mardi 4 août 2026

Une authentique ferme-jardin du Perche

Franchement, tel un Sisyphe contemporain, il vous faudra chercher longtemps et soulever beaucoup de rochers pour découvrir une ferme jardin comme celle-ci. Ici, les scènes végétales se succèdent, mêlent les plantes avec une démocratie affichée et fabriquent des paysages de lande, de colline, d’eaux. Du lever au coucher du soleil, deux hectares de jardin s’adonnent à la vie. Un voyage !

Remplacer le goudron par le tout-venant

jardin-francois Perche

Un équilibre parfait entre le végétal et le construit révélé dans ce bosquet d’essences différentes. ©JAL

Monsieur François, bon pied, bon œil, a quitté Boulogne-Billancourt puis le Val-d’Oise pour venir renaître dans le Perche de ses origines. Un Perche qu’il narre avec délices à toutes oreilles à sa portée. En 1995, quand il recherche de la terre, il a une idée précise en tête. Il souhaite une ferme vallonnée, de bonne taille, avec de solides bâtisses à restaurer, des champs et des prairies, de possibles points d’eau pour désaltérer les animaux, des bois – dont plus personne ne veut – pour favoriser la diversité. À son arrivée, tout un symbole, il remplace le goudron par du tout-venant, « ça n’a pas bougé depuis trente ans, sans rien faire de plus et ça absorbe les pluies ! » dit-il en haussant délicatement les épaules pour souligner l’évidence.

Une ferme-jardin modèle du Perche

jardin-francois Perche

À l’intérieur aussi, le végétal et l’harmonie prédominent. ©JAL

Le Jardin François, du nom de son passionné propriétaire, propose aux visiteurs de passage comme aux habitants du cru, de visiter et de s’inspirer d’une ferme telle qu’elle fonctionnait au 19e siècle dans les belles terres enclavées, les bienheureuses, au cœur du verdoyant Parc régional du Perche. Un parfum d’avant qui fleure bon les étables et les praires… Et aussi l’intelligence des savoirs, moins productiviste que la nôtre, tout en étant idéale pour les animaux, le goût des aliments et … les climats !

Place à la contemplation du vivant

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Quelques belles bêtes du cheptel de Black Angus du jardin François dans le Perche. ©JAL

Hier comme aujourd’hui, il travaille sans plans aux rénovations des maisons et des lieux. Monsieur François est un contemplatif. De nombreux détails le révèlent, comme celui de cette chaise bleue dont l’emplacement, judicieusement choisi à l’abri de l’arbre avec vue sur les nénuphars, prête à rêver, à peindre ou à écrire. Contemplatif encore quand il fait pousser, en imaginant le futur à quinze ou vingt ans de là ou encore quand il élague, juste ce qu’il faut, pour laisser poindre la beauté d’un toit ou d’une verrière entre les branches, là-bas, au loin.
Dans d’autres prairies paissent ses Black Angus. De belles bêtes à la parfaite robe noire, si bien adaptées aux terres d’ici, qu’elles vivent à l’année dans des champs préservés. Préservés ? Oui, dans le Perche on a réussi à conserver une partie des bocages[1], des centaines de kilomètres de haies bourrées de biodiversité, et l’on a évité d’arracher les arbres, abris des bêtes qui se protègent là du froid, de la pluie, du soleil. C’est simple, non ?
Dans ses espaces, l’homme a planté beaucoup et avec sûreté. Ses bosquets agissent comme des points de réflexions végétaux et soulignent les angles des bâtis ou l’entrée vers une escapade végétale à traverser pour un voyage ailleurs dans le temps et l’espace.

Une réalisation de toute beauté dans le Perche

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L’un des ânes du Jardin François dans le Perche. ©JAL

Cinquante ans plus tard, son grand œuvre accompli, on visite la ferme jardin François, bottes en caoutchouc aux pieds, dans le petit matin frisquet et mouillé du Perche. Des parfums, plus jamais sentis, affleurent aux narines : étable, odeur des moutons, des ânes qui accourent quand on les appelle.
Les bâtisses généreuses, en pierres jaunes du pays, reflètent le soleil naissant et illuminent l’espace de couleurs chaudes. Deux salles magistrales nous réservent de belles pépites : une galerie de peinture, des outils de la ferme et surtout une sublime collection de couvertures illustrées du magazine Rustica. Il faut la voir absolument. Je serai volontiers repartie en l’emportant…  mais ça ne se fait pas !

Une leçon personnifiée

Ce Robinson Crusoé percheron, amoureux de perfection végétale, est un peintre visionnaire dont l’inspiration est le vivant ; les pinceaux les futaies ; la toile les reliefs naturels. L’intangible bonheur qui émane de ce tableau conduit l’esprit et l’âme entre mares, troupeaux, érables et charmes centenaires. C’est une poésie écrite à l’attention de celles et ceux prêts à renouer avec une gestion agricole qualitative et une quête de sens.
Monsieur François ne se contente pas de faire visiter sa ferme, il partage ses points de vue au centimètre quitte à vous demander de déplacer votre regard pour mieux profiter de la scène.

