mardi 4 août 2026

Jardins du Temps : quand la mémoire se peint à Vernon

Du 20 septembre au 19 novembre 2025, le Pavillon des Jouets de Vernon accueille une exposition exceptionnelle : Jardins du Temps, signée de l’artiste peintre chinoise Gulistan. Dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine et des Journées Nationales des Artistes, ce rendez-vous gratuit invite le public à découvrir une œuvre rare, où se mêlent poésie, mémoire et dialogue culturel.

Formée en Chine et en Australie, Gulistan vit et enseigne aujourd’hui à Pékin. Sa peinture explore le temps, la mémoire et la lumière avec une sensibilité méditative qui la distingue sur la scène contemporaine. Loin des effets de mode, ses toiles évoquent l’intime, l’absence, la trace, suspendues entre Orient et Occident. Elle a déjà exposé à Paris, Florence, Shanghai ou encore Dubaï, et figure dans des collections prestigieuses, publiques comme privées.

Au Pavillon des Jouets – ancien bâtiment industriel sauvé des bombardements et transformé en lieu de création par l’artiste Gao Bo – ses œuvres trouvent un écrin singulier. Entre passé et présent, elles résonnent avec l’histoire du lieu et offrent au visiteur une expérience sensorielle hors du temps. Chaque toile devient ainsi un pont, reliant la sérénité orientale aux élans romantiques occidentaux.

Avec Jardins du Temps, Vernon s’inscrit au cœur d’un dialogue artistique international, où la mémoire se fait matière vivante et la peinture langage universel. Une invitation à contempler la beauté fragile des choses et à laisser le temps, le rêve et le silence guider le regard.


AFFICHE JARDINS DU TEMPS

Jardins du Temps, exposition, Vernon.

Infos pratiques :
Pavillon des Jouets – 134, route de Giverny, 27200 Vernon
Du 20 septembre au 19 novembre 2025
Ouvert les samedis de 14h à 18h
Entrée libre et gratuite

https://www.pavillon-des-arts.com/

La Fête des Bons Plants ! Un week-end de nature et partage au château de Broglie

Les 26 et 27 avril 2025, niché dans le charme discret de la Normandie, le magnifique château de Broglie, vous ouvre les portes de son potager pour une nouvelle édition de la Fête des Bons Plants. Un rendez-vous unique, à la croisée du jardinage, de la gastronomie et de l’art de vivre à la campagne. 

Une escapade bucolique dans un lieu d’exception

une allée des marchés aux plantes de l'événement Bons Plans au chateau de Broglie

Ce grand week-end est l’occasion rêvée de découvrir ce potager d’exception, habituellement fermé au public. En 2024, l’événement avait attiré plus de 3 000 visiteurs venus de Normandie et d’Île-de-France, séduits par cette atmosphère conviviale et inspirante. Pour 2025, le programme s’annonce encore plus riche.
Le paradis des passionnés de jardin
Une quarantaine d’exposants seront présents pour proposer une belle sélection de plantes, graines, outils, objets décoratifs et autres trésors pour embellir vos jardins. Parmi les incontournables : plus de 5 000 plants cultivés directement dans le potager du domaine, dont d’anciennes variétés de tomates, de choux et de cucurbitacées.

Cuisine sauvage et saveurs locales à l’honneur

Cette année, la Fête met l’accent sur le thème “De la cueillette à l’assiette”. Titiane Haton, herboriste et passionnée des plantes comestibles, animera des ateliers de cuisine et dédicacera ses livres sur l’art de cuisiner les plantes sauvages. Une belle manière de redécouvrir les trésors cachés de nos chemins et jardins.

Transmettre, partager, inspirer

D’autres rencontres viendront enrichir le programme. Le semencier Luc Devaux expliquera comment produire ses propres graines potagères, pour un potager plus autonome et respectueux des saisons.
Les enfants ne sont pas oubliés : création d’herbiers, jeux nature, et ateliers ludiques seront au rendez-vous.

