mardi 4 août 2026

Boulogne, ce n’est pas le Pérou mais presque !

Avec plus de 70 nationalités différentes représentées par les habitants étrangers, la ville de Boulogne-Billancourt est, résolument, une ville ouverte sur les « autres ». Cette semaine, place au Pérou ! Et oui, des Péruviens s’installent et aiment la douceur de vivre ici, sur les rives de la Seine, à deux pas de la Tour Eiffel. Nous en avons rencontré deux.

Pia et Pietà

Pietà

Les prisonniers de Pietà à Lima au Pérou

Elle s’appelle Pia, a 22 ans, est belle comme un mannequin et travaille pour Pietà, une marque de vêtements street wear très originale. Originale à plusieurs titres. D’abord, la société Pietà est péruvienne mais fondée à Lima par Thomas Jacob, un trentenaire Français, un breton bien de chez nous. Ensuite, les vêtements sont cousus par des prisonniers de droit commun incarcérés à Lima. Ces mêmes prisonniers reçoivent une formation pour maîtriser des savoir faire uniques comme celui de tisser eux-mêmes le coton bio ou l’alpaga nécessaire aux prochaines collections ou la création de patrons par exemple.

Seulement une quinzaine de prisonniers est concernée par cette formation et ce travail. Il est important de préciser que les prisonniers doivent obligatoirement être condamnés pour des peines de plus de trois ans afin « d’équilibrer » le temps de formation et le temps de travail à fournir à Pietà. Ce sont souvent des délinquants qui rejoignent Pietà d’autant d’une journée travaillé équivaut à une journée de prison en moins.
Il aura fallu des mois de travail à Thomas Jacob plus deux ans de préparation avec la prison pour mettre au point cette étonnante collaboration.

La prison joue le jeu de la réinsertion à fond et met à disposition de Pietà des locaux pour accueillir les chaînes de tissage, le bureau de conception, l’atelier de confection, la logistique d’envoi.
Jusqu’à présent, on pouvait se rendre sur le site pour commander et recevoir son shopping partout dans le monde. Désormais, un concept store et/ou des boutiques éphémères accueillent les clients à Paris. Avec une qualité équivalente à celle de Chanel ou des grandes marques de t-shirts, Pietà vend autour de 35/40€ la pièce.

Marco : la passion des mots et des voyages

Il s’appelle Marco-Antonio (on l’appelle Marco), a 23 ans, est passionné de voyages, de culture, d’échange, de mots, de belles phrases. Il parle quatre langues : espagnol, anglais, allemand et français. Ce jeune homme d’origine très modeste a un rêve : devenir professeur.
Mais avant, il veut voyager et l’a déjà beaucoup fait sur tous le continents de la planète. A la dure, à la « roots », qu’importe, les voyages forment la jeunesse et Marco est bien décidé à tout voir, tout savoir, pour mieux pouvoir transmettre ensuite.

Pietà à Boulogne

Marco porte un sweet Pietà devant la scène musicale à Boulogne. ©Frédérique Berry

À Paris, il prépare un diplôme à Paris Diderot, un Master LISI destiné aux étudiants désireux d’aborder sous l’angle interculturel, le monde de l’entreprise ou bien le secteur des « nouvelles solidarités » en devenant interprète médiateur. Objectif : Former des interprètes experts en communication et en intelligence interculturelle capables de mettre en œuvre des stratégies de management interculturel tant dans les contextes liés au monde de l’entreprise ( marketing, communication et négociation multilingues, gestion de conflits) que dans les environnements sociaux (accueil des populations étrangères, asile, secteur médico-psycho-social, milieux associatifs) en tant qu’interprètes médiateurs entre populations étrangères et institutions.

Pour payer ses études, Marco bosse comme un forcené, additionne les heures dans un supermarché de Ville d’Avray, qu’il rejoint à pied – le courageux – quand les bus sont rentrés au dépôt. Il donne des cours de langue aux enfants et aux adultes et aime traduire des textes à ses heures perdues. Ne laissez pas traîner un livre, il s’en saisit, s’assied sur le bord d’une baignoire ou sur son pouce et se met à lire, déchiffrant les mots à haute voix.
Il a beaucoup ri quand l’un de ses amis français lui a parlé de la formule : « C’est le Pérou ! », se demandant comment son pays si pauvre et encore bien en retard « en dehors des grandes villes » avait pu susciter ce dicton ?

