mardi 4 août 2026

Jazz à Juan 2025 ! Vous n’y étiez pas. J’y étais pour vous… État d’âme d’un fou de Jazz !

Jazz à Juan c’est avant tout cette Pinède Gould, un lieu chargé d’histoire et d’émotions, un écrin naturel qui nourrit la mémoire collective du jazz et accueille des générations d’artistes et de mélomanes depuis plus de six décennies. Depuis soixante-cinq ans, quand le crépuscule caresse la Pinède et que la Méditerranée s’embrase des derniers feux du soleil, Jazz à Juan s’éveille, fidèle à sa légende. Les souffles de cuivre et les sons inédits ont traversé les âges, métamorphosant la scène, façonnant un répertoire vibrant d’histoires et d’émotions. La foule, peu à peu, s’est changée en une grande famille attachée à ce rendez-vous, avide de découvertes et riche de souvenirs accumulés sous les frondaisons complices.

Pourtant, au cœur de cette métamorphose, deux présences demeurent, inébranlables. D’abord, l’immuable Méditerranée, la Grande Bleue comme toile de fond majestueuse, dont les reflets dansent jusqu’aux premiers accords – elle veille, silencieuse et rassurante, gardienne éternelle du festival. Puis, il y a cette assemblée de regards, de silences, de respirations suspendues ; un public dont la ferveur traverse les générations, applaudissant avec la même ardeur que jadis, tissant chaque soir un lien invisible d’émotion partagée.

Mais c’est la nature elle-même qui scelle la magie du lieu : le chœur des cigales, vibrant comme un chapelet d’étoiles sonores, enveloppe chaque performance d’un écrin unique, secret. Dans ce théâtre en plein air, les âmes se rencontrent, bercées par la volupté d’un instant suspendu entre ciel et mer, là où le jazz s’élève, éternel, dans une communion d’ombres, de lumières et de mélodies retrouvées. Leur présence sonore imposante oblige souvent les musiciens à interagir spontanément avec elles, comme dans l’anecdote d’Ella Fitzgerald qui a improvisé un morceau qu’elle nommera « Cricket Song » en s’en inspirant pendant son concert à la Pinède en juillet 1964.

Une sorte d’échange s’installe entre le vivant et l’art

À propos d’art, la direction artistique du festival Jazz à Juan est assurée depuis quelques années par un trio de mousquetaires composé de Jean-Noël Ginibre, Reno Di Matteo et Pascal Pilorget, complétés par Philippe Baute, directeur de l’office du tourisme d’Antibes Juan-les-Pins. Ce comité veille au choix des artistes, à la programmation et à la pérennité de ce rendez-vous international tout en tentant de maintenir un équilibre entre la tradition du jazz et l’ouverture à la diversité des styles contemporains… pas si simple !
Chaque année le défi est lancé : il faut parfois faire des choix difficiles, accepter de ne pas plaire à tout le monde, tout en restant fidèles à l’esprit du jazz et à la vocation initiale du festival. Dans ce sens, l’ouverture ne signifie pas tout programmer, mais plutôt proposer une direction claire qui honore le jazz tout en étant ouverte à des influences qui dialoguent avec lui, sans dilution… sans dilution !

Alors comme à la saison des vendanges, qu’en est-il du cru Jazz à Juan 2025 ?

 

Au soleil couchant, sous un magnifique ciel bleu nuit la scène éclairée par les sunlights, sous les applaudissements de la foule en attente et des cigales en effervescence fait place en ce 10 juillet 2025, à Émile Londonien qui ouvre ce festival et cette soirée à la Pinède Gould, au son de ses claviers, batterie et guitare basse, montrant un jazz actuel avec des touches d’électro et de jazz funk.
So what ?
Une mise en bouche élégante, des musiciens de talents… pour un public attentif dans une ambiance polissée.

La soirée s’est ensuite poursuivie avec le groupe électro-pop Air, connu pour son mythique album « Moon Safari », apportant une dimension encore plus électro psychédélique à l’événement, mêlant ambiance mystérieuse et onirique  Leur musique atmosphérique et minimaliste, m’on transporté dans un univers bien éloigné du Jazz et laissé totalement sur ma faim !
So what ?
Décalage et dérapage non contrôlé, à défaut de juger leur musique, je dirais juste que j’ai beaucoup soupiré, mais pas de plaisir.

Femme chanteuse à la peau noire habillée avec une robe jaune scintillante

Diane Reeves. ©

Ce mélange entre un jeune groupe jazz électro-funk comme Émile Londonien et un duo emblématique de la musique électronique comme Air illustre bien la volonté du festival Jazz à Juan 2025 de jongler entre tradition et modernité.
Le concert de Diane Reeves le 11 juillet 2025 à la Pinède Gould de Juan-les-Pins, a été un événement marquant. Diane Reeves, chanteuse de jazz cinq fois lauréate d’un Grammy, a livré une performance exceptionnelle mêlant jazz et R&B avec une virtuosité louée par la critique. Son répertoire, connu pour ses capacités d’improvisation et sa voix puissante, a captivé le public présent dans ce cadre enchanteur au bord de la Méditerranée.
So what ?
Quelle classe, quelle élégance, dans la tradition des grandes Divas du Jazz !!!

Jamie Cullum, mon coup de cœur

Un jeune homme blanc en t-shirt chante sur la scène de Jazz à Juan 2025

Jamie Culum © JLGuest

Il a une fois de plus électrisé la scène de Jazz à Juan cette année. Fidèle à sa réputation, l’artiste britannique a livré un concert plein d’énergie, mêlant virtuosité, humour, et intensité émotionnelle. Véritable homme-orchestre, Jamie Cullum a prouvé qu’il était bien plus qu’un simple pianiste ou chanteur de jazz : Il saute d’un instrument à l’autre avec une aisance déconcertante, improvise avec brio, et sait dialoguer avec le public grâce à son charme naturel et son sens du spectacle.
Sur scène, il alterne entre swing, groove, pop et mélodies introspectives, rendant hommage aux grands du jazz tout en y apportant sa touche contemporaine. Son énergie communicative et sa présence scénique en font réellement un « homme à tout faire » du jazz, capable de faire danser autant que d’émouvoir. C’était sans aucun doute un moment exceptionnel de cette édition 2025 du festival Jazz à Juan, et les spectateurs, tous debout, ne sont pas près d’oublier cette performance virevoltante !
So what ?
Chair de poule, du plaisir, beaucoup de plaisir, une communion totale entre Jamie Cullum, ses musiciens et le public qu’il a fait totalement chavirer… that’s the way of Jazz i love !

Ayo, féline et pleine de grâces

Une jeune femme noire, portant un large pull blanc saute dans un ruisseau en tenant une guitare.

Ayo. ©Fred Mont –

Samedi 12 juillet, dans ce cadre unique, naturel et intimiste, adoré des festivaliers, Ayo pénètre sur la scène de La Pinède Gould à pas feutré, telle une féline ondulant avec grâce et délicatesse. Ayo, chanteuse, compositrice et interprète d’origine nigériane et allemande, a transporté le public dès les premiers accords grâce à sa voix douce, puissante et sincère, et à un univers musical mêlant soul, folk, reggae et jazz. Après avoir été révélée en 2006 avec son album « Joyful », elle continue de séduire avec de nombreux autres albums, jusqu’à son plus récent, « Mami Wata » (2024), inspiré par son installation à Tahiti — un disque introspectif témoignant d’une nouvelle étape artistique.
Nous avons été conquis par la générosité de sa prestation, l’émotion qui se dégage de ses textes et l’atmosphère chaleureuse qu’elle sait déployer sur scène.  Ayo propose un voyage à travers ses grands classiques (dont « Down on My Knees », « And It’s Supposed to Be Love », ou « Life is Real »), des titres récents tirés de « Mami Wata », ainsi que de superbes reprises, le tout ponctué d’échanges complices avec le public.
La soirée s’est déroulée dans la douceur d’un soir d’été, sous les pins centenaires, dans une ambiance à la fois festive et contemplative, où 3000 spectateurs se sont détectés de ce concert en plein air, les pieds dans le sable, sous les étoiles de la Côte d’Azur.
So what ?
Totalement sous le charme, quasiment envoûté par sa présence, sa voix, ses influences et ce voyage qu’elle nous fait partager

Grégory Porter, une étoile incontestée sous les pins

Un homme noir souriant avec une rose à la boutonnière et portant une chapka pose devant un chalet en bois.