Entre nature et technologie

L’innovation fait aussi partie de la fête, avec une démonstration du robot tondeur Segway Navimow, capable de fonctionner sans câble périphérique. Une solution efficace, utilisée dans des jardins prestigieux à travers l’Europe.

Une ambiance conviviale et festive

Tout au long du week-end, vous pourrez profiter d’une buvette et d’un salon de thé, participer à une grande tombola (avec des lots comme les délicieux chocolats Cluizel ou les jeux Sentosphère), assister à des conférences, et surtout, savourer l’ambiance chaleureuse de ce bel événement.

Une fête pour les amoureux de la nature, des plantes et de la vie simple

À seulement quelques kilomètres de Paris, dans un cadre verdoyant et paisible, la Fête des Bons Plants est le parfait prétexte pour une escapade en famille ou entre amis. On y vient pour flâner, apprendre, s’émerveiller… et repartir les bras chargés de plantes, de livres, de souvenirs. Une belle façon de célébrer le printemps !


Affiche de l'évènement BONS PLANS 2025 au chateau de Broglie

Affiche Bons Plans !

INFOS PRATIQUES

40 rue des Canadiens, 27270 Broglie
De 10h à 18h — Entrée : 4 € (gratuit pour les -18 ans)
Parking gratuit
www.potagerdebroglie.fr

La Fondation Maeght

La Vague de Saint Paul est partenaire de la Fondation Maeght, représentant majeur de l’art dans ce coin de Provence. La Fondation Maeght doit sa création à la vision d’un architecte avant-gardiste majeur, Josep Lluís Sert et d’un visionnaire galeriste et éditeur de Miró, Aimé Maeght.

Ensemble, ils donnent naissance à la première fondation privée, reconnue d’utilité publique dédiée aux arts visuels en Europe. Marguerite et Aimé Maeght souhaitent y exposer l’art moderne et contemporain sous toutes ses formes et y accueillir leurs amis artistes. À l’entrée, un jardin de sculptures, puis derrière la Cour Giacometti qui doit son nom aux œuvres de l’artiste, des bâtiments agencés autour de patios, un campanile pour la chapelle, une « salle de la Mairie », une maison-atelier.

L’architecture offre ainsi d’innombrables possibilités de circulations et de respirations dans un ensemble disparate et homogène à la fois. Les ouvertures multiples, les marches incessantes, les salles, les alternances dedans-dehors, le soleil omniprésent sous ses différentes couleurs de la journée invitent à l’évasion et au dépaysement. Lieu unique et intemporel, la Fondation Maeght propose au visiteur un plongeon entre pièces uniques présentées et nature omniprésente.

Exposition temporaire du 2 juillet 2022 au 20 novembre 2022

AU CŒUR DE L’ABSTRACTION COLLECTION DE LA FONDATION GANDUR POUR L’ART

L’exposition à la Fondation Maeght dévoilera dès le 2 juillet et jusqu’au 20 novembre 2022 des œuvres issues de la collection de la Fondation Gandur pour l’Art et propose une immersion dans la création bouillonnante des années 1945 à 1980.

La remarquable collection de la Fondation Gandur pour l’Art présentée à la Fondation Maeght permet de montrer les différentes formes que revêt l’abstraction durant ces années de création. Les œuvres de Hans Hartung, de Martin Barré, de Simon Hantaï ou de Pierre Soulages montrent l’évolution de l’art non-figuratif sur quatre décennies. Dans un parcours thématique et chronologique, l’exposition propose notamment de découvrir l’abstraction lyrique et gestuelle de Georges Mathieu, l’expressionnisme abstrait de Sam Francis ou Joan Mitchell, l’abstraction géométrique de Victor Vasarely, les œuvres cinétiques d’Alexander Calder et de Jean Tinguely, jusqu’à la remise en question de la peinture par le groupe Supports/Surfaces. Les années 1980 s’ouvrent sur une période de renouvellement de l’art abstrait, poursuivant les expérimentations intenses des années précédentes.


