mardi 4 août 2026

Jazz à Juan 2026 : À la Pinède Gould, le Sketches of Spain d’Erik Truffaz a rencontré le Paris jazz manouche de Thomas Dutronc

Juan-les-Pins, 18 juillet 2026. Avant-dernière soirée de la 65e édition de Jazz à Juan, et déjà des allures de grand final. Sous les pins de la Pinède Gould, deux visions du jazz se sont répondu le temps d’une nuit : d’un côté, un hommage flamenco à Miles Davis porté par le trompettiste Erik Truffaz ; de l’autre, la nonchalance élégante de Thomas Dutronc, venu swinguer sur les standards qu’il aime. Une soirée dont l’éclectisme a rappelé, une fois de plus, à quel point le langage du jazz peut voyager sans jamais se perdre.

Erik Truffaz et Antonio Lizana, quand Miles Davis traverse les Pyrénées

Premier acte, et changement de décor immédiat : place à l’Espagne, avec une relecture du légendaire Sketches of Spain de Miles Davis. Le concerto d’Aranjuez ouvre le bal — dépouillé, aérien, résolument flamenco — porté par un septet réuni autour d’Erik Truffaz. À ses côtés, le saxophoniste Antonio Lizana et le clarinettiste Renaud Gabriel Pion complètent une section de cuivres et d’anches d’une belle unité, soutenue par Arin Keshishi à la basse, Manuel de la Torre à la batterie, Vincent Thomas aux percussions et Pau Figueres à la guitare flamenca.

Très vite, la danseuse Ana Perez rejoint les musiciens sur scène, costume blanc à franges et talons devenus percussion à part entière — un dialogue frontal entre le jazz et l’âme du flamenco. Entre reprises inspirées de l’album de Miles Davis, comme Will’o the Wisp emprunté à Manuel de Falla ou la mélodie Solea, et compositions originales signées Truffaz et Lizana, le set invente une musique-monde à la fois savante et populaire : cuivres tantôt feutrés, tantôt tonitruants, guitare flamenca distillant un parfum de nostalgie, chant et cante jondo profondément habités. Ce soir-là, on aurait presque pu entendre Miles Davis lui-même glisser que ce n’était pas vraiment du jazz, mais simplement de la musique — la musique qu’il aimait.

Thomas Dutronc, une déclaration d’amour aux standards

Photo de groupe d'Erik Truffaz

Thomas Dutronc , le Dandy du Jazz revisite les standards.

Deuxième acte, et retour à Paris — ou presque. Pour la grande première de son nouveau concept « Jazz & Friends », Thomas Dutronc s’est entouré d’une équipe de complices taillée pour l’occasion : Éric Legnini au piano et au Rhodes, Stéphane Belmondo à la trompette, Rocky Gresset à la guitare, Thomas Bramerie à la contrebasse et Franck Agulhon à la batterie. Une formation resserrée, mais d’une redoutable complicité.

Le concert s’ouvre sur un morceau instrumental, guitare de Dutronc en tête, avant d’aller piocher avec tendresse dans un répertoire qui va de Chet Baker à Michel Legrand — dont Les moulins de mon cœur, popularisé par Françoise Hardy — en passant par Django Reinhardt et une escale parisienne du côté de Jacques Lanzmann, sur cette ville qui s’éveille toujours à cinq heures. Beaucoup de générosité dans les solos, une vraie fluidité dans les arrangements, chaque musicien parfaitement à sa place tout en gardant un espace de liberté qui sied aux mélodies. Le rappel, à l’issue d’un très beau set, aura confirmé ce que la soirée entière semblait démontrer : la richesse infinie et l’universalité du langage musical.

La Pinède Gould, scène de tous les dialogues

Depuis 1960, la Pinède Gould aime réunir, en une seule nuit, des univers qui n’avaient a priori rien pour se croiser. Cette soirée du 18 juillet en aura offert une nouvelle démonstration éclatante : d’un côté l’Espagne du flamenco venue honorer la mémoire de Miles Davis, de l’autre le Paris jazzy et manouche de Thomas Dutronc. Deux façons, radicalement différentes, de faire vivre le jazz aujourd’hui — et une preuve supplémentaire que sous ces pins centenaires, face à la Méditerranée, la musique continue de voyager sans jamais se figer. Jean-Loup Guest.


Jazz à Juan, 65e édition, s’est déroulé du 9 au 19 juillet 2026 à la Pinède Gould, Antibes Juan-les-Pins.

Jazz à Juan 2026 – Samara la Diva, héritière d’Ella, et Marcus la Légende, compagnon de Miles, réunis sur la scène mythique de la Pinède Gould pour une soirée de rêve

Juan-les-Pins, le 17 juillet 2026. Il y a des soirs, à la Pinède Gould, où l’air lui-même semble accordé sur la bonne tonalité. Le 17 juillet en était un. Guichets fermés, 3 350 âmes serrées sous les pins et un programme pensé comme une respiration en deux temps pour célébrer le centenaire de la naissance de Miles Davis : d’abord un souffle neuf, tout en velours et en promesses ; ensuite, une mémoire électrique, portée par ceux qui l’ont vécue de l’intérieur.

Samara Joy, une voix qui fait swinguer les cigales

Elle a 26 ans, déjà six Grammy Awards à son actif — dont celui du meilleur album de jazz vocal en 2026 pour Portrait — et une manière bien à elle d’entrer en scène sans jamais forcer le trait. Samara Joy chante comme on respire : avec une aisance déconcertante, un grain de voix chaud et ce petit vibrato qui semble toujours retenir quelque chose pour mieux le donner l’instant d’après.

Et puis, sous les pins, un miracle discret s’est produit. Les cigales de la Pinède, fidèles au rendez-vous, se sont mises à chanter en canon avec elle — comme si la nature avait décidé d’improviser sa propre partie d’accompagnement. Ce soir-là, sa voix a été comparée à celles de Sarah Vaughan et d’Ella Fitzgerald : deux étoiles que l’on ne convoque jamais pour rien. Le phrasé souple, le sens du silence entre les notes, la façon de laisser une phrase suspendue juste assez longtemps pour donner le frisson : tout, chez elle, respire l’héritage sans jamais sentir la copie.

Marcus Miller, l’électricité d’une mémoire

portrait noir et blanc de Marcus Miller

Marcus Millier : we want Miles…

Puis le rideau change de couleur. Le tempo s’accélère, le grain devient électrique et voilà Marcus Miller qui s’empare de la scène avec We Want Miles!, un hommage pensé pour le centenaire de la naissance de Miles Davis, né le 26 mai 1926. Le bassiste n’en est pas à son coup d’essai à Jazz à Juan — treizième venue, tout de même — et il ne se contente jamais de rejouer un répertoire : il en fut l’un des architectes, directeur musical de Miles de 1980 à 1985 et artisan du son électrique qui a fait basculer la carrière du trompettiste vers Tutu et les grandes fresques fusion.

