mardi 4 août 2026

Terre d’Argence

… Comme argent. La couleur du dessous des feuilles à deux tons des peupliers, ces arbres endémiques dont les feuillages légers brillent sous la brise et vous disent : Bienvenue en Terre d’Argence. Un minuscule triangle en Provence enrichi de tous ses voisins, la Camargue, la confluence du Rhône et du canal du Rhône à Sète, les rives de l’étang de Berre, les Alpilles. Biodiversité, balades sur terre et sur eaux, bonnes tables, patrimoine, faisons halte dans ce territoire plein de belles surprises.

Terre d’Argence. En son cœur : Beaucaire

Les belles demeures de Beaucaire. ©Judith Lossmann

Au nord d’Arles, une ville aux innombrables richesses dissimulées. Une ville endormie pendant plusieurs décennies par une politique inadaptée à ses trésors. Une ville qui se remet lentement à évoluer et dont il faut encourager le nouveau développement touristique, en oubliant tout ce qui a été dit sur elle. Autrement considérée et protégée, aujourd’hui elle serait assurément à l’égal de L’Isle-sur-la-Sorgue tant son patrimoine, son histoire, ses atouts sont riches. Beaucaire, sans aucun doute, un bon plan immobilier sur lequel parier. Mais c’est un autre sujet, partons en visite…
Avec son gracieux port de plaisance, ses ruelles étroites, ses façades majestueuses, Beaucaire recèle nombre de spots à découvrir, à admirer. Au cœur de ce patrimoine étonnant pour cette petite bourgade perdue entre les grandes alentour : l’Histoire !
D’abord elle fut la ville relais de la voie Domitienne qui reliait l’Italie à l’Espagne. Bien plus tard, Louis XIV, se prit d’affection pour Beaucaire. Il s’y rendit et fit gagner à la ville popularité, population et prestige. De nombreuses traces de son « attachement » persistent, notamment l’Hôtel de ville, parfaitement dans son jus, que l’on appelait « le bureau des privilèges des conservateurs de la Foire ». Un pur joyau !

Du 16ème au 19ème siècle, la Foire de la Madeleine devient le carrefour incontournable du commerce international. On venait de partout pour vendre et acheter.  Elle recevait 100.000 visiteurs et marchands.  Rencontre entre l’Orient et l’Occident, en dix jours, la Foire générait autant de chiffre d’affaires que le port de Marseille en un an. Au 18ème siècle, s’enchaînent les constructions de magnifiques hôtels particuliers. À l’époque, ils servent autant à abriter les riches familles que leur personnel. On cherche des vendeurs, des commis, des porteurs, bref toute une faune à avoir sous la main pour vendre toujours plus et toujours mieux et assurer son train de vie. Proposer à cette main-d’œuvre le gîte et le couvert, permettait de l’appâter à un moment où les « muscles » et le « baratin » étaient très demandés ! La journée terminée, hier comme aujourd’hui, cette faune allait flâner sur les quais très animés, jouer à la pétanque, se balader dans les belles rues redevenues calmes.

Courant 19ème siècle, l’arrivée du chemin de fer crée l’arrêt du commerce fluvial et … marque la fin de la Foire. Les ouvriers restent pour travailler dans les oliveraies, les vignes, les exploitations agricoles, les usines et le creusement du Canal qui permettra d’acheminer les matières premières et le renvoi des produits manufacturés. Puis, après la Seconde guerre Mondiale, ce sera l’heure du « tout camion ».

Beaucaire, ville d’Art & d’Histoire a beaucoup à offrir aux voyageurs curieux. Ses rues de magnifiques hôtels particuliers. Ses façades pleines de gargouilles, d’emblèmes, de chiffres et de détails surprenants. Quelques musées. Sa Forteresse dont la tour polygonale domine la ville de toute sa hauteur. On visite son chemin de ronde et de très beaux jardins aménagés. De là-haut, on a une vue à 180° sur les jolis toits provençaux. Au cœur de la ville, Notre-Dame de Peyragude, l’imposante église collégiale construite en pierre de Beaucaire. Son orgue, classé, avait un mauvais son. Il faudra attendre cent ans pour qu’il soit réparé. L’église a été pillée, il reste peu d’œuvres d’origine à part une représentation de Marie-Madeleine datée du 18ème siècle.

Dans Beaucaire, on trouve beaucoup de marbre rouge venu du Minervois tout proche. Des ferronneries tarasconnaises. Beaucoup de sculptures dont certaines nécessitent les explications d’une guide tant elles sont mystérieuses. Entre cour et jardin, des hôtels particuliers ont été sauvés par les Offices HLM. On voit de surprenants anneaux dans les murs. Ils servaient à bâcher pour protéger les gens et les marchandises du soleil. En pleine foire, l’ancienne rue de la Draperie était entièrement sous-louée par les commerçants à des marchands qui y installaient leur négoce et leur… lit. (Beaucaire lire notre précédent article sur cette destination ici.)

Partons explorer les alentours…

Sauvage et envoûtante abbaye troglodytique de Saint-Roman

L’abbaye troglodytique de Saint Roman. ©Judith Lossmann

Soyons cash… ça grimpe sec pour l’atteindre. Il faut prendre son temps car il est hors de question de renoncer à cette visite. L’Abbaye se mérite. Une fois là-haut, la récompense est belle. Creusé à même la roche, niché dans une garrigue poussée sur un surplomb rocheux, ce monastère fut le refuge des moines ermites. On comprend leur désir de solitude. Ainsi perchés entre terre, cieux et eaux, entourés d’une roche couleur beige rosé, ils étaient – comme nous visiteurs-, dans une sorte de paradis terrestre, bercés par le crissement des cigales, les cris des aigles et autres rapaces en vol stationnaire.
Bon à savoir : en été, un Apéro-Panorama est organisé de nuit avec bougies, buffet de spécialités locales (apéro-box en temps de Covid).

Encore plus loin, au frais sur l’eau

Pour quelques heures, laissons-nous tenter par une balade au fil du Rhône. C’est parti. Avec Florent et son super bateau « L’abeille noire« , vivons une belle expérience sur le Rhône et le canal. À l’approche des rives, on surprend une flore et une faune ivres de liberté. Au centre du large cours d’eau, une construction. On s’approche. Une écluse ! Une très profonde écluse. Celle de Vallabrègues, la dernière avant la mer. 17 mètres de profondeur, mieux vaut être un pilote émérite. Voyez notre vidéo pour vivre l’ouverture des portes après la descente.

On descend de 17 mètres dans l’écluse le Vallebrègues sur le Rhône, la dernière avant la mer. © Judith Lossmann

Et arrive, sur le retour en fin de journée, un magnifique coucher de soleil sur le fleuve. Il est temps d’étaler la nappe Vichy et de sortir les paniers d’osier débordants de victuailles odorantes et goûteuses. Un véritable appel à la gourmandise. Le tout arrosé par des vins locaux, des Costières entre autres. Là, de l’autre côté de la rive, les châteaux de Tarascon et de Beaucaire se font face dans un déchaînements de tours et de créneaux. Qu’il fait bon vivre !

Coucher de soleil sur le Rhône depuis le pont de l’Abeille Noire. ©Judith Lossmann

De la plante au parfum

Lavande pour les huiles essentielles du Mas en Provence.

Les terres d’Argence se prêtent volontiers à la culture biologique des plantes à parfum et de leur transformation en huile essentielle. Un lieu permet à cette magie alchimique de prendre vie : Un mas en Provence. De la visite guidée des plantations au procédé de distillation, tous les sens sont sollicités par cette expérience conduite de main d’expert par le jeune et enthousiaste Gaël Briez, fondateur du lieu et des collections. A la fin de la présentation on sait enfin, comment l’eau se sépare de l’huile, que sont les hydrolats, à quoi servent les unes et les autres. Un atelier découverte de l’aromathérapie, de l’olfactothérapie et une boutique complètent cette visite. Une expérience sensorielle à ne pas manquer !

La route des vins

Terre d’élection, entre Rhône et Costières, la nature a gâté la Terre d’Argence. Soleil, sable, galets, petites déclivités donnent aux vins d’ici leurs personnalités élégantes et fruitées.
Au château Mourgues du Grès, un domaine familial fort bien implanté dans la région, on élève des vins biologiques AOC Costières de Nîmes et IGP Pont du Gard. La visite du domaine se révèle fort intéressante avec sa balade paysagère dans les vignes hautes bordées par la garrigue et les vergers, accompagnée du chien sourd de la famille, de dégustions au cœur du vignoble, le tout, parachevé par un déjeuner dans la cour du château, à l’ombre des parasols géants. Grand moment ! Anne nous parle de ses vins ICI.

Difficile en Terre d’Argence de passer à côté du célèbre Mas des Tourelles, connu pour ses recherches historiques sur le vin. Comment ? Qui ? Avec quoi ? Au fil d’une captivante visite, un voyage en romanité, on apprend comment les Romains ont fait naître la notion de vin. Au départ une recette avec des simples, des herbes, du miel. De l’hydromel. Puis, l’expérience venant, les débuts d’une technique et la mise en œuvre d’un process et d’une notion de qualité. Dans une immense cave, un pressoir à l’ancienne, exhibe ses belles poutres et sa force de près de trois tonnes. Tous les ans, des vendanges sont réalisées avec ce pressoir et un foulage aux pieds ! Se relient entre eux des ateliers animés par nos vignerons archéologues qui content le vin où l’on apprend tout concernant les contenants :  amphore, Gauloise, outre, tonneau ; les méthodes ; la chauffe, le troc. Bien plus tard, la naissance de la bouteille…

La route de l’huile d’olive

Ho fan, c’est la Picholine

Depuis 1924, l’Huilerie Coopérative de Beaucaire, transforme dans son ancien atelier à deux pas du château féodal, les olives locales en huiles de qualité supérieure : AOP huile d’olive de Nîmes, huile d’olive bio ou extra vierge, 100% picholine, – l’olive emblématique de la région – ou huile d’olive fruitée à l’ancienne. Les 40.000 litres annuels produits par la coopérative sont issus des récoltes des 1000 adhérents. Des visites d’oliveraies et des dégustations sont organisées. Renseignements auprès de l’accueil.

Une palette de saveurs…

Manger en Terre d’Argence
À « L’Épicerie » forcément, dans le mythique restaurant de Christine. Une institution installée sur la très jolie placette de la république, dite « place vieille », à côté d’un légendaire dragon. Dans une ambiance sans chichi, on y déguste une cuisine créative composée de produits frais de saison. Les saveurs méditerranéennes sont mises à l’honneur.
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Au Vintage
, un restaurant sur le port de Beaucaire qui offre une belle cuisine traditionnelle aux accents méditerranéens.
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La Halte Nautique à Bellegarde, propose en bord de quai et dans un cadre étonnant, une très belle cuisine de Maître Restaurateur, traditionnelle et inventive. La carte des vins est à la hauteur des plats raffinés servis. Une adresse à tester absolument. Coup de cœur assuré ou je mange mon chapeau !

 

Dormir en Terre d’Argence

Le Mas de l’Ilon

La région souffre d’un manque de structure d’accueil qui oblige à se rabattre sur les chambres et tables d’hôtes. Heureusement ! Cela nous a permis de découvrir le Mas de l’Ilon et ses charmants propriétaires. Un couple aussi aimable que bosseur, prêt à tout pour rendre inoubliable le séjour de ses guests dans la région. Ensemble, ils ont rénové une imposante bâtisse typiquement provençale, dotée de quatre suites confortables et spacieuses, d’une jolie terrasse, d’une piscine, d’un bain à remous et de trois chambres indépendantes supplémentaires au confort plus spartiate mais au calme total.
Leur table de petit-déjeuner et de dîner est à la hauteur de leur implication : riche, généreuse, savoureuse, disponible, chaleureuse. Bref, une table d’épicuriens. Qu’on se le dise, ils fabriquent leur propre huile d’olive avec la récolte des oliviers qui ombrent la terrasse. Le Mas de l’Ilon est un véritable cocon de gentillesse et d’attention. Je l’ai adoré. Faites connaissance avec Claudie ICI et pensez à réserver vite, vite. Je me suis laissée dire que leur calendrier de réservations est full plus d’un an à l’avance. C’est dire !

Une oseraie à Vallebrègues

Le dernier vannier de Vallebrègues. ©Judith Lossmann

En sortant du Mas de l’Ilon, un passage s’impose dans les ruelles du centre jusqu’à la boutique d’un vannier connu du monde entier ! Ce grand professionnel a fait ses classes à l’école Nationale de la vannerie en Haute-Marne. Depuis 28 ans, il fait tout (meuble, caisse, panier, caddie…) sur mesure et envoie sa production à l’International. Ne passez pas à côté. Sa boutique jouxte le Musée de la vannerie. Je prends le pari que vous reconnaitrez des objets de votre enfance !

Les grands formats de Patrice Aguilar.