INFORMATIONS PRATIQUES

Visite

Horaires d’ouverture

L’art de vivre à la française ou l’élégance de Jean La Fontaine

L’événement est de taille. La ville de Château-Thierry et toute institution ou entité ayant de près ou de loin des liens avec le sieur Jean de La Fontaine, fabuliste de renommée mondiale, ont pris dès à présent diverses mesures afin de célébrer comme il se doit l’anniversaire des 400 ans de la naissance du poète. L’occasion pour les passionnés d’art de vivre à la française de (re)prendre le chemin des Portes de la Champagne pour renouer avec les élégances et raffinements de la région qui vit naître le grand homme.

Le bureau de travail de La Fontaine. ©Reza Naderi

C’était un 8 juillet 1621 à Château-Thierry aux Portes de la Champagne, là où commence la culture du vin pétillant le plus célèbre du monde. Bientôt 400 ans. Comme le temps passe ! Jean de La Fontaine aurait été baptisé en ce jour dans l’église Saint-Crépin, le bénitier se trouvant à l’entrée de l’église ayant servi de cuve baptismale pour le baptême du nouveau-né. La maison qui l’a vu naître, située au 12 rue Jean de La Fontaine, a été convertie en musée, là où certaines pièces d’architecture Renaissance gardent un parfum de l’existence intellectuelle et intime du fabuliste.
Personne n’ignore les fameuses fables ayant contribué à sa célébrité planétaire tels « Le corbeau et le renard », « Le loup et l’agneau », « La cigale et la fourmi »… Mais que sait-on de ses contes galants, pour ne pas dire… licencieux ? Le musée apporte déjà un début de connaissance de ces productions que l’époque pudibonde et bigote ne savait trop tolérer. « Cachez-moi ces contes… ! »

Une balade dans la cité permet aussi de nous imprégner du quotidien de l’auteur prolifique, vif d’esprit et ne manquant pas de piquant dans le propos. Lors de la promenade on relèvera le pari de faire le tour des sept ronds-points qui lui sont dédiés et de vérifier si l’on a encore en mémoire les fables qui leur sont rattachées. Après ce road-trip intimiste on mettra le cap vers un incontournable du circuit dédié à La Fontaine : le château de Condé. Majestueux, trônant au milieu d’un vaste espace vert, il réserve au visiteur de passage des surprises aussi somptueuses qu’insoupçonnées. Ainsi la chambre d’Olympe, du nom de la belle-fille de la princesse Marie de Bourbon, dame de Condé. Au-dessus de la cheminée, dans le style de Watteau, on y trouve une peinture illustrant le récit du « Villageois ayant perdu son veau », conte coquin (osons le mot) de La Fontaine.

 

Apollon servi par les nymphes, œuvre de Servandoni. ©Reza Naderi

Dans le salon Servandoni c’est une débauche flamboyante de scènes sur le thème des amours des divinités. L’artiste éponyme y a peint également une scène du roman poétique « Les amours de Psyché et Cupidon » du fabuliste dont on découvre de mieux en mieux le visage libertin. Il s’agit d’un trompe-l’œil reprenant à l’identique un groupe sculpté du château de Versailles « Apollon servi par les nymphes ». On y découvre la grâce de ce dieu de la lumière et des arts auquel s’identifiait le roi Louis XIV. Excusez du peu !

Dessus de cheminée encore mais cette fois selon un subtile jeu de cache-cache, le salon des Oudry donne à découvrir, derrière un miroir, bien dissimulée, une superbe peinture demeurée intacte illustrant un autre conte licencieux de La Fontaine intitulé « La fiancée du roi de Garbe ». On en sort tout étourdi de ces découvertes en se demandant comment on a pu, durant des années, demeurer à l’écart des facettes – discrètes il faut bien le dire – de l’œuvre du poète aux talents multiples.

C’est le moment où jamais de réparer ces lacunes et de redécouvrir un art de vivre à la française que le monde entier nous envie. Texte et photos : Reza Naderi.