Il s’étonne de tout, se passionne d’un rien, bref ce curieux insatiable se plaît bien ici, dans la douce France comme il dit, mais ceci ne l’empêche pas de prendre des avions pour partir à l’assaut des parallèles et des méridiens.


INFORMATIONS PRATIQUES

 

Merci à Frédérique Berry pour sa disponibilité et ses belles photos prises sur la passerelle de l’ïle Seguin à Boulogne-Billancourt. Retrouvez son travail sur les vaches et les cerisiers en fleurs du parc de Sceaux (entre autre), ici : http://www.frederiqueberry.fr/

Contacter Marco-Antonio : 07 51 21 39 26

En savoir plus sur Pietà

https://www.projectpieta.com/shop/

https://www.youtube.com/watch?v=16QO0yXSUmI

https://www.projectpieta.com/fr/

Le Roi d’ici, d’Avénarius d’Ardronville

Un roi comme vous n’en avez jamais vu. Le Roi d’ici est un film intelligemment drôle portant une réflexion sur des sujets contemporains avec beaucoup de poésie, de philosophie et d’humour.

Le Roi d’ici, d’Avénarius d’Ardronville

©Grand Oyant

Synopsis
Alors qu’il se promenait sous l’orage au pied d’un château en ruine, un simple d’esprit est frappé par la foudre et se croit appelé à régner. Voici dix ans que Jean-Jacques porte couronne, entouré d’une cour qui s’amuse à jouer avec sa folie sympathique. Ayant acquis une solide réputation, notre roi reçoit la visite d’une équipe de tournage : un reportage est fait sur lui. Le Roi d’ici présente son quotidien, sa pensée politique singulièrement illusoire. Mais ne propose-t-il pas de bonnes joies ?

Un film : petit budget, grands éclats de rire
Si vous vous baladez dans les rues étroites de Paris, dans le doux quartier latin à Paris, vous aurez la chance de découvrir ce petit cinéma Saint-André des Arts dans la rue qui porte son nom. À l’affiche, Le Roi d’ici. Le réalisateur ? Avénarius d’Ardronville. Et voilà qui éveille notre curiosité. Allons-y faire un tour !
Amoureux de la langue française et des comédies ? Ce film est fait pour vous ! Imaginez un roi et sa cour se promener dans les rues d’une petite ville médiévale sur les bords de Loire… Au XXIe siècle ? Ce délicieux décalage entre ces deux époques rend le film à la fois absurde et touchant. Et si on se laissait emporter dans l’univers d’un roi simple d’esprit, parfaitement interprété par Nicolas de Lavergne ?

Le Roi d’ici, d’Avénarius d’Ardronville

©Grand Oyant

Un texte raffiné, des messages à décrypter
Et si cette absurdité n’était pas si éloignée de la réalité ? Le Roi d’ici est un film au texte fin, délicatement rédigé par la plume d’Avénarius d’Ardronville. Nous nous laissons emporter par les vers, les proses, les rimes croisées, suivies et embrassées. Ce film délivre d’ingénieux messages poétiques comme politique avec une pointe de philosophie tout en apportant une réflexion sur des problématiques actuelles. À vous de les interpréter !
Finalement, le film mène à se poser la question suivante : la vie est-elle une comédie ? À méditer. 

Nous vous laissons le plaisir de découvrir Le Roi d’ici, au cinéma Saint-André des Arts jusqu’au 10 décembre 2019.


Informations pratiques

Au sujet du Saint-André des Arts
Le Saint-André des Arts, anciennement Studio Gît-le-Cœur, est un cinéma indépendant d’Art et Essai situé au plein coeur de Paris, dans le quartier latin. Il ouvrit en février 1967 avec pour première projection La Collectionneuse d’Éric Rohmer puis fut repris en 1971 Roger Diamantis. Il le dirigera jusqu’à son décès en 2010.