On a toujours raison d’être fou, dit-il ! Ce « fou » l’a fait et ça marche ! Judith Lossmann

 

[1] Et, quand c’est possible, on reconstruit les manquants année après année.


INFORMATIONS PRATIQUES

 

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Une chaise bleue, une invitation à la contemplation. ©JAL

Visite tous les jours, mais je vous conseille de téléphoner pour profiter des commentaires du propriétaire.
Tarif : 6 euros par personne. Enfant : 4 euros.

Possibilité de louer maison ou chambres d’hôtes sur la ferme.

Renseignements, réservations, infos complémentaires : https://ferme-et-jardin-francois.com/

 

Socotra, des dragonniers et des hommes

Si vous aimez la beauté sculpturale de la végétation, sa beauté dans une dimension « fractale », comme « designée », vous adorerez plonger dans ce beau livre poétique et évocateur consacré aux dragonniers ! Envoûtants, ces arbres millénaires sont des joyaux de l’Océan Indien. Plus près de la France, on en trouve en Espagne, dans les îles Canaries et sur le pourtour méditerranéen. 

Benoît et Cécile Palusiski* se sont pris de passion pour ces arbres extraordinaires, tant dans leurs formes, que dans leur matière végétale. Ces êtres végétaux combatifs résistent aux vents, aux chaleurs, ils nous font la grâce de pousser très lentement, de s’implanter solidement et de croître à leur rythme dans un flamboiement de beauté. Denses et solidaires, leurs branches s’élancent toujours plus haut vers l’espace.
Impossible de passer devant un dragonnier sans en respirer l’âme, tant la puissance évocatrice de ces bras/branches tendus dans une éternelle supplique est d’une beauté non seulement farouche mais authentique.
Qu’ils sont beaux à admirer ces dragonniers de Socotra, tellement chez eux sur cette Terre d’anciens prophètes, des dieux grecs et des djinns toujours prêts à s’éblouir de cet Eden qu’est notre planète !
Qu’il est bon de les voir, ici, photographiés avec amour, lancer vers le firmament leur tête feuillue en houppe végétale perchée au somment d’un tronc/fût d’apparence si fragile.

Que la Terre, celle des dragonniers** et de tous les autres, est belle.
Protégeons-la de toutes nos forces.

Belle balade au fil des pages de ce livre indispensable à rêver et à poétiser.

Judith Lossmann

 

* Les auteurs reversent entièrement leurs droits d’auteurs à l’association Dragon Blood Tree.
**Association Dragon Blood Tree œuvre pour la protection des dragonniers sur l’île de Socotra.


Socotra, des dragonniers et des hommes, de Cécile et Benoit Palusinski aux éditions Melrakki. Publication soutenue par la région Bourgogne Franche Comté. ISBN : 9782958065041

Love Week-end en thalasso à Granville, Normandie

Aïe, aïe, aïe… Le gris, le froid, la lumière qui décline. On rêve de pantoufles, de pilou-pilou, de couettes, de plaids en fausse fourrure. C’est cool, manque plus que le chocolat chaud et le lait de poule à la cannelle. C’est cool mais pas sexy. Mais alors pas sexy du tout. Allez… En lieu et place du sweety home week-end, je vous propose un love week-end à Granville, en thalasso pour deux ! C’est parti !

Sur les côtes Ouest de la Manche, Granville

La pointe du Roc à Granvile. ©OTGTM-Philippe FAUVEL

Granville possède l’une de ces façades maritimes préservées ouvertes à l’année. Dans cet espace spectaculaire ont lieu les plus grandes marées d’Europe. Constamment brassée, l’eau est oxygénée et chargée de micro-éléments. Avec, en plus, l’air marin truffé d’iode les balades nature, visites culturelles, activités, shopping, toutes les découvertes (lire nos articles) sont à inscrire au programme « santé ». A faire, le temps d’un week-end main dans la main avec son love avant de rentrer à la thalasso pour une mini cure de bien-être et de soins. Résultat, en deux trois jours max, on rentre à la maison renforcés comme jamais par des désirs de tout entreprendre et pour affronter l’hiver citadin.

Hydrothérapie, algothérapie, douche à jets plus espace marin

Ces concepts bien-être à base d’eau de mer, de très fraîche à chauffée à 32°C sont maîtrisés depuis des décennies, mais ici, l’expérience est double car issue du milieu médical hérité du « Normandy », LE centre de rééducation originel où est né le concept Prévithal en 1988. Bonne humeur garantie tant il est irrésistible de se voir, l’un l’autre, enveloppés dans des bains d’algues non ! Quant à la piscine, accessible hors cours collectifs, elle offre tous les jeux d’eau ludiques que l’on apprécie, du parcours de marche dans l’eau à 15°C pour soulager les jambes, aux jets massants, bassin à bulles et jacuzzi. Bien caché, entre deux buses pulsantes, se trouve une petite installation pour les pieds. Une cajolerie ! Comme si la plante des pieds volait au-dessus des nuages. Détressant au maximum ! Hammam et sauna complètent l’offre. La tisanerie vue mer ajoute aux plaisirs.