Notre reportage en terre d’Argence s’arrête là, mais votre voyage, lui, ne fait que commencer. A vous sa beauté magistrale, ses étendues préservées, ses reliefs, ses terres redevenues fertiles et ce ne sont pas les sublimes photographies de Patrice Aguilar « Étang de Berre, une mer en convalescence » qui diront le contraire. Judith Lossmann

 

 

 


INFORMATIONS PRATIQUES


Y ALLER
En avion Nîmes, Montpellier, Marseille-Provence
En train : gare TGV Nîmes, Arles, Avignon puis TER jusqu’à Beaucaire.
En bus : LigneE51 – www.edgard-transport.fr

MAISON DU TOURISME ET DU PATRIMOINE
Office du tourisme : 8, rue Victor Hugo – 30300 Beaucaire – Tél. +33(0)4 66 59 26 57 – www.provence-camargue-tourisme.com

TERRE D’ARGENCE : Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence www.provence-camargue-tourisme.comtourisme@laterredargence.fr

LES ACTIVITES

  • Abbaye de Saint-Roman : Ouvert tous les jours en juillet et août. Hors saison : se renseigner/ Prévoir 15 minutes de marche. Déconseillée aux personnes à mobilité réduite. Pas de toilette sur le site. Pas de CB. Visites guidées individuelles ou groupe. Chemin de Saint-Roman – 30300 Beaucaire – Tél. 07 81 56 44 51 – www.abbaye-saint-roman.com – Apéro-Panorama : 12,50€/pers.
  • BALADE SUR L’ABEILLE NOIRE – Black Bee Boating – Tél.06 52 50 57 63 – Tarif : 35€ par personne.  Groupe 190€. Apéro offert. Possibilité d’un pique-nique avec les produits de l’excellent boucher de Vallabrègues. Sur devis. Toutes les infos sur www.blackbeeboating.com
  • Un mas en Provence – Plantation et distillerie d’huiles essentielles. Mas neuf, avenue du Félibrige – 30127 Bellegarde – Tél. +33(0)4 66 01 09 00 – www.mas-provence.frcontact@mas-provence.fr – Ouvert toute l’année du mardi au samedi. Visite guidée (1h) sur réservation : 4,80€/pers de plus de 18 ans.
  • Château Mourgues du Grès – Anne & François Collard – 1055, chemin des Mourgues du Grès – 30300 Beaucaire – Tél. +33(0)4 66 59 46 10 – Pique-nique vigneron : 30€/pers. Résa : info@mourguesdugres.com – Plus d’infos sur : www.mourguesdugres.com
  • Mas des Tourelles – 4294, route de Saint Gilles – 30300 Beaucaire. Tél. +33(0)4 66 59 19 72 – Résa : contact@tourelles.com – Plus d’infos sur : www.tourelles.com
  • Huilerie coopérative de Beaucaire – 48, rue de la redoute – 30300 Beaucaire – Tél. +33(0)4 66 59 28 00 – www.huileriecoop-beaucaire.com – Catalogue sur demande.

MANGER EN TERRE D’ARGENCE

  • L’épicerie – place de la république – 30300 Beaucaire – Tél. +33(0)7 85 40 38 20 – Menu : 16,50€ – Mieux vaut téléphoner pour réserver.
  • Restaurant Le Vintage – 30, quai du Général de gaulle – 30300 Beaucaire – Tél. +33(0)4 30 67 84 29 – Menu : 15€ – Carte à partir de 11€.
  • Restaurant La Halte nautique – Quai Paul Riquet – Port de plaisance – 30127 Bellegarde – Tél. +33(0)4 66 20 61 69 – Menus : 14,90 € (formule, déj.), 18,90 € – Carte : 55 € – Horaires : 12h-15h, 19h-minuit – Fermeture hebdo. : Lundi, mardi – www.haltenautique.fr – Résa obligatoire, la maison est très courue.

DORMIR EN TERRE D’ARGENCE

  • Le Mas de l’Ilon (gîte, chambres et table d’hôtes). Tenu de mains de maîtres, celle de Claudie et de son mari Jean-Noël, on adore cet îlot de douceur protectrice. 13, chemin de l’Ilon – 30300 Vallabregues – Tél. +33 (0)6 72 78 07 51 – Tarif de 99 à 115€ la nuit – masdelilon@gmail.com – www.chambres-hotes-gites-vallebregues.com

Irlande, flâneries dans la Boyne Valley, la vallée des mystères !

Au nord-est de l’Irlande, pas très loin de Dublin, s’étend une étrange vallée. Un lieu étonnant où les esprits de l’Ancient East semblent s’être longuement posés. Le temps de construire d’étranges tumulus, d’ériger des forteresses, de dessiner des silhouettes de vingt mètres de haut, de charrier les eaux d’une rivière née de la fuite d’un saumon hors d’un puits magique, de créer la fabuleuse légende de Sahmain devenue Halloween. Vous avez dit étrange !?…

Newgrange, le plus grand tombeau du néolithique
Brú na Bóinne, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (1993) se compose d’un ensemble de tumulus, mégalithes et enclos préhistoriques. Daté du néolithique, la tombe collective installée sous un tumulus aplati étonne par ses mesures, son état de conservation exceptionnel et son guide, probablement « branché » sur un autre monde en permanence.
Plus sérieusement, 80 mètres de large, 13 mètres de haut, soutenue par 43 piliers latéraux, le tombeau collectif laisse sans voix. On entre dans la chambre sépulcrale après avoir parcouru un étroit et long couloir de 19 mètres. Là, se découvrent des niches disposées en croix et des « cuvettes » pour recevoir ossements humains et offrandes.
Vu de l’extérieur, l’ensemble a la forme d’un large cercle aux épais murs de pierres sèches. Un « épais manteau » de végétation, de l’herbe rase, le recouvre entièrement. On voit encore les traces des pierres « levées » qui entouraient le cromlech. Il en reste 12 toujours debout. La plus photographiée est évidemment celle de l’entrée. Il faut dire que décorée par des spirales, dont le sens continue d’échapper au monde scientifique, elle est très belle et massive. Incontestablement, il émane d’elle, une aura minérale. Personne ne reste indifférent.
Allez la visiter et entrez donc dans la tombe le 21 décembre. Chaque année, c’est le seul jour où la chambre mortuaire est éclairée naturellement par le soleil pendant 15 minutes. Bien plus que pendant tout le reste de l’année. Ce qui fait penser aux scientifiques que Newgrange fut l’un des premiers observatoires astronomiques.

Les vestiges de Trim Castle, aujourd’hui au coeur du Festival Puca, dédié à Samhain (Halloween) – ©Office du tourisme.

Trim Castle
Sur les rives du fleuve Boyne s’élèvent les hauts murs du château de Trim. Il occupe 30 000 m2 et, est de ce fait, le plus grand château d’Irlande ! Érigé à la demande de Hugues de Lacy, lord de Meath, le château présente un surprenant plan de construction. C’est le seul connu sous cette forme cruciforme qui ressemble à la superposition d’un carré et d’une croix et comporte ainsi vingt angles. Trois étages, des tours de garde et des donjons, il mérite une visite accessible avec un guide. Hugues de Lacy vécu à Trim seulement deux ans, de 1172 à 1174 mais il passa de mains en mains. Il a été utilisé en 1994 pour les besoins du tournage de Braveheart, de Mel Gibson.
Le site de Trim, comme souvent au cours de l’histoire, a été choisi pour sa situation surélevée. Pourtant situé à quarante kilomètres de la mer d’Irlande, Trim était accessible par bateau en remontant la rivière Boyne, qu’il surplombait grâce à un gué.

Au pied de Trim Castle, une belle balade nautique permet de découvrir les trésors patrimoniaux de la Boyne Valley.©Boyne Valley Activities

Boyne Blueway
Nous vous avons déjà raconté comment est née la rivière Boyne. Une histoire incroyable de saumon prisonnier d’un puits qui avale des noisettes à lire ici. Plus prosaïquement, sachez que l’on peut faire une superbe balade sur la rivière. Depuis son centre, on vogue doucement entre les strates de l’histoire, jusqu’à faire une pause dans un lieu magique. Le Boyne Blueway est une belle étendue d’eau du pont d’Inchamore près de Longwood à travers la ville de Trim elle-même et jusqu’à Bective Mill. Que vous soyez amateur de pagaie ou intéressé par l’histoire et la beauté de la vallée de la Boyne, le Boyne Blueway est un incontournable pour tous les niveaux de compétences de pagayage, des débutants aux expérimentés.

Envie de fabriquer votre propre gin ?
Ça existe ! L’expérience vous est proposée par la Distillery Listoke Gin School. Et elle est étonnante. Imaginez, en 1h30 vous ressortez avec une belle bouteille à votre nom, certifié conforme par la maison et ab-so-lu-ment unique (sauf si vous suivez scrupuleusement les recettes, ce qui serait dommage, vous avouerez !).

Je résume un cours de fabrication de gin, à savoir une boisson obtenue à partir des baies de genévrier qui aromatisent de l’alcool éthylique.

1/ choisir majoritairement du genévrier mais aussi quelques autres : coriandre, cumin, fenouil, cumin, réglisse. Voilà pour le fond.
2/ Ajoutez des épices : cardamone, poivre, anis étoilé, tonka. Déjà, on obtient un produit différent de celui du voisin.
3/ Puis, personnalisez avec des saveurs : orange, pamplemousse, mandarine. Là, clairement la démarcation avec la « recette » du voisin se réalise.
4/ Osez le « truc » surprenant. Par exemple du sel !
5/ ajoutez de l’eau distillée et de l’alcool à 75°.
6/ on met le tout sous pression dans un alambic et l’on attend.

C’est là que c’est extraordinaire, surtout pour nous français habitués à attendre de longs mois et souvent des années avant de déguster un vin, le Gin est utilisable immédiatement.
Un « goûteur » assermenté goûte votre œuvre et vous délivre un label qu’il colle sur une belle bouteille à emporter chez soi. L’histoire ne dit pas si tous les gins ainsi nés sont bons… mais à coup sûr, ils sont uniques. Vous allez adorer cette activité très créative. Inutile de tout boire, le Gin vieillit bien et il est judicieux de consommer avec modération.

La Vallée de la Boyne vous réserve de très nombreuses belles surprises : les cairns, Hill of Tara, la ville de Drogheda, les Kells High, Melifont Abbey… c’est vraiment un endroit merveilleux où passer plusieurs jours. Vous nous raconterez…

 

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Une rue de Drogheda…©Westcourt Hôtel.

Dormir à Drogheda
Westcourt Hôtel – 29 West St, Downtown Drogheda – Tél. +353 41 983 0965 – : http://www.westcourt.ie/
On a aimé ce charmant hôtel traditionnel installé en plein cœur de la ville. Idéal pour faire son shopping irlandais. Infos, réservation en ligne, tarif

Manger à Drogheda
Scholars Townhouse Hotel, King St. – Tél.+353 41 983 5410

Activités
Brú na Bóinne – Infos, réservations en ligne, tarifs : http://heritageireland.ie/visit/places-to-visit/bru-na-boinne-visitor-centre-newgrange-and-knowth/

Boyne Blueway – Excursion en kayak 50 €  – Aventures en kayak autoguidées 60 € – Visite médiévale flottante dans le temps 30/45 €
Watergate St, Townparks North, Trim – Tél. +353 86 734 2585 – www.boynevalleyactivities.ie/index.php/boyne-blueway/

Une expérience étonnante que celle de créer son propre gin, possible avec la Listoke Gin School. Listoke Gin School.

Listoke Gin School. Uniquement sur réservation. 95 € par personne, bouteille de Gin incluse.
Unit 9, Tinure, Tenure Business Park, Co. Louth – Tél. +353 41 214 5044 – www.listokedistillery.ie

 

Púca, le festival des origines d’Halloween

La planète entière s’est emparée d’Halloween. Très souvent réduite à sa version consumériste, elle est présente selon des codes orange, noir, citrouille, déguisement qui font le bonheur de tous les enfants, petits et grands, au soir du 31 octobre quand les esprits envahissent pour une nuit les rues de nos villes… Halloween, la véritable c’est autre chose… Halloween c’est l’Irlande païenne, l’Irlande de l’Est ancien dont les terres ancestrales sont mères, filles et sœurs de la légende fondatrice.

Finvarra, Púca, Boann, Morigan, les quatres visages de la transformation de Samhain.

Naissance d’un festival et renaissance des cultes païens celtiques
Pour la première fois, le 31 octobre prochain (2019), la Boyne Valley édite un festival exceptionnel nommé Púca pour fêter Halloween au plus près de l’esprit de l’époque. Les origines de cette fête, parmi les plus païennes du monde, se perdent presque dans la nuit des temps. On remonte à plus de 2000 ans. Toutes les fouilles archéologiques attestent de ce lieu comme de celui de la naissance d’Halloween. Mais quel était le rôle de ce rassemblement ? Mythe, légende, rite paysan, croyance ?

Avant d’être une fête du déguisement, des sorts ou des bonbons revue et corrigée par une Amérique bon ton, Halloween était, selon le folklore celtique, la fête de la fin de l’été, « Samhain », la saison des récoltes et le début de la nouvelle année. Une célébration importante du calendrier celte qui consistait à se rassembler autour de feux gigantesques, à se régaler des récoltes en écoutant de la musique, en chantant et en se racontant des histoires à faire peur quand l’obscurité envahissait les collines alentour…

Alors… Púca, le temps d’une seule nuit par an prenait vie !
Alors… Púca, changeait le destin de ceux qui la croisaient !
Mais qui est Púca ?
Qui sont Morrigan, Finvarra, Boann et les Hommes rouges ?

Le feu original embrassait en quelques minutes l’Irlande toute entière pendant la nuit de la Samhain, Halloween aujourd’hui.

Un peu d’histoire ancienne
Il semble que la ville d’Athboy ait été un centre important de cette tradition. Des manuscrits anciens disent que Tlachtga ou The Hill of Ward, était un site de grand rassemblement de Samhain. C’est là que l’on allumait le premier feu de l’année, le feu originel. Les autres villages à l’affût de la fumée, embrasaient un feu à leur tour et ainsi de suite. En quelques heures, d’Est en Ouest, toute l’île d’Irlande était gagnée par l’esprit de la fête, des moissons et des histoires.
Dans cette ambiance, – finalement la même qu’aujourd’hui, une tradition très vivante et durable en Irlande. -, il était aisé d’inviter les esprits des morts à se joindre aux monumentales réjouissances. Parmi les contes et légendes toujours en vogue, on raconte qu’à chaque Samhain, une foule d’êtres venus d’un autre monde, émergeait des ténèbres et se mêlait à la foule. Pour éviter d’être embarqué définitivement par les morts, on se déguisait comme eux pour ne pas être repéré.
Le festival de Púca propose, tout au long de trois nuits spectaculaires, une plongée dans l’esprit d’Halloween au travers des folklores, food, mythes, concerts, processions, promenades immersives, visites dans d’étonnants antres, performances artistiques.

Trois sites se prêtent à l’expérience…

Athboy : La colline de Ward (Tlachtga), enceinte cérémonielle majeure et l’un des premiers sites à accueillir Samhain, le lieu d’où émane la lumière de la nouvelle année. Ici, les traditions de Samhain se poursuivent sur l’ancienne colline.