Autour de lui, ce ne sont pas des remplaçants, mais des voix qui ont véritablement traversé cette histoire avec Miles : Bill Evans au saxophone, Mino Cinelu aux percussions et Mike Stern à la guitare, complices historiques de l’aventure We Want Miles. À la trompette, Sean Jones reprend le flambeau, chargé d’un rôle presque impossible : faire revivre un son que personne d’autre n’a jamais tout à fait su reproduire.

Et c’est là que la Pinède a offert l’un de ces instants suspendus qui n’appartiennent qu’aux concerts en plein air : aux premières notes électriques de Miller, les cigales — intarissables depuis le début de la soirée — se sont tues d’un coup. Comme si la nature elle-même retenait son souffle pour écouter. Un frisson de silence, aussitôt rempli par le groove, qui en dit long sur la place que Marcus Miller occupe aujourd’hui dans le jazz : celle, tout simplement, d’une évidence.

La Pinède Gould, une scène qui a du son dans les veines

Depuis 1960, la Pinède Gould ne se contente pas d’accueillir des concerts : elle les fait respirer autrement. Les pins parasols encadrent la scène comme des rideaux naturels, la nuit tombe lentement sur la baie et la Méditerranée, invisible, impose sa présence en toile de fond. Miles Davis, Ella Fitzgerald et Sidney Bechet y ont tous laissé une trace. Cette soirée du 17 juillet, en réunissant, en une seule nuit, une voix qui invente l’avenir du chant jazz et des musiciens qui en portent la mémoire vivante, aura rappelé une chose simple : ici, la musique ne se contente jamais d’être écoutée. Elle se vit, elle se respire et, parfois même, elle fait taire les cigales. Jean-Loup Guest.

 


La 65e édition de Jazz à Juan s’est déroulée du 9 au 19 juillet 2026 à la Pinède Gould, à Antibes Juan-les-Pins.

Jazz à Juan 2026 : Une nuit de soul sous les pins : Seal et Mica Millar embrasent Jazz à Juan

Il y a des soirs où l’air lui-même semble retenir son souffle. Le 13 juillet, sous les pins parasols de la Pinède Gould, à Juan-les-Pins, ce fut exactement cela : une chaleur écrasante de 30 degrés, un concert de cigales en guise de prélude et des milliers d’éventails s’agitant dans la pénombre dorée du crépuscule. La 65e édition de Jazz à Juan, complète depuis des semaines, s’apprêtait à vivre l’une de ses soirées les plus attendues, portée par un souffle de nostalgie et de soul qui allait traverser toute la Pinède jusqu’au bout de la nuit.

Mica Millar, l’émotion à vif

Portrait en gros plan du visage de Mica.

Une voix soul intimiste.

À 20 h 30 précises, la scène s’illumine et Mica Millar fait son entrée sous une ovation déjà brûlante. La chanteuse britannique, compositrice et productrice farouchement indépendante, n’a rien d’une débutante intimidée : depuis son premier album, Heaven Knows, sorti en 2022, elle s’est imposée comme l’une des voix soul les plus captivantes du Royaume-Uni.

Ce soir-là, elle présente son tout nouvel opus, A Little Bit of Me, sorti le 5 juin 2026 et enregistré en Provence — un disque plus intime, plus spirituel, né de six années de doutes, de combats et de reconstruction personnelle. Face à la mer qui scintille en arrière-plan, elle offre une heure de concert impeccable, mêlant soul et R&B avec une puissance vocale rare qui enveloppe littéralement la Pinède. Complice d’un public déjà conquis, elle multiplie les échanges avec la foule, l’invitant à chanter avec elle — un moment suspendu, presque hors du temps. Sa voix, empreinte d’une émotion et d’une sincérité rares, confirme pourquoi elle s’impose aujourd’hui comme l’une des révélations les plus marquantes de la scène soul britannique.

Seal, la légende qui n’avait jamais joué à Juan

À 22 heures, changement d’ambiance. Seal fait ses débuts sur cette scène mythique — un comble pour un artiste qui a vendu plus de 30 millions d’albums, cumulé plus d’un milliard de streams et raflé quatre Grammy Awards, trois Brit Awards et un MTV VMA au fil de sa carrière. L’homme à la voix inimitable, celle de « Kiss from a Rose », de « Crazy » et de « Killer », déploie un répertoire qui a marqué des générations entières de pop, de R&B et de dance.

Sous les étoiles, dans cette Pinède qui a vu défiler les plus grands noms du jazz depuis 1960 — de Miles Davis à Ella Fitzgerald —, Seal livre une prestation habitée, à la croisée de la nostalgie et de la magie pure. Il déroule les titres qui ont construit sa légende, de « Killer » à « Crazy », en passant par l’incontournable « Kiss from a Rose », dans une setlist pensée comme un voyage à travers toute sa carrière. Le public, venu nombreux, vit ce concert comme une soirée historique pour le festival — une évidence, tant cette rencontre entre l’artiste et la Pinède semblait, malgré cette grande première, aller de soi.

Une soirée hors du temps

Entre la ferveur intimiste de Mica Millar et la communion électrique autour de Seal, cette soirée du 13 juillet restera comme l’un des sommets émotionnels de l’édition 2026 de Jazz à Juan — le plus ancien festival de jazz d’Europe, qui se poursuit jusqu’au 19 juillet à Antibes Juan-les-Pins, entre légendes confirmées — Tom Jones, Marcus Miller, Goran Bregović — et nouvelle génération de talents.

Sous les pins de la Pinède Gould, avec la mer en toile de fond et les cigales pour seule bande-son avant que la musique ne prenne le relais, Jazz à Juan a une fois de plus prouvé pourquoi il reste, plus de six décennies après sa création, un rendez-vous que les amoureux de musique ne manqueraient pour rien au monde. Jean-Loup Guest.

Jazz à Juan 2026 – Sous les pins de la Pinède Gould, l’Orient mystique de Dhafer Youssef percute les brumes électriques de Morcheeba

Juan-les-Pins, le 11 juillet 2026. Il y a des soirées à Jazz à Juan qui claquent comme un programme parfait. Celle du 11 juillet en fait partie. Deux artistes. Deux continents. Deux langages sonores lancés l’un contre l’autre sous les pins centenaires de la Pinède Gould. Le choc s’annonçait frontal, et c’est bien ce qui rendait cette deuxième grande soirée de la 65e édition si excitante sur le papier.