Gregory Porter -©Ami Sioux

Grégory Porter, fidèle à la scène de la Pinède, a une fois encore enchanté le public venu nombreux cette année. Dès les premières notes, le chanteur américain a su imposer sa présence chaleureuse, enveloppant l’auditoire de son charisme et de sa voix profonde. Maître incontesté d’un univers musical oscillant entre jazz, soul et gospel, Porter a livré une prestation d’une rare intensité. Chaque morceau, interprété avec une sincérité touchante, a résonné comme une invitation au voyage, entre rythmes entraînants et ballades plus intimistes.
La communion entre l’artiste et son public fut palpable : applaudissements nourris, regards émerveillés et sourires complices ont rythmé la soirée. Grégory Porter a prouvé, une fois de plus, qu’il demeure un éternel ravissement pour tous ceux qui partagent, le temps d’un concert, son univers magnétique.
So What ?
Facétieux, généreux, bienveillant… dès la première note il nous enrobe de sa voix puissante et ronde à la fois . Ce mec est lui tout seul une thérapie vers le bien-être…à écouter sans modération !

Karen Guillock, émouvante dans son hommage à Nina

Chanteuse noire, cheveux lisse, souriante vêtue d'une robe en lamé vert scintillant.

Kareen Guiock Thuram- Alice Lemarin

Karen Guillock (plus précisément Kareen Guiock Thuram) s’est produite sur la scène de la Pinède Gould lors du Jazz Festival 2025 à Juan-les-Pins, le jeudi 17 juillet 2025. Son concert, un hommage émouvant à Nina Simone, a été très apprécié du public et des critiques, et elle a joué avec ses musiciens Kevin Jubert (piano), Rody Cereyon (basse), et Tilo Bertholo (batterie). Elle a démarré à 20h30, précédant Ibrahim Maalouf qui a joué plus tard dans la soirée. Ce concert s’inscrit dans une tournée 2025 très active avec plus de 20 concerts et de nombreux festivals à son actif.
Kareen Guiock Thuram est reconnue pour son style sincère et sa forte inspiration de Nina Simone, offrant une expérience musicale intime et émotive sur la scène jazz, notamment à la Pinède, un lieu emblématique du festival Jazz à Juan.
So what ?
E
lle a tout d’une grande… j’aime son timbre de voix, son sourire et l’émotion qu’elle nous procure !

Dabeull enflamme La Pinède dans un moment de pure magie funk & soul 🎶

Gros plan sur le visage angulaire et moustache de Dabeull qui fume une cigarette.

Dabeull ©David Vasiljevic

Il y a des concerts qui marquent, qui laissent une empreinte indélébile dans les cœurs et les esprits. Celui de Dabeull, lors de cette édition 2025 de Jazz àJuan, en fait clairement partie. Dès les premières notes, Dabeull a imposé sa patte : ce mélange savant et électrisant de funk rétro, de groove sensuel, et de soul luxuriante. Accompagné de musiciens aussi talentueux qu’habités, il a su créer une tension euphorique dans l’air, progressivement, jusqu’au point de bascule — ce moment où la foule cesse de regarder pour commencer à vivre pleinement, corps et âme, ce qui se passe sur scène.
Peu de minutes après le début du set, c’était évident : plus personne ne tenait en place. Le public, tous âges confondus, s’est levé comme un seul corps, happé par le rythme, l’énergie débordante, et cette capacité rare de Dabeull à rendre chaque morceau profondément vivant. Une effervescence communicative s’est emparée du festival. Des sourires partout, des déhanchés spontanés, des mains levées : il y avait quelque chose de magique, presque cathartique, dans l’air.
Avec ses synthés vintage, ses basses chaudes, ses refrains accrocheurs et sa vibe rétro-futuriste, Dabeull nous offre plus qu’un concert : une expérience sensorielle totale. Ceux qui venaient par curiosité sont repartis conquis. Ceux qui étaient déjà fans ont vu leurs attentes pulvérisées. Chaque morceau semblait être une invitation à rejoindre une grande fête bienveillante, à la croisée des années 70 et du groove de demain.
Au-delà de la musique, c’est la relation que Dabeull entretient avec le public qui impressionne. Il sait exactement comment parler à son audience, comment l’inclure, la faire participer, rire, danser, chanter. Il ne s’adresse pas à des spectateurs, mais bien à une communauté joyeuse rassemblée autour de la même passion.
Alors que La Pinède célèbre cette année encore la richesse des musiques improvisées et hybrides, Dabeull a su incarner cette ouverture avec brio. En fusionnant le jazz aux courants funk, soul et électroniques de manière audacieuse, il a offert un moment de cohésion rare — une bulle euphorique suspendue hors du temps…
So what ?
Vous aimez le Jazz, la Soul, le Funk, le Synthé , les Cuivres, la Fusion,  la Danse… alors bienvenus dans l’univers de Dabeull !, That’s Entertainment… un vrai bonheur !

La magie Sophy Soliveau !?

Une photo un peu floue en gros plan du visage de Sophye Soliveau, chanteuse noire de Jazz

Sophye Soliveau – ©JLGuest

Elle a en effet opéré une fois de plus cette année au festival Jazz à Juan, à la Pinède Gould dans ce cadre prestigieux, offrant sa voix pleine de groove précieux et subtil accompagnée de sa harpe, créant une ambiance harmonieuse et profonde, inspirée notamment par la soul. Son approche artistique met particulièrement en valeur l’harmonie vocale collective et l’interaction avec le public, transformant la scène en un espace d’improvisation partagée et de création collective. Ce concert s’inscrit dans une édition 2025 très riche, avec d’autres artistes majeurs programmés autour de cette date.
Sophye Soliveau a une nouvelle fois enchanté le public du Jazz à Juan cette année, confirmant son univers musical unique et la puissance de ses performances en direct. Ses influences artistiques déclarées incluent des figures majeures comme Erykah Badu, Angie Stone, Rachelle Ferrell, Bobby McFerrin, ainsi que Dorothy Ashby, la harpiste de jazz américaine, et Maxell et Brandy dans la sphère R’n’B. Elle se démarque en fusionnant la harpe avec sa voix dans un style moderne et organique, mêlant groove et harmonies vocales raffinées. Elle revendique aussi une admiration pour la chanteuse française Camille, qui a marqué une phase d’inspiration dans son travail.
So what ?
J’adooorre… fan total de ce petit bout de femme qui fait corps avec sa harpe avec une sensualité troublante, qui joue avec les octaves de sa voix avec une facilité déconcertante et surtout j’adore son univers musical .

Le mythique Herbie était là lui aussi…

Herbie Hancock vêtu d'un beau costume bleu pose devant l'objectif en souriant derrière ses lunettes de soleil.

herbie Hancock- ©Herbie Hancock

Le concert d’Herbie Hancock à la Pinède Gould d’Antibes, le 19 juillet 2025 dans le cadre du festival Jazz à Juan, a été salué comme un moment phare du festival. Le mythique Hancock étant revenu pour la quatorzième fois dans un cadre qu’il considère quasiment comme une seconde maison. Son statut de légende incontestée du jazz – et sa capacité à réinventer ses classiques (tels que « Cantaloupe Island », « Maiden Voyage » ou « Chameleon ») – ont fait l’unanimité auprès du public, qui a savouré un répertoire traversant les décennies. L’événement a bénéficié d’une ambiance exceptionnelle et magique sous les pins et les étoiles, confirmant la réputation du festival comme « sanctuaire musical » et rendez-vous incontournable pour les amateurs de jazz. Dans l’ensemble, les retours expriment enthousiasme, émotion et reconnaissance devant la longévité et la créativité intacte de Hancock, qui a comme toujours su emporter la Pinède Gould dans un voyage musical universel.
La Pinède Gould, comble ce soir-là, a accueilli un public « réceptif et généreux », transporté par un répertoire qui traverse toutes les générations et fait vibrer même les néophytes. La dimension intergénérationnelle du public est également souvent citée, avec des passionnés venus en famille ou entre amis pour partager ce moment unique. L’ambiance générale était festive, chaleureuse et presque familiale, Hancock étant tourné vers le public avec complicité « Ici, c’est comme une vieille famille », selon ses propres mots…
So what ?
65 ans de Jazz nous contemplent avec Herbie Hancock…un monument aux allures de jeune homme, espiègle et heureux de partager sa musique sur la scène de la Pinède…Merci Monsieur pour votre œuvre, votre talent et votre…humanité !