Drogheda : Lorsque Púca reviendra, Drogheda accueillera Farewell to the Spirits, un immense défilé, un feu et un festin spectaculaires sur et autour de la rivière Boyne. Des lieux à travers la ville se joignent aux célébrations d’Halloween à Púca avec leurs propres concerts, pièces de théâtre et événements. Le 1er novembre, jour de la Toussaint, les esprits retourneront dans l’Autre Monde, laissant les habitants et les visiteurs en sécurité pour une autre année.

Château de Trim : Écrin s’il en est pour accueillir des illuminations spectaculaires, des plats locaux, des boissons et de l’artisanat, de la musique produites par certains des meilleurs musiciens d’Irlande. Sans oublier la procession enflammée et colorée qui accompagnent l’arrivée des esprits. Les esprits de Samhain justement. Revenons-y ? Qui sont-ils ?

Dès le jour tombé, ils pénètrent les lieux et les âmes de toute la profondeur de leur monde. Êtes-vous prêts à rencontrer de curieuses créatures, toutes révélatrices des différents aspects de Samhain à savoir la Lumière, l’Obscurité, le Mal (le méfait) et le Changement. Autant d’aspects montrés et célébrés durant le festival Púca. Quelles sont leurs histoires ? A quoi ressemblent-ils ? Comment se comportent-ils ? Existe-t-il des signes de leur arrivée dans notre monde ?

Finvarra, Púca, Boann, Morigan, les quatre visages de la transformation de Samhain.

Finvarra (la Lumière)1
Quand les dieux d’autrefois diminuèrent en puissance et en taille et se retirèrent dans le monde sous les monts d’Ireland, ils devinrent, ce qu’on appelle maintenant les fées. Pour survivre dans cette nouvelle forme ils avaient besoin d’un Dieu. Chaque tribu a élu un leader. Ce fut suffisant longtemps, mais les fées savaient qu’elles avaient besoin d’un grand roi, un roi pour tous les autres. Ne sachant qui choisir, elles se tournèrent vers le Dagdha, Dieu de la sagesse et de la force et dernier des anciens dieux à disparaître dans la boue. Il choisit Finvarra, qui jusque-là avait régné sur les morts dans le monde intérieur. Finvara a accepté, et est devenu le Grand Roi des Fées et des morts. Il était craint de tous. Roi grand et imposant, la tête ornée de bois et de cornes, le visage stoïque et solide comme taillé dans du bois, Finvarra avait le corps couvert des peaux de bêtes vivant dans les collines et les forêts. Pour la nuit de Samhain, il sort, accompagné d’un son de cloches obsédant qui appelle tout le monde à le suivre. Finvarra est lent et fort. Il contrôle les sujets les plus indisciplinés, en exultant un puissant hurlement de colère guttural capable de tuer quiconque se conduirait mal. Évitez donc de vous faire remarquer !

Púca (le Changement) 1
Méfiez-vous des cheveux noirs et des yeux dorés. C’est le meilleur conseil à entendre. Si vous êtes désorienté par le feu follet, affamé et désespéré dans le noir, réfléchissez à deux fois avant de monter sur le dos de ce cheval ! Si vous entendez des grondements dans la forêt et les grognements d’un chien, ne vous arrêtez pas pour vérifier s’il est amical ! Si vous apercevez un chat plus grand que la plupart, traversez la route, faites demi-tour, rentrez chez vous et cachez-vous ! Si vous êtes aidé dans vos travaux quotidiens, n’offrez pas en retour de fils fins. Acceptez l’aide avec courtoisie et ne dites rien, jamais des cheveux noirs et des yeux d’or. Car c’est la Púca et elle change sa forme selon son bon vouloir ! Elle apporte la chance ou la maladie à quiconque de son choix et n’a pas à se justifier !
La Púca est couverte de longs cheveux, la matière dont elle est faite. Elle peut avoir plusieurs têtes et membres, des cornes et des griffes. Elle peut être grande, elle peut être petite. C’est elle le changeur de forme ! Elle se déplace dans une foulée rythmique et hypnotique. Ses mouvements changent en permanence. Elle passe d’un saut très énergique à un mouvement bas et oscillant. Légère et rebondissant, elle traverse le paysage. Ses cheveux bruissaient constamment. Elle est difficile à cerner, c’est une énigme et vous ne pourrez pas quitter des yeux ! Attention, vous ne saurez jamais quelle forme Puca pourrait prendre, alors quand une collection de créatures surdimensionnées aux cheveux noirs et aux yeux dorés commence à marcher vers vous, supposez qu’elle pourrait être l’une d’entre elles. Bonne chance !

Boann (l’Obscurité) 1
Autour du puits au cœur de l’Irlande se trouvaient neuf noisetiers desquels sont tombées neuf noisettes, directement au fond du puits, là où vivait un saumon. Aucune noisette n’a flotté. Elles sont tombées au fond et le saumon s’est dit qu’il devait les manger. Ce qu’il a fait ! Or, à l’intérieur des noisettes se trouvait l’intégralité de toutes les connaissances du monde. Et cette Connaissance était maintenant dans le cœur du Salmon. C’est comme cela qu’il s’est rendu compte qu’il vivait dans un puits, sans aucune possibilité d’en sortir un jour. Il se trouve que s’occuper du puits relevait des fonctions de la divinité Boann. Elle s’ennuyait et a donc commencé à taquiner le puits. Le puits offensé a répondu en augmentant ses eaux, emportant Boann dans un torrent d’eau bouillonnante et …libérant le saumon de la Connaissance dans le monde. Ainsi Boann est devenu la rivière Boyne.
Boann a la tête d’une vache blanche, apparemment tissée à partir du saule poussant le long de ses rives. Son corps est composé des roseaux de ses bas-fonds et son cou serré dans une bande d’écorce de noisetier. Il émane d’elle une douce lumière rougeoyante.
Boann était autrefois une divinité et elle se tient avec la grâce de son rang. Elle agit avec royauté. Ses mouvements sont ceux d’une rivière large et douce, coulant d’un côté à l’autre. De temps en temps, elle se lance dans une spirale ondulante, comme si l’une des neuf noisettes tombait dans ses eaux.
Boann est représenté par le feu de Samhain. Elle brille avec le feu et le saumon brille avec Boann. Ensemble, ils bondissent quand elle bouge, signalant à tous que la déesse de la Boyne est arrivée !

Finvarra, Púca, Boann, Morigan, les quatres visages de la transformation de Samhain.

The Morrigan (le Mal) 1
Morrigan est la seule qui peut influencer le cours de la bataille. C’est elle qui peut choisir un favori, sortir et se battre sur son cheval noir pour vaincre l’ennemi de son favori. C’est aussi elle qui déclare la mort. Sous sa forme de corbeau, elle se reposera sur un mur, un toit ou une pierre de jardin pour proclamer la disparition de ses habitants. Elle dirige une armée d’âmes spectrales défigurées et désordonnées. Elle est leur commandant et les chevauche la nuit pour hanter et terrifier. Sa horde sauvage et hurlante déchire le ciel nocturne. Mais que recherchent-ils ? Des individus imprudents qui ne réalisent pas qu’ils sont chassés hors de leur parcours et une fois attrapés, qui sont conduits dans l’autre monde, celui de Morrigan, pour y être tourmentés et torturés.
On reconnaît Morrigan à son bec coriace, à son visage sombre orné de plumes noires irisées. Autour de son cou, de sa taille et de ses poignets sonnent des bracelets composés d’un assortiment d’os. Des plumes noires dépassent de ses épaules et de son dos tandis que ses mains endurcies se terminent par des doigts tordus comme des brindilles.
Morrigan se meut à une vitesse irrégulière. Elle est remplie d’une énergie brûlante, prête à se recharger à tout moment. Ses actions sont comme des oiseaux – courtes et nettes. Quand elle ralentit pour un mouvement, ses pas sont déchiquetés et brisés. Morrigan est aussi une créature sournoise. Elle offre ses faveurs d’une main pour les reprendre de l’autre. Pour le plaisir du jeu !
On sait que Morrigan arrive quand les silhouettes des corbeaux envahissent les lieux. Avec sa horde d’ombres et de créatures déformées, Morrigan est difficile à manquer ! Tous aux abris !

The Red Men (la Sottise) 1
Quant aux Hommes rouges comme le dit le poème « My dear god, not the Red Men ! » Leurs corps gras et trapus sont recouverts d’un tissu rouge viril. Leurs visages cochons, ressemblant à des rats, sont couverts de cheveux longs et rebelles. Leurs queues minces et méchantes leur servent de fouets. Leurs têtes sont amovibles ! Avec leurs langues trop longues, ils sont terriblement dérangeants ! Au début, les hommes rouges semblent idiots, se déplaçant frénétiquement, mettant en valeur leurs talents acrobatiques. Mais ensuite viennent les farces et les sauts, les coups de pied, les poussées et vous réalisez que vous ne les voulez pas près de vous. Mais malheureusement, Samhain est la nuit où ils donnent leur spectacle. Les hommes rouges aiment le feu, aussi imprévisible qu’eux. Ils aiment la musique, surtout celle qui devient de plus en plus folle. Ainsi, lorsque les torches sont allumées et que la musique est jouée, vous reconnaissez les hommes rouges sur leur chemin.

1- Source : The symbolic beings of Samhain by Dr.O.Bishop

_____________________________________________________________________________________________________ INFORMATIONS PRATIQUES

L’Irlande de l’Est, terre ancestrale d’Halloween.

L’an dernier, nous avions été conviés à une conférence de presse du Festival naissant sans pouvoir le tester. Cette année, pour des raisons sanitaires, il est annulé et reporté à sa version 2021. Toutes informations, réservations sur www.pucafestival.com

L’année dernière, lors du premier festival de Púca, des milliers de personnes se sont rassemblées dans des endroits à travers Meath et Louth pour célébrer l’Irlande comme le berceau original de l’Halloween avec un programme d’événements comprenant de la musique live et des performances, des installations lumineuses et une reconstitution de l’éclairage symbolique le Samhain tire sur la colline de Ward. Cette année, en raison de restrictions, les célébrations seront virtuelles avec la diffusion d’un enregistrement de l’allumage des incendies de Samhain le 31 octobre et une campagne de médias sociaux axée sur le contenu pour raconter l’histoire des origines d’Halloween dans les traditions irlandaises et celtiques.

Samedi 31 octobre 2020  à 21H, suivez l’évènement sur la page : https://www.facebook.com/events/354395725980712/

« Nature in first » sur les îles Féroé

Les îles Féroé*… à moins de trois heures de vol de Paris avec la liaison Atlantic Airways !? À vous, la beauté majestueuse de cet archipel vierge dont le style de nature est à mi-chemin entre le continent et l’Islande. Je ne prétends pas que vous saurez tout des Féroé en quelques heures mais vous en saurez assez pour avoir envie d’y revenir. Cascades, immenses étendues vertes, cieux lumineux, maisons aux façades peintes, gens charmants… Cette destination a tout d’une grande ! Exploration…

Les façades de Torshavn, la capitale des Féroé. ©Judith Lossmann

Mystérieuses îles Féroé
Un saut de puce en avion… Apparaissent à l’horizon les côtes escarpées et les immenses falaises chapeautées de vert en été et de blanc en hiver des îles Féroé. Les îles Féroé c’est un peu comme un dessin animé ou un conte de Noël. Dès la première seconde vous entrez dans un autre monde, feutré, doux, différent, coloré. Un lieu ? Des lieux magiques où ne résonnent que le souffle du vent, le chant des oiseaux, les cris des goélands et autres « huitrier pie » aux pattes roses et au long bec rouge (des pies de mer mangeuses d’huîtres). Parfois un moteur de voiture ou le sillage d’un avion rappelle que ces terres sont habitées par d’autres bipèdes que soi-même mais c’est rare. Il est si facile de se croire seule, seul au monde dans ces territoires à la végétation basse, voire absente – pas autant qu’en Islande cependant -. La majesté des îles vient de leur emplacement entre ciel et mer, entre vert et bleu, entre terre et nuages. Des espaces suspendus, souvent vertigineux ponctués par des cascades immenses sorties de nulle part entre deux mastodontes rocheux, là-haut… tout là-haut.
Les îles de l’archipel sont reliées entre elle par des successions de tunnels. Rien de visible. Rien n’est abîmé. La nature est reine et règne en maîtresse absolue. Son omniprésence en fait une sorte de déesse magistrale. Qu’il est bon de se plonger dans les sentiers à flanc de falaises pour se perdre dans ses méandres. Ça vous fait des papillons dans le ventre comme si vous alliez à un rendez-vous amoureux.

Aux Féroé, la cascade de Mulafossur est la plus photographiée. Elle plonge dans l’océan 612m plus bas ! ©Judith Lossmann

Des ogres, des lilliputiens et une cascade
À peine descendu de l’avion, on saute dans une voiture de location et l’on part visiter Gásadalur (La Vallée des Oies dans le texte), un village férogien typique. Vous aimerez les toits végétalisés, les constructions enfouies sous des tonnes de terre, les belles couleurs des façades, les nobles matières des matériaux de construction et… l’extrême propreté. En passant à proximité de ces maisons basses vous vous sentiez comme des ogres face à l’étroitesse des portes. Une interrogation s’imposera à votre esprit : comment entrer à l’intérieur ?
Le charmant village de Gásadalur, proche de l’aéroport sur l’île de Vagar est l’endroit idéal pour s’immerger dans l’esprit des îles. Une courte randonnée vous conduira au sommet – c’est rare – de la plus haute et impressionnante cascade de l’archipel. Attachée à Gásadalur, c’est sans aucun doute la plus photographiée des îles. Son nom : Mulafossur waterfalls. Avec en fond d’image, les montagnes d’arrière plan, elle se déverse de toute sa hauteur (612m) dans l’océan. Un endroit hallucinant de beauté quand l’herbe est verte et le soleil au couchant. Vous aurez bien du mal à quitter cet Éden nordique et votre minuscule état de lilliputien ! Plus loin, vos sens émoustillés par tant de beauté vous stopperont net devant le village de Bøur au cœur d’un magnifique fjord présent sur la route pour Tórshavn, la capitale.

