIXᵉ siècle aux scènes éclatantes du monde contemporain.
Aujourd’hui, Steinway réinvente son propre langage en dévoilant deux créations d’exception : Ultra Black et Ultra White, deux pianos en édition limitée qui traduisent, chacun à leur manière, la rencontre entre la tradition et la modernité, l’ombre et la lumière. Et aujourd’hui, la légende s’offre une mue : Ultra Black et Ultra White, deux pianos comme deux respirations — l’une d’ombre, l’autre de lumière.
Fabriqués dans les légendaires ateliers de Hambourg, ces instruments d’art ne seront que 52 dans le monde, 26 pour chaque teinte, répartis entre les emblématiques modèles B et D. Deux essences opposées, deux gestes de design d’une précision presque spirituelle.
« Ces pianos incarnent la capacité de Steinway à honorer son héritage tout en explorant de nouvelles expressions du design », confie Guido Zimmermann, président de Steinway & Sons Europe. « Ce sont des instruments d’exception, mais aussi des œuvres d’art destinées à ceux qui célèbrent la beauté, la précision et la singularité. »

Sublime piano noir création de Steinway

Sublime piano noir, une création de Steinway en très peu d’exemplaires pour le monde entier.

Ultra Black : l’élégance du mystère

Ultra Black impose son souffle comme une nuit sans lune. Son noir profond, infini, absorbe la lumière sans la renvoyer, tel un secret. La ceinture Jet Black, les finitions métalliques en PVD noir, le clavier entièrement noir : tout concourt à une unité hypnotique.
Chaque détail est une intention, chaque nuance une respiration. La table d’harmonie, la plaque en fonte teintée Liquid Black Yellow, la signature gravée du logo Steinway : tout ici célèbre la densité du silence et la puissance contenue.

Ultra White : la clarté comme promesse

À l’autre extrémité du spectre, Ultra White respire la clarté et la lumière. D’un blanc satiné, presque diaphane, il évoque la page avant la musique, l’instant suspendu avant le premier accord. Sa ceinture en Pure White, sa plaque en fonte brillante et ses détails chromés forment un ensemble d’une grâce subtile.
On dirait un piano né d’un rêve de neige, une présence immobile et pourtant vibrante, dessinée pour les espaces où l’air lui-même devient son.

La musique réinventée : SPIRIO

Sous leur apparente perfection se cache une révolution invisible : SPIRIO | r, le système de reproduction haute définition signé Steinway.
Grâce à cette technologie, le piano devient un être vivant : il rejoue la musique avec la précision du souffle, le frémissement des marteaux, la pulsation des pédales. Avec SPIRIOCAST, deux Steinway à l’autre bout du monde peuvent partager une même émotion — comme si le pianiste était là, dans la pièce, à portée d’âme.

Quand Steinway rencontre Bentley : le raffinement en miroir

Pour célébrer ces deux créations, Steinway & Sons s’est allié à Bentley Motors. La maison britannique a présenté une Flying Spur Speed Arctic White au placage Piano Black : un dialogue entre deux icônes, deux traditions du luxe et de la précision.
Le bois, le cuir et le métal se répondent, comme deux langages qui se comprennent sans mots — celui du geste parfait, du temps maîtrisé, de la beauté qui ne cherche plus à plaire mais à durer.

Un héritage vivant

Depuis le premier atelier de Manhattan jusqu’aux manufactures d’aujourd’hui, chaque Steinway est une promesse tenue. Douze mille pièces, une année de travail, et la certitude que la musique peut être un acte d’amour.
De Rachmaninov à Lang Lang, d’Horowitz à Diana Krall, tous ont trouvé dans le Steinway un prolongement de leur âme.
Avec Ultra Black et Ultra White, la maison poursuit cette lignée. Ces pianos ne sont pas seulement des instruments : ce sont des présences. Des fragments d’éternité destinés à ceux qui voient dans un son le reflet d’un monde intérieur.