NOUVEAU : la sophrologie pour évacuer les « petites » tensions

La sophrologie est une discipline sur une variation de technique de relaxation, centrées en grande partie sur la respiration. Albane Legris, sophrologue expérimentée, anime des ateliers collectifs chez Prévithal. Ces séances font désormais partie intégrante de nombreuses cures longue durée (6 jours). Elles complètent parfaitement l’efficacité de celles-ci et cure 100% bio sont inscrites au programme

NOUVEAU : Cure 100% Bio : le bien-être en mode écoresponsable

En adoptant le bio dans votre cure mêlant détente et beauté, vous profiterez des bienfaits de la mer tout en respectant votre peau, votre corps et l’environnement authentique qui vous entoure. Se ressourcer, se recharger, se reminéraliser et rebooster son organisme : tels sont les besoins dont notre corps à besoin.

Soins esthétiques et bien-être en cabine

Enveloppement et soins en cabine. ©Cécile Langlois.

Imaginez la cabine double avec d’un côté vous et de l’autre votre Doudou d’amour. Nous les femmes, sommes habituées à bien des protocoles : corps, visage, enveloppement. Mais nos hommes, bien que de plus en plus audacieux, restent timides dans les cabines de soin. Ici, il y a toute une panoplie, une carte de bons soins pour lui – exclusivement – pour lui. Avec des produits et des méthodes adaptées à la peau de Monsieur !
Prévithal a choisi les soins cosmétiques Estime & Sens. D’origine naturelle et certifiés bio, ils sont adaptés à tous types de peau. Produits rêvés, conçus et formulés en France pour un bien-être de la peau optimal. Ça marche pour lui et pour vous. On a testé, on a aimé les protocoles très efficaces et la douceur des esthéticiennes.

Expériences intégrales : le bien-être global

On l’a compris, la volonté de Prévithal consiste à offrir aux curistes, quelle que soit la durée de leur séjour, une expérience intégrale. Bien dormir, bien manger, bien profiter des expériences apaisantes dans et aux alentours cet hôtel spa, thalasso idéalement situé au bord de plage. La mer est toute proche, on la voit de partout. De la piscine, des bars/restaurants, des chambres. La décoration des soixante-seize chambres est toute simple. C’est confortable, plutôt bien organisé, pour des chambres avec ou sans terrasse vue mer. Entre deux soins, quel bonheur de s’engouffrer sous la couette, fenêtre ouverte pour se laisser bercer par le son des vagues et du vent… Avant, d’aller déjeuner ou dîner juste en bas dans un restaurant qui mérite bien des étoiles.

Le bien-être culinaire !

Une des très belles surprises gourmandes du Chef. ©JAL. Prévithal Granville

Oubliez tout ce que vous savez sur la food en thalasso !!!! Ici, trois grammes de carottes râpées au citron mêlés à sept rondelles de concombre sans sauce, ça n’existe pas. La pépite de la thalasso de Granville – toutes prestations confondues -, est sans aucun doute possible sa restauration. La grande salle du restaurant Le Sound, à la décoration un poil old fashion, est vite, très vite oubliée quand les assiettes arrivent sur la table. Le service est parfait, le personnel accueillant. Habitué à des séjours en demi-pension, serveuses et serveurs reconnaissent les guests en un rien de temps. C’est plaisant. Le chef, Aurélien Leclerc, prône le « fait-maison », presque toujours avec des produits locaux, issus de circuits courts !  Une garantie de gourmandises fraîches et de saison. Tout est incroyablement bon, transcendé comme par magie, celle des grands cuisiniers. Je vous préviens, on prend vite racine au Sound tant l’envie de tout tester est forte. Allez, juste pour jouer avec vos nerfs, je vous tente avec l’œuf cuit à 64°C, de chez Antoine Dauvin, crème de châtaigne et noisettes, poêlée de champignon aillée, copeaux de jeune Comté. Un autre ? L’incontournable Assiette Granvillaise ou encore Le cochon façon Orloff, farci au jambon de pays et au Pont-l’Évêque.

Programme spécial Love week-end !

Love week-end à Granville en thalasso. Prévithal.

Prévoir une arrivée en fin d’après-midi. Une navette vient vous chercher à la gare de Granville et vous conduit en quelques minutes à l’hôtel de la Baie****. Installation dans les chambres avec une petite collation de bienvenue à savourer sur la terrasse de votre chambre, face au coucher de soleil sur la mer. Avant de dîner, on s’offre une petite virée à la piscine d’eau de mer, hammam, sauna, jeux d’eau, marche dans le parcours d’eau glacée. On est fin prêts, pour se mettre en beauté et descendre dîner au Sound, face mer. Et s’il fait nuit, peu importe, on sent la mer et on l’entend. Dîner léger avec le plateau de fruits de mer  » le plateau du Sound » à partager à deux (homard bleu, huîtres, langoustines, crevettes…)
Le lendemain matin, petit déjeuner – habillés s’il vous plaît (le chef n’apprécie pas les peignoirs et les savates dans sa salle) – copieux, généreux, plein de surprises et bien sûr goûteux. Un pur moment de partage les yeux dans les yeux après une nuit pleine de câlins et de bons dodos ! Puis, vient l’heure des soins « thalasso » et d’une longue pause détente à la piscine. Les plus joueurs pourront profiter de l’eau de mer chauffée à la meilleure de température. Les autres, plus cools, liront en regardant le jeu des marées.
Comme on est addict à ce Chef, impossible de rater un déjeuner. OK ! Léger… Une assiette Granvillaise et une dorade royale. #MoiJeDisCaJeDisRien