Le Roi d’ici, d’Avénarius d’Ardronville
Avec Nicolas de Lavergne (le Roi) et Jean Eckian (le médecin et le Pape)
Compositeur et chef d’orchestre Hubert Evin
En salle depuis le 13 novembre 2019.

Prochaines dates :
Les 20, 21, 22, 23, 24 et 25 Novembre 2019
et les 3 et 10 Décembre 2019
Voir la bande annonce

Ghost le musical cartonne à Mogador Paris

Film culte pour au moins deux générations successives, Ghost, par la magie de l’adaptation devient un musical sur la scène de Mogador à Paris. Qu’en pensez ? Y aller ou non ? Déchiffrage…

Pour mémoire, rappelons le pitch. Ghost navigue entre histoire d’amour, thriller et surnaturel. Un jeune couple, Molly et Sam, s’installe dans un loft de Brooklyn pour construire un avenir radieux. Tout s’effondre ! Dans une rixe, Sam est mortellement blessé. De son corps s’échappe un double fantomatique. Il erre sans réussir à quitter l’amour de sa vie. Puis, il comprend que sa mort n’était pas accidentelle et que Molly est en danger aussi. Par l’entremise d’une cartomancienne haute en couleurs, il va tout tenter pour la sauver.

Que celles et ceux qui n’ont pas instantanément eu envie de tomber amoureux devant la belle histoire d’amour racontée dans Ghost – le film -, arrêtent de mentir ! Signé par Bruce Joël Rubin, un auteur de talent, Ghost fut dans les années 1990, le film qui a confirmé Patrick Swayze, révélé Demi Moore et oscarisé Whoopi Goldberg. Pas évident 30 ans plus tard, d’en réussir une adaptation sur scène d’autant que l’histoire mêle intimement histoire d’amour, thriller et surnaturel.

Dans ce drame shakespearien parfait, j’attendais beaucoup des trois principaux comédiens : Molly, Sam et Carl. Ils sont très bien et maîtrisent leur texte mais peut-être castés plus pour leurs performances vocales, indispensables dans un musical que pour leurs talents d’acteur, leur travail me laisse un petit goût d’inachevé. Mon ressenti appelez cela de l’exigence si vous voulez-, m’impose de vous confier qu’ils jouent là où nous aimerions qu’ils incarnent. C’est peut-être un détail mais il fait toute la différence et les émotions ne sont pas forcément au rendez-vous. Un détail qui maltraite la scène mythique du film, celle de la poterie. Probablement LA scène la plus torride du cinéma contemporain, celle qui a le plus marqué les esprits. Avec elle, Patrick Swayze et Demi Moore sont entrés dans la légende et Unchained Melody a trouvé une seconde jeunesse. Ici pas de magie, pas de sexe torride.

Pas d’inquiétude cependant, malgré l’absence de ce petit supplément d’âme, Ghost le musical est une réussite, à plusieurs titres.

  • Énergique, fidèle, inventive c’est une très belle adaptation, dirigée par Matthew Warchus qui se joue actuellement à Mogador. Rien que pour cela, il faut y aller !
  • Saluons les effets spéciaux, bien réels, portés au sommet de l’art scénique par Matthew Warchus et Paul Kieve. Le point d’orgue de la soirée est sans aucun doute la scène du fantôme du métro. Magistrale !
  • La musique, originale et puissante composée par deux compositeurs hors-pair : le multi-récompensé Glen Ballard et Dave Stewart dont tout le monde se souvient pour avoir co-fondé Eurythmics.
  • Une guest-star absolument fabuleuse : Claudia TAGBO – Oda Mae (jusqu’au 30/01/2020). Depuis 2006, on connaît de mieux en mieux Claudia Tagbo, repérée au Jamel Comedy Club et depuis avec tous ses spectacles et participations en télé. Avec ghost, elle retrouve la scène de Mogador dans le rôle mythique d’Oda Mae Brown, interprété par la pittoresque Whoopi Golberg au cinéma. Et, elle est au top ! Cette Claudia Tagbo-là possède un génie comique, une présence imposante qui emportent toute l’adhésion du public de sa truculence bigarrée. On attend avec une certaine impatience les moments où elle occupe la scène. Formidable !
  • Les seconds rôles très travaillés ajoutent une dimension narrative au spectacle et à l’adaptation. Mon coup de cœur va à Abdel-Rahym MADI – Fantôme du métro. C’est une révélation ! Comme Claudia, il possède une superbe présence. Il incarne à merveille ce fantôme du métro dans un très beau costume d’ailleurs. Plus tard, son échange avec Sam Wheat dans un rap puissant met les tripes à l’air. Un tout petit « petit » bémol, j’aurais aimé une diction un rien plus claire pour capter et jouir de tous ces mots lâchés comme des balles de revolver ! Abdel-Rahym possède une grâce naturelle (il a dansé aux côtés de Marie-Claude Pietragalla) jaillissante. Il s’empare de la scène. Retenez bien ce nom, ce n’est que le début.

