mardi 4 août 2020

« Nature in first » sur les îles Féroé

« Nature in first » sur les îles Féroé

Omniprésente et magnifique nature aux îles Féroé.

Les îles Féroé*… à moins de trois heures de vol de Paris avec la liaison Atlantic Airways !? À vous, la beauté majestueuse de cet archipel vierge dont le style de nature est à mi-chemin entre le continent et l’Islande. Je ne prétends pas que vous saurez tout des Féroé en quelques heures mais vous en saurez assez pour avoir envie d’y revenir. Cascades, immenses étendues vertes, cieux lumineux, maisons aux façades peintes, gens charmants… Cette destination a tout d’une grande ! Exploration…

Les façades de Torshavn, la capitale des Féroé. ©Judith Lossmann

Mystérieuses îles Féroé
Un saut de puce en avion… Apparaissent à l’horizon les côtes escarpées et les immenses falaises chapeautées de vert en été et de blanc en hiver des îles Féroé. Les îles Féroé c’est un peu comme un dessin animé ou un conte de Noël. Dès la première seconde vous entrez dans un autre monde, feutré, doux, différent, coloré. Un lieu ? Des lieux magiques où ne résonnent que le souffle du vent, le chant des oiseaux, les cris des goélands et autres « huitrier pie » aux pattes roses et au long bec rouge (des pies de mer mangeuses d’huîtres). Parfois un moteur de voiture ou le sillage d’un avion rappelle que ces terres sont habitées par d’autres bipèdes que soi-même mais c’est rare. Il est si facile de se croire seule, seul au monde dans ces territoires à la végétation basse, voire absente – pas autant qu’en Islande cependant -. La majesté des îles vient de leur emplacement entre ciel et mer, entre vert et bleu, entre terre et nuages. Des espaces suspendus, souvent vertigineux ponctués par des cascades immenses sorties de nulle part entre deux mastodontes rocheux, là-haut… tout là-haut.
Les îles de l’archipel sont reliées entre elle par des successions de tunnels. Rien de visible. Rien n’est abîmé. La nature est reine et règne en maîtresse absolue. Son omniprésence en fait une sorte de déesse magistrale. Qu’il est bon de se plonger dans les sentiers à flanc de falaises pour se perdre dans ses méandres. Ça vous fait des papillons dans le ventre comme si vous alliez à un rendez-vous amoureux.

Aux Féroé, la cascade de Mulafossur est la plus photographiée. Elle plonge dans l’océan 612m plus bas ! ©Judith Lossmann

Des ogres, des lilliputiens et une cascade
À peine descendu de l’avion, on saute dans une voiture de location et l’on part visiter Gásadalur (La Vallée des Oies dans le texte), un village férogien typique. Vous aimerez les toits végétalisés, les constructions enfouies sous des tonnes de terre, les belles couleurs des façades, les nobles matières des matériaux de construction et… l’extrême propreté. En passant à proximité de ces maisons basses vous vous sentiez comme des ogres face à l’étroitesse des portes. Une interrogation s’imposera à votre esprit : comment entrer à l’intérieur ?
Le charmant village de Gásadalur, proche de l’aéroport sur l’île de Vagar est l’endroit idéal pour s’immerger dans l’esprit des îles. Une courte randonnée vous conduira au sommet – c’est rare – de la plus haute et impressionnante cascade de l’archipel. Attachée à Gásadalur, c’est sans aucun doute la plus photographiée des îles. Son nom : Mulafossur waterfalls. Avec en fond d’image, les montagnes d’arrière plan, elle se déverse de toute sa hauteur (612m) dans l’océan. Un endroit hallucinant de beauté quand l’herbe est verte et le soleil au couchant. Vous aurez bien du mal à quitter cet Éden nordique et votre minuscule état de lilliputien ! Plus loin, vos sens émoustillés par tant de beauté vous stopperont net devant le village de Bøur au cœur d’un magnifique fjord présent sur la route pour Tórshavn, la capitale.