Le rideau se referme doucement sur Jazz à Juan après dix jours de festivités et de musique. Rendez-vous est pris en Juillet 2026 !


Jazz à Juan 2025, mes confidences pour confidences…

Jean Loup Guest souriant derrière ses lunettes.

Jean-Loup Guest, l’auteur de cet article, votre serviteur « Jazz » à Juan ! ©Propriété de l’auteur

La musique en général et le jazz en particulier, c’est pour moi l’irruption du merveilleux dans le quotidien, une rencontre imprévisible, un éclat de lumière qui traverse l’âme. Elle tisse en silence des liens invisibles entre les êtres, parfois fulgurants, comme une histoire d’amour née d’un simple regard. Elle échappe aux mots, défie toute logique : on aime, on est emporté, sans savoir pourquoi. On ne dissèque pas un coup de foudre, car ce sont les émotions, palpables et brûlantes, qui parlent pour nous. La musique se vit, elle se ressent, et c’est dans ce mystère qu’elle déploie toute sa magie.

Dans la chaleur de juillet, Jazz à Juan 2025 a effleuré cette étreinte soul entre la nuit et le chant. Cette année, j’y suis venu en quête d’un groove, d’un frisson partagé, attendant cette pulsation qui fait vibrer l’intérieur et vous traverse de part en part comme la voix d’Aretha ou les doigts de Ray Charles. Je rêvais d’accords moites, de regards complices entre musiciens, de cette ferveur suave qui fait, d’une simple soirée, une célébration commune, une église à ciel ouvert.

Mais chaque soir, la ligne ne se tendait pas forcément. Quelques notes m’ont chatouillé l’âme, un solo m’a rappelé l’urgence d’aimer, mais l’alchimie n’y mettait pas tout son feu—il manquait cette sueur, cette intensité viscérale qui, parfois, fait basculer le concert de l’autre côté du miroir, quand on ne danse plus seulement pour oublier mais pour s’élever ensemble. J’ai ressenti des bouquets d’étincelles, quelques fois l’incendie ; des confidences intimes   et de la ferveur partagée.

Je repars avec la gratitude envers ceux qui ont tendu le micro à la nuit, mais il me reste en sourdine cette envie d’un festival d’où l’on ressort embrasé et consolé, le corps habité par une même vibration, le souvenir d’un instant où le temps s’arrête… comme un chœur qui continue de résonner longtemps après le silence.

So Jazz…

Jean-Loup Guest

Les spectacles musicaux à voir au Festival Off Avignon

Compte tenu des propos orduriers tenus à l’inauguration du Festival d’Avignon, que nous couvrons à chaque occasion, la rédaction manifeste son immense peine en boycotant cet article.

Pour notre rédaction, il n’est pas imaginable en 2025 d’entendre des gens, a priori cultivés, sensibles et intelligents, parler dans des termes aussi peu appropriés d’Israel et des Juifs. Si la grande famille de la culture n’est pas capable, elle au moins, de faire la part des choses et d’alimenter l’amour plutôt que la haine, il nous est impossible de valider.

Nous sommes résolument l’antisémitisme et l’antisionisme, contre les pogroms et les massacres sans nom, et ceci partout dans le monde et nous sommes résolument contre la montée en épingle de faits qui prennent une ampleur internationale uniquement parce que les Juifs sont de  la partie alors qu’ailleurs … de milliers de femmes, d’enfants, d’hommes meurent chaque jour sans qu’aucune personne ne s’estime obligé d’en faire mention.

Honteux ce comportement, honteux ce parti-pris qui porte un nom malheureusement bien connu ! Antisémitisme autrement dit haine des juifs. POURQUOI ?

Chères actrices et chers acteurs de ces pièces, je vous présente nos excuses tout en regrettant votre assourdissant silence !

 

Le Syndrome d’Hercule

Affiche SyndromeHerculeQuand les 12 travaux d’Hercule deviennent une thérapie musicale pour l’homme du XXIe siècle. Du 5 au 26 juillet 2025 à 11h30 au Collège de la Salle, dans le cadre du Festival Off d’Avignon, la compagnie L’Antimonotonie présente Le Syndrome d’Hercule, une comédie familiale d’1 heure, pleine d’humour et de rythme. Entre hypnose et quête de soi, suivez Blaise, un comptable angoissé, propulsé malgré lui dans une relecture déjantée des 12 travaux d’Hercule. Sur fond de pop, rock et slam, le spectacle revisite la mythologie grecque à la sauce XXIe siècle avec inventivité, émotion et bonne humeur. Un vrai moment de partage pour petits et grands, à ne pas manquer ! Teaser : https://www.youtube.com/watch?v=cu1oO5GJdnE

Lennon et McCartney 

affiche lennonEt si ces deux légendes s’étaient enfin retrouvées un matin de novembre 1980…. Et si ? C’est le point de départ de Lennon et McCartney, une pièce musicale aussi émouvante que captivante, à découvrir du 5 au 26 juillet 2025 à 17h40 au Collège de la Salle, dans le cadre du Festival Off d’Avignon (durée : 1h15). Le spectacle donne vie à des retrouvailles fictives entre les deux légendes des Beatles. Entre dialogues justes, humour tendre et extraits cultes du répertoire du groupe, cette création rend un hommage vibrant à ces deux icones de la musique. Une pièce de théâtre musicale qui plonge petits et grands au cœur d’une amitié́ qui a changé́ le monde ! Teaser :  https://www.youtube.com/watch?v=yZjOSYQTwGw

Gabor et les chapeaux rouillés 

Affiche GABOR ET LES CHAPEAUX ROUILLESUn voyage musical et sensoriel où l’imaginaire devient la clé pour retrouver l’essentiel : l’humanité. Du 5 au 26 juillet 2025 à 15h10 (relâche les 7, 15 et 21), retrouvez Gabor et les Chapeaux Rouillés au Festival Off Avignon, Salle 1 du Cinévox (22 place de l’Horloge). Ce spectacle musical et fantastique d’1h10 plonge petits et grands dans un monde postapocalyptique où Gabor, héros rêveur, tente de reconstruire l’harmonie pour retrouver l’humanité. Entre arts numériques, décors mécaniques et personnages enchanteurs, le public embarque dans un univers musical et sensible. Une aventure immersive et poétique à vivre en famille, qui éveille l’imaginaire et touche le cœur. Teaser : https://www.youtube.com/watch?v=nyQe0egNDa0

Orlando 2025 : une destination plus irrésistible que jamais !

Vols directs, parcs à thème inédits et hôtels futuristes : Orlando devient la destination phare de 2025. Nouvelles liaisons aériennes vers Orlando. À partir du 21 mai 2025, Air France inaugurera une toute nouvelle liaison directe entre Paris-Charles de Gaulle et Orlando. Opérée quatre fois par semaine — les lundis, mercredis, vendredis et dimanches — cette ligne sera assurée par un Airbus A350-900, offrant 34 sièges en cabine Business, 24 en Premium Economy et 266 en Economy. Avec cette 18ᵉ destination aux États-Unis, Air France renforce ainsi son offre transatlantique et facilite l’accès à la Floride.