Dhafer Youssef, ou l’art de faire de l’oud une prière

Un homme arba joue de l'Oud, asssis sur le sol devant une peinture colorée.

Dhafer Yousseg,le maître de l’OUd.

Ouverture de feu : le maître tunisien de l’oud et chanteur Dhafer Youssef débarque avec Shiraz, son dernier album — le plus intime, sans doute, de toute sa carrière. Un disque écrit pour son épouse, la cinéaste Shiraz Fradi, où l’amour et la gratitude se mêlent à des zones d’ombre assumées. Rien de sage là-dedans : de la matière brute, transformée en musique.

L’histoire de l’homme vaut le détour. Né à Téboulba, dans une famille de pêcheurs où l’on est muezzin de père en fils, Dhafer Youssef chante depuis l’âge de cinq ans. Direction Vienne à la fin des années 1980, puis une révélation au club de jazz Porgy & Bess, qui va tout changer : greffer le jazz contemporain sur les traditions soufies et le lyrisme arabe, sans jamais trahir l’un au profit de l’autre. Résultat : des collaborations avec Herbie Hancock ou Marcus Miller et une place à part dans le paysage du world jazz — une voix que l’on reconnaît en trois notes.

Sur scène, pour Shiraz, il n’était pas seul : piano, trompette, basse, batterie, guitare invitée… Tout un attirail pensé pour transformer le concert en voyage intérieur. Transe soufie, embardées jazz, confidences amoureuses : pendant une heure, la Pinède a dû quitter la Méditerranée pour dériver ailleurs.

Pour se faire une idée plus précise de ce que cela donnait vraiment sur scène, le lendemain, le 12 juillet, Dhafer Youssef rejouait cette même tournée, « Shiraz », au Festival international de Hammamet, avec Daniel Garcia Diego au piano, Mario Rom à la trompette, Swaéli Mbappé à la basse électrique, Tao Ehrlich à la batterie et Nguyên Lê à la guitare. Au menu : « Eyeblink and Eternity », « Rose Fragrance », « The Epistle of Love », « Zakir Bhai Eternal Longing ». Les échos de cette date tunisienne parlent d’une soirée qui bascule dans le mystique, portée par une communion presque hypnotique avec le public. Le programme exact de la Pinède reste à confirmer, mais cette étape de la tournée donne un excellent aperçu de l’atmosphère qui devait y régner.

Morcheeba, trente ans de trip-hop en apesanteur

Changement de décor brutal. Place à l’électronique organique de Morcheeba, portée par la voix suave de Skye Edwards et la patte de Ross Godfrey. Leur histoire mérite d’être racontée : une rencontre de hasard à Londres, il y a trente ans. Ross, dix-huit ans, multi-instrumentiste du Kent, invite chez lui une jeune chanteuse d’East London dont on lui a vanté le talent. Elle arrive avec sa guitare et chante un morceau. Le courant passe immédiatement. Morcheeba vient de naître, sans le savoir.

Onze albums et plus de dix millions de disques plus tard, le groupe débarque à la Pinède pour défendre Escape the Chaos, son petit dernier — enregistré en groupe, à l’ancienne, entouré de proches et d’invités. Un disque tiraillé, comme souvent chez eux, entre soin électronique et pulsion instrumentale brute. La douceur ne mange jamais la gravité, et inversement.

Pas de setlist confirmée pour la Pinède, mais les autres dates de la tournée « Escape the Chaos » donnent une bonne indication : un cocktail de classiques increvables — « Trigger Hippie », « The Sea », « Rome Wasn’t Built in a Day », « Blood Like Lemonade » — et de titres frais du nouvel album — « Call for Love », « We Live and Die », « Never an Easy Way » —, pour environ une heure trente de concert. Sur cette tournée, les retours de spectateurs décrivent systématiquement la même chose : une salle debout qui chante et se balance d’une seule voix, portée par une Skye Edwards toujours aussi magnétique sur scène.

La Pinède Gould, écrin d’émotions depuis 1960

Impossible de raconter cette soirée sans s’arrêter sur le lieu qui la rend possible. Créée en 1960 en hommage à Sidney Bechet, la Pinède Gould n’a besoin de presque aucun artifice : les pins parasols encadrent la scène, la nuit tombe sur la baie, la mer reste invisible, mais on la sent partout. Miles Davis, Ella Fitzgerald, Ray Charles et Nina Simone y sont tous passés. Soixante-cinq ans plus tard, la magie du lieu opère toujours — ici, la musique ne se contente pas de se faire entendre : elle prend possession de l’espace.

Entre le recueillement habité de Dhafer Youssef et la nonchalance électrique de Morcheeba, cette soirée du 11 juillet a de nouveau prouvé ce qui fait l’ADN du festival : réussir à faire cohabiter, en une seule nuit et sous les mêmes pins, des univers qui n’avaient rien pour se croiser — à part l’émotion qu’ils déclenchent, chacun à sa façon, chez un public venu de toute l’Europe pour cela. Jean-Loup Guest.


La 65e édition de Jazz à Juan s’est déroulée du 9 au 19 juillet 2026 à la Pinède Gould, à Antibes Juan-les-Pins.

Jazz à Juan – 9 juillet 2026 : soirée d’ouverture

Jazz à Juan : la soirée d’ouverture du 9 juillet, entre jazz, soul et crooner de légende

Hier soir, jeudi 9 juillet, la 65ᵉ édition du plus ancien festival de jazz en plein air d’Europe a levé le rideau à la Pinède Gould. Le ciel passait du rose au bleu nuit au-dessus de la Méditerranée et, sous les pins centenaires, deux générations issues de la musique noire américaine se sont donné rendez-vous pour une soirée d’ouverture qui ne ressemblait à aucune autre.

José James et China Moses : Marvin Gaye revisité, à fleur de peau

Torse tatoué entrevu sous un costume de lin, mèche argentée et sourire qui semble ne jamais s’éteindre : José James arrive sur scène avec l’allure décontractée de celui qui n’a jamais rien à prouver. Accompagné d’un quartet sur mesure — piano, basse, batterie, guitare —, il a rejoint China Moses pour une carte blanche pensée en l’honneur des cinquante ans d’I Want You, l’album culte le plus charnel de Marvin Gaye.