Le quartier alternatif et chic de Tinganes affiche ses étonnantes couleur charbon et carmin. ©Judith Lossmann

Au début était Tinganes…
Les villes ressemblent plus à ces villages des contes de fées et de lutins qu’à des métropoles polluées et polluantes. C’est tout le charme des petites bourgades des Féroé… Même la capitale, Tórshavn, n’échappe pas à la règle. Bien sûr, elle est un peu plus peuplée (20.000 habitants tout de même) mais il faut absolument voir les ruelles et petites rues de son cœur historique nommé Tinganes, habité dès le 4ème siècle. Dans ce quartier résidentiel, on verra Munikastovan, la très belle « résidence des évêques ». Datée du 15ème siècle, il s’agit de la plus veille maison des Féroé. Ce quartier de Tinganes est devenu le lieu branché de la ville. Habité surtout par des artistes locaux : cinéaste, musicien, peintre, architecte qui ont su, ensemble, redonner toute sa beauté à ces anciennes maisons de bardeaux noir geais !
Autres caractéristiques des îles Féroé et de la capitale : la propreté. Rien ne dépasse. Il ne viendrait à l’esprit de personne de jeter ses papiers dans les rues. Le silence et le respect sont de véritables invitations à la déambulation et aux découvertes architecturales.

 

Trois mots d’histoire et de géographie
L’origine de la population, des marins rudes à la tâche, des femmes courageuses et souvent seules, a obligé la population à l’adaptation permanente dans un climat rude (il fait 10°C en juillet), avec des ressources limitées.
Les îles Féroé sont un archipel indépendant appartenant à la Couronne Danoise. Sous domination danoise depuis des lustres, la population devra attendre la fin de seconde guerre mondiale pour avoir, enfin, le droit de parler sa langue ! Aux îles Féroé, le style de vie est résolument celui des pays du Nord. Discret, chacun chez soi mais volets et rideaux ouverts pour être visibles de tous et prouver que l’on ne fait rien de répréhensible. Un tout petit pays qui survit avec la pêche, le saumon et le tourisme naissant.

Les anciennes maisons de Koltur en cours de restauration. Les Féroé possèdent beaucoup d’exemples de ce type d’architecture. ©Judith Lossmann

Excursion à Koltur
Quinze minutes de vol en hélicoptère, survol de Koltur inclus et l’on pose le pied sur cette île posée à trois jets de lance de Tórshavn. Une île d’une beauté farouche mais qu’est ce qui ne l’est pas ici, dites-moi !? Une île qui se visite à pied, seulement habitée par deux personnes, un fermier et sa femme qui vivent seuls ici au milieu d’une végétation battue par les vents et les embruns. Là, une minuscule plage de sable blanc borde une eau de mer dont la couleur vous transporte aux Fidji. Là-bas, les restes d’un ancien village férogien en cours de rénovation. Trois quatre bâtisses ancestrales, exemples de la vie spartiate vécue par les familles dans cette lande pendant des siècles. Des maisons à louer pour une expérience de « tourisme » loin des codes. Ruisseaux, petits ponts de bois, collines, moutons et chèvres, quelques toits bas, noyés au milieu du vert et autour une mer moutonnante sous les assauts des vents du Nord. Objectif de la randonnée, gravir les 477 mètres de l’unique colline. Au bout d’une heure de marche, on est récompensé par le spectacle grandiose des falaises tombant à pic de l’autre versant.

 

Un plat traditionnel, qui nous demande une certaine tolérance culturelle : la baleine séchée. ©Judith Lossmann

En réponse à ma question, Bjorn Patursson et sa femme, un couple au cœur grand comme ça, me répond ne jamais vouloir vivre ailleurs qu’ici. Même si un jour, ils le savent, il faudra laisser sa place ! C’est chez eux que nous déjeunons. Dans l’absolue sérénité d’une maison confortable, bien chauffée, dotée de toute la modernité. Sur la longue table, une kyrielle de petits plats. Des légumes, des fruits. Des pommes de terre. De la viande. Celle des chèvres de l’île. En ragoût. Des produits laitiers dont un fromage au lait des mêmes chèvres. Délicieux frais ou plus sec. Une viande noire comme du charbon. De la baleine ! J’ose. La tradition veut qu’on la déguste sur un morceau de pomme de terre cuit à l’eau avec sa propre graisse. Que dire ? C’est vraiment bon. En fait, c’est la graisse qui a du goût. Évidemment, il y a le saumon. Élevé ou pêché au large, il ne supporte pas les transports. Inutile d’en chercher ailleurs que sur les Féroé vous n’en trouverez pas. En revanche, sur les îles, le saumon est à toutes les sauces. En boisson du vin, de la bière et des infusions de plantes. Beaucoup de baies polaires et du sureau. Un délice. Nous quittons à regret nos hôtes pour partir tenter une expérience en haute mer.

 

 

 

Depuis la mer…
Immergés dans des combinaisons total look orange, casqués, lunettés, nous voilà agrippés aux cordes de sécurité d’un bateau de compétition. Le soleil brille. Le temps est radieux. Le ciel est bleu. Nous sommes début juillet et à seize heures, il fait un bon 13°C. Quand le bateau va prendre de la vitesse, ça va cailler… et mouiller. Après une course folle sur le sommet des vagues, à rebondir comme des pantins sur des blocs de béton, nous touchons un long ponton cheveux et visage douchés, le sel sur les lèvres. Nous ne marchons plus trop droit mais nous trouvons tout de même le chemin de cet adorable café niché dans un coin du port. Et là, moment de délice, à l’abri des éléments, dégustation d’une boisson bien méritée avant de repartir à l’assaut de l’océan, découvrir des falaises, des grottes, des nichoirs de macareux escarpés. Des criques et autres trésors visibles depuis la mer uniquement.

Souper à minuit à la lumière du jour
Je ne vous décrirais pas par le menu le menu justement. Celui servi par d’autres fermiers/récoltants/éleveurs, lesquels, comme nos amis du déjeuner, nous reçoivent à leur table d’hôtes en grande pompe. Sachez qu’ils ont gagné le Nordic Food Destination en 2017. La vaisselle est belle, le service est parfait. Anna et Oli n’en sont pas à leur coup d’essai et leur mécanique est parfaitement rôdée. Elle en cuisine. Lui assure le show, sert et ouvre les bouteilles. On mange délicieusement, copieusement des plats traditionnels et des viandes élevées sur leurs terres.

Le soleil de minuit illumine la table. ©Judith Lossmann

Mais, ce que l’on retiendra surtout de cette expérience c’est l’emplacement de leur maison. En face de l’île de Koltur, séparée par un bras de mer assez large, la maison est accrochée au flanc d’une falaise escarpée. La vue depuis la terrasse est époustouflante, elle peut même donner le vertige. Il est près de minuit quand nous attaquons les fromages et le dessert. Le soleil n’est toujours pas couché. Il ne se couchera pas, bien décidé à nous accompagner non stop dans notre expérience de nuit sans noir. Bien sûr, il décline et pare tout alentour de ses couleurs jaunes orangées. Parfois des traits vert amande ou jaune acide font penser à des aurores boréales mais, dommage, nous sommes bien trop au Sud. Le spectacle est somptueux. Assise en bout de table, je ris d’être gênée par ce soleil qui continue à m’éblouir à minuit passé !

Avant de tirer ma révérence
Qu’il est surprenant et peu naturel de rentrer à 1h30 du matin dans sa chambre d’hôtel quasiment aussi lumineuse qu’en plein jour. Installée au rez-de-chaussée, j’ouvre la fenêtre en grand. Qu’est ce que je risque à part le bonheur de voir la nuit le plus courte de ma vie. Il va faire presque nuit noire pendant …20 minutes. Loupé ! Je m’endormirais avant envahie par les images de toutes ces beautés. Décidément, aux îles Féroé, on vit sur un autre rythme. Celui imposé par la présence omniprésente d’une nature qui a encore voix au chapitre. Coup de cœur ! Judith Lossmann

 

* Note à lire à l’attention de ceux qui nous accuserons de chroniquer une destination où l’on massacre les dauphins.

INFORMATIONS PRATIQUES

ALLEZ AUX ÎLES FÉROÉ

Atlantic Airways, l’une des flottes les plus jeunes d’Europe.

Avec Atlantic Airways. Trois vols directs par semaine Paris CDG/Vagar. Lire notre article pour tout savoir sur cette compagnie aérienne, l’une des plus jeunes flottes d’Europe. www.atlantivairways.com

 

 

 

 

VOUS PRENDREZ BIEN UN KAAFÉ AUX FÉROÉ ?

Café Paname, le café/restaurant/librairie branché de la capitale

Bien sûr, au café Paname, ouvert depuis deux ans par Karina et Niels, lequel a travaillé à Paris, en a rapporté des souvenirs et l’envie de prolonger ses souvenirs en le nommant Paname et aussi pour importer un peu de l’esprit « français » dans les rues de Tórshavn. A la fois librairie, café, bar à vins, restaurant, vous aimerez la déco très « récup ». L’endroit idéal pour prendre la température intérieure et s’adapter au style de vie locale en se régalant d’un cheese cake maison à se rouler sous la table. Depuis la petite et très discrète terrasse, vous aurez un point de vue sur la ville et le ciel.

 

 

 

 

MANGER AUX ILES FÉROÉ
La gastronomie est très copieuse et le rythme naturel d’un repas s’organise autour de 8/9 plats comprenant viandes et boissons fermentées.

  • Restaurant KOKS** au Michelin – Je ne l’ai pas testé mais la tradition culinaire semble y être porté à ses plus hauts sommets. Si vous y aller, dites-nous ce que vous en pensez… Frammi við Gjónna, Leynavatn, Îles Féroé – Téléphone : +298 333999 – Réservations : koks.fo
  • Restaurant BARBARA FISH HOUSECelui-ci, installé dans une minuscule ruelle de Tórshavn, vaut le détour tant sa décoration très roots que par son excellente et copieuse carte. Absolument irrésistible et abordable vous y trouverez des noms de plats aussi étranges que Royktur Laksur, Surromi (saumon fumé et crème aigre) ou Jomfrùhummari (langoustine). Des plats parfaitement maîtrisés en cuisine où on les prépare depuis 1865 ! www.barbara.fo
  • Déjeuner sur l’île de KOLTUR
    Nos amis de Koltur Bjorn Patursson et son épouse reçoivent sur réservation. Voir avec l’Office du Tourisme avant votre départ, c’est plus prudent ! A fortiori si vous souhaitez déjeuner.
  • Un dîner chez l’habitant
    Anna et Oli Rubeksen – anna-r@olivant.fo – Tel. +298 216026 – Facebook : Heimablindni hja Onnnu & Ola Rubeksen

DORMIR AUX ÎLES FÉROE

Près d’une heure du matin aux Féroé… ©Judith Lossmann

Les hôtels ne sont pas légion. L’archipel des Féroé s’ouvre tout juste au tourisme.

  • Nous avons testé avec bonheur un hôtel sis un peu en dehors de la ville. Hyper clame, il bénéficie d’une vue sur mer sublime, tout en arc de ciel et imprenable. Le petit déjeuner est tout à fait correct et ils ont des laits végétaux. Hôtel Foroyar**** wwww.hotelforoyar.fo
  • En construction au moment de notre reportage (juillet 2019), un Hilton Garden Inn devrait ouvrir en juin 2020 et proposer ses 130 nouvelles chambres.
  • Hôtel Planta (en construction également). Vérifier sur internet, nous n’avons pas eu plus d’informations sur les capacités de cette chaîne danoise d’hôtellerie.

ACTIVITÉS
Visite de Koltur en hélicoptère. S’adresser à l’Office du Tourisme avant votre départ.

Partir visiter Koltur en bateau ou en hélicoptère. ©Judith Lossmann

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ET L’IMMOBILIER ALORS ?
Si vous avez envie de vous installer ici sachez que l’immobilier est très – très – très cher. Autant qu’à Paris ou presque. Dans le très recherché quartier de Inganes, les petites maisons valent de 3 à 5 millions de DKK. Dans les petits villages alentours il faut compter 1,5 à 2 millions. Même pour un salaire moyen mensuel de 25000 DKK ça fait lourd à investir. Pas de location, ce n’est pas dans l’usage des traditions férogiennes.

À PROPOS DES ÎLES FÉROE
Lire Barbara (d’où le restaurant conseillé plus haut tire son nom)
Voir : Le fils de l’attrapeur d’oiseaux / Birds Catcher, un film tourné aux Féroe.

Sarlat capitale de la truffe réjouissante en hors saison !

Again ! Le célèbre réalisateur Ridley Scott a choisi à nouveau Sarlat, la ville la plus moyenâgeuse de France, connue pour être la capitale de la truffe, pour cadre de son prochain long métrage. Après « les Duellistes » (1976), le cinéaste revient sur ses premières amours avec le Périgord Noir et la Dordogne. Sans doute pour ses richesses patrimoniale et gastronomique. On pressent aussi des lieux comme Beynac et Castelnau… une bonne raison pour y faire un tour. Mais, voulez-vous savoir pourquoi Sarlat est le meilleur qui soit…

Sarlat ? Un joyau médiéval !

Dans nos colonnes, nous parlons souvent du voyage comme d’un déplacement dans le temps et l’espace. Il est vrai qu’un voyage possède bien des vertus. La principale, l’avez-vous remarqué, est qu’il modifie notre rapport au temps. Il le rend plus long, plus intense, plus rempli. En voyage, le temps se concentre. C’est la sensation ressentie à Sarlat. Cette ville magnifique, petite, facile à parcourir, recèle de trésors venus du fond des âges. Parfois, l’on croise une affiche très ancienne collée sur le mur d’une librairie, elle représente la ville exactement semblable à aujourd’hui ! C’est assez fascinant de voir comment bâtiments, ruelles, sculptures et cheminement dans la ville ont été préservés du « modernisme » voire de la contemporalité. Moralité : à Sarlat, vous êtes au Moyen-Âge et dans les terres de La Boétie.