Universal Epic Universe : une nouvelle ère du divertissement à Orlando

Coucher de soleil et manege d'attraction à Orlando

irrésistible Orlando…

Le 22 mai 2025, le quatrième parc à thème de l’Universal Orlando Resort, Universal Epic Universe, ouvrira ses portes, offrant aux visiteurs une immersion totale dans des mondes spectaculaires. Avec plus de 50 attractions, des expériences de divertissement, de restauration et de shopping, ce parc donnera vie aux univers légendaires d’Harry Potter, Super Mario et des monstres emblématiques du studio Universal. Une expérience inédite qui marquera un tournant dans le paysage du divertissement à Orlando.

Une offre hôtelière en pleine expansion

Avec l’arrivée d’Epic Universe, Orlando anticipe un afflux massif de visiteurs et renforce son offre d’hébergement. Plusieurs complexes hôteliers de grande envergure ouvriront leurs portes, proposant une variété d’options adaptées à tous les types de voyageurs.

Universal Stella Nova Resort (janvier 2025) et Universal Terra Luna Resort (février 2025) viendront enrichir l’hôtellerie de 1 500 chambres modernes, avec des chambres doubles à fenêtres inspirées de vaisseaux spatiaux, piscines, salles de sport, restaurants et bien plus.
Universal Helios Grand Hotel, situé avec une entrée directe vers Epic Universe, ouvrira en mai 2025. Ce nouvel hôtel Loews comptera 500 chambres, 35 suites, un bar sur le toit, un restaurant, un bar de piscine et de nombreuses autres commodités.
La Island Tower du Disney’s Polynesian Villas & Bungalows, récemment ajoutée au Disney Vacation Club, propose des villas familiales pour 5 à 9 personnes avec cuisines et vues spectaculaires sur le lagon ou Magic Kingdom.
Villatel Orlando Resort, situé sur International Drive, offre des villas privées avec des prestations hôtelières de qualité. Le complexe inclut un parc aquatique avec toboggans et rivière tranquille, un restaurant complet, et prévoit l’ouverture de 526 unités à sa pleine capacité en 2025.

La Fête des Bons Plants ! Un week-end de nature et partage au château de Broglie

Les 26 et 27 avril 2025, niché dans le charme discret de la Normandie, le magnifique château de Broglie, vous ouvre les portes de son potager pour une nouvelle édition de la Fête des Bons Plants. Un rendez-vous unique, à la croisée du jardinage, de la gastronomie et de l’art de vivre à la campagne. 

Une escapade bucolique dans un lieu d’exception

une allée des marchés aux plantes de l'événement Bons Plans au chateau de Broglie

Ce grand week-end est l’occasion rêvée de découvrir ce potager d’exception, habituellement fermé au public. En 2024, l’événement avait attiré plus de 3 000 visiteurs venus de Normandie et d’Île-de-France, séduits par cette atmosphère conviviale et inspirante. Pour 2025, le programme s’annonce encore plus riche.
Le paradis des passionnés de jardin
Une quarantaine d’exposants seront présents pour proposer une belle sélection de plantes, graines, outils, objets décoratifs et autres trésors pour embellir vos jardins. Parmi les incontournables : plus de 5 000 plants cultivés directement dans le potager du domaine, dont d’anciennes variétés de tomates, de choux et de cucurbitacées.

Cuisine sauvage et saveurs locales à l’honneur

Cette année, la Fête met l’accent sur le thème “De la cueillette à l’assiette”. Titiane Haton, herboriste et passionnée des plantes comestibles, animera des ateliers de cuisine et dédicacera ses livres sur l’art de cuisiner les plantes sauvages. Une belle manière de redécouvrir les trésors cachés de nos chemins et jardins.

Transmettre, partager, inspirer

D’autres rencontres viendront enrichir le programme. Le semencier Luc Devaux expliquera comment produire ses propres graines potagères, pour un potager plus autonome et respectueux des saisons.
Les enfants ne sont pas oubliés : création d’herbiers, jeux nature, et ateliers ludiques seront au rendez-vous.

Entre nature et technologie

L’innovation fait aussi partie de la fête, avec une démonstration du robot tondeur Segway Navimow, capable de fonctionner sans câble périphérique. Une solution efficace, utilisée dans des jardins prestigieux à travers l’Europe.

Une ambiance conviviale et festive

Tout au long du week-end, vous pourrez profiter d’une buvette et d’un salon de thé, participer à une grande tombola (avec des lots comme les délicieux chocolats Cluizel ou les jeux Sentosphère), assister à des conférences, et surtout, savourer l’ambiance chaleureuse de ce bel événement.

Une fête pour les amoureux de la nature, des plantes et de la vie simple

À seulement quelques kilomètres de Paris, dans un cadre verdoyant et paisible, la Fête des Bons Plants est le parfait prétexte pour une escapade en famille ou entre amis. On y vient pour flâner, apprendre, s’émerveiller… et repartir les bras chargés de plantes, de livres, de souvenirs. Une belle façon de célébrer le printemps !


Affiche de l'évènement BONS PLANS 2025 au chateau de Broglie

Affiche Bons Plans !

INFOS PRATIQUES

40 rue des Canadiens, 27270 Broglie
De 10h à 18h — Entrée : 4 € (gratuit pour les -18 ans)
Parking gratuit
www.potagerdebroglie.fr

You and The Night and The Music

Lundi 16 décembre, la pluie fait des claquettes sur le boulevard St-Honoré et mes pas accélèrent pour mieux marquer le tempo sur le bitume en mode « chabada ». J’ai tellement hâte d’y être !

21 ans de bonheur !

D’abord accueillie par le New Morning, puis l’Opéra-Comique et enfin l’Olympia, la soirée qui « consacre » le meilleur du jazz pose depuis 2017 ses valises et ses instruments Salle Pleyel. Il est environ 19h05, quand je pénètre dans cette mythique salle de concert qui accueille la 21e édition de « You and The Night and The Music », l’événement jazz de l’année, organisé par TSF JAZZ qui retransmettra l’intégralité du concert en direct via ses studios, pour celles et ceux qui se retrouvent privés de ce moment tant attendu. Pour Sébastien Vidal, grand manitou de TSFJAZZ et co-animateur de la soirée avec Laure Albernhe, « le jazz c’est d’abord du kiff avant d’avoir du sens, c’est notre objectif, notre vocation. » Avec pour ligne directrice pour construire la soirée de choisir douze groupes pour douze mois. Oui, mais voilà, le cru 2024 est exceptionnel… Impossible de réduire à douze ! Ce seront donc dix-sept groupes qui se produiront avec pour mission de donner du plaisir et de partager des émotions.

Dans la salle, on retient son souffle !

19h30. Pleyel se remplit rapidement et une effervescence certaine bruisse devant et dernière le rideau…
19h55. Pleyel est pleine à craquer, plus une seule place de libre.
2036 aficionados installés dans leurs fauteuils en velours rouge trépignent d’impatience en attendant le lever de rideau.
20h00. La voix de Sébastien Vidal s’élève dans la nuit : “place à la musique et place au Jazz, bonne soirée.”
Lumière éteinte et rideau toujours baissé, un vibrant hommage est rendu à Martial Solal, véritable légende du jazz, pianiste, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre. Il vient de s’éteindre à l’âge magnifique de quatre-vingt-dix-sept ans.
Derrière ce rideau, qui, décidément n’en finit pas de se lever, retentit le son éclatant d’un big band ! Et me voilà projeté dans le passé, salle Pleyel il y a cinquante-deux ans, un certain 17 avril 1972 avec le Count Basie Orchestra, champion du monde du swing.
Ce soir sur cette même scène, les héritiers du Count Basie Orchestra s’appellent le Zoot Big-band, un collectif de seize jeunes musiciens inspirés, dont la moyenne d’âge n’excède pas vingt-sept ans. Ils rendent un hommage à leurs illustres aînés. Bonne nouvelle, le Zoot Big-band sera l’orchestre de cérémonie de la soirée avec un répertoire et des arrangements composés spécialement pour « You and The Night and The Music ».