Avec Ultra Black et Ultra White, la maison ne se contente pas d’ajouter un chapitre à son histoire — elle la réinvente. Deux pianos, 52 exemplaires dans le monde, et la même émotion : celle d’une beauté qui ne vieillit pas.

La scène 114 de Nice accueille Emma Frank

Chanteuse et compositrice, Emma Frank vit à Brooklyn. Ses univers sont multiples. On retrouve le Jazz, le folk et la pop, on reconnaît les influences de Joni Mitchell, Carly Simon et Gretchen Parlato. Elle aime écrire ses chansons dont les textes abordent sa vérité personnelle. Elle exprime ses sentiments et raconte des histoires, universelles, à sa manière. Question de voix, question de choix : Emma Frank est elle-même, finesse et intelligence émotive dans l’interprétation, arrangements soignés, timbre de voix très différent des vocalises formatées.

La scène 114 de Nice accueille Emma Frank

Interiors, le nouvel album d’Emma Frank

Dans « Interiors », son dernier album, l’esprit des années soixante-dix transparaît partout, lui conférant une sensibilité onirique, quasi psychédélique. Emma Frank collabore avec ses producteurs, musiciens et amis de longue date, le guitariste Franky Rousseau et le fabuleux pianiste Dominique Mekky. Elle se produit régulièrement à New York, Montréal, Londres, Berlin et pour notre plus grand bonheur, elle est exceptionnellement programmée à la scène 114 de Nice. Une occasion de la découvrir (d’urgence) ou de la redécouvrir (pour le plaisir).


Billetterie : https://my.weezevent.com/emma-frank

Jazz à Juan 2023, divines divas. La magie opère !

On succombe au charme de deux exploratrices capables, en trois notes, de nous transporter dans leur univers émotionnel respectif, sur la scène de la Pinède Gould.

Sous le soleil couchant de Juan les Pins, la chanteuse du soleil levant nous enchante…

Presque vingt ans après avoir reçu le Grand Prix Jazz à Juan Révélations et son premier concert sur la scène de la Pinède Gould, la chanteuse coréenne Youn Sun Nah revient à Juan. Elle a sorti son nouvel opus intitulé Waking World début 2022, le premier dont elle a écrit l’ensemble des paroles et de la musique : onze chansons fidèles aux différents univers de sa discographie, empruntant parfois au jazz, à la pop, au folk et aux musiques du monde et révélant de nouvelles dimensions cinématographique et poétique.
Encore plus que sur ses précédents disques, le sillon de celui-ci est empreint de sa propre histoire. Un répertoire inédit donc qu’elle revisite sur scène, pour notre plus grand plaisir, avec un groupe qui l’est tout autant, compose d’une formation voix-basses-guitares-claviers, tout en nuances et aux changements d’atmosphères propres aux spectacles de Youn Sun Nah.

Melody Gardot, Jazz à Juan 2023.

A la nuit tombée, les cigales de la pinède font silence et la Divine Melody apparait

Chanteuse, auteur et compositrice américaine, Melody Gardot apparait sur la scène jazz il y a plus de dix ans. Consacrée Diva du Jazz en 2009 avec l’album My One and Only Thrill, Melody aime mêler folk, blues, bossa nova, RnB et pop à son jazz vocal. En 2020, elle dévoile Sunset in the Blue son cinquième album studio, rapidement devenu disque de platine.Melody Gardot en a fait du chemin depuis qu’elle a écrit son premier EP depuis un lit d’hôpital, victime d’un délit de fuite qui a failli lui coûter la vie. Utilisant les bienfaits thérapeutiques de la musique, elle développe depuis un son jazz très personnel, près de ses émotions.
à la sortie de son premier album, elle fut comparé Comparée à Joni Mitchell et Eva Cassidy. Au fil des années, Melody sait se réinventer sans perdre la sensibilité qui a fait son succès. Son dernier album, « Entre eux deux », co-écrit en 2022 avec le pianiste compositeur Philippe Powell ( le fils de Baden ), redonne vie au format piano et voix, y infusant une perspective nouvelle, empreinte d’une sensualité romantique.