Nous ne sommes pas seulement né en possession de notre liberté mais avec le devoir de la défendre. » La Boétie, âgé de 17 ans !

Riche de ses traditions Sarlat s’explore sous toutes ses facettes. Architecture, arts, animations, commerce, histoire, gastronomie avec la truffe, culture, art de vivre s’entremêlent pour livrer aux visiteurs des charmes en toutes saisons. Et l’hiver à Sarlat c’est la Fête de la Truffe.

Sarlat, fête de la truffe

La truffe envahit les rues de Sarlat en Périgord noir.

Sarlat fête la truffe

Chaque année, à la mi-janvier, une fête odorante et gustative attire les foules alentours et lointaines dans le canevas des ruelles de la ville, toutes dédiées à la truffe noire du Périgord. Ici, brouillade. Là, truffade. À deux pas, on l’insère dans un fromage coulant à souhait. Plus loin dans des cromesquis. Chez ce récoltant truffier, on la trouve nature, prête à rendre somptueux les œufs les plus ordinaires. On décide alors de la trancher finement, de la hacher. Dans le gras, les lipides la truffe donne le meilleur d’elle-même. Alors, sur cet étal, on la déguste dans une mayonnaise, à tomber à la renverse ! Encore plus gastronomique, ce chef l’introduit dans un potage foie gras et truffe… Vous voyez l’ambiance.
Les rues de Sarlat se laissent envahir par les mange-debout où s’entassent des milliers d’assiettes de dégustations. Tous ces « tapas périgourdins » portent un nom propre à la région : les Croustous. Ça crie, ça chante, ça interpelle, ça déguste à tout va, ça sent bon, c’est païen et bon enfant. D’un côté des stands, c’est à qui saura le mieux transcender cette étonnante boule noire. De l’autre côté, on entre en religion et l’on fait honneur à ce champignon à nul autre pareil.

Parallèlement à la fête dans les rues, se tient le trophée Jean Rougié, important et incontournable producteur de foie gras de la région. Chaque année le Trophée met à l’honneur la truffe et le foie gras. En présence du public, huit jeunes talents cuisiniers (en formation Bac pro, BTS, CFA ) réalisent deux plats, un froid, un chaud et soumettent leurs créations gastronomiques à un jury composé des plus grands noms de la profession. Uniquement des hommes. Pas une seule femme. Elles manquaient ! Dans les ateliers, les jeunes et leurs professeurs sont tendus. Plus encore l’équipe de Paul Bocuse, qui apprenait quelques heures plus tôt, via une fuite du Michelin, la perte d’une étoile.À l’issue de 3h30 de match et d’une longue délibération, Nicolas Adam, très jeune (20 ans) et très ému, est annoncé grand gagnant du Trophée 2020. Cet étudiant en 3ème année de Bachelor en Art Culinaire à l’Institut Paul Bocuse à Ecully prouve, heureusement, qu’il y a des raisons d’être au talent ! Une étoile s’est éteinte, une autre s’allume.

La truffe : le diamant noir du Périgord

D’ailleurs savez-vous comment il se « récolte »? Ouh infamie ! Comment il se découvre, cet énigmatique Tuber melanosporum. Un nom savant pour une truffe, un champignon unique aux arômes et à la saveur incomparable, prisé par les chefs étoilés et les gourmets de la planète entière… Si la truffe noire du Périgord se laisse juger avant d’être prise en main, se laisse humer avant d’être dégustée, encore faut-il la trouver.

La recherche à la mouche de la truffe noire du Périgord

Attirée par l’odeur de la truffe à laquelle elle est inféodée, une minuscule mouche aux ailes dorées, obéit à un seul instinct : pondre ses œufs dans le champignon. Les observateurs de la nature que sont les truffiers, on dit les caveurs, ici Francis de Carlos, un petit producteur passionné à Peyzac le Moustier, comme vous allez le voir, guettent donc, dès les premières gelées, le comportement de la mouche rabassière (du genre Suillia), impossible à saisir sur la vidéo. Les caveurs utilisent une tige de bois souple pour effectuer un geste tout en douceur destiné à faire s’envoler la mouche truffière prête à pondre. Cette mouche indique la position approximative d’une truffe. Reste à gratter. Voyez notre film.

La gastronomie est généreuse à Sarlat et dans la région

Vous l’avez compris, dans ce coin de France, on mange particulièrement goûteux. La qualité des produits est irréprochable. La richesse de la nature y est pour beaucoup, elle fournit des vergers de noyers et de châtaigniers, des fraises et des asperges, du lait de brebis, des oies et des canards et tellement plus…

Aujourd’hui Sarlat est le centre du monde de la gourmandise. » Le Chef Christian Têtedoie à propos du Trophée Jean Rougié.

On se transmet exigences et savoir-faire de générations en générations, tels de précieux héritages. En Périgord Noir, on ne rigole pas avec l’art culinaire. C’est une affaire de famille. De la production rigoureuse aux fourneaux des restaurants étoilés ou non, l’impérieuse qualité, le respect de la tradition et la conservation des secrets permettent de pousser au devant de la scène des produits de terroir aux saveurs authentiques. Ici, dans ce coin de nature blotti entre les falaises, marchés gourmands et marchés de producteurs de pays, fermes auberges et restaurants, sont des rendez-vous gourmands à partager sans modération.

Pas de truffe sans vins !

À toutes les occasions on nous dit, on nous répète. La nature ne fait rien au hasard, et elle fait bien les choses. Là où grandissent les truffes, là où s’élèvent les canards et les oies, grandissent aussi les grappes de raisin parfaitement adaptées à leur terre, leur relief, leurs influences climatiques bref, leur terroir. Et s’il est une matière où le terroir joue un rôle prépondérant c’est bien celui de l’élevage du vin. Ici, en Dordogne, ce sont essentiellement des terres de blancs, même si le rouge se fait une place remarquable et étonnante dans l’appellation Vins de Bergerac et Duras.

Appellation Bergerac & Duras

D’où tout démarre !

Multi primée, la région se compose d’une aire d’appellation de 7 terroirs dont les noms chantent aux papilles des amateurs : Bergerac, Duras off course et de terroirs spécifiques : Montravel , Saussignac, Monbazillac, Pécharmant, Rosette qui donnent 10 AOP.
La route des vins Bergerac & Duras vous conduira dans des contrées particulières où règnent en maîtres de chais absolus quelques énergumènes vignerons au tempérament doux dingue ou franchement rock’n’roll ! Ceux-là aiment à casser les codes du liquoreux et proposent des accords décalés. C’est un jeu et vous aimerez en découvrir les subtilités en cave. L’appellation compte aussi les couleurs blanc sec, moelleux, rosé, rouge. Largement de quoi poursuivre une route truffée (haha !) d’excellentes surprises. Ne buvons pas le vin avant de l’avoir tiré… et venez donc expérimenter les initiatives de ce vignoble toujours avec une idée d’avance !

Patrimoine d’art et d’histoire

Quand vos pas vous auront conduit dans la riche histoire du patrimoine de Sarlat… Quand, avec l’ascenseur panoramique, vous serez monté dans les nuages pour admirer les toits de la ville féodale… Quand porches, murailles, pavés et arcades aux pierres d’ocre auront excité votre imagination… Quand vous aurez appris des guides conférenciers tous les secrets abrités derrière ces façades séculaires… Il vous restera à sortir de la ville, pour explorer les châteaux alentour, les abris sous grotte des hommes préhistoriques, les maisons fortes – des maisons troglodytiques – spécificités de la région. Tout un bâti, de 2602 châteaux, manoirs et maisons fortes, érigé au fil de la Dordogne dont seulement 3 sont publiques.

Les châteaux en Vallée de Veyzère

Sur 25 kilomètres au long de la Veyzère, sur chaque promontoire et de chaque côté de la rivière, ils sont là. En projetant les silhouettes de leurs donjons, de leurs murailles et de leurs mâchicoulis dans le ciel du Périgord noir, les forteresses semblent veiller sur la paix qui règne en ces lieux. Les châteaux et points de vue d’exception se succèdent à très peu de distance.

  • Le fort troglodytique médiéval de La Roque-Gageac, sublime, à photographier un jour ensoleillé vers 18 h pour en saisir toute la beauté or.
  • Sur son éperon rocheux, Beynac – le plus vieux château du Périgord à avoir conservé une telle intégrité. Il n’aura au fil de son histoire rendu les armes que devant Richard Cœur de Lion ! Aujourd’hui toujours, il impose fièrement ses murs protecteurs à la vue. Dans l’enfilade de minuscules ruelles, surgit la rue Paul Eluard, du nom du poète qui vécu et écrivit à l’abri des pierres.
Château de Castelnaud

Château de Castelnaud ©Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan

  • Le château de Castelnaud-La-Chapelle se mérite. Dans cette forteresse médiévale, les rues sont si étroites. Impossible d’y accéder en voiture. Il faut monter. Et ça grimpe. On prend son temps et on parvient à l’intérieur de l’enceinte sur une esplanade avec vue sur un horizon à 180 degrés. Au fond coule la rivière, au loin se profile des constructions. Sûr, d’ici on voyait l’ennemi arriver. Superbe patrimoine pour ce château ! Il accueille en pleine saison 5000 visiteurs jour. Raison de plus pour le visiter hors les cohortes de touristes histoire de profiter aussi de son musée des Arts de la Guerre.
  • La Maison Forte de Reignac. Un édifice exceptionnel pour bien des raisons. Sa construction dès le Moyen-âge, mi troglodytique, mi en suspension accrochée à la falaise. Son point de vue. Rien ne pouvait échapper aux observateurs. Son imprenabilité. Beaucoup ont tenté, tous ont cassé leurs fers sur ce système défensif ingénieux. Son musée de la torture… Il prouve, malheureusement, à quel point l’inventivité et l’attractivité de l’homme pour le mal sont indissociables de son existence même. Sachez que cette très sculpture d’un taureau quasi à taille réelle, servait à enfermer les condamnés à l’intérieur. Puis, on allumait un feu sous le taureau ! L’histoire ne dit pas si l’on mangeait le coupable après. Ses collections d’objets usuels enfin, de la préhistoire à la fin du 19ème siècle, de pièces en pièce on vit le quotidien de cette maison habitée depuis 1000 ans !

Ma rédactrice en chef ne m’a pas donné assez de place pour vous parler plus de Sarlat et de son environnement. Un conseil, n’hésitez plus. Sarlat l’hiver vaut largement Sarlat l’été. La foule en moins. Le plaisir en plus. Et l’on plonge avec délices dans les traditions, les gourmandises, les trésors vivants et les légendes d’un temps qui dure…


INFORMATIONS PRATIQUES

 

OFFICE DU TOURISME : www.sarlat-tourisme.com

TAXI A SARLAT : Bruno 06 89 07 47 55

DORMIR À SARLAT
Hôtel Ibis*** – Sans commentaire – Accueil sympathique pour un hôtel de chaîne. Pour infos et réservations directement ici : www.ibis.com

Château de Sauveboeuf à Aubas. Ce château magnifiquement restauré se loue pour des soirées, des fêtes. On peut aussi dormir dans quelques suites princières avec feux de cheminée. Le tout sur réservation – en flux tendu- tant le lieu est prisé. – Tél. +41 79 304 02 05 ou +33(0)6 31 48 46 78 –

RESTAURANTS À SARLAT

La Table de Monrecour par Éric Jung à St Vincent de Cosse – Tél. +33(0)5 53 28 33 59 – Pour infos et réservations directement ici : www.monrecours.com

Les Glycines à Les Eyzies de Tayac – Tél. +33(0)5 53 06 97 07 – www.les-glycines-dordogne.com

ACTIVITÉS
Maison Forte de Reignac à Tursac – Tél. +33(0)5 53 50 69 54 – Pour infos, c’est ici : www.maison-forte-reignac.cominfo@maison-forte-reignac.com

Château de Beygnac – Route du château, 24220 Beynac-et-Cazenac – Tél. +33(0)5 53 29 50 40 – www.chateau-beynac.com

Château de Castelnaud – 24250 Castelnaud-la-Chapelle – Tél. +33 (0)5 53 31 30 00 – chateau@castelnaud.com – Pour infos et réservations directement ici : www.castelnaud.com

La Roque Gageac, Classé aux plus beaux villages de France – www.laroquegageac.fr/

SHOPPING

La Boutique des Pruneaux – Ils fabriquent et vendent un délicieux pruneau mi-cuit enrobé de chocolat « Les enrobés de Roucadil ». À se damner ! Pour infos et achats directement ici www.laboutiquedespruneaux.fr

LES VINS BERGERAC & DURAS

www.vins-bergeracduras.fr

Maisons des vins de Bergerac – www.vins-bergerac.fr – Tél. +33(0)5 53 63 57 55 à Bergerac.

Maisons des vins de Duras – www.cotesdeduras.com – Tél. +33(0)5 53 94 13 48 à Duras.

A consommer avec modération et à goûter impérativement : Château Poulvère – Des vins issus d’une famille de passionnés de l’appellation Monbazillac. Pour infos et achats directement ici www.poulvere.com

Sarlat, tournage film

Ça tourne à Sarlat !

JOUER DANS UN FILM À SARLAT
Pour finir, vous voulez jouer, faire une silhouette ou une figuration dans le prochain film de Ridley Scott, postulez ici : Dorgone.tournage@gmail.com mais on vous prévient, il faut 800 figurants donc les habitants les plus proches seront privilégiés. Sauf erreur de notre part, pas de rémunération prévue.

Rias Baixas, le Fefiñanes Palacio se visite et se déguste !

Fondée en 1904, la Bogeda Fefiñanes Palacio à Cambados est l’une des plus anciennes de l’appellation Rias Baixas. Érigés par Gonzalo Sarmiento Valladares, vicomte de Fefiñanes en 1647, les bâtiments d’inspiration Renaissance italienne sont, depuis le XVIIe siècle, associés à la production de vin.