Alors, Ghost le musical, y aller ou pas ?

Bien sûr, excellent moment en perspective et puis, disons-le encore, rien ne vaut le spectacle vivant. Quand toute la troupe s’élance sur scène, quand la salle résonne sous les pas saccadés, quand tous ces coprs bougent à l’unisson, on assiste à un véritable bain d’énergie positive. Voilà qui n’a pas de prix !


INFORMATIONS PRATIQUES

 

Informations, réservations sur www.theatremogador.com

 

Casting :

Claudia TAGBO – Oda Mae (jusqu’au 30/01/2020)

Clair JAZ – Oda Mae (à partir du 31/01/2020)

Moniek BOERSMA – Molly Jensen

Grégory BENCHENAFI – Sam Wheat

Philippe TOUZEL – Carl Bruner

Benoit CHARRON – Willie Lopez, l’assassin

Alain DION – Fantôme de l’hôpital

Abdel-Rahym MADI – Fantôme du métro

 

 

 

 

Dali et Gala, l’histoire d’un voyage surréaliste entre rêve et réalité

Amour, folie, humour et rêverie… Au théâtre de la Contrescarpe, découvrez pour la première fois une pièce reprenant l’histoire d’amour entre Salvador Dali, illustre peintre du surréalisme et Gala, sa tendre muse…

Un voyage dans l’imaginaire de Dali
Cette pièce est à la hauteur du monde imaginaire de Dali. Le spectateur se trouve troublé, voire perdu entre le rêve et la réalité. Quelle différence finalement lorsque nous parlons de Dali, ce célèbre peintre surréaliste ? Un grand peintre parfois incompris et surtout décalé par rapport à la réalité. Ici, on découvre sa méthode bien particulière et atypique pour réaliser ses toiles : tenir une cuillère dans sa main au-dessus d’une casserole, s’endormir, la laisser tomber et se réveiller pour peindre ses rêves. 

Et dans ses rêves, on y voit Gala, sa – future – femme, la muse de toutes ses pensées et de toutes ses œuvres. Elle est son inspiration, son oxygène. Il la peint et vit à travers elle. Elle est si belle que cela en devient presque surréaliste… 

Un jeu d’acteur impressionnant !
De part son excentrisme, Salvador Dali est un personnage rudement difficile à interpréter et pourtant, on ne peut qu’apprécier le talent du jeune comédien Théo Delezenne, pour son énergie et son dévouement exceptionnel. Joue-t-il le rôle de Dali ou est-il lui-même possédé par ce génie ? Telle est la question. À vous d’en juger par vous-même ! 

Photo de Fabienne Rappeneau

Cette surprenante mise en scène et la relation entre les différents comédiens rendent la pièce d’autant plus déroutante. Et si Dali n’était pas si fou ? Et si Gala était bien plus que le fruit de son imagination ? Cela se sent et se ressent, il est fou d’elle. Il veut la rencontrer, la toucher. Mais pour cela, il faudra passer par un seul et unique moyen : le rêve.

Pour une soirée décalée et onirique, Dali est là pour vous servir !