Le pari : ne pas se contenter de rejouer les morceaux, mais les laisser infuser, se déformer et se répondre entre les deux voix. James, la voix feutrée et le groove hip-hop dans le sang, laissait la part belle aux silences ; China Moses, fille de Dee Dee Bridgewater et habituée des tessitures graves et habitées, apportait la brûlure. Entre les deux, quelque chose comme une conversation intime — plus proche d’un tête-à-tête que d’un hommage classique. Le sommet de la soirée est d’ailleurs venu d’un morceau extérieur à l’album célébré : une magnifique version de What’s Going On, que Marvin Gaye lui-même n’aurait pas reniée, portée par les deux voix en parfaite communion.

Portrait de tom jones

Tom Jones… l’éternel jeune crooner, séduisant et irrésistible. Crédit : © Jazz à Juan – Fred Laures

Tom Jones : un crooner qui défie le temps

S’il existe un artiste qui semble s’être arrangé avec les lois de la physique, c’est bien Tom Jones. Pour son entrée en scène, l’homme est installé sur un haut tabouret. Mais, du haut de ses 86 ans, il ne semble avoir besoin d’aucun ménagement une fois le micro en main.

Le ton était donné dès le premier morceau : un I’m Growing Old livré en piano-voix, dans lequel le Gallois assume frontalement son âge plutôt que de le fuir. La suite a confirmé cette étrange sérénité face au temps qui passe, entre reprises de Leonard Cohen et de Bob Dylan, côté mélancolie, et incursions plus enlevées du côté de What’s New Pussycat? ou d’une version bluesy de Sex Bomb. Entre deux morceaux, l’artiste a égrené ses souvenirs — ses débuts en studio à la fin de l’année 1964, ses premiers concerts sur la Côte d’Azur — avant de rendre hommage, à sa manière, à quelques-uns des auteurs qui ont jalonné sa route : Cat Stevens, Bob Dylan, Randy Newman, Prince.

Au rappel, fidèle à son goût pour l’anecdote, il a donné au public le score du match France-Maroc, avant de conclure sur Johnny B. Goode — un ultime clin d’œil à Chuck Berry, celui qu’Elvis Presley considérait comme le véritable roi du rock’n’roll.

Une entrée en matière fidèle à l’esprit du festival

Cette double affiche résume assez bien ce qui fait la singularité de Jazz à Juan depuis 1960 : faire cohabiter, au cours d’une même soirée, l’hommage rendu avec ferveur à un géant disparu et la présence, bien vivante, d’une icône qui continue d’écrire son histoire. La suite du festival, jusqu’au 19 juillet, proposera une programmation différente chaque soir, avec notamment Seal, l’hommage de Marcus Miller à Miles Davis, à l’occasion du centenaire de sa naissance, et la jeune Samara Joy.

Una Roberta a Parigi : un spectacle entre deux cultures pour célébrer les 70 ans du jumelage Paris-Rome

À l’occasion des 70 ans du jumelage entre Paris et Rome, la capitale française célèbre plus que jamais l’amitié franco-italienne à travers des événements culturels vibrants. Nous avons été séduits par Una Roberta a Parigi, un spectacle aussi drôle que touchant, qui devient le symbole d’un dialogue artistique et humain entre deux pays que tout rapproche.

Depuis 1956, Paris et Rome cultivent un lien unique, mêlant patrimoine, création et art de vivre. Cet anniversaire marque une nouvelle étape dans cette relation forte, avec des événements qui incarnent cette proximité culturelle. Roberta a Parigi s’inscrit pleinement dans cette dynamique, avec une édition spéciale inspirée de ce jumelage historique.

Sur scène, l’humoriste italienne Roberta Cecchin livre un récit autobiographique aussi savoureux qu’universel. Elle raconte son arrivée à Paris, sans parler français, confrontée aux différences de langue, de cuisine et de coutumes. Entre quiproquos, clichés et vérités tendres, elle explore avec humour les subtilités de ces deux cultures voisines mais parfois étonnamment méconnues.

Le spectacle devient alors un véritable voyage interculturel, où se rencontrent le raffinement parisien et la spontanéité italienne. On y parle d’apéros, de drague, de gastronomie, de vocabulaire… mais aussi de cette fameuse rivalité bon enfant qui persiste entre les deux nations. Une immersion pleine d’énergie dans la Dolce Vita, sans quitter Paris.

Cette expérience théâtrale agit comme une invitation au voyage. Car au-delà du rire, elle rappelle combien l’Italie reste une destination incontournable pour les amoureux de culture et d’émotions. De Rome à Florence, de Milan à Naples, chaque ville incarne une facette différente de cet art de vivre si singulier : élégance, convivialité, gastronomie et beauté des paysages.

Dans ce contexte anniversaire, voyager en Italie prend une dimension encore plus symbolique. C’est prolonger cette rencontre entre deux cultures, ressentir ce lien profond qui unit Paris et Rome depuis des décennies. Flâner dans les ruelles romaines, savourer une pasta en terrasse ou admirer un coucher de soleil sur la Méditerranée devient alors une continuité naturelle de cette expérience artistique.

Présenté au Grand Point Virgule à Paris, le spectacle se joue les 9 avril et 3 juin 2026, dans une version enrichie spécialement pensée pour célébrer ce jumelage. Une occasion rare de découvrir une création à la fois drôle, intelligente et profondément humaine.

Avec Una Roberta a Parigi, La Vie est Belle Voyages célèbre une Europe vivante et inspirante, où le voyage commence parfois… sur une scène de théâtre. Et donne irrésistiblement envie de prendre un billet pour l’Italie !

https://www.paris.fr/evenements/una-roberta-a-parigi-edition-special-jumelage-paris-rome-106854

Wonderful World : quand Broadway affronte le monde d’aujourd’hui

Comment continuer à rêver quand l’air du temps s’assombrit ? Avec Wonderful World, Laetitia Ayrès relève le défi en mêlant humour, swing et lucidité. Son nouveau stand-up musical, porté par un trio complice (voix, piano, violoncelle-contrebasse), revisite les grands classiques de Hollywood et de Broadway à l’aune de nos contradictions contemporaines : éco-anxiété, féminisme, fragilité du spectacle vivant, injonction au bonheur permanent. Un spectacle vif, tendre et résolument ancré dans notre époque.

Formée au chant lyrique et nourrie depuis toujours par les comédies musicales, Laetitia Ayrès s’empare de titres cultes, de Cabaret à My Fair Lady en passant par Michel Legrand, pour les détourner avec un sens aigu de l’observation. Chanter New York, New York tout en pensant à son bilan carbone, rêver alors que « tous les voyants sont au rouge » : les paradoxes prennent ici des allures de numéros irrésistibles. Grâce aux arrangements élégants d’Orane Donnadieu ou de Jeyran Ghiaee au piano, et au jeu sensible de Maëlise Parisot au violoncelle-contrebasse, chaque morceau devient un petit théâtre d’émotions.