Et, Jazz à Juan est transporté dans un univers brésilien aux effluves douces et parfumées.

Dès les premières notes, Melody Gardot nous envoûte avec sa voix veloutée et son charisme à fleur de peau. Philippe Powell ajoute sa touche de virtuosité et de sensibilité à chaque morceau, créant une harmonie parfaite entre les deux artistes. Les arrangements subtils et les influences brésiliennes donnent une nouvelle dimension à ces titres, transportant le public et moi en particulier dans une atmosphère enchanteresse. Melody Gardot et Philippe Powell démontrent leur évidente complicité sur scène, reflétant leur collaboration étroite dans l’enregistrement de l’album. Leur symbiose musicale se ressent à chaque instant, créant une magie indéniable qui enveloppe la Pinède Gould d’une douce aura tout au long du concert. Les autres musiciens jouent un rôle essentiel dans cette expérience musicale enjouée. La section rythmique apporte une base solide et groovy, tandis que les instruments brésiliens ajoutent des touches colorées et rythmiques à l’ensemble.

Le cadre enchanteur de Jazz à Juan, en bord de mer, ajoute une touche spéciale à cette soirée magique. Le public, transporté dans un voyage musical captivant, savoure chaque instant des concerts exceptionnels donnés par Youn Sun Nah, Melody Gardot et leurs musiciens respectifs.
Leur complicité musicale, les arrangements subtils et l’ambiance magique du festival ont fait de cette soirée un moment inoubliable pour tous les amoureux de ce Jazz métissé, sans frontière et au langage musical universel, qui ne cesse de me donner la chair de poule…

Un immense MERCI à Youn Sun, Melody et Philippe pour ce voyage merveilleux aux confins de l’âme… Jean-Loup Guest

Jazz à Juan, la nuit des divas

Encore enivré par l’incroyable réussite de la première édition du festival UMOF à Deauville en mai dernier, je me retrouve quelques semaines plus tard sur la Côte d’Azur pour la 62e édition de Jazz à Juan… Son programme éclectique est alléchant, puisque dès le premier soir deux divas du Jazz seront sur la scène Pinède Gould en ce 17 juillet de l’an 2023.

Samara Joy, l’étoile au zénith va illuminer la scène de Jazz à Juan
Native du Bronx dans l’état de New-York, âgée de 23 ans, la jeune Samara ouvrira la scène à Dee Dee Bridgewater en ouverture de la 62e édition de Jazz à Juan. Comme son illustre compatriote, on devrait la revoir souvent à la Pinède-Gould. Je ne l’avais jamais vu sur scène, mon attente était donc immense, mais j’avais aussi un peu l’appréhension de découvrir une chanteuse un peu trop surdouée et d’ores et déjà cataloguée comme la digne héritière d’Ella… Tu parles d’un héritage, défi immense !
Alors elle est apparue très grande et tout sourire , en toute simplicité, dans sa robe en lamé, sous une salve d’applaudissements de la foule déjà conquise avant même  la première note.
Alors j’ai retenu mon souffle tel un apnéiste qui va découvrir l’ivresse des profondeurs !
Il y a eu cette voix. D’une incroyable profondeur, tellement mature que l’on pourrait aisément croire qu’elle a été patinée par la vie. Et cette prestance, cette photogénie propre à toutes les reines du jazz…quel enchantement. Et dire qu’elle n’a que 23 ans !