Il est temps d’aller visiter Granville, de faire une longue et belle promenade main dans la main avec son Namour ! Les aventuriers pourront réserver leur journée sur le Marité et partir à la découverte de l’archipel de Chausey. Les autres, retour en fin d’après-midi, direction la cabine de soin à deux. Massage pour Monsieur. Soin du visage pour Madame. Une tisane et hop, ce soir, c’est le grand soir. On goûte tout, on mange de tout, on savoure la vie et ses plaisirs. N’oubliez pas de partager. Troisième et dernière belle nuit sous les étoiles normandes, au son du ressac.

Avant de partir on déguste chaque seconde, on se remplit d’air, de beauté, de plénitude. Avec les « escapades » Prévithal, ces courts séjours de deux jours avec 6 ou 8 soins, sont de véritables bulles de bien-être. Judith Lossmann

 


INFORMATIONS PRATIQUES

THALASSO GRANVILLE PREVITHAL

 

Incontournable du Sound, restaurant de la Thalasso Prévithal Granville

🥰 ON A ADORÉ : la table du chef. Toute la table du chef !

😁 ON A AIMÉ : la carte de soins cabines et thalasso capable de satisfaire tous les désirs

😟 ON N’A PAS AIMÉ : le lit hydromassant. Bof ! Quel intérêt ?

😱 ON A DETESTÉ : la grosse voix masculine qui parle trop fort pendant les soins en cabines

 

 

 

 

 

Prévithal Hôtel de la Baie Thalasso et Spa Marin Granville – Rue de l’Ermitage – 50350 Donville-les-Bains – Tél.02 33 90 31 10 – Infos et resa : previthal.com/fr/

Y aller ?
En voiture, en train. Gare Granville au départ de Paris Montparnasse. Prévoir 3h15.

Chambre avec vue mer. Prévithal. Granville. ©Cecile Langlois.

Une offre très généreuse pour répondre à tous les désirs, toutes les nécessités. Tout savoir pour mieux choisir : www.previthal.com. ( Il y a une palette importante de cure, voir sur le site)

EXEMPLE

Cure Bien-être – 2 jours, 8 soins : à partir 538 euros/personne
Accès illimité à l’espace Marin – Face à la mer et baigné de lumière naturelle, l’espace marin en eau de mer chauffée à 32°C comprend 10 ateliers aquatiques (rivière de marche, bains bouillonnants, sièges massants, lame cobra…). Les différents ateliers aquatiques massent, détendent, tonifient, soulagent les articulations et améliorent la circulation sanguine. Un sauna et un hammam complètent cet espace de détente. Peignoir et serviette fournis. Sandales et bonnet de bain obligatoires non fournis.

En savoir plus sur Prévithal

L’efficacité d’une cure thalasso, quels que soient vos objectifs personnels, dépend d’une multitude de facteurs. Si le savoir-faire des thérapeutes et esthéticiennes est primordial, la sensation de bien-être physique et mental sera totale uniquement si l’ensemble du séjour est un ensemble d’expériences agréables. Les sens en éveil, chaque curiste choisit Prévithal non seulement pour son savoir-faire mais aussi pour retrouver un sommeil apaisant, un plaisir culinaire partagé et une destination aux paysages sereins et aux multiples possibilités d’activités.

Labellisation Clef Verte : www.previthal.com.

CLOCH, « The » cadeau Noël 2023

Alexia Chazot l’une de créatrices de Cloch. ©Cloch

On aime ce concept inédit dans l’univers du livre de recettes. Et si désormais, vous aviez votre livre de cuisine personnalisé !?

Telle est l’idée d’Alexia et de Léa, les conceptrices du concept qui à la fois prônent le « fait maison, la récupération, le recycling, l’impression à la demande. Alors comment ça marche ?

Composer un livre pour vous, pour votre famille ?

Facile, vous choisissez les recettes parmi un large choix proposé sur le site, vous optez pour une couverture, vous personnaliser le titre. Comme disent les créatrices : « c’est nous le chef ! »

Composer un livre pour offrir ?

Même méthode. Vous renseignez les filtres, les préférences alimentaires, la pagination souhaitée (autrement dit le nombre de recettes). Vus personnalisez aux couleurs de la personne et hop le tour est joué. Un livre de recette unique !

Ce qu’il faut savoir : la qualité d’impression est au rendez-vous. Ce livre sur mesure possède tous les critères attendus. Cousu rigide, papier mat, design de la mise en page… A partir de 45€

Cerise sur le gâteau : Une fois le livre imprimé, on peut accéder au même livre en e-book. À partir de 5,50€ – Aussi des coffrets et des cartes personnalisables ! Et on nous annonce de nouveautés : La cuisine bébé/enfant et très bientôt l’ajout de ses recettes perso. On est fier non !