Entre concert et stand-up, Wonderful World interroge sans alourdir, amuse sans cynisme, et touche par sa sincérité. Laetitia Ayrès y incarne une génération ballotée entre héritage enchanté et réalité déconcertante. Mais, fidèle à l’esprit des comédies musicales, elle choisit la lumière : ici, même à l’heure de Don’t Look Up, « ça se finit bien ».

Créé au Sunsid, le spectacle s’installe au Studio Hébertot, où l’on ressort léger, le cœur battant au rythme des refrains mythiques. Une invitation à réenchanter le quotidien, une paillette pour éclairer la saison !

Wonderful World – Studio Hébertot (Paris 17e)
Tous les lundis et mercredis à 21h
Du 19 novembre 2025 au 28 janvier 2026

https://studiohebertot.com

Avec Roberta, la vie est belle… c’est bien évidemment la Dolce Vita !

Une tornade italienne à l’accent chantant

Venue de Mantoue, Roberta Cecchin a débarqué à Paris sans parler un mot de français. Dix ans plus tard, elle fait rire la France entière avec son one-woman-show Una Roberta débarque à…, décliné dans chaque ville où elle se produit. Dans ce spectacle haut en couleurs, elle raconte avec humour les chocs culturels entre France et Italie : la cuisine, la drague, le langage ou les fameux débats sur le foot… Rien n’échappe à son œil malicieux et à son autodérision typiquement transalpine.

Entre raffinement français et Dolce Vita italienne

Sur scène, Roberta jongle entre deux cultures qu’elle aime passionnément. De la retenue française au tempérament volcanique italien, elle peint un tableau drôle et tendre de nos différences, où chaque anecdote devient un pont entre les peuples. Son accent savoureux, sa gestuelle expressive et son franc-parler séduisent un public conquis, de Paris à Milan, de Genève à Tunis. Plus de 130 représentations, dont 80 % à guichets fermés, ont déjà couronné cette artiste solaire devenue l’ambassadrice officieuse de la Dolce Vita en France.

La plus italienne des Parisiennes

Première humoriste italienne à se produire en français, Roberta est aussi la fondatrice du Divina Comedy Show, premier plateau d’humour en italien de France. Elle partage la scène avec de grands noms comme Alexandre Kominek ou Michela Giraud, et séduit par son naturel désarmant. Véritable passerelle entre deux pays cousins, elle célèbre à sa manière le goût du partage, du rire et de la vie belle — forcément à l’italienne.


Infos pratiques

La prochaine date :

Una Roberta débarque à Lyon – Mercredi 8 octobre 2025 à 20h30

Théâtre à l’Ouest, Décines

Durée : 1h10 env.

Billetterie sur www.unarobertaaparigi.fr

Instagram : @una_roberta_a_parigi

Jazz à Juan 2025 ! Vous n’y étiez pas. J’y étais pour vous… État d’âme d’un fou de Jazz !

Jazz à Juan c’est avant tout cette Pinède Gould, un lieu chargé d’histoire et d’émotions, un écrin naturel qui nourrit la mémoire collective du jazz et accueille des générations d’artistes et de mélomanes depuis plus de six décennies. Depuis soixante-cinq ans, quand le crépuscule caresse la Pinède et que la Méditerranée s’embrase des derniers feux du soleil, Jazz à Juan s’éveille, fidèle à sa légende. Les souffles de cuivre et les sons inédits ont traversé les âges, métamorphosant la scène, façonnant un répertoire vibrant d’histoires et d’émotions. La foule, peu à peu, s’est changée en une grande famille attachée à ce rendez-vous, avide de découvertes et riche de souvenirs accumulés sous les frondaisons complices.

Pourtant, au cœur de cette métamorphose, deux présences demeurent, inébranlables. D’abord, l’immuable Méditerranée, la Grande Bleue comme toile de fond majestueuse, dont les reflets dansent jusqu’aux premiers accords – elle veille, silencieuse et rassurante, gardienne éternelle du festival. Puis, il y a cette assemblée de regards, de silences, de respirations suspendues ; un public dont la ferveur traverse les générations, applaudissant avec la même ardeur que jadis, tissant chaque soir un lien invisible d’émotion partagée.

Mais c’est la nature elle-même qui scelle la magie du lieu : le chœur des cigales, vibrant comme un chapelet d’étoiles sonores, enveloppe chaque performance d’un écrin unique, secret. Dans ce théâtre en plein air, les âmes se rencontrent, bercées par la volupté d’un instant suspendu entre ciel et mer, là où le jazz s’élève, éternel, dans une communion d’ombres, de lumières et de mélodies retrouvées. Leur présence sonore imposante oblige souvent les musiciens à interagir spontanément avec elles, comme dans l’anecdote d’Ella Fitzgerald qui a improvisé un morceau qu’elle nommera « Cricket Song » en s’en inspirant pendant son concert à la Pinède en juillet 1964.

Une sorte d’échange s’installe entre le vivant et l’art

À propos d’art, la direction artistique du festival Jazz à Juan est assurée depuis quelques années par un trio de mousquetaires composé de Jean-Noël Ginibre, Reno Di Matteo et Pascal Pilorget, complétés par Philippe Baute, directeur de l’office du tourisme d’Antibes Juan-les-Pins. Ce comité veille au choix des artistes, à la programmation et à la pérennité de ce rendez-vous international tout en tentant de maintenir un équilibre entre la tradition du jazz et l’ouverture à la diversité des styles contemporains… pas si simple !
Chaque année le défi est lancé : il faut parfois faire des choix difficiles, accepter de ne pas plaire à tout le monde, tout en restant fidèles à l’esprit du jazz et à la vocation initiale du festival. Dans ce sens, l’ouverture ne signifie pas tout programmer, mais plutôt proposer une direction claire qui honore le jazz tout en étant ouverte à des influences qui dialoguent avec lui, sans dilution… sans dilution !

Alors comme à la saison des vendanges, qu’en est-il du cru Jazz à Juan 2025 ?

 

Au soleil couchant, sous un magnifique ciel bleu nuit la scène éclairée par les sunlights, sous les applaudissements de la foule en attente et des cigales en effervescence fait place en ce 10 juillet 2025, à Émile Londonien qui ouvre ce festival et cette soirée à la Pinède Gould, au son de ses claviers, batterie et guitare basse, montrant un jazz actuel avec des touches d’électro et de jazz funk.
So what ?
Une mise en bouche élégante, des musiciens de talents… pour un public attentif dans une ambiance polissée.