Le quartier alternatif et chic de Tinganes affiche ses étonnantes couleur charbon et carmin. ©Judith Lossmann

Au début était Tinganes…
Les villes ressemblent plus à ces villages des contes de fées et de lutins qu’à des métropoles polluées et polluantes. C’est tout le charme des petites bourgades des Féroé… Même la capitale, Tórshavn, n’échappe pas à la règle. Bien sûr, elle est un peu plus peuplée (20.000 habitants tout de même) mais il faut absolument voir les ruelles et petites rues de son cœur historique nommé Tinganes, habité dès le 4ème siècle. Dans ce quartier résidentiel, on verra Munikastovan, la très belle « résidence des évêques ». Datée du 15ème siècle, il s’agit de la plus veille maison des Féroé. Ce quartier de Tinganes est devenu le lieu branché de la ville. Habité surtout par des artistes locaux : cinéaste, musicien, peintre, architecte qui ont su, ensemble, redonner toute sa beauté à ces anciennes maisons de bardeaux noir geais !
Autres caractéristiques des îles Féroé et de la capitale : la propreté. Rien ne dépasse. Il ne viendrait à l’esprit de personne de jeter ses papiers dans les rues. Le silence et le respect sont de véritables invitations à la déambulation et aux découvertes architecturales.

 

Trois mots d’histoire et de géographie
L’origine de la population, des marins rudes à la tâche, des femmes courageuses et souvent seules, a obligé la population à l’adaptation permanente dans un climat rude (il fait 10°C en juillet), avec des ressources limitées.
Les îles Féroé sont un archipel indépendant appartenant à la Couronne Danoise. Sous domination danoise depuis des lustres, la population devra attendre la fin de seconde guerre mondiale pour avoir, enfin, le droit de parler sa langue ! Aux îles Féroé, le style de vie est résolument celui des pays du Nord. Discret, chacun chez soi mais volets et rideaux ouverts pour être visibles de tous et prouver que l’on ne fait rien de répréhensible. Un tout petit pays qui survit avec la pêche, le saumon et le tourisme naissant.

Les anciennes maisons de Koltur en cours de restauration. Les Féroé possèdent beaucoup d’exemples de ce type d’architecture. ©Judith Lossmann

Excursion à Koltur
Quinze minutes de vol en hélicoptère, survol de Koltur inclus et l’on pose le pied sur cette île posée à trois jets de lance de Tórshavn. Une île d’une beauté farouche mais qu’est ce qui ne l’est pas ici, dites-moi !? Une île qui se visite à pied, seulement habitée par deux personnes, un fermier et sa femme qui vivent seuls ici au milieu d’une végétation battue par les vents et les embruns. Là, une minuscule plage de sable blanc borde une eau de mer dont la couleur vous transporte aux Fidji. Là-bas, les restes d’un ancien village férogien en cours de rénovation. Trois quatre bâtisses ancestrales, exemples de la vie spartiate vécue par les familles dans cette lande pendant des siècles. Des maisons à louer pour une expérience de « tourisme » loin des codes. Ruisseaux, petits ponts de bois, collines, moutons et chèvres, quelques toits bas, noyés au milieu du vert et autour une mer moutonnante sous les assauts des vents du Nord. Objectif de la randonnée, gravir les 477 mètres de l’unique colline. Au bout d’une heure de marche, on est récompensé par le spectacle grandiose des falaises tombant à pic de l’autre versant.

 

Un plat traditionnel, qui nous demande une certaine tolérance culturelle : la baleine séchée. ©Judith Lossmann

En réponse à ma question, Bjorn Patursson et sa femme, un couple au cœur grand comme ça, me répond ne jamais vouloir vivre ailleurs qu’ici. Même si un jour, ils le savent, il faudra laisser sa place ! C’est chez eux que nous déjeunons. Dans l’absolue sérénité d’une maison confortable, bien chauffée, dotée de toute la modernité. Sur la longue table, une kyrielle de petits plats. Des légumes, des fruits. Des pommes de terre. De la viande. Celle des chèvres de l’île. En ragoût. Des produits laitiers dont un fromage au lait des mêmes chèvres. Délicieux frais ou plus sec. Une viande noire comme du charbon. De la baleine ! J’ose. La tradition veut qu’on la déguste sur un morceau de pomme de terre cuit à l’eau avec sa propre graisse. Que dire ? C’est vraiment bon. En fait, c’est la graisse qui a du goût. Évidemment, il y a le saumon. Élevé ou pêché au large, il ne supporte pas les transports. Inutile d’en chercher ailleurs que sur les Féroé vous n’en trouverez pas. En revanche, sur les îles, le saumon est à toutes les sauces. En boisson du vin, de la bière et des infusions de plantes. Beaucoup de baies polaires et du sureau. Un délice. Nous quittons à regret nos hôtes pour partir tenter une expérience en haute mer.