INFORMATIONS PRATIQUES

 

Le musée Jean de La Fontaine à Château-Thierry. ©Reza Naderi

Pour préparer votre voyage : Musée de La Fontaine : www.museejeandelafontaine.fr – Château de Condé : www.chateaudeconde.fr

Pour les gourmands, de lecture d’abord. Les fables, bien-sûr, richement illustrées par de grands noms de la gravure, de la peinture et du dessin. Mais aussi un recueil de contes galants de La Fontaine.

Pour les gourmets notez que vous êtes sur la route touristique du champagne et que les amateurs de ce vin royal n’auront que l’embarras du choix. L’œnotourisme est un summum des loisirs de la région. Les gastronomes pourront aussi rapporter chez eux du chocolat mais également des recettes à base de canard, du foie gras, du saumon fumé… Les bonnes tables ne manquent pas et de belles halles attendent votre passage pour remplir vos paniers de délices du terroir.

Côté hébergement tous les goûts et portefeuilles seront comblés en s’adressant ou se connectant à la Maison du tourisme des Portes de la Champagne. http://www.lesportesdelachampagne.com

Louboutin, le génie exhibitionniste

Il y a l’œuvre et il y a l’écrin. Jusqu’au 3 janvier 2021 le public amateur d’art et d’objets de mode raffinés est invité à visiter l’exposition organisée par le créateur de souliers Christian Louboutin avec, en prime, la re-découverte du cadre du Palais de la Porte Dorée, Musée d’histoire de l’Immigration, chef-d’œuvre absolu de l’Art déco.

Dans la salle des vitraux, antichambre des salles de l’exposition, une œuvre parmi d’autres évoquant les débuts du créateur. ©Reza A. Naderi

A n’en pas douter, les places sont chères ! Non pas financièrement mais il ne faut pas tarder par contre pour ce qui est des réservations. Par temps de Covid les visiteurs sont invités à réserver leur venue à l’exposition pour cause de limitation du nombre de personnes accédant à l’espace consacré et les quotas s’épuisent rapidement.
Sur place, on constate bel et bien l’engouement pour ne pas dire le fétichisme qui attire le public. Les salles sont remplies et on a même tendance à oublier parfois les règles de distanciation tellement on est fasciné et emporté par les œuvres exposées. Ici se sont donné rendez-vous les créations flamboyantes d’une figure incontournable de la mode, dans un lieu qui lui est cher, le Palais de la Porte Dorée ayant vu naître sa vocation de créateur dès sa période adolescente. L’objet inspirant de cette vocation a été un panneau interdisant le port de talons aiguilles dans les espaces du bâtiment. La vue du soulier barré d’une croix avait suffi à exciter l’imagination débordante de celui dont le patronyme servira tout simplement à désigner l’objet vestimentaire unique et raffiné comme on n’en a jamais vu auparavant dans le Paris des marques mondialement révérées.

« Iconique », le soulier Louboutin l’est certainement à commencer le fameux soulier Pigalle haut perché – comme tous les autres d’ailleurs – sans cesse réinventé au fil des saisons. Restent deux petits mois pour s’immerger dans l’univers fascinant du créateur et pour s’extasier aussi devant les fresques et la somptueuse façade Art déco du Palais de la Porte Dorée jamais assez re-visité.

Reza Afchar Naderi – Texte et photos

 

______________________________________________________________________________________INFORMATIONS PRATIQUES

Billeterie en ligne : www.palais-portedoree.fr

 

23e Rendez-vous de la bande dessinée à Amiens !

En ce premier week-end de Juin se déroulait le 23e rendez-vous de la bande dessinée à Amiens. Cette exposition qui dure un mois est un évènement incontournable pour les passionnés de BD. À ne louper sous aucun prétexte.

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Ce festival réunit chaque année de nombreux auteurs et attire de nombreux passionnés. Il se déroule désormais dans un nouveau lieu très caractéristique et atypique, entièrement réaménagé par les équipes de l’association « On a marché sur la bulle », près de la gare.