Rias Baixas, Cambados

Les vignes hautes de Fefinanes Palacio. Appelation Rias Baixas à Cambados. ©JL

Ce sont les actuels propriétaires, Joaquina Armada et Miguel Gil qui fondèrent la cave dans les années 1910/1920 avant de créer la marque en 1928. Ici, les vignes centenaires, deux hectares à peine sont adossées au domaine. À cause de l’humidité ambiante et de l’influence de l’Atlantique si proche, les raisins sont élevés en hauteur comme à Madère ou aux Açores. Bien entendu, toute la quantité de raisins nécessaire à la production de 150.000 bouteilles est achetée aux viticulteurs de la région de Cambados. Un coin de terre où environ 6500 viticulteurs exploitent de toutes petites parcelles traditionnelles. 23386 au total ! C’est dire si les 4000 hectares du vignoble Rias Baixas sont très morcelés.
On raconte que certaines récoltes entrent toutes entières dans le coffre d’un seul véhicule. Chaque viticulteur apporte lui-même ses précieux grains au domaine au jour et à l’heure dite.

Appellation Rias Baixas

Petit à petit, le domaine devient une référence tant en termes de patrimoine que d’appellation Rias Baixas. les spécialistes la décrivent comme des vins au style pur et austère dotés d’une certaine acidité en bouche. Fefiñanes aime diversifié sa production et a récemment introduit des élevages longs sur lie, en cuve d’acier et en fûts. Résultat, la gamme s’agrandit et se diversifie.

Albarino, 1583, Fefiñanes III Ano, Armas de Lanzos

En entrée de prix on trouve un Albarino de Fefiñanes (autour de 12€), une valeur sûre, un blanc des Rías Baixas sur lequel on peut compter. Suit, en montée de gamme, le célèbre 1583, un vin fermenté en barriques de chêne français (seulement 7000 bouteilles à 22€ pièce environ). Pour un vin de garde, on choisira un Armas de Lanzos ou un Fefiñanes III Ano autour de 35€ la bouteille.

Le Palacio de Fefiñanes est l’un des domaines très représentatifs de D.O. Rias Baixas. Les amateurs de vins comme les amateurs d’architecture, de belles et bonnes choses, de savoir-faire sauront apprécier une visite avec ou sans dégustation.

 


 

INFORMATIONS PRATIQUES

Plaza de Fefiñanes, s/n 36630
Cambados
Teléfono: 986 54 22 04
fefinanes@fefinanes.com
www.fefinanes.com

 

 

 

 

 

 

Vueling

Accueil chaleureux de Vueling

 

Y allez ?

Avec Vueling, à partir de 27,99€ – https://www.vueling.com/fr/villes/vols-moins-chers-a-destination-de-saintjacquesdecompostelle

Puis voiture de location ou taxi jusqu’à Cambados.

TAXI à St Jacques de Compostelle

Taxi Travel José Manuel – Tél. 659 26 22 88

 

 

 

 

DEJEUNER (EXCELLEMMENT BIEN) À CAMBADOS
Nous vous conseillons un excellent restaurant au coeur de la petite ville, à 3 minutes à pied en sortant du Palacio. Il s’agit du Restaurant A FONTE DO VINO. Ils servent de copieux et ab-so-lu-ment délicieux tapas. Terrasse ombragée. Servic eun peu lent ça tombe bien, il faut prendre son temps. tout ce que l’on mange est ultra frais et ultra bon.  Nous n’avons pas pu venir à bout et les aurions volontiers emporté avec nous si nous n’avions pas pris l’avion pour rentrer… Rien que pour ce restaurant je reviendrai…

A Fonte Do Vino, www.pepaaloba.com – pepaaloba13@gmail.com – Tél. 693 610 181 – Le patron s’appelle Alvaro Fernandez et il est au top !

 

tapas, aquelarre, cambados

Exemples des tapas du restaurant : A Fonte do Vino à Cambados. ©JL

 


NOS LECTEURS ONT AIMÉ LIRE :

https://lavieestbellemag.com/gastronomie-a-saint-jacques-de-compostelle/

Gastronomie à Saint Jacques de Compostelle

Nous connaissons tous, au moins de réputation, le chemin de Compostelle et sa ville d’arrivée la plus fameuse : Saint Jacques de Compostelle.  Mais, s’il est une autre réputation que la cité peut largement revendiquée c’est celle de la gastronomie ! La Gastronomie à Saint Jacques de Compostelle dans son sens le plus large. Ici, on l’entend autant par la qualité des produits de base que par le talent des cuisiniers et des chefs qui les transforment en d’inoubliables délices culinaires. Nous avons rencontré la Cheffe Lucia Freitas, des petits producteurs paysans vendeurs sur le marché et fait une intéressante balade en bateau dans les domaines de productions des coques et des moules d’Espagne, une AOP à suivre.
Allez, nouez votre serviette à de votre cou et embarquez dans un voyage aux sublimes goûts !

Première étape : se rendre à St Jacques de Compostelle

La grande place à St Jacques de Compostelle

La grande place de St Jacques de Compostelle. ©JL

Comme tous les randonneurs/pèlerins du monde vous pourrez tenter l’expérience du « chemin ». Le saviez-vous ? Depuis qu’il est classé « Itinéraire Culturel Européen » (1987), le chemin de Compostelle connaît plusieurs points de départ au travers des pays d’Europe et globalement une seule grande ville d’arrivée : Santiago Do Compostella, Saint Jacques de Compostelle. Comme nous n’avions pas l’endurance de parcourir les presque 1500 kilomètres, nous avons pris la voie royale pour arriver ici, celle des airs, avec la ligne Paris/Compostelle opérée par la Compagnie Vueling. En moins de 2 heures, nous voilà installés dans la capitale galicienne, une ville fourmillante et effervescente au charme moyenâgeux et au charisme palpitant. Bien sûr il faut voir les bâtiments et leur architecture historique. A commencer par le Portique de la Gloire de la cathédrale de St Jacques de Compostela mais bien d’autres merveilles attendent les visiteurs. Dans le désordre L’hôtel des Rois catholiques, le Palais de l’Archevêché de Xelmirez, la Praza des Praterias, le musée des Pèlerinages et de Saint Jacques, le monastère de San Palo de Antealtares et des dizaines d’autres. Comme ils ne sont pas l’objet de notre reportage, nous ne pourrons vous en parler ici, mais pour les avoir entraperçus, nous vous conseillons ces visites.

À Saint Jacques de Compostelle, sous les arcades des ruelles d’un autre temps, classées au patrimoine mondial par l’Unesco en 1985 et tellement aimées par Ernest Hemingway, se suivent et ne se ressemblent pas les bars à tapas… le plus simple pour les papilles affamées de découvertes gastronomiques locales…

Manger à Saint Jacques de Compostelle : la route des tapas

Comme je le disais, ils se suivent et ne se ressemblent pas. La gastronomie à Saint Jacques de Compostelle prend des formes différentes. Seule, la manière (le plaisir) de les aborder est commune. Ici, pour le prix d’un verre, d’un jus de fruit, d’une bière locale (elles sont légion), on vous sert des tapas : tortillas, coques, couteau, moules d’Espagne géantes, poisson, risotto… Chaque bar à sa spécialité. Voilà qui fait le charme de ces balades gourmandes au cœur de la cité. Commençons par MOHA, spécialiste de la Tortilla. Il faut aller jusqu’au bar, choisir sa bière (20 cl à 1,50€ ou son jus de fruit 20cl à 2€), trouver une table si possible et on vous sert à table avec une tortilla absolument goûteuse par personne. Pour des tapas plus élaborés, que l’on appelle Raciones, on se rendra au Taberna a Fuega lento, un lieu incroyable avec une décoration kitch et chic, des miroirs partout et des portions de moules d’Espagne, de couteaux, de charcuterie à partager à réveiller les papilles les plus endormies. Ensuite direction O Gato Negro, le bar à tapas le plus vieux de la ville. Installée depuis des lustres, l’enfilade de salles n’a pas du voir un coup de pinceaux depuis sa création. Qu’importe ! Ce sont dans les vieux pots que l’on  fait les meilleurs soupes et l’adage n’a jamais aussi vrai qu’ici. Une adresse très surpeuplée, il faut souvent attendre, la maison ne fait aucune réservation. Tentez votre chance de manger du blanc de seiche en sauce… comme jamais ! On a choisi ces trois là, mais il y en a des dizaines d’autres, toutes du même acabit. Difficile déçu sauf si vous venez en espérant rencontrer la zénitude de l’âme espagnole… les bars à tapas, c’est notre café du commerce à nous, on y jacte fort et haut !

Gastronomie à Saint Jacques de Compostelle : le chemin des étoiles de Lucia Freitas

La jeune cheffe de 38 ans a tout pour elle : belle, aimable, passionnée, talentueuse, décoratrice, acheteuse exigeante… elle fait elle-même son marché. Voyez notre vidéo ci-dessous où nous la suivons dans ces achat sur le très « couru » mercato de Abastos de Santiago, édifié en 1950 et archi fréquenté depuis par les locaux, les touristes bien informés, les gourmands de tous poils ! Pour info, ce marché possède une vinothèque de vins locaux, un RDV incontournable pour les amateurs et les connaisseurs.

Avant de rejoindre la table dans son restaurant étoilé A Tafona*, on vous propose un arrêt (notre vidéo) Juste en face du marché dans le bar de Lucia Freitas où elle sert des plats gastronomiques à des prix riquiqui. Elle va cuisiner pour nous et devant nous l’une de ses recette emblématiques : sa fameuse Galician Pie à pâte ultra fine, connue en pâte plus épaisse sous le nom de empanada. Pour nous faire patienter Lucia va préparer en deux tours de main des huitres locales, choisies quelques minutes auparavant sur les étals des poissonniers, qu’elle travaille avec du Gin, un granité de citron, du Kéfir et une émulsion.

Mieux connaître la cheffe espagnole Lucia Freitas
Lucia travaille beaucoup la déshydratation et le « manger sain », pas uniquement des légumes mais aussi dans l’étape qui précède. Elle se pose la question « Qu’y avait-il avant, dedans avant ? » Dans la terre, dans les graines, dans l’eau ! Cette Cheffe qui œuvre ici à Saint Jacques de Compostelle, travaille aussi beaucoup aux USA, notamment à New York où elle possède un restaurant et en Inde où elle créé des recettes. Elle a cœur de transmettre partout dans le monde la conscience « santé » et la préservation de la planète. Au Japon, elle intervient auprès des femmes qu’elles qualifient d’encore plus « silencieuses » qu’en Espagne et préside The Japan Womens in Gastronomie ».
A la question : « Pourquoi devenir cheffe ? Lucia Freitas répond que, très introvertie jeune et adolescente, toujours avec ses parents, au potager et à la maison, elle exprimait son besoin d’évasion en cuisinant. Elle s’amusait à refaire à la maison les recettes vues à la télévision. Proche de son père, elle l’a vu dans son rôle d’homme typique de « Galicie » c’est-à-dire l’homme en charge du pain et la cuisine…
Le temps de lire, l’empanada à pâte ultra fine est prête à déguster et … devinez quoi ? C’est bien sûr un régal signé par Lucia Freitas.

Le 7ème ciel s’appelle A Tafona*

Plaisir des papilles commence par le plaisir des pupilles. Gros plan sur un joli espace tout de bois blond décoré. Dans cet ancien relais de poste, l’épaisseur des murs est une protection, un cocon, une mise en bouche zen et spirituelle, une invitation à la dégustation. Sur les murs, peu de décoration. Le style épuré convient bien au service de table très original. Une magnifique collection désignée par Lucia elle-même, dont l’élégance simple s’accorde à merveille aux pierres brutes des murs et à l’esprit éclairé de la cheffe.

Deux pains accompagnés de deux beurres aromatisés maison ouvrent la valse des mets. Le premier aux céréales, cacao et citrouille. Le second au maïs, bière, oignons et olives. Voilà un voyage en gastronomie qui démarre plus que bien. Suivront des accras de congre avec une réduction de vin Pedro Jimenez, un croquant de riz, un filet de sardine au fromage et tomate séchée, une empanada « liquide » de maïs et bonita de thon. Un régal absolu auquel s’ajoute le plaisir des yeux. Amoureuse des légumes, la cheffe propose des tomates du potager aux figues et crémeux de lait de figues, des carottes en escabèche. Pour continuer sur la viande, ce sera un porc ibérique avec sa roquette et son crémeux de poire.

Pour le dessert ce sera une rose glace Fraise et framboise à la vanille sur un lit de Litchi et de caramel. Un désert crée pour fêter les 1 an de son fils dans lequel elle ajoute un goutte de vinaigre pour qu’il dorme ! Un dessert rose pour dire au monde entier qu’avec la naissance de son fils elle a vu la vie en rose !

Pour information, le menu dégustation est proposé au prix de 98€ sans les vins. Réservation obligatoire, vous vous en doutez !

En conclusion…

Saint-Jacques de Compostelle, on y va avec Vueling, pour la ville historique et ses bâtiments, pour son environnement préservé et pour ses tables à commencer par celle de Lucia Freitas… de quoi s’organiser un joli week-end en amoureux. Plaisirs garantis !

 

La ria de Arousa, lieu d’élevage et de récolte des moules d’Espagne

 


INFORMATIONS PRATIQUES

Vueling

Accueil chaleureux de Vueling

Y allez ?

Avec Vueling, à partir de 27,99€ – https://www.vueling.com/fr/villes/vols-moins-chers-a-destination-de-saintjacquesdecompostelle

OFFICE DU TOURISME

Office du tourisme de st jacques de Compostelle – Rue do Vilar, 63 – Tél. +34 981 555 129 – info@santiagoturismo.comwww.santiagoturismo.com

DORMIR à St Jacques de Compostelle

L’hôtel Compostela**** situé en plein cœur de la ville profite d’une situation très pratique pour arpenter la ville et les fameuses ruelles. Même s’il donne sur la circulation, le double vitrage remplit son office, on n’y fait pas forcément la grasse matinée (mais nous ne sommes pas venus pour cela) et y dort bien dans une literie et une décoration agréables !
www.compostela.es

TAXI à St Jacques de Compostelle

Taxi Travel José Manuel – Tél. 659 26 22 88

GUIDE à St Jacques de Compostelle

Celui-ci parle français : Antonio Montenegro et appartient à l’organisation de l’Office du Tourisme de la Ville.