Michel legrand afficheDe la scène à l’écran, le Jazz est là !

Cerise sur le gâteau… à chaque changement de groupe, pendant que les techniciens s’affèrent, telles les abeilles ouvrières dans la ruche, un grand écran diffusera des extraits de documentaires, films, interviews ou concerts. L’occasion pour nous durant cet intermède de découvrir un documentaire exceptionnel sur la vie de Michel Legrand. Suivi d’une interview de Quincy Jones qui, tout comme Martial, a eu la très mauvaise idée d’aller rejoindre ses petits copains près des étoiles, probablement pour faire une jam.

Tous en scène, que le spectacle commence !

Sur les planches, les coups de cœur, les soubresauts de l’âme s’enchaînent au rythme des groupes venus de toutes les latitudes et longitudes, ils ont toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, ils ont le voyage dans le sang et dans la musique. Et nous, on est là, on écoute, on savoure. Pourvu que ça dure, prie-t-on, pendant les rares notes blanches. Daoud, un trompettiste franco-marocain de trente quatre ans entre sur scène accompagné de son quartet. Je l’avais découvert l’an dernier à « Jammin’ Juan » et je retrouve avec bonheur ses influences musicales qui nous baladent du jazz au RnB, en passant par le hip-hop ou la musique électro. Son jeu est puissant et mélodieux. Loin des clichés, il communie sur scène avec ses musiciens dans une sorte de danse tribale fusionnelle. Daoud s’inscrit dans la mouvance de Theo Crocker et Christian Scott, mâtiné du charme oriental d’Ibrahim Maalouf. Je conseille son dernier album « Good Boy ».
Enchaînement parfait avec le superbe duo piano voix de la jazz-singer Charlotte Planchou, accompagnée de Marc Priore au piano. Dans son dernier album « Le Carillon », elle se balade avec allégresse du Jazz à la pop en passant par la Bossa.
Place ensuite au talentueux pianiste gallois, Joe Webb, véritable rock star de la scène londonienne, qui compose et joue en trio sa propre musique au piano ou à l’orgue Hammond. Après avoir collaboré avec des pointures comme Wynton Marsalis ou Jamie Cullum, Joe Webb s’est consacré à l’écriture de son premier album « Hamstings and Hurricanes ».
Brad Mehldau dit de lui « il sait swinguer, il est mélodique et laisse les idées se développer sans l’arbitraire »… beau compliment !
La magie du jazz s’exprime grâce à un brassage international qui permet à des musiciens du monde entier d’exprimer leur talent sur la même scène, avec pour unique langage « la musique », pour road book « les partitions » et pour source d’inspiration « l’improvisation ».
Poursuivons donc ce voyage musical au Canada, pays d’origine de l’éclectique multi-instrumentiste Jowee Homicil , qui nous embarque dans son dernier projet « Spiritual Healing » vers ses racines haïtiennes.
Puis, chaud devant avec le Jazz-Funk au féminin de la flûtiste Ludivine Issambourg. Dotée d’une superbe énergie et très inspirée dans son dernier album « Above The Laws » par son maître, Hubert Laws, elle nous enchante ici avec son groove explosif. J’ai même retrouvé ici et là au détour de ses chorus, des envolées lyriques dignes de mon flutiste de cœur…Jethro Tull ! Pour info, Ludivine Issambourg sera au New Morning le 31 janvier prochain.
Autre coup de cœur avec un des pianistes les plus doués du jazz français, grand admirateur de Kenny Barron, le pianiste  Fred Nardin et son « Nightcall » , devenu un tube planétaire après la reprise d’Angèle et Phoenix pour la cérémonie de clôture des JO. Ce qui caractérise Fred Nardin c’est avant tout la beauté de son jeu qui nous emporte et nous fait voyager…j’adore !
Poursuivons ce voyage musical en Italie avec l’album romantique du saxophoniste Stefano Di Battista « La Dolce Vita » avec pour fil rouge, les chansons italiennes populaires et les célèbres musiques de films de la Cinecittà.
Quittons Rome pour Tel-Aviv avec la star du Jazz israélien, le  contrebassiste Avishai Cohen qui bondit sur scène avec ses deux complices, la batteure Roni Kaspi et le pianiste Guy Moskovich, formant un trio de rêve à la tête du duquel Avishai Cohen nous régale, album après album ! « Brightlight », le dernier en date n’échappe pas à la règle. Perso j’ai adoré sa reprise de « Summertime » !
Gros coup de cœur aussi pour Edouard Pennes et son « Bird Lives » en hommage aux deux albums mythiques « Charlie Parker with Strings » (Mercury 1950) et l’album de compilation paru sur le label Verve en 1995. Il n’y aucune volonté de plagier chez Pennes, bien au contraire, il livre une très belle relecture de ces albums de légende, servis pour la circonstance par une petite section de cordes classiques et une section rythmique bebop.
Dans un registre différent, le bouillonnant Isaiah Collier, jeune saxophoniste de vingt-six ans, originaire de Chicago, illustre à sa façon la jeune garde Coltranienne et nous délivre un long monologue puissant et vibratoire dans un savoureux patchwork de gospel et de funk… fascinant !

 

Vamos…

affiche You and the Night and the music 2025Le pianiste espagnol Marco Mezquida qui nous illumine à chaque apparition en flirtant entre jazz et flamenco, nous dévoile son nouvel album plus intimiste « Letter to Milos », dans un format trio peu conventionnel mais qu’il adore avec Martín Meléndez au violoncelle et Alex Tobias au pandeiro, un large tambourin espagnol.
Dans cette quête de rencontres et de voyages, s’il y a bien un musicien de jazz en recherche permanente, c’est assurément Samy Thiebault ! Sa musique multicolore et son saxo sont de véritables remèdes contre la mélancolie…à savourer son album « In Waves ».
L’un des grands moments de la soirée fut la présence exceptionnelle, en sa qualité d’invité d’honneur, du légendaire pianiste jamaïcain Monty Alexander. Ce magnifique octogénaire sur sa fiche d’état civil demeure un éternel jeune homme dès lors que ses doigts effleurent l’ivoire de son piano. Il tombe amoureux du jazz à l’âge de treize ans, le jour où son père l’avait emmené voir Louis Armstrong en concert à Kingston. Monty est un pianiste au swing exceptionnel et à l’incroyable dextérité à l’instar d’Oscar Peterson, son maître à jouer. Petite anecdote…Il était prévu qu’il joue ce soir pendant six minutes, oui mais voilà ! il s’est senti tellement bien sur cette scène de Pleyel, qu’après avoir regardé sa montre, il nous a gratifié de huit minutes de bonheur supplémentaires… Merci Monsieur ! Comme le bonheur appelle le bonheur, la suite des festivités révèle d’autres talents, avec le trio du saxophoniste Dimitri Baevsky qui débarque à NYC à l’âge de dix-neuf ans pour ne jamais plus quitter « big apple ». II sera accompagné par le contrebassiste David Wong et un de mes chouchous, le formidable guitariste Peter Bernstein, dont la biographie donne le vertige…Brad Mehldau, Lee Konitz, Diana Krall, Joshua Redman Diana Krall, Joshua Redman… excusez du peu !

Un ange passe…

Sophye Soliveau, vingt-huit ans, prend place sur scène, avec au programme, « Initiation » un album sublime aux couleurs, R&B, soul, jazz, et gospel. Chanteuse et harpiste surdouée, biberonnée à la chanteuse néo-soul Erykah Badu et au vocaliste américain Bobby McFerrin, dont Sophye Soliveau s’est inspirée pour ses improvisations vocales.
The last but not the least avec le « teen ager » de cette 21e édition de « You and The Night and The Music », le jeune chanteur Tyreek McDole, vingt-quatre ans , étoile montante du jazz vocal, lauréat de nombreux prix, dont le concours international de Jazz Sarah Vaughan 2023 qu’il remporte avec trois morceaux  : September in the Rain ( Sarah Vaughan, Lush Life(Johnny Hartman ) et Every Day I Have the Blues (Joe Williams ). À suivre !