En savoir plus : www.cloch.fr – on suit toute cette affaire de livre de recettes sur Insta @CLOCH

L’une des recettes gourmandes à ajouter à votre Cloch personnalisable. ©Cloch

VOYAGE AU POLE SUD, un film de Luc Jacquet

C’est notre mission de journaliste de vous donner envie d’aller voir un film ou pas. Et pour réussir cette mission, il y aura autant d’approches que de journalistes qui écriront leur ressenti au travers de leurs filtres. Culturels, émotionnels, éducatifs, artistiques, narratifs, critiques bien sûr. Depuis toutes ces années, je n’ai jamais considéré que pour bien faire mon boulot, il me fallait démonter un film, le passer à la moulinette des comparaisons, l’assimiler à l’univers d’un tel ou d’une telle. Je ne crois qu’il faille le relier à un courant de pensées, à des référents. Quand bien même, parfois, il est juste de citer des origines communes et des combats singuliers mais partagés, j’ai toujours aimé penser qu’un auteur de film, – au même titre qu’un auteur de livres,- narrait une histoire profondément enfouie dans sa mémoire cellulaire à laquelle il avait un besoin irrépressible de donner une vie propre, au risque de ne pas être compris. Et, que je sache, plusieurs humains peuvent partager des inspirations et des destins communs tout en choisissant de la raconter chacun à leur manière. Je ne sais pas très bien pourquoi j’ai écrit ces mots qui précèdent. Sans doute, parce que j’ai peur des gens qui vont quitter la salle (des journalistes l’ont fait pendant la projection), je crains que toute cette poésie soit trop lourde à porter dans un monde qui fait mal tous les jours à tous les êtres, j’ai peur qu’il soit incompris ou mal compris dans toutes ses dimensions.

Voyage au Pôle Sud, Luc Jacquet et ses manchots.

Dans ce film, Voyage au pôle Sud, Luc Jacquet est narrateur, présentateur, personnage principal. Je ne vais pas abuser du suspens insoutenable. On le voit, on voit des manchots, on voit de la neige, de la glace, des bateaux, des troncs d’arbres calcinés et le Pôle Sud.

C’est tout.

Et dans ce tout, il y a tout !

L’aventure, l’amour, la mort, le froid glacial, les icebergs, la fonte des glaces, la petitesse de l’homme, la minusculinité des animaux, la quasi absence de végétation.

Il y a tout. Tout d’un monde d’une beauté en noir et blanc. Certes un choix de réalisateur, mais en réalité aucune couleur n’aurait été justifiable face à l’immensité blanche du Pôle Sud, ponctuée du gilet des manchots.

Il y a tout. Tout ce qui fait l’Homme dans ces aventures au pôle. Tout ce qui défait l’homme qui casse, crache, détruit, abîme comme aucune tempête, aucun ouragan, aucune horde animale ne le fera jamais.

Voyage au Pôle Sud un film de Luc Jacquet

Ce film, son narratif, ses pauses, ses visions, son inconditionnel amour pour les terres australes sont une ode à la beauté de notre planète. Avec ce film on pénètre dans une galerie d’art tout en longueur où chaque photo se lit indépendamment l’une de l’autre ; où chaque photo manifeste son incroyable esthétisme tout en restant intimement unie à toutes les autres. Et cette immense galerie se poursuit sur 4920 secondes pour aboutir à 123,000 photos qui, collée l’une à l’autre créent l’un des films les plus purs et les plus magnétiques qui soit.

Entre road-movie et quête d’absolu, Voyage au pôle Sud fait le récit d’une vie d’homme passionné par ces contrées, par la rudesse des climats et la résistance de la vie. Cette scène de bébés manchots en pleine tornade de glace fait réfléchir à nos conditions de vie si aisées. Dans ces éléments parfois déchaînés, parfois calmes, on admirera le doux regard du phoque de Weddell, le vol planant du condor des Andes et des albatros, les démarches éthyliques des manchots, on entendra le cri rauque de la baleine bleue, on se réjouira de la présence quasi impossible d’un bébé léopard de mer. Et reste en suspension dans l’air, jamais posée et pourtant tellement omniprésente, reste la question ? Jusqu’à quand ?

Voyage au Pôle Sud un film de Luc Jacquet

Il y a urgence à voir ce film. Seul, seule, en famille, entre amis, vieilles personnes et jeunes gens – surtout jeunes gens —. À certains, dont moi, il rappellera la chance que j’ai eue de naître suffisamment tôt dans ce monde pour avoir cru que l’Arctique et l’Antarctique existeraient toujours (doux rêve). Aux jeunes gens et jeunes femmes, il confirmera la fragilité de toute vie et je l’espère, leur donnera envie de mettre les mains dans la neige et la glace pour que leurs enfants puissent, eux aussi, un jour aller filmer ces paysages. (doux rêve !?) Judith Lossmann


INFORMATIONS PRATIQUES

LA VIE EST BELLE VOYAGES

VOYAGE AU POLE SUD

Voyage au Pôle Sud de Luc Jaquet – Sortie le 20 décembre 2023.