Cette 23e édition met à l’honneur un très grand auteur du 21e siècle : Zep, réalisateur de l’affiche de l’exposition et créateur, évidemment, de la bande dessinée Titeuf. Festival haut en couleurs, le festival accueille des expositions pour tous. Des jeunes enfants aux adultes.

Dans ce lieu de plus de 7000 mètres carrés, différents zones ont aménagées : de l’univers de Zep et de Tchô à celui de Bjorn ou celui de la conquête spatiale. Cette année beaucoup d’innovations ont été créées dont les modules de lecture transportable où les enfants pourront prendre place et déambuler dans les galeries.

Pour les plus jeunes, Matthieu Maudet a créé la boîte à album où tous se retrouvent pour lire des livres et créer des moments de partages et de joie. Les plus grands prennent, eux, la direction de l’exposition Tchô où un labyrinthe a vu le jour avec de nombreuses bandes dessinées présentes et des zones de jeux composés principalement de memory quizz.
Quant aux adultes ils ont leur espace dédié interdit au moins de 18 ans. Son titre vous dira tout : « I want your sex ».

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Loin de la ferveur des rendez-vous des comics américains, le 23e rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens est un moment de convivialité à ne pas manquer. Nous avons eu la chance de rencontrer Zep, découvrez l’interview qu’il nous a accordée.

Interview de Zep :

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Vincent GASNIER :  Tout le monde vous connaît pour votre succès avec Titeuf mais vous n’êtes pas que ça, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Zep :
Je m’appelle Zep, j’ai 50 ans, je suis auteur de BD depuis mon plus jeune âge et j’ai réalisé The End qui est mon dernier album. C’est mon 53e album de BD et dans ces 53 albums il y a 15 albums de Titeuf, donc il y a aussi beaucoup d’autres choses.

V.G :
Quel a été l’élément déclencheur qui vous a amené à devenir écrivain et dessinateur ?

Z :
Dessinateur ?! Ça s’est fait dans ma petite enfance, j’adorais dessiner un peu comme tous les enfants. J’étais à la maison avec ma mère, j’avais du papier à volonté, je dessinais. Des fois ça tient à des choses comme ça. Donc il y avait du papier tant que je voulais et il y avait des bandes dessinées car mes parents en lisaient, ma grande sœur en lisait et donc assez naturellement j’ouvrais ces BD. Je trouvais ça fascinant car je ne savais pas lire encore mais j’essayais de recopier les dessins. Et ce qui me fascinait le plus c’était que ces dessins soient reliés avec une couverture en carton. C’est l’objet BD qui me fascinait. Chez nous, la BD était un objet quasi sacré.

Je rêvais de faire la même chose quand je serai grand. Un jour j’ai dessiné un bonhomme avec des lunettes et une moustache et il se trouve qu’il ressemblait à mon oncle. C’était involontaire, j’avais fait un bonhomme à moustache avec des lunettes et mon oncle avait une moustache et des lunettes (rires). Mes parents sont passés par là et on dit… oh mon Dieu, c’est tonton ! Ils ont affiché le dessin dans la cuisine. Il est resté là pendant des années je crois. Etre affiché dans la cuisine pour moi c’était comme être au Louvre. Je ne savais pas ce qu’était le Louvre de toute façon mais c’était le lieu où tout le monde passait et tout le monde voyait ce dessin. A chaque fois mes parents disaient « oui, c’est Philippe (Zep) qui l’a fait », donc je me suis dit « Putain… je suis dessinateur ! ».

V.G :
Comment avez-vous eu l’idée de créer la bande dessinée Titeuf ?