Informations pratiques

À propos de Salvador Dali :
Salvador Dali naît en 1904 et dès son plus jeune âge, il se passionne pour la peinture. Au cours de sa vie, il aura réalisé près de 1 500 tableaux dont les plus connus : La Persistance de la mémoire (1931), la Tentation de saint Antoine (1946) et le Christ de saint Jean de la Croix (1951). En 1929, il rencontre Gala, une migrante russe née sous le nom d’Elena Ivanovna Diakonova, alors mariée au poète français Paul Éluard et devient son fantasme, sa muse et sa future épouse. Dali meurt en 1989 après quarante-cinq ans d’amour au côté de sa femme.

Galatée ou la rencontre surréaliste de Dali et Gala
de Mathilde Aurier, mis en scène par Mathilde Aurier
Théâtre de la Contrescarpe
5 rue blainville
75005 Paris
Jusqu’au 11 décembre 2019
Réservation sur :
https://theatredelacontrescarpe.fr/galatee-dali-gala/

“Et si Racine avait écrit les Anges de la téléréalité ?”

Un mélange d’humour, de littérature et de téléréalité… Bienvenue dans “L’affaire Guédon”, une pièce de François Guédon. Seul sur scène au Palais des Glaces, il manie l’art de la langue française avec beaucoup de talent et de rhétorique…

Un comédien qui n’a pas la langue dans sa poche
François Guédon est remarquable pour sa gestuelle et son éloquence. Il emploie avec finesse la langue de Molière, de Racine et même de Proust sur des sujets, ou plutôt, des émissions TV connues telles que “Les Anges de la téléréalité”, “C’est pas sorcier” ou encore “Faites entrer l’accusé”. “Et si Racine avait écrit les Anges ?”, se questionne François Guédon. Vous imaginez un peu ? Ce serait drôle et enrichissant !

L'Affaire Guédon

L’Affaire Guédon

Une pièce plaisante pour tous
Amoureux de la langue française, “L’Affaire Guédon” est une pièce faite pour vous. Celle-ci allie amour de la poésie avec de grandes références littéraires et jeux de mots subtiles. Ce décalage entre la langue et notre époque actuelle rend la pièce irrésistiblement drôle ! De Proust à Racine, en passant par Booba, chacun y trouve SA référence. “L’Affaire Guédon” est intelligemment adapté pour passer un excellent moment en famille.

“L’Affaire Guédon” est la pièce idéale pour passer une soirée hilarante et enrichissante !

 

 

 


Informations pratiques

À savoir
François Guédon est aussi chroniqueur sur Europe 1 dans l’émission d’Anne Roumanoff.

L’Affaire Guédon
De et par François Guédon
Jusqu’au 18 décembre 2019
Palais des Glaces
37, Rue du Faubourg du Temple
75010 Paris
Réservation sur www.billetreduc.com

Un sac de billes, une première au théâtre

On a dévoré le livre, on a savouré les films et on a dégusté la BD… Vous pensiez tout connaître sur Joseph Joffo ? Mercredi 4 septembre s’est jouée la toute première représentation d’Un sac de billes à Paris ; une adaptation théâtrale réussie !

Une première au théâtre
Joseph Joffo n’était pas destiné à devenir écrivain. Et pourtant, il publie en 1973 Un sac de billes et rencontre un très vif succès ; la même année son oeuvre devient un best-seller repris au cinéma deux ans plus tard, puis en 2017 avec Patrick Bruel. Les années passent et son livre ne prend pas une ride, dépassant les 20 millions d’exemplaires vendus dans plus de 22 pays…

Depuis le 4 septembre, vous pouvez (re)découvrir l’histoire de Joseph Joffo au théâtre ; une grande première dans l’art vivant ! Alors, si l’envie vous prend, que diriez-vous d’aller y faire un tour ?

Une mise en scène originale et fantastique !

Un sac de billes ©Michael Gramm

Un sac de billes ©Michael Gramm

Seul sur scène, James Groguelin donne vie à l’histoire en respectant fidèlement l’oeuvre de Joffo. Autour de lui, une trentaine de valises. Un décor en apparence simpliste, atypique qui dit tout de la situation dramatique de l’époque. France, 1941. Sous l’occupation nazie.