PS : Je n’étais pas allée voir La marche de l’Empereur tant j’avais peur de voir des animaux morts. Je ne voulais pas les voir morts. Seulement vivants. Si vous partagez cette crainte vous pouvez aller voir Voyage au Pôle Sud.

PS : ce film devrait être inscrit dans les programmes de toutes les écoles, de toutes les années.

Chausey à bord du Marité : récit d’une journée hors norme !

Granville, jolie petite ville normande sise sur un éperon rocheux au bord de Manche possède bien des atouts. Mon préféré ? Son territoire d’outre-mer, terres de pirates, rivages d’aventures à dix-sept kilomètres du cœur de ville : l’archipel de Chausey

Les rochers affleurants de Chausey abritent des colonies d’oiseux. ©JudeLo

Chausey est une magie !

Sis à 17 kilomètres du port de Granville, cet archipel se mérite. Il faut ab-so-lu-ment le visiter avec un professionnel ou un guide qui saura vous en présenter toutes les facettes et toutes les richesses. Chausey est le plus grand archipel d’Europe avec ses 365 îles et îlots et son important marnage qui fait 6 mètres en moyenne et 14 mètres durant les grandes marées. Pour des néophytes, ce marnage explique bien des surprises.

J’ai fait cette expérience un jour de grande marée, 101 de coefficient soit un marnage d’environ 12 mètres. A bord du Marité, on met deux bonnes heures pour entrer dans l’archipel en tirant quelques bords entre la Grande île, la seule habitée à l’année et les autres petites îles. Vers 11h30, l’équipage affale les voiles et jette l’ancre en plein milieu de nulle part, où seuls affleurent quelques petits rochers habités de colonies de macareux. On est en droit de se demander où l’on est.

Le capitaine sort une carte. Nous sommes au cœur de l’archipel, il y a un passage nord/sud, nous l’avons emprunté et nous sommes au milieu du trajet. Même ainsi informé, ce n’est pas si simple. D’autant que depuis des heures, il pleut. Visibilité zéro. Alors, quand le chef du bateau nous dit sous une pluie battante, « on va descendre déjeuner dans la cale aux morues puis, avec le zodiaque l’équipage vous déposera sur la plage« , je reste pantoise. Une plage ! Vous êtes sûr de vous !? Je ne sais pas ce qu’il a bu le capitaine mais ça fonctionne bien. Ce jour-là vraiment, la météo n’est pas au rendez-vous. Une brume assez épaisse stagne au-dessus de Chausey. Il tombe des hallebardes depuis notre départ. Aucun vêtement, sauf ceux des professionnels, n’est capable de nous maintenir à l’abri. Un de mes compagnons de voyage, gras comme un guidon de vélo de course, est bleu, tremblant et pétrifié par l’humidité froide. Il descend se réchauffer comme il peut dans la fameuse cale. Je fais un peu de résistance et finis par céder. Dans cet endroit dédié aux « récoltes » du bateau, chacun est venu avec son panier repas. C’est amusant et convivial. Tout ce joli petit monde s’organise. Je m’installe comme je peux. Même sans les morues, ça ne sent pas très bon là-dedans. Autrement dit, mieux vaut choisir la bonne météo pour cette expérience très insolite.

 

 

Avec mes compagnons de galère, nous mangeons en silence, plongés dans l’imposant tableau mural, l’aventure en images des cent ans du Marité ! Deux ou trois d’entre-nous ne tiennent plus en place. Direction le pont. Tant pis, la pluie ce sera toujours mieux que la bien nommée cale aux morues. On escalade un escalier en colimaçon avant d’arriver à l’air libre. Un regard panoramique autour de moi et j’ai l’impression de pénétrer dans un rêve.

La pluie a cessé. Nous voilà en plein soleil, normand le soleil. Et là, pile dans l’axe de vue que j’avais une heure plus tôt s’étale un immense banc de sable blond couronné de rochers. Les oiseaux installés à leurs faîtes sont partis fouiller dans la grève découverte par la mer. Le temps de grignoter un dessert, de boire un thé et de raconter deux trois blagues, le paysage a encore changé. Minute après minute se dévoile, une terre, une large plage, des rochers, des sentiers, des herbiers d’eau. Je sens monter en moi une impatience crasse. Je veux y aller. Il arrive quand le départ en Zodiac ? Le temps que ces messieurs-dames s’installent ajouté à celui de quelques allers-retours et c’est désormais une île, une grande île qui se dessine devant le Marité au mouillage dans la baie. Le paysage change sans cesse. Certes, nous sommes en baie du Mont-Michel, là où une croyance urbaine affirme que la marée monte et descend à la vitesse d’un cheval au galop, mais là on n’est pas loin de cette contre-vérité.