NOS LECTEURS ONT AIMÉ LIRE :

https://lavieestbellemag.com/rias-baixas-fefinanes-palacio-se-visite-se-deguste/

Brighton Palace Pier, le père de tous les piers !

De passage sur la côte Sud de l’Angleterre, nous étions tout près de Brighton. Trop près pour ne pas y aller, le temps de boire un thé au lait sur le Brighton Palace Pier toujours en activité. Et surprise, ce lieu est plein de surprises. Cette espèce de Luna Park sur mer est un « temps » ailleurs. L’ambiance sur le Pier, dans les salles de jeux comme dans les cafés/brasseries, nombreux vous projettent dans un autre monde. Sans doute le choix de la musique y est-il pour beaucoup ? Même les plus jeunes ressentiront une sorte de nostalgie. Comme si cette avancée sur la mer était un monde à part, un monde épargné par la rudesse de notre civilisation mondialisée. Bref, une parenthèse enchanteresse !

Le Brighton Palace Pier a influencé tous les piers du monde

Brighton Pier

Un jour pluvieux d’octobre sur le Brighton Palace Pier.

Du milieu du 19ème siècle à la fin du 20ème, des millions de touristes se sont baladés ici. Ils ont flirté, fait des demandes en mariage, eut de sensations fortes, joué et beaucoup perdu dans les attractions et jeux de Brigthon Pier. Tout au long de la côte, presque tous les piers ont fermé. Heureusement, de nos jours subsiste le très beau Pier de Brigthon. Archi fréquenté de jour comme de nuit, nous vous invitions dans la visite en images de ce haut-lieu païen. Il possédait, en autre mérite, d’éloigner des bonnes gens, le bruit et la fureur du peuple en liesse. Je me suis pourtant laissée dire que les gens de la « haute » laissaient régulièrement leurs pas les conduire, eux aussi, sur le Pier. Comme tous les autres, ils venaient chercher là et … trouvaient, de quoi alimenter leurs passions, leurs besoins d’évasion.

Rose aurait aimé s’encanailler ici et Jack ne l’aurait pas dédaigné ! Le Pier de Brighton a donné naissance à tous les Piers d’Amérique à commencer par Coney Island dont il reprend l’esprit en bien plus immense !

 

Le Brigthon Palace Pier pour vous mettre dans l’ambiance : https://www.youtube.com/watch?v=-laq1UnWy9o


Galerie d’images

 

Les Sables d’Olonne l’hiver ? C’est la fête !

Et oui, les Sables d’Olonne l’hiver.  Vous connaissez Les Sables d’Olonne l’été ? Nous vous proposons de découvrir Les Sables d’Olonne en hiver, oserais-je dire ! Par hiver, entendez toutes les saisons à l’exception de l’été. Dans ce reportage, nous irons faire une longue balade à vélo dans les marais, avant de les admirer du ciel. Puis, nous goûterons les vins en biodynamie de Thierry Michon avant de nous lancer à l’assaut de l’océan dans un mémorable longe côte. Pour finir, nous irons à la rencontre de quelques « sérieux personnages » à la langue bien pendue… comme le skipper VDH, fervent adepte du quartier de La Chaume, l’autre côté des Sables d’Olonnes !

Les Sables d’Olonne s’illustrent depuis toujours par un art de vivre entièrement tourné vers les traditions maritimes. Capitale du nautisme, du surf, de la voile, c’est une terre de sportifs. Presque à l’année, avec une combinaison, la glisse, la voile et le paddle fédèrent des actifs. Pour tout le monde et pour toute une génération de vacanciers, les Sables d’Olonne ce sont les vacances de l’enfance, une longue plage de sable fin de trois kilomètres en arc de cercle. Les Sables c’est cela et bien plus. Le promontoire rocheux du Prieuré Saint Nicolas, le chenal d’où partent et arrivent les navigateurs du Vendée Globe et autres courses nautiques. Les trois ports dont l’un est le quatrième port de pêche de France. Les deux jetées, les quais, les anciens chemins de halage. Le château Saint-Clair, le phare Arundel et sa vue panoramique. Sans oublier, les Marais et la zone humide riches d’une importante biodiversité.

À bicyclette dans les marais

Sables d'Olonne. Les marais.

Les chevaux des marais… Une petite Camargue où il fait bon pédaler.©Judith Lossmann ©La Vie Est Belle Voyages


Il est temps de partir à vélo… avec Gwenaël Seveno, un super guide, « chaumois » dans le corps et dans l’âme. Pour y avoir travaillé à la récolte du sel, il connaît les moindres recoins des marais. Avec lui, la balade part des Sables, longe un océan de toute beauté, frappé ce jour-là par les assauts du vent avant de traverser une forêt et les paysages de l’arrière-pays. Qu’elle est belle cette promenade à vélo ! En 1h30 elle permet d’avoir une idée précise de l’environnement vert et naturel aux Sables. Quant aux marais, ils sont somptueux. Soixante hectares ramassés sur eux-mêmes, il est simple et aisé de s’y balader. Une superbe occasion d’observer des oiseaux, des chevaux en pagaille – on se penserait en Camargue -, des maisons cachées derrière des bosquets comme si Tolkien avait refait le décor et de se poser près des étendues d’eau, les anciens marais salants, pour en savourer toute la plénitude.

En avion au-dessus des marais

Les Sables d'Olonne en avion

Vol aux dessus de plages et des marais avec Vendée Evasion. ©Judith Lossmann ©La Vie Est Belle Voyages

Vendée Aviation propose un vol « Découverte des paysages de la baie des Sables d’Olonne ». Après avoir pédalé dans les entrelacs des marais, c’est passionnant de voir l’articulation des paysages entre plage, marais, côte sauvages et forêt. Le vol dure trente minutes pour huit personnes. À faire absolument, photos d’exception à la clef !

Des profondeurs des caves naissent des vins…

Les Sables d'Olonne - Domaine Saint Nicolas, Brem

Dégustation Domaine Saint Nicolas, vins de Brem. ©Judith Lossmann ©La Vie Est Belle Voyages

Autres lieux, autres mœurs, nous voilà dans les caves de Sieur Thierry Michon en terroir de Brem. Encore un tempérament ! Il n’en fait qu’à sa tête celui-là et ses productions lui ressemblent. Il a bien raison de faire confiance à ses raisins et à ses méthodes en biodynamie. Ses vins naturels méritent la dégustation. C’est encore une découverte pour beaucoup sauf pour les Chefs étoilés ou pas de France, de Navarre et au-delà. Épris de l’audace, du savoir-faire et de l’originalité de ce vinificateur hors pair, ils accordent une place de choix sur leurs tables à ses cuvées pour leur finesse et la précision de leur expression.

 

 

À l’assaut des vagues et de la houle

Les Sables d'Olonne, Longe côte

A l’assaut des vagues et de la houle pendant une sortie très physique de longe côte. ©Judith Lossmann ©La Vie Est Belle Voyages

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout commence par un chiffre. Celui de la température de l’eau ce jour-là. 17°C. Avec la combinaison moyenne densité, ça va le faire. Encore faut-il entrer dedans. En fait, le sport commence quand il s’agit de l’enfiler. Une épreuve mais rien comparé à ce qui nous attend. Le professeur/animateur/professionnel/ Dominique Bizière de l’Institut Sports Océan nous attend de pied ferme. Son souhait ? Nous faire découvrir les joies du longe côte. Certains l’appellent marche aquatique et c’est bien de cela dont il s’agit. Sauf que si vous vous imaginez une petite balade tranquille, les pieds dans l’eau, vous avez tout faux. Le longe côte est une discipline sportive avec ses règles. Parmi lesquelles, avoir de l’eau au niveau de la poitrine et lever haut la cuisse pour avancer à grandes enjambées tout en surveiller du coin de l’œil la survenue des vagues qu’il faut prendre sur le flanc au risque de se retrouver balayé comme un fétu de paille en plein ouragan. Ce qui évidemment ne manque pas de se produire ! Nous étions six. On a fini trois devant. Trois derrière. Épuisés comme jamais. Rompus par la force des rouleaux. Et un poil vexés… de s’être fait doubler tout au long du parcours par des hordes de retraités hyper motivés, suréquipés, capables de fendre les flots telles des torpilles ! Rassurez-vous, le longe côte est un sport accessible à tous. Il demande seulement un peu d’entrainement et la liste de ses bienfaits serait trop longue à développer ici. Randonnée en mer avec de l’eau à la taille, le Longe-Côte permet un travail d’équilibre et de renforcement musculaire en douceur. Activité originale, complète et ludique, elle est adaptée à tous les niveaux et permet de pratiquer une activité sportive dans une ambiance détendue et conviviale. La Grande Plage des Sables d’Olonne se prête à merveille à l’exercice.

Et la Chaume alors ?!

Les Sables d'Olonne, La Chaume

À La Chaume, les façades racontent l’histoire de la cité et empruntent leurs vrais visages aux habitants. ©Judith Lossmann ©La Vie Est Belle Voyages

Il est temps de visiter ce petit quartier des Sables d’Olonne installé à quelques mètres, juste de l’autre côté du chenal. On y accède par le passeur, un bus maritime. Hervé Ratureau, Président de la Société Olona, nous guide dans la découverte du quartier, de ses traditions, de son patrimoine maritime, de ses phares. Né ici et  » Chaumois  » lui aussi dans le cœur et dans l’âme (décidément !), il nous entraine dans les merveilleuses ruelles arborées de la petite cité. Et il nous conte l’histoire de ce quartier, anciennement ouvrier, devenu « chic » et recherché. Ici, pendant des générations les femmes faisaient les 3/8. Les cloches des conserveries pouvaient retentir à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, rythmant leur vie et les obligeant, souvent, à « embaucher » d’urgence quand les bateaux arrivaient au port chargé de sardines et de thon. Les hommes partaient en pêche des semaines durant. C’est sur les femmes de la cité que reposait l’équilibre du petit bourg. Les alarmes cornaient beaucoup jusque dans les années 1950. Puis, une à une, elles se sont tues. La dernière dans les années 1980.
Les femmes de la Chaume se souviennent encore de leurs journées passées à émietter le thon pour le mettre en boîte ou à étêter la sardine, la cuire, la mettre en boîte et l’expédier vers les grandes villes grâce au chemin de fer.

« Les sirènes des usines appelaient les ouvrières à l’embauche, rappelle Hervé Retureau dans sa Petite histoire des Sables-d’Olonne. Chaque usine avait un son qui la distinguait de ses voisines et, comme les heures d’embauche n’étaient pas fixes mais dépendaient des arrivages, les femmes veillaient la « corne » qui devait les appeler. Si le travail était pénible et difficile, il régnait une bonne ambiance. Autour de la table de travail, on commentait les nouvelles du jour. Les langues allaient bon train car la Sablaise ou la Chaumoise a de la « goule » et le verbe haut. »

Alors chauvins les Chaumois ? Il n’y a aucun doute. Ils sont fiers de leurs origines ouvrières. Fiers d’avoir gardé à leur espace de vie son authenticité, sa véritable nature, très prisée aujourd’hui. Seuls, quelques kilomètres le long du littoral les séparent mais croyez-le au pas, il y une véritable identité chamoise. Vous pensez à une plaisanterie ? Pas du tout ! Dans les faits géographiques, la Chaume, avec l’ensablement est devenue une « île » et comme on le sait les iliens, quel que que soit l’endroit au monde, ont un tempérament bien trempé ! Les Chaumois ne font pas exception à la règle. Le petit quartier de La Chaume s’illustre par la présence de célébrités nationales et locales.

Quand La Chaume adopte Van Den Heede

Les sables d'Olonne, La Chaume adopte Jean-Luc Van Den heede

Rencontre avec Jean-Luc Van Den Heede au Poisson à Roulettes, quartier de La Chaume. ©Judith Lossmann ©La Vie Est Belle Voyages

Parlons d’un Chaumois d’adoption connu de la France et du monde, le célèbre navigateur Jean-Luc Van Den Heede, dit VDH, un adopté volontaire installé dans le quartier depuis une vingtaine d’années. Ce grand échalas aux yeux bleu profond comme la mer et les océans qui lui vont si bien est, à 73 ans, le vainqueur de la Golden Globe Race 2019 ! En 1992/93, il arriva second au second au Vendée Globe. Il était troisième de l’édition 1989/90. Arrivé ici, attiré par les Sables d’Olonne, port de départ de la grande course, le bonhomme a une super philosophie de vie. Loin de la timidité de Kersauson qui préfère passer pour un vieil ours marin, Jean-Luc Van Den Heede lui, est un communicant. Le skipper vient de publier un livre « Le dernier loup de mer » chez Stock. Figure tutélaire de cet éden sur mer, il aime à trimbaler dans les rues étroites de La Chaume, son mètre quatre-vingt-dix avec une nonchalance chaloupée. On lui donne soixante ans à tout péter quand son État civil en affiche soixante-quatorze et qu’il en a probablement à peine trente dans la vie.

Ancien professeur de mathématiques, scientifique, passionné et baroudeur des flots, il s’est amusé de calculer sa direction au sextant deux fois par jour quand il a relevé le défi de faire la course en solitaire autour du monde, une course « à l’ancienne » avec une vieille barcasse, sans escale, ni GPS, ni électronique. Bref, sans instrument.