Vivement l’année prochaine…

23h15… le rideau se baisse, les lumières éclairent les visages réjouis de mes âmes sœurs d’un soir. Comme au cinéma où je pars toujours le dernier pour lire jusqu’à l’ultime ligne du générique, je reste lové dans mon fauteuil carmin, histoire de regarder les derniers quitter la salle et d’attraper, peut-être, au vol quelques notes bleues flottant encore dans l’air. Je ferme les yeux. Je revois tous les artistes de cette soirée exceptionnelle venus partager leur amour du Jazz et sa magie, qui a opéré une fois de plus. Je me félicite de ce passage de témoin tout en douceur. Et même si cette année a été attristée par le départ vers la Voie lactée du pianiste Martial Solal, du compositeur Quincy Jones, du batteur Roy Haynes, de l’arrangeur brésilien Sergio Mendes, du guitariste Sylvain Luc, du saxophoniste Lou Donaldson, du percussionniste indien Zakir Hussain… Nous aurons assisté ce soir au miracle que seule la musique en général et le jazz en particulier sont capables de produire, l’osmose entre quatre générations, du plus jeune Tyreek McDole, tout juste âgé de vingt-quatre ans au vieux sage Monty Alexander de quatre-vingts ans. Nous étions là pour communier dans ce brassage ethnique de musiciens venus des quatre coins du monde pour partager et transmettre leur message de paix et d’amour. « Le jazz est synonyme de liberté. Pour l’absence de préjugé et de discrimination, l’absence d’obligation et de convention. C’est ma définition du jazz que je veux transmettre à l’auditeur. Qu’il soit jeune ou vieux, traditionaliste ou moderne, fan de jazz ou pas », dit l’organiste Barbara Dennerlein.
Quant à moi, humble amoureux de cette musique qui me transporte, je n’ai qu’un seul désir à formuler… Que nous soyons tous au rendez-vous dans un an Salle Pleyel pour la 22e édition de You and The Night and The Music ! Jean-Loup Guest

L’agenda théâtre pour une année 2025 riche et intense !!!

Affiche theatre Par ici la sortiePar ici la sortie !
Trois collègues convoqués par leur patron pour un licenciement se retrouvent piégés dans un Escape Game improbable. Leur mission : résoudre des énigmes en une heure pour sauver leur emploi. Entre panique, tensions et révélations d’adultère, le suspense et l’humour s’entrechoquent. Un spectacle délirant où le public participe à leur survie professionnelle. Rire et rebondissements garantis…à aller voir entre amis ou encore mieux…entre collèges !
Jusqu’au samedi 1 février 2025 – Lieu : Théâtre Edgar, 58 boulevard Quinet 75014 Paris.

Affiche théatre le masque de ferLe Masque de Fer et le mousquetaire, ou le secret de Saint-Mars
Après le festival d’Avignon, Le Théâtre Diversion, avec le soutien de l’Adami, est heureux de vous convier à la reprise parisienne de sa nouvelle création : Le Masque de Fer et le mousquetaire, ou le secret de Saint-Mars Venez faire connaissance avec le créateur de cette supercherie qui, lors d’une confession étonnante, vous révélera tout de cette affaire. On est transporté dans le Paris de 1708, où l’histoire fascinante du mystérieux prisonnier au masque de fer est explorée. Ce seul en scène interprété par le talentueux Donat Guibert, se déroule sous la forme d’un monologue captivant qui mélange intrigue historique et drame personnel.
Du 21 février au 6 avril 2025, les vendredis et samedis à 20h30 et les dimanches à 16h30.  Lieu : Guichet-Montparnasse, 15, rue du Maine, 75014 Paris

Et si vous l’avez loupé, le spectacle reprend là : Le Masque de Fer sera à nouveau programmé du 5 au 26 juillet 2025 à 10h15 au Théâtre l’Autre Carnot, situé au 7 rue Carnot – 84000 Avignon, dans le cadre du Festival Avignon Off.

Affiche théatre, les hommes sont des femmes comme les autresLes Hommes sont des Femmes comme les autres
Les Hommes sont des Femmes comme les autres, écrite et mise en scène par Manuel Montero, est une comédie hilarante pleine de quiproquos. La pièce explore avec humour les relations à travers des dialogues pétillants et des situations loufoques. Pour vous faire rire, Fabrice Simon, Virginie Pothier et Isabelle Rocher apportent vie et couleurs aux personnages. On adore les hommes beaux comme des hommes et qui nous comprennent comme des femmes… Venez avec votre homme découvrir cette pièce, vous pourrez annuler toute potentielle thérapie congugale ou séance psy !
Le mardi 4 mars 2025 à 20h – Lieu : Théâtre Le Prisme, 78990 Elancourt

 

affiche théatreUna RobertaUna Roberta a Parigi
Inutile de vous confier son nom de famille…qui ne connaît pas encore Roberta ? Italienne débarquant à Paris, elle nous partage son expérience et conte les différences et similitudes entre la France et l’Italie, deux nations proches mais peu connues l’une de l’autre. Son récit aborde la langue et les coutumes, tout en prônant une alliance franco-italienne, hormis pour le football ! Avec son charmant accent italien, elle offre un regard authentique et plein d’anecdotes sur ces deux cultures. Roberta est adorée par nous Français depuis de longues années déjà, et en ce moment c’est au Théâtre La Boussole que vous aurez la joie de la rencontrer !
Jusqu’à mai 2025, un jeudi par mois à 20h – Lieu : Théâtre La Boussole, 29 rue de Dunkerque, 75010 Paris
Puis en tournée en France !

affiche theatre la photo de mon poteLa photo de mon pote
Prolongation pour cette pièce qui est à l’affiche depuis quelques mois déjà au Théâtre Edgar. Un succès bien mérité pour une histoire qu’on aurait peut-être bien envie de vivre dans la vraie vie… ou pas !?
Antoine, qui a utilisé la photo de son meilleur ami William sur un site de rencontres pour séduire Claire, demande à William de se faire passer pour lui lors du premier rendez-vous. Antoine prétendra être William, dans l’espoir que Claire tombe amoureuse de sa véritable personnalité malgré la supercherie initiale. Cette situation engendre une confusion d’identités, où William joue le rôle d’Antoine, et Antoine celui de William, créant ainsi un imbroglio comique autour de la rencontre avec Claire.
Jusqu’à fin mai 2025 – Lieu : Théâtre Edgar, 58 boulevard Quinet, 75014 Paris

Last action Hypnose : On rit beaucoup !

Envie de plonger dans vos films favoris ? Mieux… Envie d’être acteur dans des scènes inoubliables ? Suivez-moi… dans Conevol, Last Action Hypnose, un spectacle drôle et bienveillant qui transpose hypnotisés et spectateurs dans les moments clefs de films mythiques. Cocasse et parfois tout simplement extraordinaire…

Conevol : La sélection fait partie du spectacle

D’un film à l’autre dans Last Action Hypnose

Sur scène Jérôme n’est jamais seul. Il s’accompagne de spectateurs encouragés à le rejoindre et prêts à leur corps (presque) défendant à vous faire rire de bout en bout. Oh bien sûr, pour être sélectionnés par le grand manitou de l’hypnose (et je pèse mes mots, cet homme vous ferait faire ce qu’il veut ! ou presque), il y a un petit examen de passage…
Je sens votre inquiétude.
Faire ce qu’il veut de moi ?
Soyons sérieux… même sous hypnose vous agirez uniquement en conformité avec vos valeurs et désirs profonds, sachez-le. Il sera impossible à quiconque de vous imposer quoi que ce soit. En revanche, vous dire que vous vous sentirez, disons… désinhibés, là il y a quelques chances.
Rassurés !?
Poursuivons… Petit examen de passage sous la forme d’une rapide séance avec le public dont l’objectif affiché par Jérôme consiste à détecter les 5% du public ultrasensible à l’hypnose. Alors si vous ne pouvez plus décoller vos doigts, vous êtes bon pour monter sur scène.

 

Ça ne marche pas à tous les coups !