Granville/ Chausey… les herbiers pleins de vie. ©JudeLo

Chausey ! Et se dévoilent des terres…

Je débarque de l’annexe, pantalon retourné, pieds dans l’eau, baskets accrochées au coup par les lacets. Je marche sur un épais matelas d’herbes et d’algues. Tellement doux, presque huileux. Puis, j’arrive sur une partie rugueuse. Je ne comprends pas tout de suite. Je me baisse et sous mes yeux ébahis je vois des millions de petits coquillages. Une effervescence, une myriade, une voie lactée. Hallucinant. Encore quelques pas et c’est le sable. Sans plan, ni indication, je suis mon instinct et la courbure des lignes pour visiter ces espaces qui n’existaient pas il y a deux heures. En fait, je suis en train de marcher au fond de la mer ! Qui d’ailleurs ne cesse de reculer. Bientôt on pourra rejoindre le Marité à pieds ! Je pars en direction d’un lagon. On pourrait se croire aux Seychelles. Dans un coin, un couple s’active. Ils pêchent des crevettes bouquets. Je sens que je les dérange dans leur cachette. Je poursuis. Un bateau, 7/8 mètres est couché sur le flanc. Un homme gratte le sable et les herbiers voisins. Je l’interroge. Il pêche ! Des coquillages, des crevettes, des huîtres sauvages, des coques, des palourdes. Je repars à l’opposé. Mon temps dans ce paradis est compté, il faudra remonter à bord et rentrer au port, à Granville. Derrière une mini dune, je tombe nez à nez avec un autre bateau, encore plus grand, plus chic, tout droit dressé sur sa quille. Je m’étonne. Le propriétaire m’explique qu’il vient ici tous les jours, il jette l’ancre. Attend que la marée descende en buvant un café et en contemplant les paysages. Il pêche. Il attend que la marée remonte et il repart tranquille avec son butin !
Elle n’est pas belle la vie !?

À Chausey, les plages apparaissent et disparaissent par la magie de marées. ©JudeLo

Il me prend une frénésie. Ce n’est pas tous les jours que l’on marche au fond de la mer. J’ai envie de tout voir.

Là, des ostréiculteurs et mytiliculteurs profitent de la marée basse pour, armés de leurs immenses bottes, retourner les poches et soigner les élevages. Je comprends mieux désormais, le pourquoi des hautes, très hautes fourches de bois plantées dans le sable. Ce sont des repères de bancs.

Là, un autre lagon, deux de mes compagnons de voyage et un monsieur qui fait des grands signes dans notre direction : « Un phoque ! Un phoque ! Venez le photographier ! Je n’ai pas pris mon matériel photo, juste un iPhone. Le phoque est gros comme une tête d’épingle. Pas grave mes yeux l’ont vu et l’ont inscrit dans mes beaux souvenirs. Je mets un pied dans l’eau. Elle est bonne. Deux pieds dans l’eau. J’y vais, j’y vais pas ? J’y vais ! Une telle occasion ne se rate pas. Un bonheur de liberté. Dans une heure le lagon aura disparu. Et même s’il revient demain, il ne sera pas exactement à la même place, il n’aura pas les mêmes dimensions, ses eaux n’auront pas la même température. Ha ce marnage ! Il crée des instants dont la poésie me touche profondément.

Granville / Chausey. Les dauphins accompagnent le Marité. ©JudeLo

Une corne de brume retentit. Il doit déjà être l’heure de quitter ces lieux enchanteurs, qui existent par tranche, jamais aux mêmes heures. À regret je repars vers le lieu de rendez-vous. Je suis restée là, quoi ? Une heure. Une heure et demie. Et déjà la plage du débarquement n’a plus tout à fait le même look. Les herbiers se redressent. Les petits coquillages orangés sont sous l’eau. Les algues libèrent toute une faune de mollusques. Parfois, ça craque sous les pas. Je n’avais encore jamais écrasé de bigorneaux. Je monte en dernier dans le dernier transfert. En quinze minutes l’eau atteint presque mes hanches. Il est temps de laisser à Chausey sa vie cachée. J’emporte avec moi des instants magiques !

Sur le chemin du retour, un banc de grands dauphins joueurs nous accompagnera un long et beau moment. Que je vous envie votre première fois à Chausey ! Judith Lossmann

 


INFORMATIONS PRATIQUES

LA VIE EST BELLE VOYAGES

CHAUSEY, L’ARCHIPEL 

 

 

 

Première adresse sur place

  • Première adresse sur place

Se rendre à Chausey :

Il existe de nombreuses façons de se rendre sur l’archipel et la grande île. Via la navette quotidienne, une vedette qui circule tous les jours aller-retour (sauf si la météo est vraiment épouvantable). Via des loueurs de bateaux privés, via le voilier, le Marité, tous les moyens sont bons de visiter l’archipel de Chausey.

En savoir plus sur le Marité : https://lemarite.com/100-ans-en-2023/

Whaou ! Granville en Normandie

C’est vert. C’est beau. On y produit du beurre, de la crème, des fromages grâce aux laits récoltés dans les douces prairies. On y mange très bien. Des poissons. Des crustacés. De la viande (avec modération) Ha, les richesses de la Normandie. C’est vaste la Normandie. Chacun à ses préférences, ses références. Deauville, Trouville, Caen, Le Havre, Honfleur, le Tréport, Dieppe… Aujourd’hui, partons dans le département de la Manche. Et plus précisément à Granville. Cette charmante petite ville en bord de mer érigée sur un rocher recèle de nombreuses bonnes adresses, des boutiques originales, d’excellents restaurants et un patrimoine intéressant. Sous oublier, le must do absolu dans un quartier tout à fait à part, à 17 kms des côtes : l’archipel de Chausey.