La scène se « limitant » à un espace statique, voire étroit, il fallait créer du dynamisme. Les valises jouent un rôle essentiel et rendent la pièce vivante. Qui dit valises, dit mouvements dans le temps et dans l’espace. James Groguelin devient le maître du décor… Déplaçant à l’envi les valises… il fait voyager le spectateur et le conduit sur les traces de Joseph Joffo de son départ de Paris jusqu’au sud de la France.

Joseph Joffo aurait été fier de ce travail laborieux. On s’attendait à voir une pièce sombre, finalement, on y voit un voyage qui donne de l’espoir vers un avenir plus lumineux grâce à la mise en scène et au talent de comédien de James Groguelin.


INFORMATIONS PRATIQUES

Un sac de billes ©Arnaud Perrel

Un sac de billes ©Arnaud Perrel

Synopsis (pour ceux qui ne connaîtraient pas l’oeuvre – honte à vous !) :
En 1941, Joseph n’a que 10 ans lorsque les nazis occupent Paris. Il va vivre une aventure riche en émotions et en péripéties avec son frère Maurice à travers la France pour rejoindre la zone libre. Ils vont devoir faire preuve de ruse et d’ingéniosité pour fuir à deux Paris et rejoindre le sud de la France.

Un sac de billes de Joseph Joffo
Mise en scène par Stéphane Daurat
Adaptation par Freddy Viau
Avec James Groguelin
Durée : 1H10
Jusqu’au 20 octobre à 18H30 du mardi au samedi et le dimanche à 15H
Tél. 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr

Il vaut mieux aimer le chocolat que l’amour….

Qu’est-ce que l’amour ? Nous pourrions parler de philosophie et de poésie pendant des heures mais nous préférons vous faire découvrir la définition d’Eva, jouée par Anne Buffet au théâtre de la Contrescarpe.

What is love d'Anne Buffet

What is love d’Anne Buffet ©Cyril Vaysse

L’amour selon Eva
“L’amour dure trois ans”. Selon Eva, l’amour commence par des papillons dans le ventre, une sensation de bien-être qui se répand dans tout le corps telle une drogue. Oui, car l’amour est une drogue dure. Nous avons tous déjà ressenti les bienfaits de cet extrême bonheur, cette joie euphorique… En couple, on voit le monde en rose. À deux, on est encore plus fort. Rien n’est plus beau que de partager de doux moments ensemble.

Puis la routine infernale s’installe et vient le temps des premières disputes, des premières blessures. On finit par oublier de s’aimer et par s’oublier. Pourtant, nous avons tant aimé cet être cher à qui nous aurions donné notre vie. Le romantisme et les chansons d’amour n’ont alors plus de place dans notre coeur.

On pourrait comparer l’amour à des montagnes russes, avec des hauts et des bas. Les tensions montent, descendent, puis remontent, et redescendent et se répète à l’infini. Dans “tomber amoureux”, les optimistes entendent “amoureux”, mais il y a aussi le mot “tomber”. Car l’amour fait mal, cela nous prend par les tripes. Aimer, c’est le risque de tout donner sans recevoir en retour. Et cela fait peur ! Mais n’est-ce pas là un jeu aussi dangereux qu’épanouissant ?

Aimer oui, mais COMMENT ?
On aime le chocolat. On aime ses parents. On aime son chien… Donc on peut tout aimer. Oui, mais à quel degré d’intensité ? Peut-on plus aimer le chocolat qu’un être vivant ? Même si le chocolat ne peut nous aimer en retour, n’est-il pas moins douloureux qu’une déception amoureuse ? On peut alors établir une hiérarchie des sentiments.

Le verdict est tombé… Dans la salle, le chocolat fait l’unanimité. Triste réalité. Pourtant, si vous êtes ici à lire cet article, c’est bien parce qu’il a fallu deux amants amoureux pour vous mettre au monde. 

What is love d'Anne Buffet

What is love d’Anne Buffet ©Cyril Vaysse

L’amour comme COD ?
On parle de poignées d’amour, de chagrins d’amour, d’histoires d’amour… Et si l’amour n’était qu’un complément d’objet, un substitut à la vie ? C’est du moins ce que conclut Eva. 