Jazz à Juan 2023

Samara Joy, 23 ans, ouvre la 62è édition de jazz à Juan

Elle égrène un répertoire de reprises totalement revisitées, mais aussi des inédits…un enchantement. Samara Joy s’inscrit dans la lignée des grandes chanteuses de jazz, avec respect et humilité tout en apportant sa touche personnelle et en traçant sa propre voie, montrant aussi l’intemporalité de ses illustres aînées.
L’hiver dernier, son deuxième disque, Linger Awhile, l’a fait basculer dans une autre dimension, avec deux Grammy Awards à la clé : meilleur album jazz vocal et meilleure nouvelle artiste, tous genres confondus.
« Je n’aurais pas pu espérer mieux, pour être honnête. La manière dont j’ai été acceptée, dont les gens accueillent ma musique est incroyable. Je prends ces récompenses comme un signe qui montre que je vais dans la bonne direction. Je ne me dis pas que je suis déjà arrivée. » nous assure-t-elle. Élevée dans une famille où le gospel était la tasse de thé, elle a pris goût à la note bleue sur le tard. Ce qui ne l’empêche pas de connaître ses classiques.  « Je n’aurais jamais pensé me retrouver ici. J’ai vu tellement d’enregistrements de performances ici, comme ce fameux live d’Ella Fitzgerald avec les cigales. Une grande part de l’histoire du jazz a pris forme à Juan. Me retrouver ici, ça a un côté irréel… C’est encore plus beau que ce que j’imaginais. » Elle nous remercie et s’étonne encore de voir ce public debout et reconnaissant, tant elle chante comme elle respire.
Que c’est beau la jeunesse, surtout avec un tel talent !

jazz-juan-Dee Dee Bridgewater ļ Hernan Rodriguez

Dee Dee Bridgewater enflamme la pinède de Juan. ©Fernan Rodriguez

 

Le rideau se referme. Le temps pour les musiciens de Dee Dee Bridgwater de s’installer sur cette scène magistrale de la Pinède Gould.
Dee Dee revient cette fois-ci avec We Love Ella, un projet hommage à la légendaire Ella Fitzgerald.  Le Big Band de jazz, The Amazing Keystone Big Band, lauréat des Victoires du jazz 2018 dans la catégorie « Groupe de l’année », se produit à ses côtés et réinvente les plus grands succès d’Ella, dans la même Pinède Gould où cette dernière dialoguait avec des cigales près de 60 ans auparavant… Pas une ride et une joie d’être sur scène jubilatoire…

Décidément le jazz ça conserve ! Jean-Loup Guest

Emji, l’artiste du mois

Après avoir dévoilé le single Vegas en février dernier, Emji revient avec son deuxième opus intitulé Je, Tu, Elles. A découvrir absolument !

Son visage d’enfant est si doux, son regard si intense et sa voix si mélodieuse… Si vous ne connaissiez pas Emji, c’est l’occasion de découvrir cette jeune artiste talentueuse ! Elle nous revient avec un deuxième opus intitulé Je, Tu, Elles qui sortira le 17 mai prochain. Je, Tu, Elles est une nouvelle formule en trio féminin au rythme électro-pop et composé de dix chansons toutes aussi douces que séduisantes.Vous aurez aussi le plaisir de découvrir une reprise de la fabuleuse chanson de Lady Gaga et de Mark Ronson, Shallow, du film à succès A Star is Born…

Une soif d’évasion ? Emji sera votre compagnie idéale sur vos routes de campagne !


INFOS PRATIQUES :

Ce qu’il faut savoir sur l’artiste :

– En 2013, elle vend Emji & Les Âmes en noir, son premier EP, à 2 000 exemplaires en un an.

– En 2015, Emji est l’heureuse gagnante de la Nouvelle Star. En effet, la rousse incendiaire, comme elle fut nommée par André Manoukian, a fait sensation sur le plateau auprès du jury et du public. Elle obtient 2 millions de vues sur internet après la diffusion de ses reprises de Beyoncé, Crazy in love et de Chandelier de Sia. Puis, elle signe chez Polydor et sort un premier album intitulé Folies Douces.