Z :
Je faisais beaucoup de bandes dessinées. J’avais déjà publié plusieurs albums qui n’avaient pas marché du tout alors je multipliais les projets. Je proposais beaucoup de BD aux éditeurs, aux magazines de BD. C’était dur, la bande dessinée était très en repli à ce moment-là par rapport à son âge d’or dans les années 50-60. La créativité n’était pas au top. On reprenait des vieux héros, on refaisait Black et Mortimer et Barbe Rouge, Tanguy et Laverdure. On a demandé à des nouveaux dessinateurs de reprendre des vieilles bandes dessinées. On me l’a aussi proposé mais je n’avais pas eu envie de faire ce métier pour reprendre des anciens titres. Je me suis questionné. Peut-être mettais-je trompé, que la bande dessinée que j’avais envie de faire, une bande dessinée de création, n’existait plus.

Il m’a fallu survivre. J’ai fait plein de boulots, de dessins, des affiches, des pochettes de disques, du dessin de presse, des sets de table pour les restaurant, j’avais des petits boulots de dessin qui me permettait de survivre. Puis j’ai eu envie de raconter mes souvenirs d’enfance parce que c’était une manière de dire adieu à cette promesse que je m’étais faite enfant d’être un dessinateur de BD quand je serai grand. J’ai commencé par dessiner mon quartier, mon école, ma maîtresse, mes copains de classe puis au moment de me dessiner moi, je me suis dis que j’allais avoir trois pauvres histoires à raconter avec mes souvenirs. Vite je serai bloqué. Alors j’ai utilisé ce petit bonhomme que j’avais trouvé pour un autre projet. Il avait une mèche sur la tête, une tête d’œuf. Je l’ai appelé Titeuf (P’tit œuf).

J’ai d’abord raconté trois-quatre histoires complètement autobiographiques puis après, grâce à la liberté de ce personnage, j’en ai racontées pleins. C’était un journal intime qui n’était pas destiné à être publié. Je l’ai en total free-style, juste avec des souvenirs d’enfance.

J’avais un souvenir de l’enfance à ce moment-là qui n’était ni Les Triplés, ni Boule & Bill. C’était une enfance avec des choses assez cruelles, assez dures et surtout une urgence que ça finisse. Je ne voulais pas rester enfant toute ma vie, je ne trouvais pas ça poétique. Je voulais passer à autre chose. C’est un âge où on ne peut presque rien faire de ce que l’on a envie de faire, on passe notre vie à l’école alors qu’on a envie de tout sauf d’être à l’école et moi j’étais très curieux comme Titeuf. Je me posais énormément de questions. J’avais envie de comprendre ce que l’on ne m’expliquait pas et je suis parti là-dessus. Avec Titeuf j’ai fait 5, 10, 20, 30 pages et je me suis dit « en fait c’est vachement mieux que les autres choses que j’ai faites » donc je l’ai proposé à des éditeurs. Tout le monde l’a refusé.

Pour finir je l’ai publié dans un petit fanzine à Genève et par chance un exemplaire s’est retrouvé chez Glénat qui était le seul éditeur chez qui je ne l’avais pas proposé. Car à l’époque c’était un éditeur de BD très loin du monde de Titeuf. Quelqu’un m’a appelé et m’a dit « j’ai lu ça, j’ai adoré. On fait un album » ce à quoi j’ai répondu « mais vous êtes sûr ? Personne n’en a voulu donc c’est que ça ne doit pas être bien ». Et voilà c’est parti comme ça.

V.G :
D’où vous vient toute cette inspiration ? Comment faites-vous pour vous renouveler sans cesse ?

Z :
C’est le fait de mélanger les genres, de changer d’album, de faire un album plus réaliste, un album plus grave, un album plus adulte, un album plus potache. Le fait de mélanger les genres fait que chaque album me repose du précédent et me titille pour le suivant. Je suis content chaque matin de me lever et d’aller dessiner et si je ne peux pas le faire et bien ça me manque. Je suis ici trois jours mais déjà dans le train j’ai noté pleins d’idées, je me réjouis d’être chez moi lundi pour travailler. Ce que j’aime c’est vraiment raconter des histoires et dessiner.

V.G :
Quels sont vos prochains projets ? Pensez-vous ressortir de nouvelles bandes dessinées comme Titeuf ou autres ?

