lundi 22 avril 2024

Le Marité

Le Marité

Quand on parle de la Normandie, de Granville, de l’archipel de Chausey, impossible de ne pas penser au beau voilier le Marité. C’est à son bord qu’il est possible de se rendre aux îles Chausey.

A bord du Marité… ©JudeLo

Une jolie expédition d’une journée à faire au moins une fois dans sa vie. Le Marité est un ancien terre neuvier à voiles, devenu un Bateaux d’Intérêt Patrimonial. Trois-mâts goélette, quasiment 45m de long, 8m de large, 650 m2 de surface en 16 voiles… Après 1000 vies, le Marité entamait en 2012 sa nouvelle vie d’ambassadeur de la Normandie qui se déplace au gré des courses et des grands événements nautiques.

Le Marité est le dernier voilier de grande pêche sorti des chantiers fécampois. La cérémonie de bénédiction du navire a lieu à l’été 1923. Il devait s’appeler Marie-Thérèse, prénom de la plus jeune fille de l’armateur, mais un autre bateau portant déjà ce nom, le diminutif Marité sera retenu. Fait rarissime, ce nom suivra le navire toute sa vie, malgré les changements successifs de propriétaires.

Le Marité a cumulé les vies et les nationalités. Cinq campagnes de pêche à la morue après son lancement, il est considéré comme trop petit pour les campagnes à Terre-Neuve. Il est désarmé. Le voilà caboteur danois. Il repart à la pêche à la morue aux larges des îles Féroé et monte jusqu’au Groenland. Encore une fois trop petit, il est relégué au cabotage dans les eaux danoises.

En pleine Seconde guerre Mondiale, il est réquisitionné pour faire du transport jusqu’en Angleterre. Il évite toutes les mines, toutes les attaques et en 1946 il repart à la pêche à la morue. Huit ans plus tard, il change encore de mains. On lui colle un gros moteur puissant, on lui coupe les voiles, on dépose ses mâts.
Le voilà utilisé pour la pêche au hareng et à la crevette !

En 1969, il est désarmé à nouveau et reste à quai à Tvöröyri où il sera définitivement abandonné par son propriétaire, après un dernier voyage en Écosse en 1973.

En juin 1978, des jeunes Suédois achètent une épave noirâtre en lieu et place de l’élégant voilier blanc qu’ils avaient vu en photo. En 1987, après huit ans de travaux, leur chantier en bande de copains se termine. Très différent du navire terre-neuvier d’origine, sûr et confortable, Le Marité connaît un succès immédiat et assure croisières et séminaires dans les eaux suédoises.

La mer vue du hublot du Marité. ©JudeLo

En 1992, il fait son grand retour à Fécamp, le temps d’une courte halte dans son port natal avant de prouver ses grandes qualités nautiques en remportant la 3e place au classement général de la Colombus Race.

En 1998, les jeunes marins suédois se sont assagis. Ils souhaitent passer la main, mais pas à n’importe qui. Ils veulent que l’aventure continue pour leur navire et redoutent qu’il ne soit transformé en musée flottant, définitivement amarré à quai.

En France, la mobilisation pour le retour du Marité dans les eaux qui l’ont vu naître est forte. Jacques Chauveau, Président français du World Ship Trust et le navigateur Gérard d’Aboville prennent la tête du mouvement. Bientôt, une association se créé et recueille quatre cents signatures en faveur du retour de l’illustre trois-mâts.

Durant vingt-huit semaines, le navire accueille le tournage de l’émission Thalassa.

A la fin de l’année 2005 usé par ces longues années de navigation, le Marité entre en restauration totale. Seront nécessaires, 20 000 clous, appelés carvelles, en acier galvanisé à chaud, 450 m3 d’iroko en provenance du Congo coupé dans des forêts gérées selon les normes Développement Durable, 450 m3 de chêne en provenance des célèbres forêts domaniales de l’Orne, plantées par Colbert, et du parc du château de Versailles, à partir d’arbres déracinés par la tempête de 1999. Les mâts d’origine seront confectionnés en mélèze en provenance des Hautes-Alpes, bois robuste mais souple, capable de supporter les efforts des gréements. Chaque mât d’une hauteur de 20 m pèse une tonne et est surmonté d’une flèche de 11 m.

Les cordages du Marité. ©JudeLo

Quand il ne participe pas à de grands événements nautiques et rassemblements de vieux gréements, le Marité propose au départ de Granville, son port d’attache, des navigations participatives à la journée à destination de Chausey ou de la Pointe du Grouin, ou à la ½ journée en Baie de Granville.

Pendant l’excursion, après quelques mots de bienvenue du capitaine et la présentation de l’équipage, on quitte Granville dans la matinée. Dès la sortie du port, les premières voiles sont hissées. L’équipage invite les passagers à participer aux manœuvres. Cap sur Chausey, distant de 9 milles (17 km). Quelques bords le long des îlots et il est temps de mouiller l’ancre et de découvrir le Chausey sauvage. Après un déjeuner on débarque par zodiac sur un ilot et son banc de sable (arrivée les pieds dans l’eau) : promenade, pêche à pied, baignade… En fin d’après-midi, il est temps d’appareiller.


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LE MARITÉ

 

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