– Sa merveilleuse voix angélique lui permet ensuite d’interpréter le rôle de Milady dans la comédie musicale Les 3 Mousquetaires.

A savoir en urgence : Emji entame une tournée d’une trentaine de dates à travers la France !!

Je, Tu, Elles d’Emji – sortie le 17 mai

Avec La Boule Rouge, c’est parti pour swinger !

La Boule Rouge

La Boule Rouge

Dans un style Art Déco, La Boule Rouge nous plonge au cœur de Paris, dans les années 20 dites les « Années folles« . Cette comédie musicale vous donnera l’envie de swinger toute la soirée !

Une histoire où tout commence
Le comptoir de la Taverne du Baron est le lieu des rêves où l’impossible devient possible à une époque où la guerre est belle et bien terminée, en laissant toutefois de profondes blessures aussi bien pour les soldats que pour les civils. Alors on danse – comme dirait Stromae – ! Cette nouvelle génération débridée, scandaleuse voire provocatrice rêve d’un monde meilleur et de briser les codes et mœurs traditionnels. Deux idéologies s’opposent, deux mondes se font face. D’un côté, la famille de l’Arquebuse, surtout le père Antoine, représente la figure autoritaire et traditionnelle de l’ancien monde tandis que les employés du comptoir rêvent de s’émanciper !

La Boule Rouge

La Boule Rouge

Un spectacle haut en chansons !
Des personnages touchants, des costumes sublimes, des voix mélodieuses… Entre joie, romantisme et rire, ce spectacle enchanteur m’a fait vibrer de mille émotions. Je me suis laissée emporter par l’histoire tout aussi touchante que festive.

A ne pas oublier, les fabuleux musiciens ! Ils nous ont transporté et dansé sur nos sièges. Ils nous font revisiter les grands classiques et de réécouter les plus grands succès de Claude François, de Nina Simone, de Jacques Brel… On en redemande encore !

La Boule Rouge est selon moi la comédie musicale la plus sublime depuis le début de l’année  !


INFOS PRATIQUES

Synopsis :
Comme d’habitude, Charles et ses amis errent dans les rues de Paris et terminent leur vadrouille au comptoir de la Taverne du Baron où les employés rêvent d’évasion et d’aventures. Mauvaise nouvelle… Il est temps de mettre les clés sous la porte. Cette tragique nouvelle offre une immense opportunité à Charles d’exceller auprès de ses parents, et plus particulièrement auprès de son père qui le perçoit comme un bon à rien… Charles a donc une idée innovante : transformer le comptoir en lieu de spectacle et de divertissement… au rythme du swing ! Mais chut, à vous de découvrir !

La Boule Rouge
Théâtre des Variétés
7 Boulevard Montmartre
75002 Paris
Réservation sur : http://www.theatre-des-varietes.fr/spectacles/la-boule-rouge.html
Tous les jeudis, vendredis et samedis à 20H.

Jazz à Juan, clap de fin sur déjà 58 ans de Jazz et de partages !

Et voilà… fin du 58e Festival de Jazz Juan 2018. C’est toujours déchirant de terminer quelque chose, c’est un peu comme une histoire d’amour qui commence et qui s’arrête  trop tôt. Comme dans toutes les  passions amoureuses on passe par toutes les émotions. Ça commence par des rencontres, des regards,  des vibrations, des rires, des joies, et parfois même des déceptions. Cette 58e édition du Festival Jazz à Juan n’a pas échappé à la règle. Mais avant de vous faire part de mes grands coups de cœur et de mes petits coups de gueule, un peu d’histoire.

– Le jazz est vif, douloureux, doux, tendre, lent ; il apaise, il bouleverse, c’est de la musique et ce qu’il rythme est vrai, c’est le pouls de la vie » a écrit la poétesse Andrée Maillet  !