La soirée s’est ensuite poursuivie avec le groupe électro-pop Air, connu pour son mythique album « Moon Safari », apportant une dimension encore plus électro psychédélique à l’événement, mêlant ambiance mystérieuse et onirique  Leur musique atmosphérique et minimaliste, m’on transporté dans un univers bien éloigné du Jazz et laissé totalement sur ma faim !
So what ?
Décalage et dérapage non contrôlé, à défaut de juger leur musique, je dirais juste que j’ai beaucoup soupiré, mais pas de plaisir.

Femme chanteuse à la peau noire habillée avec une robe jaune scintillante

Diane Reeves. ©

Ce mélange entre un jeune groupe jazz électro-funk comme Émile Londonien et un duo emblématique de la musique électronique comme Air illustre bien la volonté du festival Jazz à Juan 2025 de jongler entre tradition et modernité.
Le concert de Diane Reeves le 11 juillet 2025 à la Pinède Gould de Juan-les-Pins, a été un événement marquant. Diane Reeves, chanteuse de jazz cinq fois lauréate d’un Grammy, a livré une performance exceptionnelle mêlant jazz et R&B avec une virtuosité louée par la critique. Son répertoire, connu pour ses capacités d’improvisation et sa voix puissante, a captivé le public présent dans ce cadre enchanteur au bord de la Méditerranée.
So what ?
Quelle classe, quelle élégance, dans la tradition des grandes Divas du Jazz !!!

Jamie Cullum, mon coup de cœur

Un jeune homme blanc en t-shirt chante sur la scène de Jazz à Juan 2025

Jamie Culum © JLGuest

Il a une fois de plus électrisé la scène de Jazz à Juan cette année. Fidèle à sa réputation, l’artiste britannique a livré un concert plein d’énergie, mêlant virtuosité, humour, et intensité émotionnelle. Véritable homme-orchestre, Jamie Cullum a prouvé qu’il était bien plus qu’un simple pianiste ou chanteur de jazz : Il saute d’un instrument à l’autre avec une aisance déconcertante, improvise avec brio, et sait dialoguer avec le public grâce à son charme naturel et son sens du spectacle.
Sur scène, il alterne entre swing, groove, pop et mélodies introspectives, rendant hommage aux grands du jazz tout en y apportant sa touche contemporaine. Son énergie communicative et sa présence scénique en font réellement un « homme à tout faire » du jazz, capable de faire danser autant que d’émouvoir. C’était sans aucun doute un moment exceptionnel de cette édition 2025 du festival Jazz à Juan, et les spectateurs, tous debout, ne sont pas près d’oublier cette performance virevoltante !
So what ?
Chair de poule, du plaisir, beaucoup de plaisir, une communion totale entre Jamie Cullum, ses musiciens et le public qu’il a fait totalement chavirer… that’s the way of Jazz i love !

Ayo, féline et pleine de grâces

Une jeune femme noire, portant un large pull blanc saute dans un ruisseau en tenant une guitare.

Ayo. ©Fred Mont –

Samedi 12 juillet, dans ce cadre unique, naturel et intimiste, adoré des festivaliers, Ayo pénètre sur la scène de La Pinède Gould à pas feutré, telle une féline ondulant avec grâce et délicatesse. Ayo, chanteuse, compositrice et interprète d’origine nigériane et allemande, a transporté le public dès les premiers accords grâce à sa voix douce, puissante et sincère, et à un univers musical mêlant soul, folk, reggae et jazz. Après avoir été révélée en 2006 avec son album « Joyful », elle continue de séduire avec de nombreux autres albums, jusqu’à son plus récent, « Mami Wata » (2024), inspiré par son installation à Tahiti — un disque introspectif témoignant d’une nouvelle étape artistique.
Nous avons été conquis par la générosité de sa prestation, l’émotion qui se dégage de ses textes et l’atmosphère chaleureuse qu’elle sait déployer sur scène.  Ayo propose un voyage à travers ses grands classiques (dont « Down on My Knees », « And It’s Supposed to Be Love », ou « Life is Real »), des titres récents tirés de « Mami Wata », ainsi que de superbes reprises, le tout ponctué d’échanges complices avec le public.
La soirée s’est déroulée dans la douceur d’un soir d’été, sous les pins centenaires, dans une ambiance à la fois festive et contemplative, où 3000 spectateurs se sont détectés de ce concert en plein air, les pieds dans le sable, sous les étoiles de la Côte d’Azur.
So what ?
Totalement sous le charme, quasiment envoûté par sa présence, sa voix, ses influences et ce voyage qu’elle nous fait partager

Grégory Porter, une étoile incontestée sous les pins

Un homme noir souriant avec une rose à la boutonnière et portant une chapka pose devant un chalet en bois.

Gregory Porter -©Ami Sioux

Grégory Porter, fidèle à la scène de la Pinède, a une fois encore enchanté le public venu nombreux cette année. Dès les premières notes, le chanteur américain a su imposer sa présence chaleureuse, enveloppant l’auditoire de son charisme et de sa voix profonde. Maître incontesté d’un univers musical oscillant entre jazz, soul et gospel, Porter a livré une prestation d’une rare intensité. Chaque morceau, interprété avec une sincérité touchante, a résonné comme une invitation au voyage, entre rythmes entraînants et ballades plus intimistes.
La communion entre l’artiste et son public fut palpable : applaudissements nourris, regards émerveillés et sourires complices ont rythmé la soirée. Grégory Porter a prouvé, une fois de plus, qu’il demeure un éternel ravissement pour tous ceux qui partagent, le temps d’un concert, son univers magnétique.
So What ?
Facétieux, généreux, bienveillant… dès la première note il nous enrobe de sa voix puissante et ronde à la fois . Ce mec est lui tout seul une thérapie vers le bien-être…à écouter sans modération !

Karen Guillock, émouvante dans son hommage à Nina

Chanteuse noire, cheveux lisse, souriante vêtue d'une robe en lamé vert scintillant.