Z :
Ah oui plein ! C’est ma vie donc je fais ça tout le temps, là j’ai commencé à travailler sur un prochain album qui sera Happy Sex 2 puis un nouveau Titeuf. Je note des histoires dans des cahiers, j’ai aussi un prochain projet réaliste, là je suis en train de terminer un album de science-fiction qui sera dessiné par Dominique Bertail, qui est un magnifique dessinateur réaliste.

V.G :
Si je vous dis « la vie est belle » que pouvez-vous me dire en 1 mot ?

Z :
La vie est belle et en plus ça ne dure pas toujours !

Un immense merci à Zep de nous avoir accordé cette interview.


Informations pratiques : 

Plus d’informations sur www.bd.amiens.com/festival/23es-rendez-vous-de-la-bande-dessinee-damiens-2018/

La Haye : deux musées pour découvrir l’art néerlandais

La Haye est une ville politique où siège le gouvernement des Pays-Bas. Mais la résumer à cet aspect serait un affront. Bien plus qu’une ville politique, La Haye rayonne par ses deux magnifiques musées que sont la Mauritshuis et la Galerie du Prince William V.

Le musée Mauritshuis

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The Bull de Potter, Paulus Potter, 1647, 235.5 cm × 339 cm, Musée Mauritshuis, Pays-Bas

Aussi nommé Cabinet royal de peintures, la Mauritshuis est LE musée à visiter pour découvrir l’histoire du XVIIème siècle des Pays-Bas, dit l’Âge d’or néerlandais. Chaque année, 260 000 visiteurs franchissent ses portes pour rendre visite à La Jeune Fille à la Perle, célèbre peinture de Vermeer. Plus qu’un musée, la Mauritshuis est une véritable forteresse. On remarquera la beauté du bâtiment rouvert en 2014 après deux ans de travaux. Toutes les apparences « Époque Moderne » ont naturellement été préservées. Pas tout à fait du neuf dans de l’ancien comme le grincement du parquet sous vos pas vous le rappellera. Construite au XVIIème siècle, la Mauritshuis possède une incroyable collection : Vermeer, Rembrandt, Rubens, Jan Steen… La profusion est telle qu’elle tapisse les murs de tableaux de peintres de renom ! De salle en salle, on admire de célèbres œuvres comme La Leçon d’anatomie du docteur Tulp (1632) de Rembrandt ou encore Jeune garçon riant (1627) de Frans Hals. Sachez-le, vous pouvez passer une journée entière entre ces murs!

La Galerie Prince William V
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© Photo www.wanderant.com Galerie Prince William V

Rattachée et située à seulement cinq minutes du grand musée Mauritshuis, la galerie fut établie en 1774 afin d’y regrouper une importante collection de William V d’Orange. Bon à savoir, la galerie fut le premier musée public des Pays-Bas dont le but consistait à montrer aux invités du Prince toutes ses richesses et sa culture. Les murs de la galerie sont entièrement recouverts de tableaux et joliment colorés. Des travaux de rénovation ont été réalisés et la galerie affiche son identité classe et élégant. Une collection importante s’y trouve dont les fameux tableaux The Garden of Eden with the Fall of Man de Rubens et The Bull de Potter…

Pour une virée culturelle à l’époque du XVIIe siècle hollandais, La Haye est un véritable trésor.

Lire aussi : Delft : sur les traces de Vermeer

Lire aussi : « The Girl in the Spotlight »: la jeune fille sous les projecteurs !


Informations pratiques : 

Comment y aller ?

En TGV avec la compagnie Thalys à partir de Paris gare du Nord jusqu’à Rotterdam puis en train de Rotterdam à Delft (le tout à partir de 100 €).

Remerciements : Thalys et l’Office de tourisme des Pays-Bas sans lesquels la réalisation de ce reportage aurait été impossible.