Le jour où à La Scène Parisienne, j’assistais au spectacle Last Action Hypnose, huit personnes ont été choisies. Vous avez tous déjà vu cela. Les gens montent, intimidés, l’hypnotiseur et son collaborateur parlent dans l’oreille des uns et des autres, et hop, ça tombe au sol. Nous, spectateurs, sommes déjà étonnés par ce moment de « chute ». Ce jour-là, la « pêche » est bonne. Du côté des hyper réceptifs, on a un grand gaillard, Elias. À l’autre bout, on a un petit blond, Franck. Nul besoin d’être grand vizir pour voir qu’Elias* est un parfait client quand Franck l’est de moins en moins au point de reprendre sa place dans la salle. Entre les deux, quatre jeunes femmes, une Mamy tellement dynamique et drôle, du genre à fond dedans. Une belle brochette sur la ligne de départ.

Last Action Hypnose… pas de problème pour vaincre Dark Vador !

Voyager et jouer dans des films

Voilà… Jérôme a créé son équipe du jour, il peut commencer le spectacle à savoir envoyer ses « acolytes » dans nos films préférés et les faire agir. Je ne vais rien vous dévoiler du rythme (effréné), de la diversité de réactions des hypnotisés, du naturel de leurs actions, on pourrait les croire acteurs, mais non, ils sont sous hypnose. C’est à qui gagnera au sabre contre Dark Vador, qui sera aux côtés d’Harry Potter, à cheval dans un western, à Saint-Tropez avec le gendarme… Il y en a pour tous les goûts et surtout, surtout, les hypnotisés font vraiment le spectacle (sans jamais être ridiculisés, la bienveillance est de mise).
Je les ai interrogés après. Ils rapportent tous que la sensation est incroyable, ils savent qu’ils sont sous hypnose, ils ne font que ce qui leur semble juste, mais ils obéissent aux injonctions de Jérôme. Au fond, ils s’amusent comme des fous, comme des enfants…
Pour les spectateurs, le divertissement est partout, autant dans le choix des films, une excellente idée de fil rouge que dans les accessoires distribués qui renforcent l’impression d’être dans LE film, dans la rapidité d’enchaînement et dans les réactions impossibles à anticiper des « acteurs ».

Il y a peu de dates avant le printemps. Précipitez-vous quand Conevol passe dans votre région. On rit beaucoup dans ce spectacle familial, une expérience immersive fort divertissante qui plaira aux grands comme aux petits. Je vous le conseille, vous l’aurez compris. Si en plus, vous avez la chance d’avoir Elias dans les sélectionnés, ce sera la cerise sur le gâteau !  Judith Lossmann


INFORMATIONS PRATIQUES

Le 31/10/2024 à 20h30 et 22h00 – À la Comédie de Limoges.

 


Elias* est un jeune homme fou d’hypnose. Il « suit » Jérôme dans la plupart de ses spectacles. Comme ils se connaissent bien, ils pourraient vous sembler « complices », mais non, Elias est un sujet hyper sensible à l’hypnose, un état dans lequel il apprécie d’être. Comme, par ailleurs, il est comique, il se prête au jeu de Jérôme avec facilité et envie.

La scène 114 de Nice accueille Emma Frank

Chanteuse et compositrice, Emma Frank vit à Brooklyn. Ses univers sont multiples. On retrouve le Jazz, le folk et la pop, on reconnaît les influences de Joni Mitchell, Carly Simon et Gretchen Parlato. Elle aime écrire ses chansons dont les textes abordent sa vérité personnelle. Elle exprime ses sentiments et raconte des histoires, universelles, à sa manière. Question de voix, question de choix : Emma Frank est elle-même, finesse et intelligence émotive dans l’interprétation, arrangements soignés, timbre de voix très différent des vocalises formatées.

La scène 114 de Nice accueille Emma Frank

Interiors, le nouvel album d’Emma Frank

Dans « Interiors », son dernier album, l’esprit des années soixante-dix transparaît partout, lui conférant une sensibilité onirique, quasi psychédélique. Emma Frank collabore avec ses producteurs, musiciens et amis de longue date, le guitariste Franky Rousseau et le fabuleux pianiste Dominique Mekky. Elle se produit régulièrement à New York, Montréal, Londres, Berlin et pour notre plus grand bonheur, elle est exceptionnellement programmée à la scène 114 de Nice. Une occasion de la découvrir (d’urgence) ou de la redécouvrir (pour le plaisir).


Billetterie : https://my.weezevent.com/emma-frank

Jazz à Juan 2024, universel, chaud et multicolore !

Tous les ans à la même époque, mes papilles auditives sont en alerte ! Et pour cause, la saison des festivals de Jazz bat son plein. Celui d’Antibes Juan-les-Pins n’échappant pas à la règle, nous fêtons la 63e édition de ce festival de légende qui a vu passer sur la scène de la Pinède les plus prestigieux musiciens de la planète. Cette année encore, du 8 au 18 juillet une belle place a été faite à un Jazz éclectique multi-générationnel, où ont brillé une myriade de talents… Avec le temps mes goûts ont évolué, et tout comme je l’aurai fait dans un restaurant étoilé, après avoir dévoré des yeux le menu de ce Jazz à Juan, j’ai vite compris que faire un choix allait être difficile. Défi relevé !  Je vous révèle mon menu musical personnel

Manu Katché

Manu katché,  le plaisir avant tout !

Les premières notes n’étant pas dépourvues de saveur et de peps, puisque c’est à Manu Katché qui fut il y a quelques années le parrain de ce festival sous la Pinède, que revient le privilège d’ouvrir le festival. Casquette vissée sur la tête, le plus « exciting » des batteurs français est venu accompagné de ses musiciens studio. Ils ont livré un show pétillant et jubilatoire pour notre plus grand plaisir. Le batteur des stars entouré de Jérôme Regard à la basse, Patrick Manouguian à la guitare et Elvin Galland derrière les claviers nous ont régalés, et cerise sur le gâteau, un solo de batterie époustouflant du patron a fait se lever la salle sous les étoiles. La nuit est tombée, les cigales cymbalisent et rivalisent avec Manu Katché jusqu’à la fin du set.

Toto : phénoménal et pas une ride

Un plaisir ne venant jamais seul, place au groupe de légende Toto ! Au cours de la dernière décennie, Toto a connu une renaissance majeure de sa popularité. Aucune statistique ne l’illustre mieux que le nombre total d’écoutes, toutes plateformes confondues, proche des cinq milliards. Et malgré le temps qui passe, les années semblent glisser comme les doigts de Steve Lukather sur le manche de sa guitare. Lunettes rondes et chapeau à la Blues Brothers, le chanteur Joseph Williams a également assuré le spectacle avec « Africa », « Georgy Porgy » , ainsi qu’une reprise des Beatles «With a Little Help From my Friends ». Ils ont fait chavirer un Jazz à Juan qui ne demandait qu’à se laisser embarquer jusqu’au bout de la nuit !

La potion magique du jazz africain

J’ai ensuite concentré toute mon attention sur Tiken Jah Fakoly, qui foule la scène de la Pinède Gould pour la troisième soirée. Il nous embarque en voyage sur le continent africain en compagnie de ses musiciens et ses deux fabuleuses choristes. Piano, xylophone, batterie et guitare offrent une diversité musicale hors pair. Une belle fête estivale et en arrière-plan le public, spectateur du coucher de soleil sur le massif de l’Estérel. Une pinède en fête bercée aux ondes positives du chanteur reggae. Une invitation à la danse pour une grande fête populaire.

La star de Dakar…

Deux heures plus tard, Youssou N’Dour se présente à nous. Ovation de public ! Un beau moment vécu ensemble. Le natif de Dakar cultive une belle complicité avec la foule, il déroule sa « setlist » et nous emporte peu à peu au plus profond de son art. Jusqu’au moment où retentit son hit « 7 Seconds » qu’il a chanté en 1994 avec Neneh Cherry. La magie opère toujours même trente ans après…

Les frères Belmondo

Jazz & pop époustouflant !