Il était une fois Jazz à Juan…

Par un beau mois de juillet 1960, naquit le « 1er Festival du Jazz Européen » , dans le cadre idyllique de la pinède Gould à Juan les Pins, du nom du richissime américain Frank Jay Gould qui fit construire, au cœur de la petite station balnéaire le casino et un superbe palace, au milieu de cette pinède bordée de pins parasols centenaires, face à la Grande Bleue .
Le Festival de Jazz d’Antibes Juan-les-Pins fut le premier festival européen de jazz et rencontra très vite un grand succès. Et oui, Juan-les-Pins où Jazz à Juan fait swinguer la pinède Gould depuis 1960. Et depuis 58 ans, cet événement de renommée mondiale voit se produire, en juillet, tous les plus grands noms du Jazz ainsi que de nouvelles « pépites » internationales. Ce festival hétéroclite, où se mélangent toutes les tendances, attire chaque année des milliers d’amateurs de Jazz et réunit des orchestres des quatre coins d’Europe venus dans l’espoir d’être désignés « meilleure formation de Jazz européenne ». Depuis toutes ces années, Jazz à Juan a été reconduit, même malgré la concurrence du festival de jazz de Nice en 1971 et 1972.

Jazz à Juan, 1960, 2018

Première affiche Jazz à Juan 1960. ©Jazz à Juan

Sous la direction artistique de Norbert Gamsohn, Jazz à Juan a acquis une notoriété mondiale. Il est devenu le plus prestigieux festival après celui de Newport et a donné au jazz une diffusion sans précédent. En 1960, les États-Unis, berceau du Jazz, furent les invités d’honneur du festival de jazz d’Antibes. Participaient à cette première édition l’orchestre de Wilbur De Paris avec le bassiste Charlie Mingus, Bud Powell, Dizzy Gillespie ou encore Sister Rosetta Tharpe.
Durant le festival les musiciens en compétition durent se produire en deux lieux différents. Dans l’enceinte du stade Fort Carré d’Antibes et dans la Pinède Gould. Mais, dès la prestation du 10 juillet 1960 donné en hommage à Sidney Bechet dans la Pinède, les organisateurs comme les musiciens privilégièrent ce site.

De 2001 à 2009, Harry Lapp occupera la direction artistique du festival. La direction générale de Jazz à Juan est assurée alors par Philippe Baute, directeur de l’Office de tourisme. Depuis 2010, c’est Jean-René Palacio qui veille à la destinée de « Jazz à Juan ».

Longue vie à Jazz à Juan… et rendez-vous en 2019, mais Quid du « cru 2018 »… ?

Mon « Jazz d’Or »

va à Ibrahim Maalouf et Angélique Kidjo avec l’Orchestre de Cannes Alpes-Côte d’Azur pour l’opus « Queen of Sheba ». Pour ce métissage et cette osmose musicale entre Le classique et ce jazz aux couleurs d’Orient. Pour cet accord parfait  entre la trompette de Maalouf et la voix de Kidjo. Pour cette saga biblique sur les traces de la reine de Saba et du roi Salomon. Pour cette jubilation partagée entre Maalouf,  l’ensemble des musiciens et le public de la Pinède … comblé !

Mon « Jazz d’Argent »

est décerné  à Biréli Lagrène, Charlier, Sourisse et le multiquarium Big Band pour cet hommage explosif à Miroslav Vitous. Pour cette complicité musicale et humaine entre ces trois vieux briscards du jazz, réunis sur cette scène de Jazz à Juan afin de partager et de transmettre la musique de ce génie, trop tôt disparu, Miroslav Vitous.

Mon « Jazz de Bronze »

est dédié à Marcus Miller et Selah Sue pour leurs variations éclectiques de jazz funk pop RnB, rythmées par la guitare basse de Marcus Miller accompagné pour la circonstance  par la jeune chanteuse belge Selah Sue. Pour l’hommage poignant de Marcus Miller à son père récemment décédé. Et pour cette reprise tonitruante de « Come Together » à faire pâlir les Beatles de jalousie.