Se restaurer

Brasserie Stocks & Bonds
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Stocks & Bonds est bien plus qu’une banque… C’est un lieu où on y mange ! Un restaurant chic et élégant où il est possible de dîner dans un cadre vraiment atypique. En effet, au sous-sol, une salle est accessible en passant par une porte blindée qu’on ouvre comme pour ouvrir un coffre d’une banque. Si vous cherchez de l’originalité, vous serez servis !
Noordeinde 33
2514 GC La Haye
www.ihg.com

Dormir

Carlton Ambassador Hotel
Chaleur et élégance sont les maîtres mots de cet hôtel. Les chambres d’une belle luminosité sont tapissées de fresques blanches et bleues, façon poterie hollandaise comme il est coutume de trouver aux Pays-Bas. Le petit-déjeuner est copieux : pain au chocolat, croissant, charcuterie, salade, viennoiserie… Une véritable vie de princesse à La Haye!
Sophialaan 2
2514 JP La Haye
Tél. 00 31 70 700 7933
https://www.carlton.nl/hotel-ambassador-den-haag

Activités culturelles

Le musée Mauritshuis
Plein 29
2511 CS La Haye
Tél. +31 70 302 3456
Ouvert tous les jours de 10h à 18h.
Adulte 15,50 euros
Voir les conditions sur :
www.mauritshuis.nl

La Galerie Prince William V
Buitenhof 33
2513 AH La Haye
Tél. +31 70 302 3456
https://www.mauritshuis.nl/nl-nl/ontdek/galerij-prins-willem-v/

Festival international des jardins

À l’occasion de l’ouverture du Festival international des jardins, venez découvrir cette nouvelle saison placée sous le signe des jardins de la pensée.

Qu’ils évoquent des univers littéraires d’hier, d’aujourd’hui ou de demain, des potagers d’écrivains, des labyrinthes de philosophes, des décors verts d’hommes de théâtre, les jardins de l’édition 2018 auront à coeur de nous plonger, de manière inventive et originale, dans le monde fertile et luxuriant de la littérature et des idées.

De splendides jardins à visiter absolument !


Informations pratiques :

Domaine de Chaumont-sur-Loire

Château de Chaumont, 41150 Chaumont-sur-Loire

02 54 20 99 22

Du 24 Avril au 4 Novembre

www.domaine-chaumont.fr/fr/festival-international-des-jardins

Japonismes 2018 : Une union culturelle entre le Japon et la France

Passionné de culture japonaise ou curieux à l’idée de découvrir toutes les facettes de l’île nippone ? Plus que jamais 2018 vous permettra un authentique voyage au Japon sans même quitter le territoire français !

À l’occasion du 160e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon et du 150e anniversaire du début de l’ère Meiji, l’événement Japonismes 2018 mettra Paris et plusieurs villes en région à l’heure japonaise. C’est un véritable petit bout du Japon qui s’installera en France à partir de mi-juillet 2018 jusqu’en février 2019 et qui dévoilera les différents aspects de la culture nippone, toutes disciplines confondues. De la période Jômon à la création contemporaine, des trésors millénaires à la culture Kawaii, Japonismes 2018 présentera une richesse culturelle exceptionnelle.

La France se Japonise !


Informations pratiques : 

Plus d’informations sur : www.japonismes.org/fr

Musée Lalique : « Prisme. Quand le cristal Lalique rencontre l’art contemporain »

La première exposition consacrée aux œuvres en cristal issues de la rencontre entre le savoir-faire Lalique et des artistes et designers contemporains.

Cette exposition exceptionnelle présente du 27 avril au 4 novembre 2018 les œuvres réalisées par Damien Hirst, Zaha Hadid, Anish Kapoor, Rembrandt Bugatti, Yves Klein, Terry Rodgers et Mario Botta, qui ont collaboré avec la Maison Lalique.

Une exposition riche en artistes avec des oeuvres à decouvrir sans hésiter ! 


Informations pratiques : 

Musée Lalique

40 rue du Hochberg, 67290 Wingen-sur-Moder

03 88 89 08 14

www.musee-lalique.com