Le Belmondo Dead Jazz nous fera vivre une soirée éclectique avec un superbe hommage au Grateful Dead par le sextet des frères Belmondo. Un démarrage en fanfare pour  le projet Belmondo Deadjazz qui entame son concert et s’empare sans complexe des morceaux du groupe mythique pour les réinterpréter, les réinventer. Une réussite totale pour Lionel Belmondo au saxophone et son frère Stéphane Belmondo à la trompette, avec, entourés des pointures Éric Legnini au Fender Rhodes, Thomas Bramerie à la contrebasse, Laurent Fickelson à l’orgue et au piano et Dré Pallemaerts à la batterie. Ça démarre fort avec « China Cat Sun Flower ». Les claviers vintages de Legnini et Fickelson font merveille pour distiller subtilement la ligne mélodique du morceau. Puis la trompette de Stéphane Belmondo réinvente la mélancolie et le blues dans le magnifique « Stella Blue », où l’on perçoit presque la voix de Jerry Garcia au travers des notes toutes douces de la contrebasse de Thomas Bramerie, du saxophone inspiré de Lionel Belmondo et du tempo magique du batteur.
La nuit tombe doucement, le trompettiste ému appelle sur scène Brad Mehldau pour un dernier morceau dédié à Grateful Dead, que le pianiste écoutait religieusement trente-cinq ans plus tôt… Impossible de se rappeler de cette époque sans avoir des étoiles plein les yeux.

Chris Potter… Le jazz dans les étoiles

Après l’entracte, Chris Potter a choisi des musiciens d’exception pour présenter son dernier album Eagle’s Point. Johnathan Blake à la batterie, John Patittucci à la contrebasse et Brad Mehldau au piano : un groupe qui va enthousiasmer le public pendant plus d’une heure. On est ébloui par le talent de chacun des interprètes mais peut-être encore plus par l’humilité de chacun d’entre eux tellement à l’écoute des autres. Impossible de louper la patte du contrebassiste, il débute deux des morceaux, avec une tonicité et une vivacité étonnantes. Comment ne pas s’étonner du toucher délicat des baguettes de Johnathan Blake aux cymbales curieusement assemblées, baguettes capables de s’envoler et se démultiplier avec éclat lors d’un solo remarquable. Quant aux mains de Brad Meldhau, elles racontent chacune une histoire pour mieux enchanter ses solos. Chris Potter au ténor, tout en retenue, accompagne, dirige, subtilise parfois la parole à ses amis virtuoses pour des solos chaleureux, quelques chorus inspirés. Un set aux sources du jazz, aux accents coltraniens mais aussi moderne et inspiré.

Truffaz… et votre serviteur

Truffaz… fait son cinéma !

Le 15 juillet, on se referait bien une toile… Après Rollin’, Erik Truffaz sort le Clap ! Deuxième volet de ses histoires de cinéma. Il réitère ce prodige de substituer ses propres images à celles suscitées par les bandes originales pour réécrire le script de nos vies, Truffaz rassemble une troupe d’acteurs nés dont le tellurique Marcello Giuliani co-producteur de l’album.
La contrebasse crépite, les pistons s’agitent, on dirait les dialogues d’un « buddy movie » au pays des frissons. Et puis, il y a la guitare western de Matthis Pascaud, la batterie dégingandée de Raphaël Chassin, les claviers en peau de léopard analogique d’Alexis Anérile… Cette jeune garde s’ébat en toute liberté, dans des espaces de jeu qui ont l’air illimités. Si Erik Truffaz réalisait des films, il le ferait sans doute comme un Cassavetes ou un Pialat, pour offrir à tous les rôles la surface d’improvisation la plus vaste et la plus intérieure. Dans ces musiques de cinéma, dans ce détournement de nos scènes et de nos sons, Truffaz révèle cet état de rêverie juste avant le sommeil et accouche des contes.
Truffaz revisite le thème du film  « Le Casse »,  permet au guitariste quelques envolées très rock que l’on retrouve dans leur magnifique version du «Requiem Pour un Con» avec ses claviers très free. Duo piano-voix pour débuter le « Camille » extrait du « Mépris » de Godard. Les autres reviennent pour enchaîner sur « The Persuaders », le générique impérissable de « Amicalement vôtre ». Emporté par un esprit Rock ou Jazz, Truffaz fait merveille. Quel dommage de les quitter si vite !

Joshua Redman au sax…

Joshua Redman, l’élégance à l’état pur

Depuis les trois dernières décennies, le saxophoniste, compositeur et leader Joshua Redman a démontré ses dons. Dans « Where are we » son premier enregistrement en tant qu’artiste Blue Note, il délivre, son album le plus exigeant et le plus captivant à ce jour, et, première pour lui, il construit avec la jeune chanteuse Gabrielle Cavassa une dynamique vocaliste. « Quand j’ai entendu Gabrielle, j’ai réalisé sa qualité expressive, son intimité et une vulnérabilité dans les sons qu’elle produisait qui étaient singulièrement captivants ». À ses côtés le batteur Brian Blade (leur relation date du début de leurs carrières respectives), le pianiste Aaron Parks (déjà partenaire du quartet collectif James Farm) et le bassiste Joe Sanders sont choisis avec soin pour répondre à un album de ballades. À ces musiciens triés sur le volet, pour donner encore plus de perspectives à cet album ciselé,  Redman invite quatre autres amis à contribuer aux portraits de leurs villes natales , les guitaristes Kurt Rosenwinkel (“Streets of Philadelphia”) et Peter Bernstein (“Manhattan”), le vibraphoniste Joel Ross (“Chicago Blues”) et le trompettiste Nicholas Payton (“Do You Know What It Means to Miss New Orleans?”).
« Where are we » offre aux auditeurs de choisir où ils se placent et d’où ils veulent écouter.

Le maître de la basse… MM !

En clôture apparaît MM… Marcus Miller ! 45 ans de carrière, 2 Grammy Awards, le Prix Edison pour l’ensemble de son œuvre, une Victoire du Jazz, nommé Artiste pour la Paix par l’UNESCO en 2013 et porte-parole du projet La Route de l’Esclave… Pour citer quelques-unes de ses distinctions. Marcus est un créateur, un producteur, un multi instrumentiste, un compositeur hors normes et prolifique, sans oublier ses collaborations avec les plus grands, Miles Davis, Eric Clapton, George Benson, Aretha Franklin, Brian Ferry, Wayne Shorter, Al Jarreau, Herbie Hancock et Carlos Santana… Excusez du peu !

Après ce festin musical, refermons les portes de cet exaltant Jazz à Juan 2024. Pour les plus impatients, destination « Le Nice Jazz Fest » du 20 au 23 août. Et vivement les nouvelles agapes Jazzy de Jazz à Juan 2025. Jean-Loup Guest

Connaissez-vous ce chaman  ?

Ce clown sacré de la sagesse amérindienne est un « contraire », un explorateur des inverses. Un « bouffon du roi » qui pleure à un mariage et rit à un enterrement. Au lever du soleil il va se coucher pour se réveiller avec le lever de lune. Instrument de l’Univers, Heyoka lui-même ne sait pas pourquoi il réagit de la sorte. C’est là le secret de sa grande magie, invisible et toute puissante. Le clown sacré utilise le sens de l’humour, l’autodérision, le grotesque et la fantaisie. Son mauvais comportement, toujours inadapté à la situation, est une preuve de ce qu’il ne faut pas faire. Ainsi, il éduque, soigne, fait prendre conscience. Heyoka associe la sagesse chamanique à l’esprit railleur et crée une farce sacrée qui garde l’esprit du temps sous contrôle. Le chaman comme le clown sont des alchimistes de l’instant. Ils dissolvent les barrières et inversent l’échelle des valeurs culturelles, morales ou générationnelles. Ils se jouent de l’espace et du temps. En équilibre entre deux mondes, leurs pouvoirs les conduisent à danser entre le rêve et le réel.

Attention, si un jour vous rencontrez un Heyoka.

JAL.

 

Illustration IA. Bing.com