La question de l’amour a suscité et suscite toujours autant d’émois. Alors oui, on a aimé, on aime et on aimera encore. L’amour va et vient dans notre vie en laissant des moments de bonheur et de chagrin. Pour les “amourosceptiques”, Eva vous donnera cinq précieux conseils pour “tuer l’amour sans tuer personne”. Un concept assez fou, toutefois. 

Et vous, vous êtes plutôt chocolat ou amour ?


Informations pratiques

What is love de et par Anne Buffet
Jusqu’au 27 septembre 2019
Théâtre de la Contrescarpe
5 rue Blainville
75005 Paris 

 

On se met “En mode projet” avec Philippe Fertray !

Entre rire, jeux de mots et lapsus… Philippe Fertray reste fidèle à lui-même : drôle et talentueux. La langue française n’a plus de secret pour lui. On l’avait adoré dans “Pas d’souci !” Aujourd’hui, on l’aime encore plus dans sa nouvelle pièce “En mode projet”. 

En mode projet de Philippe Fertray ©Fabienne Rappeneau

En mode projet de Philippe Fertray ©Fabienne Rappeneau

1 homme, 6 personnages
Alfred Carmut avait un job de rêve : employé au sein d’une entreprise, il possédait un bureau, un PC et un téléphone, des classeurs de couleur et une agrafeuse rien que pour lui… Puis un jour, il tombe de sa chaise et se retrouve chez Paul Empoil où il va faire de drôles de rencontres… 

Entre une coiffeuse visagiste avant-gardiste, un jeune chanteur apprenti-star internationale, un dealer de cité et un startuper transhumaniste, Philippe Fertray manie à merveille l’art d’interpréter des personnages aussi farfelus les uns que les autres. Bien sûr, le coach professionnel est présent pour les aider à “lâcher prise” pour monter leur projet. Enfin, un lâcher prise assez spécial… 

En mode projet de Philippe Fertray ©Fabienne Rappeneau

En mode projet de Philippe Fertray ©Fabienne Rappeneau

La POSITIVE attitude !
Qui aurait cru que danser le Kamaté revisité permettrait d’ouvrir tous ses chakras et de libérer son imagination ? Une expérience hors du commun à laquelle seront initiés les demandeurs d’emploi, sous l’oeil amusé des spectateurs ! 

Pourquoi lâcher prise ? Pour monter un projet, notre projet. Qu’est-ce qui nous fait vibrer ? De quoi avons-nous réellement envie ? Dans “En mode projet”, le doute, la peur, l’angoisse laissent place à l’imagination, la persévérance et la force de croire en ses rêves. Quelle belle leçon !

Selon le dicton, “ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort”. En effet, Philippe Fertray nous apprend par l’humour à rebondir et à rester POSITIF même dans les moments les plus difficiles. Une pièce touchante et hilarante !

Mieux qu’une séance chez le psy, Philippe Fertray sait redonner des couleurs à notre vie avec humour et talent. 


Informations pratiques

En mode projet de Philippe Fertray
Avec Philippe Fertray
Durée du spectacle : 1h10
> du 31 juillet au 31 août : du mercredi au dimanche à 21h
> du 3 au 28 septembre : du mardi au samedi à 21h
Théâtre de la Contrescarpe
Rue Blainville, 75005 Paris
Tél. 01 42 01 81 88
www.theatredelacontrescarpe.fr

 

L’Étrange affaire Émilie Artois

Bien plus qu’une histoire de vol de carte bleue, l’Étrange affaire Émilie Artois nous plonge dans un thriller sanglant et oppressant, sur le chemin d’une fausse vérité.

Un jeu angoissant, une histoire sanglante

Elle attend patiemment dans l’interrogatoire. En apparence, Émilie Artois est une femme ravissante et inoffensive, avec son rouge à lèvre éclatant et sa magnifique crinière brune. L’affaire dans laquelle elle est impliquée paraît très banale : le vol de la carte bleue de son petit-ami. Mais elle cache finalement bien son jeu… Un jeu sanglant et glaçant.