Mes Jazz « mi figue mi-raisin »

reviennent à Carla Bruni et Norah Jones. Ni la proposition musicale variée de la belle Carla, ni son univers vocal ne m’ont séduit…
Quant à Norah Jones… elle déroule tranquillement son répertoire folk et country sans prise de risque, sans surprise, sans véritable présence scénique, ni de réelle fusion avec ses musiciens…really sorry, Ladies !

Mon « Jazz de Cœur »

va sans conteste à la sublime diva Melody Gardot qui une fois de plus a réussi à séduire et à émerveiller son public. Melody possède tout : un talent fou et un charme sans égal. Une histoire personnelle poignante puisque elle a failli perdre la vie et l’usage de ses jambes à l’âge de 14 ans. C’est une épicurienne assoiffé de vie et de partage. Bref une grande Diva hors catégorie !

Mentions spéciales

à Lenny Kravitz qui nous a fait danser, à Eli Degibri le saxophoniste israélien qui nous a fait voyager, au jeune prodige arménien le pianiste Tigran Hamasyan qui nous a fait planer et à Dhafer Youssef, ce maitre de l’Oud qui nous a envoûté…

 

Longue vie au Jazz et à la liberté de créer pour tous ces artistes, unis par une langue de paix intemporelle…la musique !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian

 

Dhafer Youssef et Norah Jones assurent au Jazz à Juan 2018

L’Orient a traversé la Méditerranée avec la venue de Dhafer Youssef en première partie de Norah Jones. Ce chanteur et virtuose du oud (guitare arabe inspirée de la lyre), joue les passeurs entre musiques traditionnelles et jazz contemporain. Musicien autodidacte et vocaliste, à 51 ans, il incarne à merveille la fusion réussie entre chant soufi, musique arabe, jazz, électro et autres courants de la scène musicale mondiale.

« Miles Davis était mon maître, même si nous ne jouons pas du même instrument »

Ce disciple de Miles Davis a partagé la scène du 58e Jazz à Juan avec de jeunes musiciens américains pour présenter la musique de son album Diwan Of Beauty And Odd (2016), qui flirte avec des mélopées orientales et andalouses. Dhafer Youssef s’est imposé comme l’un des musiciens les plus prolixes de la dernière décennie. Le public de la Pinède ne s’y est pas trompé et lui a réservé un triomphe.

Puis arriva, dans un ciel bleu-nuit flamboyant, illuminé par les feux d’artifice de la baie de Cannes, LA diva, Norah Jones, très attendue elle aussi, passant avec élégance du piano à la guitare, de sa voix charmeuse et apaisante, dans son univers très personnel de jazz, country et folk. Geetali Norah Jones-Shankar, fille du « dieu » indien du sitar Ravi Shankar, s’est révélée en 2002 au grand public grâce à la sortie de son premier album Come Away with Me, véritable triomphe qui s’écoula à plus de 20 millions d’exemplaires et lui valu cinq Grammy® Award. Un plébiscite conforté par le succès de son récent album, Day Breaks qui a égrené cette soirée, d’une façon si douce et si tranquille, que les cigales pourtant en « saison d’amour », se sont endormies……chut, ne faisons pas de bruit, Norah est dans la place !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian


INFORMATIONS PRATIQUES


58e Jazz à Juan du 12 au 22 juillet 2018 pinède Gould Juan-les-Pins

Billetterie en ligne : www.jazzajuan com

Office du Tourisme : 60 chemin des Sables – Juan les Pins – www.antibesjuanlespins.com

Parking offre spéciale : 10,50€ de 18h à 02h00 – Parking du Palais des Congrès de Juan les Pins

 

 

 

Ibrahim Maalouf, c’était de « ouf » à Jazz à Juan !