 » Je n’ai aucune envie de refaire le Vendée Globe puisque je n’ai aucune chance de gagner. Aujourd’hui, les courses sont techniques voir électroniques et je n’ai plus le corps pour grimper aux mains si jamais je démâte dit-il avant d’ajouter… et puis en vieillissant de toute façon, il faut réussir à gommer les emmerdes et surtout la connerie. Ha, si j’avais su ça à 20 ans ! « 

Quand je l’interroge sur la visibilité du changement climatique, de la pollution des océans par les plastiques ou sur des rencontres amoureuses avec des baleines et des dauphins, il me répond : « Chère Madame, je ne tombe pas aussi facilement amoureux d’abord ! » Avant d’expliquer : « C’est sur Terre que le réchauffement climatique est le plus visible et je m’en inquiète. Sur l’eau, ajoute-t-il, il est plus difficile à mesurer. Aujourd’hui, quand on part en pleine mer, même si l’on sait que c’est faux, les choses ont l’air d’être naturelles. Oui, parfois on voit des nappes de plastique et de pétrole mais les océans sont si vastes ! Et puis, nous prenons des voies maritimes différentes de celles de porte containers ou des gyres, ces vortex de plastique appelés 8ème continent ! Off course ! Marins aventuriers, ils sortent en mer pour prendre d’autres chemins, d’autres sentiers marins battus, encore éloignés des dégâts !

dernier loup de mer, van den heed

Le dernier loup de mer signé VDH.

Cette brève rencontre vous a donné envie de faire plus connaissance avec ce bonhomme des mers, plongez-vous dans son livre qui parle de vent, d’air, de nature, de solitude et d’indépendance. Bref un gros caractère quoi !

Le poisson à roulettes !?

La Chaume, quartier des Sables d'Olonne et son phare : Le Poisson à Roulettes !

La Chaume, quartier des Sables d’Olonne et son phare : Le Poisson à Roulettes ! ©propriétaire

Un autre adopté règne sur la pointe sud-ouest de La Chaume, un autre Jean-Luc. Sabourin. Le patron du bar de quartier baptisé Le Poisson à Roulettes. Ne me demandez pas pourquoi, je ne suis pas sûre que le patron lui-même le sache. Je vous conseille ce lieu festif, convivial, hors des normes qui réunit des gens passionnés par l’idée de refaire le monde au coin du zingue ! Le Poisson à Roulettes c’est bien plus qu’un café du commerce, c’est le rendez-vous de inconditionnels de la mer. Il faut le voir, le Sabourin, animer son café avec éloquence et énergie et rameuter son monde. Sauf que son omniprésence habituelle se tait devant l’autre Jean-Luc, le pourfendeur des mers. À ce moment-là, derrière son bar, il n’en mène pas large le petit Sabourin. Ça ne dure jamais. Dès qu’il peut, les vannes fusent. Voilà qui ajoute aux charmes de l’endroit. Une visite s’impose vous l’avez compris. Dans son bar se retrouvent des adeptes des bons petits-plats et de la planche de saucisson arrosée avec des vins du coin qu’il connaît bien, le bougre ! Sous ses airs de ne pas y toucher, cet autre adopté volontaire de La Chaume vous parle comme personne de son petit paradis. Chez lui, on déguste la fameuse gâche vendéenne, venue de la boulangerie voisine. Une « merveille » à savourer en écoutant la musique d’un des concerts organisé par cet homme au grand cœur.

Avant de refermer le chapitre Sables d’Olonne, mention spéciale pour un hôtel

Côte Ouest Hotel Les Sables

Les espaces cosy de l’hôtel Côte Ouest aux Sables d’Olonne. ©La direction

Souvent les hôtels se suivent et se … ressemblent. Pas l’Hôtel Côte Ouest Thalasso & Spa. Un **** de qualité, managé avec douceur et fermeté par Sylvie Dubreuil, une patronne active, amoureuse de l’endroit au point qu’elle en a investi chaque millimètres carrés pour le « transformer » en une sorte de maison d’invités. C’est frappant. Vous passez la porte et vous ressentez la force de sa décoration, de son implication, de son sens du détail. Avec ses équipes, elle a organisé tout le lobby en de multiples petits endroits hyper cosy, dans l’esprit Paquebot Italia, où l’on prend un plaisir exquis à se poser, sans être embarrassé par la proximité ou le regard des autres « invités ». La vue est sublime. La terrasse sur l’océan appelle à la contemplation. Hum, boire un chocolat chaud, le regard perdu dans les rouleaux ! Le restaurant est à l’image de sa « patronne », généreux, savoureux, plein de surprises et réconfortant ! Idem pour le petit-déjeuner. Vous aimerez la dernière création des équipes en cuisine pour le lunch : les bocaux ! Attention… addictif et copieux ! On adore.

Le spa et l’institut de beauté s’élèvent au même niveau d’exigence. Tout est ultra propre, sous contrôle, pas de temps d’attente, qualité des services.

« Quand les gens passent la porte de ma cabine, je suis un protocole mais je veux surtout que les gens oublient tout et ne pensent qu’à leur moment à eux ! »

Ainsi agit Émilie, mon esthéticienne aux mains expertes qui pratique un soin visage express Labiomer (58€), finalisé par une crème hydratante « Joie teintée » Décléor ambrée. Parfait et rassérénant !

Quant aux chambres !? Confortables, calmes avec terrasse, préférez-les avec vue. C’est le moindre à s’offrir pour un séjour de qualité aux Sables d’Olonne. Cet hôtel cumule les superlatifs, il possède même sa salle de cinéma. Voilà sans doute les raisons qui ont « labélisé » l’hôtel dans la gamme des hôtels MGallery Serenity  » alliant élégance et quiétude, ils invitent les voyageurs à des instants de pure tranquillité dans des lieux sublimes.

Les Sables d’Olonne hors saison ont é-nor-me-ment à offrir. Nous avons adoré cette destination expérientielle et sensorielle. Ajoutez-la vite à votre liste de lieux à découvrir.

 


INFORMATIONS PRATIQUES

 

www.lessablesdolonne-tourisme.com

Y ALLER

– Par avion, aéroport de Nantes Atlantique (1h30 des Sables) ou La Rochelle – Ile de Ré (1h30 des Sables).

– En train : TGV Paris/Les Sables d’Olonne

– En voiture, autoroute depuis toutes les grandes villes de France.

SUR PLACE

– Office du Tourisme – 1 Promenade Wilson – Tel. +33(0-2 51 96 85 85

MANGER AUX SABLES D’OLONNES

soupe tomate et maquereaux

Soupe tomates et maquereaux, créée par un Maître restaurateur. ©Judith Lossmann ©La Vie Est Belle Voyages

– La table de ce Maître Restaurateur vaut le détour. Nous avons découvert une entrée originale, une soupe de tomate et maquereaux, parfumée et goûteuse. Service parfait. Assiettes généreuses, goûteuses et créatives. Une belle adresse. Le Quai Des Saveurs – Marjorie et Nicolas Ferré – 10, quai René Guiné – Les Sables d’Olonne – Tél. +33(0)2 51 23 84 91 – www.lequaidessaveurs.netlequai.des.saveurs@orange.fr

– Le Poisson à Roulettes – Prendre un verre, déguster une plancha ou de la gâche, déjeuner ou diner français – 81 rue Saint Nicolas Tel. +33(0)6 16 64 68 29

– Le Cayola – Restaurant 1 étoile – Tél. +33(0)2 51 22 01 01 – www.le-cayola.com
Ce restaurant nous a bien déçu tant en termes de service (sympathique mais vraiment négligé) que dans l’assiette, mis à part l’excellence d’un jus d’accompagnement du râble de lapin. Exceptionnel ! Renseignements pris, la direction venait tout juste de changer. Ceci explique sans doute cela. À retenter donc !

– le restaurant de l’hôtel Côte Ouest est une excellente table, créative et goûteuse. Mention spéciale pour la soupe de champignons riche et crémeuse, présentée en croûte de parmesan. Un goût parfait !

 

 

DORMIR AUX SABLES D’OLONNE

 

Hôtel Côte Ouest aux Sables d'Olonne

Suite de l’hôtel Côte Ouest aux Sables d’Olonne. ©Fourni par la direction.

Côte Ouest Thalasso & Spa Les Sables d’Olonne-MGallery – Lac de Tanchet, Route du Tour de France – 85100 Les Sables-d’Olonne – Tél. +33(0)2 51 21 77 77 – https://www.hotel-coteouest.com/fr/

 

Activités aux Sables d’Olonne

– Location de vélos électriques et classiques, balade commentée ou non – Veloo de la forêt – Tél. +33(0)6 10 52 42 59 – Base de départ toute l’année : 105 rue Joseph Benatier, (face au Super U) – www.veloodelaforet.fr

 – Visite des caves du Domaine Saint Nicolas ( Fiefs vendéens et Brem ) – www.domainesaintnicolas.comcontact@domainesaintnicolas.com – Tél. +33(0)2 51 33 13 04

– Longe Côte – Départs et arrivées à La base de mer au bout de la grande plage des Sables d’Olonne et de la sortie du Port, une baie abritée et orientée au sud. Tél. +33(0)2 51 95 15 66 – nautique@institutsportsocean.com -ww.institutsportsocean.com/offres-nautiques/longe-cote/

– Vendée Aviation (Baptême de l’air et vol au-dessus des plages et des marais ) Aérodrome de la Lande – Rue du Petit Versailles, 85180 Les Sables-d’Olonne – Tél. +33(0)2 51 32 68 42 – www.vendee-aviation.fr – À partir de 40 euros.

 

SHOPPING AUX SABLES D’OLONNE

La brioche vendéenne et la gâche vendéenne
Impossible de renter chez vous sans une provision de gâche vendéenne. En plus si vous commandez avant vous pourrez avoir une spécialité : la gâche aux fruits confits… un délice ! Je vous conseille d’aller dans le quartier de La Chaume chez Astrid et Rodolf, L’amie Chaumoise – 22, rue du village neuf – Tél. 02 51 95 10 01.
Sinon, en centre ville des Sables d’Olonne, à coté du marché Arago : Guillaume Ségretin, 61 rue des Halles – Tél. +33(0)2 51 32 06 11

Fromage des chèvres de la Fromagerie La Barbichette de Sylvie Delbarre, en vente sur le stand de la fromagère du marché Arago.. Tél. +33 (0)6 18 18 26 21

Thés et infusions d’exception : sous la halle du marché Arago. Saveurs du monde & tant qu’il y aura des épices. Assez cher mais les assemblages sont merveilleux. Suivez l’odeur c’est irrésistible !

Spiruline. Si vous ne connaissez pas encore les vertus de la spiruline, prenez le temps de lire notre article. Sinon, celle-ci est vraiment exceptionnelle et produite par un artisan : Benoit Tesson, auquel nous consacrerons un article prochainement. En attendant voici ses coordonnées : La Foiserie – 85150 Saint-Mathurin – Tél. +33(0)7 85 89 14 62 – spirulinedesolonnes@gmail.com (merci Jean-Luc Sabourin !)

Si vous décidez de vous installer
L’immobilier aux Sables d’Olonne (oct2019) :
Achat : +/- 3300 euros le m2
Locatif long terme : 250 à 400 euros un 2 pièce bien situé.
Location saisonnière : à partir de 350 euros/semaine et jusqu’à 1000 euros en haute saison pour 2 adultes et deux enfants.

Arundel Castle : ma vie de château !

Arundel Castle est une destination en soi. Le château organise de multiples évènements tout au long de l’année et ce sont autant d’invitations à venir flâner entre ses épais murs et sa riche histoire. De loin, on pense château fort. La bâtisse semble glaciale, triste, habitée par les courants d’air. De près et à l’intérieur, on pense Belle au bois dormant, princesse, histoire d’amour, fantômes… Arundel Castle est tout à la fois ! Toujours demeure de la famille Norfolk, personnellement j’adorerai passer quelques jours entre ses murs.

Arundel Castle fut une belle surprise

Il pleuvait dru ce jour-là et j’aurais préféré me blottir au coin d’un feu de cheminée, heureusement Arundel Castle fut une surprise. Situé dans de magnifiques jardins (même en automne), sur les rives de la placide Arun River dans le West Sussex, Arundel Castle fut une surprise. Une belle surprise. Il est toujours plaisant de visiter un château vivant, habité et de toute évidence aimé et entretenu par des propriétaires attentionnés. La visite est parfaitement organisée. De l’entrée aux salons de réceptions, des cuisines aux communs, des boudoirs aux chambres, il suffit de suivre le chemin balisé.

Arundel Castle, chambre

Arundel Castle, une des chambres tout confort du château.

Pas de question à se poser, on peut se laisser transporter par cette balade dans l’intimité d’une famille aristocratique et aisée, qui pendant des générations a habité le château. Les galeries de portraits, les meubles, les vaisselles et verre d’apparats, la table dressée dans la salle à manger dont les fauteuils vous tendent les bras sont autant d’invitations à se poser, à s’imaginer dans un autre temps, un autre univers social.

vaisselle précieuse du château d'Arundel

La vaisselle précieuse du château d’Arundel. ©Judith Lossmann

Qu’il devait être plaisant de vivre ici ! On imagine les jeunes enfants courir le long des couloirs, se cacher derrière des portes dérobées, réapparaitre après avoir suivi des corridors secrets. Là-haut, les chambres sont immenses. Un hymne au confort. Je vous rappelle que le château a toujours été habité, il est doté de tout le confort moderne mais dans l’esprit des lieux. Une réussite vraiment. J’imagine les jeunes filles en herbe rêver à leurs princes charmants, le regard perdu sur les campagnes environnantes. Et les jeunes hommes en devenir se projeter dans leurs responsabilités de demain. Ou le contraire !?

Un beau tableau d’Anne, épouse du Duc de Norfolk prouve la modernité de l’esprit qui règne entre ces murs. Dans Fitzalan Chapel, la petite chapelle privée, cette même femme repose depuis 2013 aux côtés de son époux, tout près de ce bel endroit où elle vécu.

Vous voyez, Arundel Castle prête à la rêverie, à l’imagination, au cinéma… Sentez vous sa puissance déjà vous attirer ?


INFORMATIONS PRATIQUES

 

Pour tout savoir de la programmation et des évènements Arundel Castle et ses jardins – Arundel – West Sussex – www.arundelcastle.org

Manger à Arundel
On peut manger dans la cantine du château. C’est pratique et vraiment pas savoureux. Ça se mange quoi !
Nous nous sommes laissés dire qu’une table gastronomique valait le déplacement mais nous n’avons pas testé.

Envie de découvrir d’autres châteaux ? Celui de Bonnard en France, c’est ici !