 

 

 

Depuis la mer…
Immergés dans des combinaisons total look orange, casqués, lunettés, nous voilà agrippés aux cordes de sécurité d’un bateau de compétition. Le soleil brille. Le temps est radieux. Le ciel est bleu. Nous sommes début juillet et à seize heures, il fait un bon 13°C. Quand le bateau va prendre de la vitesse, ça va cailler… et mouiller. Après une course folle sur le sommet des vagues, à rebondir comme des pantins sur des blocs de béton, nous touchons un long ponton cheveux et visage douchés, le sel sur les lèvres. Nous ne marchons plus trop droit mais nous trouvons tout de même le chemin de cet adorable café niché dans un coin du port. Et là, moment de délice, à l’abri des éléments, dégustation d’une boisson bien méritée avant de repartir à l’assaut de l’océan, découvrir des falaises, des grottes, des nichoirs de macareux escarpés. Des criques et autres trésors visibles depuis la mer uniquement.

Souper à minuit à la lumière du jour
Je ne vous décrirais pas par le menu le menu justement. Celui servi par d’autres fermiers/récoltants/éleveurs, lesquels, comme nos amis du déjeuner, nous reçoivent à leur table d’hôtes en grande pompe. Sachez qu’ils ont gagné le Nordic Food Destination en 2017. La vaisselle est belle, le service est parfait. Anna et Oli n’en sont pas à leur coup d’essai et leur mécanique est parfaitement rôdée. Elle en cuisine. Lui assure le show, sert et ouvre les bouteilles. On mange délicieusement, copieusement des plats traditionnels et des viandes élevées sur leurs terres.

Le soleil de minuit illumine la table. ©Judith Lossmann

Mais, ce que l’on retiendra surtout de cette expérience c’est l’emplacement de leur maison. En face de l’île de Koltur, séparée par un bras de mer assez large, la maison est accrochée au flanc d’une falaise escarpée. La vue depuis la terrasse est époustouflante, elle peut même donner le vertige. Il est près de minuit quand nous attaquons les fromages et le dessert. Le soleil n’est toujours pas couché. Il ne se couchera pas, bien décidé à nous accompagner non stop dans notre expérience de nuit sans noir. Bien sûr, il décline et pare tout alentour de ses couleurs jaunes orangées. Parfois des traits vert amande ou jaune acide font penser à des aurores boréales mais, dommage, nous sommes bien trop au Sud. Le spectacle est somptueux. Assise en bout de table, je ris d’être gênée par ce soleil qui continue à m’éblouir à minuit passé !

Avant de tirer ma révérence
Qu’il est surprenant et peu naturel de rentrer à 1h30 du matin dans sa chambre d’hôtel quasiment aussi lumineuse qu’en plein jour. Installée au rez-de-chaussée, j’ouvre la fenêtre en grand. Qu’est ce que je risque à part le bonheur de voir la nuit le plus courte de ma vie. Il va faire presque nuit noire pendant …20 minutes. Loupé ! Je m’endormirais avant envahie par les images de toutes ces beautés. Décidément, aux îles Féroé, on vit sur un autre rythme. Celui imposé par la présence omniprésente d’une nature qui a encore voix au chapitre. Coup de cœur ! Judith Lossmann

 

* Note à lire à l’attention de ceux qui nous accuserons de chroniquer une destination où l’on massacre les dauphins.

INFORMATIONS PRATIQUES

ALLEZ AUX ÎLES FÉROÉ

Atlantic Airways, l’une des flottes les plus jeunes d’Europe.

Avec Atlantic Airways. Trois vols directs par semaine Paris CDG/Vagar. Lire notre article pour tout savoir sur cette compagnie aérienne, l’une des plus jeunes flottes d’Europe. www.atlantivairways.com

 

 

 

 

VOUS PRENDREZ BIEN UN KAAFÉ AUX FÉROÉ ?

