Jazz à Juan, clap de fin sur déjà 58 ans de Jazz et de partages !

Cette 58e édition du Festival Jazz à Juan n’a pas échappé à la règle des rires, joies, vibrations et parfois déceptions. Texte Jean-Louis Guenoun
Posted on juillet 26, 2018, 12:05
9 mins

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Et voilà… fin du 58e Festival de Jazz Juan 2018. C’est toujours déchirant de terminer quelque chose, c’est un peu comme une histoire d’amour qui commence et qui s’arrête  trop tôt. Comme dans toutes les  passions amoureuses on passe par toutes les émotions. Ça commence par des rencontres, des regards,  des vibrations, des rires, des joies, et parfois même des déceptions. Cette 58e édition du Festival Jazz à Juan n’a pas échappé à la règle. Mais avant de vous faire part de mes grands coups de cœur et de mes petits coups de gueule, un peu d’histoire.

– Le jazz est vif, douloureux, doux, tendre, lent ; il apaise, il bouleverse, c’est de la musique et ce qu’il rythme est vrai, c’est le pouls de la vie » a écrit la poétesse Andrée Maillet  !

Il était une fois Jazz à Juan…

Par un beau mois de juillet 1960, naquit le « 1er Festival du Jazz Européen » , dans le cadre idyllique de la pinède Gould à Juan les Pins, du nom du richissime américain Frank Jay Gould qui fit construire, au cœur de la petite station balnéaire le casino et un superbe palace, au milieu de cette pinède bordée de pins parasols centenaires, face à la Grande Bleue .
Le Festival de Jazz d’Antibes Juan-les-Pins fut le premier festival européen de jazz et rencontra très vite un grand succès. Et oui, Juan-les-Pins où Jazz à Juan fait swinguer la pinède Gould depuis 1960. Et depuis 58 ans, cet événement de renommée mondiale voit se produire, en juillet, tous les plus grands noms du Jazz ainsi que de nouvelles « pépites » internationales. Ce festival hétéroclite, où se mélangent toutes les tendances, attire chaque année des milliers d’amateurs de Jazz et réunit des orchestres des quatre coins d’Europe venus dans l’espoir d’être désignés « meilleure formation de Jazz européenne ». Depuis toutes ces années, Jazz à Juan a été reconduit, même malgré la concurrence du festival de jazz de Nice en 1971 et 1972.

Jazz à Juan, 1960, 2018

Première affiche Jazz à Juan 1960. ©Jazz à Juan

Sous la direction artistique de Norbert Gamsohn, Jazz à Juan a acquis une notoriété mondiale. Il est devenu le plus prestigieux festival après celui de Newport et a donné au jazz une diffusion sans précédent. En 1960, les États-Unis, berceau du Jazz, furent les invités d’honneur du festival de jazz d’Antibes. Participaient à cette première édition l’orchestre de Wilbur De Paris avec le bassiste Charlie Mingus, Bud Powell, Dizzy Gillespie ou encore Sister Rosetta Tharpe.
Durant le festival les musiciens en compétition durent se produire en deux lieux différents. Dans l’enceinte du stade Fort Carré d’Antibes et dans la Pinède Gould. Mais, dès la prestation du 10 juillet 1960 donné en hommage à Sidney Bechet dans la Pinède, les organisateurs comme les musiciens privilégièrent ce site.

De 2001 à 2009, Harry Lapp occupera la direction artistique du festival. La direction générale de Jazz à Juan est assurée alors par Philippe Baute, directeur de l’Office de tourisme. Depuis 2010, c’est Jean-René Palacio qui veille à la destinée de « Jazz à Juan ».

Longue vie à Jazz à Juan… et rendez-vous en 2019, mais Quid du « cru 2018 »… ?

Mon « Jazz d’Or »

va à Ibrahim Maalouf et Angélique Kidjo avec l’Orchestre de Cannes Alpes-Côte d’Azur pour l’opus « Queen of Sheba ». Pour ce métissage et cette osmose musicale entre Le classique et ce jazz aux couleurs d’Orient. Pour cet accord parfait  entre la trompette de Maalouf et la voix de Kidjo. Pour cette saga biblique sur les traces de la reine de Saba et du roi Salomon. Pour cette jubilation partagée entre Maalouf,  l’ensemble des musiciens et le public de la Pinède … comblé !

Mon « Jazz d’Argent »

est décerné  à Biréli Lagrène, Charlier, Sourisse et le multiquarium Big Band pour cet hommage explosif à Miroslav Vitous. Pour cette complicité musicale et humaine entre ces trois vieux briscards du jazz, réunis sur cette scène de Jazz à Juan afin de partager et de transmettre la musique de ce génie, trop tôt disparu, Miroslav Vitous.

Mon « Jazz de Bronze »

est dédié à Marcus Miller et Selah Sue pour leurs variations éclectiques de jazz funk pop RnB, rythmées par la guitare basse de Marcus Miller accompagné pour la circonstance  par la jeune chanteuse belge Selah Sue. Pour l’hommage poignant de Marcus Miller à son père récemment décédé. Et pour cette reprise tonitruante de « Come Together » à faire pâlir les Beatles de jalousie.

Mes Jazz « mi figue mi-raisin »

reviennent à Carla Bruni et Norah Jones. Ni la proposition musicale variée de la belle Carla, ni son univers vocal ne m’ont séduit…
Quant à Norah Jones… elle déroule tranquillement son répertoire folk et country sans prise de risque, sans surprise, sans véritable présence scénique, ni de réelle fusion avec ses musiciens…really sorry, Ladies !

Mon « Jazz de Cœur »

va sans conteste à la sublime diva Melody Gardot qui une fois de plus a réussi à séduire et à émerveiller son public. Melody possède tout : un talent fou et un charme sans égal. Une histoire personnelle poignante puisque elle a failli perdre la vie et l’usage de ses jambes à l’âge de 14 ans. C’est une épicurienne assoiffé de vie et de partage. Bref une grande Diva hors catégorie !

Mentions spéciales

à Lenny Kravitz qui nous a fait danser, à Eli Degibri le saxophoniste israélien qui nous a fait voyager, au jeune prodige arménien le pianiste Tigran Hamasyan qui nous a fait planer et à Dhafer Youssef, ce maitre de l’Oud qui nous a envoûté…

 

Longue vie au Jazz et à la liberté de créer pour tous ces artistes, unis par une langue de paix intemporelle…la musique !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian

 

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