Kareen Guiock Thuram- Alice Lemarin

Karen Guillock (plus précisément Kareen Guiock Thuram) s’est produite sur la scène de la Pinède Gould lors du Jazz Festival 2025 à Juan-les-Pins, le jeudi 17 juillet 2025. Son concert, un hommage émouvant à Nina Simone, a été très apprécié du public et des critiques, et elle a joué avec ses musiciens Kevin Jubert (piano), Rody Cereyon (basse), et Tilo Bertholo (batterie). Elle a démarré à 20h30, précédant Ibrahim Maalouf qui a joué plus tard dans la soirée. Ce concert s’inscrit dans une tournée 2025 très active avec plus de 20 concerts et de nombreux festivals à son actif.
Kareen Guiock Thuram est reconnue pour son style sincère et sa forte inspiration de Nina Simone, offrant une expérience musicale intime et émotive sur la scène jazz, notamment à la Pinède, un lieu emblématique du festival Jazz à Juan.
So what ?
E
lle a tout d’une grande… j’aime son timbre de voix, son sourire et l’émotion qu’elle nous procure !

Dabeull enflamme La Pinède dans un moment de pure magie funk & soul 🎶

Gros plan sur le visage angulaire et moustache de Dabeull qui fume une cigarette.

Dabeull ©David Vasiljevic

Il y a des concerts qui marquent, qui laissent une empreinte indélébile dans les cœurs et les esprits. Celui de Dabeull, lors de cette édition 2025 de Jazz àJuan, en fait clairement partie. Dès les premières notes, Dabeull a imposé sa patte : ce mélange savant et électrisant de funk rétro, de groove sensuel, et de soul luxuriante. Accompagné de musiciens aussi talentueux qu’habités, il a su créer une tension euphorique dans l’air, progressivement, jusqu’au point de bascule — ce moment où la foule cesse de regarder pour commencer à vivre pleinement, corps et âme, ce qui se passe sur scène.
Peu de minutes après le début du set, c’était évident : plus personne ne tenait en place. Le public, tous âges confondus, s’est levé comme un seul corps, happé par le rythme, l’énergie débordante, et cette capacité rare de Dabeull à rendre chaque morceau profondément vivant. Une effervescence communicative s’est emparée du festival. Des sourires partout, des déhanchés spontanés, des mains levées : il y avait quelque chose de magique, presque cathartique, dans l’air.
Avec ses synthés vintage, ses basses chaudes, ses refrains accrocheurs et sa vibe rétro-futuriste, Dabeull nous offre plus qu’un concert : une expérience sensorielle totale. Ceux qui venaient par curiosité sont repartis conquis. Ceux qui étaient déjà fans ont vu leurs attentes pulvérisées. Chaque morceau semblait être une invitation à rejoindre une grande fête bienveillante, à la croisée des années 70 et du groove de demain.
Au-delà de la musique, c’est la relation que Dabeull entretient avec le public qui impressionne. Il sait exactement comment parler à son audience, comment l’inclure, la faire participer, rire, danser, chanter. Il ne s’adresse pas à des spectateurs, mais bien à une communauté joyeuse rassemblée autour de la même passion.
Alors que La Pinède célèbre cette année encore la richesse des musiques improvisées et hybrides, Dabeull a su incarner cette ouverture avec brio. En fusionnant le jazz aux courants funk, soul et électroniques de manière audacieuse, il a offert un moment de cohésion rare — une bulle euphorique suspendue hors du temps…
So what ?
Vous aimez le Jazz, la Soul, le Funk, le Synthé , les Cuivres, la Fusion,  la Danse… alors bienvenus dans l’univers de Dabeull !, That’s Entertainment… un vrai bonheur !

La magie Sophy Soliveau !?

Une photo un peu floue en gros plan du visage de Sophye Soliveau, chanteuse noire de Jazz

Sophye Soliveau – ©JLGuest

Elle a en effet opéré une fois de plus cette année au festival Jazz à Juan, à la Pinède Gould dans ce cadre prestigieux, offrant sa voix pleine de groove précieux et subtil accompagnée de sa harpe, créant une ambiance harmonieuse et profonde, inspirée notamment par la soul. Son approche artistique met particulièrement en valeur l’harmonie vocale collective et l’interaction avec le public, transformant la scène en un espace d’improvisation partagée et de création collective. Ce concert s’inscrit dans une édition 2025 très riche, avec d’autres artistes majeurs programmés autour de cette date.
Sophye Soliveau a une nouvelle fois enchanté le public du Jazz à Juan cette année, confirmant son univers musical unique et la puissance de ses performances en direct. Ses influences artistiques déclarées incluent des figures majeures comme Erykah Badu, Angie Stone, Rachelle Ferrell, Bobby McFerrin, ainsi que Dorothy Ashby, la harpiste de jazz américaine, et Maxell et Brandy dans la sphère R’n’B. Elle se démarque en fusionnant la harpe avec sa voix dans un style moderne et organique, mêlant groove et harmonies vocales raffinées. Elle revendique aussi une admiration pour la chanteuse française Camille, qui a marqué une phase d’inspiration dans son travail.
So what ?
J’adooorre… fan total de ce petit bout de femme qui fait corps avec sa harpe avec une sensualité troublante, qui joue avec les octaves de sa voix avec une facilité déconcertante et surtout j’adore son univers musical .

Le mythique Herbie était là lui aussi…

Herbie Hancock vêtu d'un beau costume bleu pose devant l'objectif en souriant derrière ses lunettes de soleil.

herbie Hancock- ©Herbie Hancock

Le concert d’Herbie Hancock à la Pinède Gould d’Antibes, le 19 juillet 2025 dans le cadre du festival Jazz à Juan, a été salué comme un moment phare du festival. Le mythique Hancock étant revenu pour la quatorzième fois dans un cadre qu’il considère quasiment comme une seconde maison. Son statut de légende incontestée du jazz – et sa capacité à réinventer ses classiques (tels que « Cantaloupe Island », « Maiden Voyage » ou « Chameleon ») – ont fait l’unanimité auprès du public, qui a savouré un répertoire traversant les décennies. L’événement a bénéficié d’une ambiance exceptionnelle et magique sous les pins et les étoiles, confirmant la réputation du festival comme « sanctuaire musical » et rendez-vous incontournable pour les amateurs de jazz. Dans l’ensemble, les retours expriment enthousiasme, émotion et reconnaissance devant la longévité et la créativité intacte de Hancock, qui a comme toujours su emporter la Pinède Gould dans un voyage musical universel.
La Pinède Gould, comble ce soir-là, a accueilli un public « réceptif et généreux », transporté par un répertoire qui traverse toutes les générations et fait vibrer même les néophytes. La dimension intergénérationnelle du public est également souvent citée, avec des passionnés venus en famille ou entre amis pour partager ce moment unique. L’ambiance générale était festive, chaleureuse et presque familiale, Hancock étant tourné vers le public avec complicité « Ici, c’est comme une vieille famille », selon ses propres mots…
So what ?
65 ans de Jazz nous contemplent avec Herbie Hancock…un monument aux allures de jeune homme, espiègle et heureux de partager sa musique sur la scène de la Pinède…Merci Monsieur pour votre œuvre, votre talent et votre…humanité !