Café Paname, le café/restaurant/librairie branché de la capitale

Bien sûr, au café Paname, ouvert depuis deux ans par Karina et Niels, lequel a travaillé à Paris, en a rapporté des souvenirs et l’envie de prolonger ses souvenirs en le nommant Paname et aussi pour importer un peu de l’esprit « français » dans les rues de Tórshavn. A la fois librairie, café, bar à vins, restaurant, vous aimerez la déco très « récup ». L’endroit idéal pour prendre la température intérieure et s’adapter au style de vie locale en se régalant d’un cheese cake maison à se rouler sous la table. Depuis la petite et très discrète terrasse, vous aurez un point de vue sur la ville et le ciel.

 

 

 

 

MANGER AUX ILES FÉROÉ
La gastronomie est très copieuse et le rythme naturel d’un repas s’organise autour de 8/9 plats comprenant viandes et boissons fermentées.

  • Restaurant KOKS** au Michelin – Je ne l’ai pas testé mais la tradition culinaire semble y être porté à ses plus hauts sommets. Si vous y aller, dites-nous ce que vous en pensez… Frammi við Gjónna, Leynavatn, Îles Féroé – Téléphone : +298 333999 – Réservations : koks.fo
  • Restaurant BARBARA FISH HOUSECelui-ci, installé dans une minuscule ruelle de Tórshavn, vaut le détour tant sa décoration très roots que par son excellente et copieuse carte. Absolument irrésistible et abordable vous y trouverez des noms de plats aussi étranges que Royktur Laksur, Surromi (saumon fumé et crème aigre) ou Jomfrùhummari (langoustine). Des plats parfaitement maîtrisés en cuisine où on les prépare depuis 1865 ! www.barbara.fo
  • Déjeuner sur l’île de KOLTUR
    Nos amis de Koltur Bjorn Patursson et son épouse reçoivent sur réservation. Voir avec l’Office du Tourisme avant votre départ, c’est plus prudent ! A fortiori si vous souhaitez déjeuner.
  • Un dîner chez l’habitant
    Anna et Oli Rubeksen – anna-r@olivant.fo – Tel. +298 216026 – Facebook : Heimablindni hja Onnnu & Ola Rubeksen

DORMIR AUX ÎLES FÉROE

Près d’une heure du matin aux Féroé… ©Judith Lossmann

Les hôtels ne sont pas légion. L’archipel des Féroé s’ouvre tout juste au tourisme.

  • Nous avons testé avec bonheur un hôtel sis un peu en dehors de la ville. Hyper clame, il bénéficie d’une vue sur mer sublime, tout en arc de ciel et imprenable. Le petit déjeuner est tout à fait correct et ils ont des laits végétaux. Hôtel Foroyar**** wwww.hotelforoyar.fo
  • En construction au moment de notre reportage (juillet 2019), un Hilton Garden Inn devrait ouvrir en juin 2020 et proposer ses 130 nouvelles chambres.
  • Hôtel Planta (en construction également). Vérifier sur internet, nous n’avons pas eu plus d’informations sur les capacités de cette chaîne danoise d’hôtellerie.

ACTIVITÉS
Visite de Koltur en hélicoptère. S’adresser à l’Office du Tourisme avant votre départ.

Partir visiter Koltur en bateau ou en hélicoptère. ©Judith Lossmann

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ET L’IMMOBILIER ALORS ?
Si vous avez envie de vous installer ici sachez que l’immobilier est très – très – très cher. Autant qu’à Paris ou presque. Dans le très recherché quartier de Inganes, les petites maisons valent de 3 à 5 millions de DKK. Dans les petits villages alentours il faut compter 1,5 à 2 millions. Même pour un salaire moyen mensuel de 25000 DKK ça fait lourd à investir. Pas de location, ce n’est pas dans l’usage des traditions férogiennes.

À PROPOS DES ÎLES FÉROE
Lire Barbara (d’où le restaurant conseillé plus haut tire son nom)
Voir : Le fils de l’attrapeur d’oiseaux / Birds Catcher, un film tourné aux Féroe.

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