Ibrahim Maalouf… Que faut-il en savoir ? Franco-libanais, né à Beyrouth, c’est un véritable homme-orchestre, un créatif intarissable, un trompettiste et pianiste également compositeur – notamment de musiques de films -, un arrangeur, producteur et professeur d’improvisation et de trompette. Son succès est fondé sur un métissage des genres, passant du jazz à la musique orientale ou au rock, parmi de multiples sources d’inspirations.

Sur la scène, il est suivi de près par la belle Béninoise, Angélique Kidjo, à la voix puissante et chaude, dont la musique s’inspire de divers styles, dont la pop africaine, le jazz et les musiques latines.

La scène grouille de musiciens. Une véritable arche de Noé qui s’agite sous une rythmique endiablée avec, en plus,  l’orchestre de Cannes Provence Alpes Côte d’Azur qui flirte avec l’imaginaire de Maalouf. Le son, les sons, la musique bondit et rebondit entre les musiciens. La jubilation est palpable. Le public aussi est acteur de ce partage !

Très à l’aise dans le rôle du compositeur-chef d’orchestre à la baguette et aux pas de danses très agiles, Ibrahim Maalouf passe d’un côté de la scène à l’autre, toujours très enthousiaste, alors qu’Angélique Kidjo reste très concentrée sur ses paroles. La chanteuse a écrit les textes des sept morceaux qui racontent chacun une énigme que la reine de Saba a posé au roi Salomon pour tester sa légendaire sagesse…Enivrant !

Conteur, globe trotteur musical, brasseur de cultures, agitateur pacifiste, Ibrahim Maalouf est un créatif impénitent, débordant d’une énergie ultra positive et communicative. On aime ce « gosse » heureux, sans cesse émerveillé sur scène et soucieux d’un partage permanent avec le public et d’un plaisir de transmettre.

Bref, Ibrahim Maalouf nous a offert un magnifique spectacle musical festif et jubilatoire, quasi hypnotique. Je crois même que je plane encore !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian


INFORMATIONS PRATIQUES


58e Jazz à Juan du 12 au 22 juillet 2018 pinède Gould Juan-les-Pins

Billetterie en ligne : www.jazzajuan com

Office du Tourisme : 60 chemin des Sables – Juan les Pins – www.antibesjuanlespins.com

Parking offre spéciale : 10,50€ de 18h à 02h00 – Parking du Palais des Congrès de Juan les Pins

 

Back in Juan… Ça groove avec Marcus Miller !

Soirée chaude, très chaude à Juan… Le Maître de la basse électrique Jazz et Funcky, « Mister Marcus Miller himself, from NYC », pénètre sur cette scène qu’il connait si bien, « ma deuxième maison » comme il dit, acclamé par un public complètement acquis à sa cause et salue la foule surchauffée dans un français quasi parfait ..
À 59 ans, il  a joué avec les plus grands, Miles Davis, Eric Clapton, George Benson, Aretha Franklin, Brian Ferry, Wayne Shorter, Herbie Hancock et Carlos Santana pour n’en citer que quelques-uns.
Orné de son fameux « pork pie hat » hérité  du saxophoniste Lester Young dans les années 1940 et symbole du be-bop…Marcus Miller nous propulse dans son tout dernier opus très funky « Laid Back », entouré par des musiciens exceptionnels .
Du côté des reprises, on trouve « Que Sera Sera » le standard que reprend la talentueuse  chanteuse Belge de RnB Selah Sue dans l’arrangement de Sly Stone….Génial !
Déjà enregistré sur « Afrodeezia », le thème Preacher’s Kid se teinte cette fois d’une émotion très perceptible. Marcus Miller dédie en effet ce morceau à son père récemment disparu. Son chant est porté par la complainte sacrée de la clarinette basse, autre instrument sur lequel Marcus Miller excelle… Poignant !
Final de ce concert ébouriffant, avec une nouvelle  version de « Come Together » des Beatles, à faire pâlir ses créateurs.
Merci Monsieur Marcus Miller pour le plaisir que vous nous avez procuré.

À très vite à Juan !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian

 


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