Le rideau se referme doucement sur Jazz à Juan après dix jours de festivités et de musique. Rendez-vous est pris en Juillet 2026 !


Jazz à Juan 2025, mes confidences pour confidences…

Jean Loup Guest souriant derrière ses lunettes.

Jean-Loup Guest, l’auteur de cet article, votre serviteur « Jazz » à Juan ! ©Propriété de l’auteur

La musique en général et le jazz en particulier, c’est pour moi l’irruption du merveilleux dans le quotidien, une rencontre imprévisible, un éclat de lumière qui traverse l’âme. Elle tisse en silence des liens invisibles entre les êtres, parfois fulgurants, comme une histoire d’amour née d’un simple regard. Elle échappe aux mots, défie toute logique : on aime, on est emporté, sans savoir pourquoi. On ne dissèque pas un coup de foudre, car ce sont les émotions, palpables et brûlantes, qui parlent pour nous. La musique se vit, elle se ressent, et c’est dans ce mystère qu’elle déploie toute sa magie.

Dans la chaleur de juillet, Jazz à Juan 2025 a effleuré cette étreinte soul entre la nuit et le chant. Cette année, j’y suis venu en quête d’un groove, d’un frisson partagé, attendant cette pulsation qui fait vibrer l’intérieur et vous traverse de part en part comme la voix d’Aretha ou les doigts de Ray Charles. Je rêvais d’accords moites, de regards complices entre musiciens, de cette ferveur suave qui fait, d’une simple soirée, une célébration commune, une église à ciel ouvert.

Mais chaque soir, la ligne ne se tendait pas forcément. Quelques notes m’ont chatouillé l’âme, un solo m’a rappelé l’urgence d’aimer, mais l’alchimie n’y mettait pas tout son feu—il manquait cette sueur, cette intensité viscérale qui, parfois, fait basculer le concert de l’autre côté du miroir, quand on ne danse plus seulement pour oublier mais pour s’élever ensemble. J’ai ressenti des bouquets d’étincelles, quelques fois l’incendie ; des confidences intimes   et de la ferveur partagée.

Je repars avec la gratitude envers ceux qui ont tendu le micro à la nuit, mais il me reste en sourdine cette envie d’un festival d’où l’on ressort embrasé et consolé, le corps habité par une même vibration, le souvenir d’un instant où le temps s’arrête… comme un chœur qui continue de résonner longtemps après le silence.

So Jazz…

Jean-Loup Guest

Les spectacles musicaux à voir au Festival Off Avignon

Compte tenu des propos orduriers tenus à l’inauguration du Festival d’Avignon, que nous couvrons à chaque occasion, la rédaction manifeste son immense peine en boycotant cet article.

Pour notre rédaction, il n’est pas imaginable en 2025 d’entendre des gens, a priori cultivés, sensibles et intelligents, parler dans des termes aussi peu appropriés d’Israel et des Juifs. Si la grande famille de la culture n’est pas capable, elle au moins, de faire la part des choses et d’alimenter l’amour plutôt que la haine, il nous est impossible de valider.

Nous sommes résolument l’antisémitisme et l’antisionisme, contre les pogroms et les massacres sans nom, et ceci partout dans le monde et nous sommes résolument contre la montée en épingle de faits qui prennent une ampleur internationale uniquement parce que les Juifs sont de  la partie alors qu’ailleurs … de milliers de femmes, d’enfants, d’hommes meurent chaque jour sans qu’aucune personne ne s’estime obligé d’en faire mention.

Honteux ce comportement, honteux ce parti-pris qui porte un nom malheureusement bien connu ! Antisémitisme autrement dit haine des juifs. POURQUOI ?

Chères actrices et chers acteurs de ces pièces, je vous présente nos excuses tout en regrettant votre assourdissant silence !

 

Le Syndrome d’Hercule

Affiche SyndromeHerculeQuand les 12 travaux d’Hercule deviennent une thérapie musicale pour l’homme du XXIe siècle. Du 5 au 26 juillet 2025 à 11h30 au Collège de la Salle, dans le cadre du Festival Off d’Avignon, la compagnie L’Antimonotonie présente Le Syndrome d’Hercule, une comédie familiale d’1 heure, pleine d’humour et de rythme. Entre hypnose et quête de soi, suivez Blaise, un comptable angoissé, propulsé malgré lui dans une relecture déjantée des 12 travaux d’Hercule. Sur fond de pop, rock et slam, le spectacle revisite la mythologie grecque à la sauce XXIe siècle avec inventivité, émotion et bonne humeur. Un vrai moment de partage pour petits et grands, à ne pas manquer ! Teaser : https://www.youtube.com/watch?v=cu1oO5GJdnE

Lennon et McCartney 

affiche lennonEt si ces deux légendes s’étaient enfin retrouvées un matin de novembre 1980…. Et si ? C’est le point de départ de Lennon et McCartney, une pièce musicale aussi émouvante que captivante, à découvrir du 5 au 26 juillet 2025 à 17h40 au Collège de la Salle, dans le cadre du Festival Off d’Avignon (durée : 1h15). Le spectacle donne vie à des retrouvailles fictives entre les deux légendes des Beatles. Entre dialogues justes, humour tendre et extraits cultes du répertoire du groupe, cette création rend un hommage vibrant à ces deux icones de la musique. Une pièce de théâtre musicale qui plonge petits et grands au cœur d’une amitié́ qui a changé́ le monde ! Teaser :  https://www.youtube.com/watch?v=yZjOSYQTwGw

Gabor et les chapeaux rouillés 

Affiche GABOR ET LES CHAPEAUX ROUILLESUn voyage musical et sensoriel où l’imaginaire devient la clé pour retrouver l’essentiel : l’humanité. Du 5 au 26 juillet 2025 à 15h10 (relâche les 7, 15 et 21), retrouvez Gabor et les Chapeaux Rouillés au Festival Off Avignon, Salle 1 du Cinévox (22 place de l’Horloge). Ce spectacle musical et fantastique d’1h10 plonge petits et grands dans un monde postapocalyptique où Gabor, héros rêveur, tente de reconstruire l’harmonie pour retrouver l’humanité. Entre arts numériques, décors mécaniques et personnages enchanteurs, le public embarque dans un univers musical et sensible. Une aventure immersive et poétique à vivre en famille, qui éveille l’imaginaire et touche le cœur. Teaser : https://www.youtube.com/watch?v=nyQe0egNDa0