Mais alors, faut-il la croire, elle, avec son visage d’ange ? Finalement, qui pose les questions ? Qui mène la danse dans cette histoire ? Au jeu du chat et de la souris, Émilie Artois excelle dans l’art de la rhétorique. Du répondant, du tac au tac. Les échanges entre les deux acteurs sont fluides et rebondissants. Émilie Artois nous surprend au fur et à mesure de la pièce. Mais quel rôle joue-t-elle ? Est-elle réellement sincère ? C’est à en devenir dingue ! Comme l’inspecteur, les spectateurs se méfient de cet étrange personnage hors du commun. Nous mène-t-elle en bateau… ?

L'Étrange affaire de Lucas Andrieu et d'Emma Baudoux

L’Étrange affaire de Lucas Andrieu et d’Emma Baudoux ©Fabienne Rappeneau

Et si toute cette histoire était fausse… ?

Tout au long de la pièce, on pensait tout découvrir, comprendre, savoir. On pensait cerner le personnage d’Émilie Artois, ses secrets, son double facette… Et si cette pièce n’était qu’une illusion ? Nous sommes dans le faux depuis le début. Une chute impressionnante, un retournement de situation éblouissant… La fin est inattendue.

Jusqu’à présent, nous n’avons presque pas parlé de l’inspecteur et pourtant, derrière ses airs de jeune homme sensible et peu sûr de lui, se cache une personne trèèèèèès dangereuse ! Une fois de plus, l’habit de fait pas le moine.

Cette pièce ne cesse de surprendre et de monter en crescendo ! Un duo de choc, un suspense insurmontable, une enquête rebondissante… Toutes les raisons sont bonnes pour voir ce magnifique spectacle !


Informations pratiques
L’Étrange affaire Émilie Artois de Lucas Andrieu et d’Emma Baudoux
Mise en scène par Damien Dufour
Avec Lucas Andrieu et Éléna El Ghaoui
Du 04 juin au 29 septembre 2019
Théâtre de la Contrescarpe
5, rue de Blainville
Paris 75005

 

Cyrano joué par trois femmes

C’est une première : le célèbre poète romantique Cyrano représenté par trois femmes sur scène. Une magnifique représentation de la comédie dramatique culte d’Edmond Rostand.

Cyrano de Bastien Ossart

Cyrano de Bastien Ossart ©Fabienne Rappeneau

On connaît tous la tragique histoire d’amour de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand (1897) et sa grande tirade sur son GROS nez. Cette comédie dramatique a été interprétée à de multiples reprises au théâtre, en bande-dessiné, à l’opéra et au cinéma comme le film de renom avec Gérard Depardieu en 1990. Alors on pourrait dire « Cyrano, c’est du vu et du déjà vu« . Et pourtant, Cyrano représenté par trois femmes, c’est ici une grande première !

La pièce Cyrano de Bastien Ossart, c’est trois femmes sur scène, un décor très sombre et simpliste et des costumes bariolés. Une mise en scène parfaite : d’une habilité surprenante, les comédiennes alternent à tour de rôle le personnage de Cyrano, un homme de lettres aussi instruit que romantique. Passer de Cyrano à la belle et douce Roxanne, en passant par le sot de Christian n’est pas chose simple et pourtant, nos trois merveilleuses comédiennes le font avec beaucoup de talent. Tout est joué dans l’exagération et la caricature du personnage de Cyrano. Des grimaces effrayantes, des rires diaboliques, des gestuelles superflues… Et surtout, on ne cesse de se focaliser sur ce GROS nez, si grotesque et imposant. Un nez bien atroce. Un réel plaisir de découvrir une nouvelle représentation de cette comédie dramatique.

Une pièce culte jouée par trois talentueuses comédiennes, on en redemande encore !


Cyrano de Bastien Ossart

Cyrano de Bastien Ossart ©Fabienne Rappeneau

Informations pratiques

Cyrano
De Bastien Ossart
Avec Iana-Serena De Freitas, Lucie Delpierre, Nataly Florez en alternance avec Marjorie Larquier
A partir du 9 Juillet 2019
Théâtre Le Funambule
53, rue des Saules
75018 Paris
www.funambule-montmartre.com