Granville, chemin du littoral.©JudeLo

Faisons un peu connaissance avec la « Monaco du Nord »

Quartier ultra prisé tant par les locaux que par les aimables bobos parisiens, la vieille ville garde les traces très anciennes d’une présence humaine. Sans remonter jusqu’au paléolithique, arrêtons-nous sur les événements qui firent Granville.
Depuis l’aube des temps « humains » les populations ont bien compris les attraits de cette exceptionnelle situation géographique. La raison sans doute à ce convoi de drakkars qui débarqua un jour ses hordes de Vikings. Lesquels abaissèrent leurs voiles pour s’installer définitivement et transmettre le caractère si particulier à cette peuplade de l’Ouest nommée les Normands ! Pas encore des Bretons mais ne vous y fiez pas !
Selon une légende très répandue, en 1066 le duc de Normandie Guillaume le Bâtard qui deviendra Guillaume le Conquérant aurait sollicité l’aide d’une certaine famille Grant pour sa conquête de l’Angleterre. En reconnaissance, il lui aurait offert les terres de la Roque de Lihou. Les Grant, dont on ne possède aucune trace, auraient été ainsi les premiers seigneurs de la ville après les Vikings. Ce serait à cette famille que l’on doit le nom de la ville. Puis, vinrent les guerres successives sur ces terres extrêmement attractives ! Puis, celle de Cent Ans qui opposa, une fois de plus, la France à l’Angleterre. Cet éperon rocheux était un lieu facile à défendre et les Anglais s’y cassèrent les dents à chaque tentative. En 1442, ils capitulent et s’en vont. Trois ans plus tard, la création de la charte des franchisés favorise un développement démographique sans précédent de Granville, la ville où l’on ne paie pas d’impôts !

La pêche à la morue

Avec le fourmillement des commerces, les Juifs s’installent à Granville dans un quartier et surtout une rue qui porte toujours leur nom. Ils y travaillent dur. Certains investissent dans les bateaux de bateaux qui partent au loin pour des campagnes de pêche à la morue de plusieurs mois. Ils créent aussi des entreprises spécialisées dans le tissage des voiles. Et voilà venu le temps des armateurs. Les protestants sont forts dans cette matière, ils la maîtrisent depuis longtemps. Dans la vieille ville ils érigent de belles maisons dont beaucoup sont toujours visibles et habitées. Elles sont bâties en granit de Chausey, le plus résistant qui soit au climat océanique assez violent qui règne sur ces côtes. Et, Granville devient l’une des places fortifiées les plus importantes de Normandie, toujours attaquée, jamais vaincue. Même les fameux Chouans y laissèrent leurs plumes. Eux qui pensaient que Granville serait la ville toute désignée pour remettre la royauté au goût du jour après l’assassinat de Louis VI, y abandonnèrent forces et hommes. Après une journée de combats pour assiéger la vieille ville – qu’ils étaient sûrs, les fiérots, de prendre-, ils décidèrent de fêter d’avance leur victoire du lendemain en pillant les caves de maisons rue des Juifs. Alcoolisés, fatigués, repus, le lendemain, il leur fut impossible de venir à bout du pont-levis (toujours visible). Entre le feu volontaire allumé dans les demeures juives où séjournaient encore les avinés et la résistance du pont-levis, rien n’y fit. Ils perdirent et rentrèrent dans leurs Landes natales. La République vivrait !
Plus tard, bien plus tard, le fils d’une belle famille, François de Matignon s’éprit d’une jolie fille de la tribu des Grimaldi. Oui, oui cette famille-là ! Avec son épouse il passait du temps à Monaco. Un jour on l’interrogea sur ses villégiatures, il répondit Je préfère ma Monaco du Nord. Ainsi naquit un lien entre Monaco et Granville qui perdure depuis, au point que le Prince Albert a récemment déposé une plaque sur la maison natale de François de Matignon.

Granville, une rue fleurie de la vieille ville. ©JudeLo

Vous ne connaissez pas encore Granville ?

La vieille ville avec ses terrasses, ses restaurants, des jolies boutiques. Ses rues étroites. Et à quelques jets de flèche, le centre de Granville, où tout est à moins d’un kilomètre disent les habitués, quelques rues et places avec des boutiques originales. Des commerçants indépendants ! Ça fait un bien fou de ne pas voir ces éternelles franchises ennuyeuses et ennuyantes. Non ici, on crée ses vitrines à son goût. Je vous le disais, pas encore des Bretons ces Normands mais ne vous y fiez pas. Ils ont le caractère bien trempé et ne s’en vantent pas ! La ville foisonne de points de vue étonnants sur la mer ultra présente, le port, la criée, la halle aux poissons, les plages. De belles balades tel le chemin du littoral.

Des occasions de venir à Granville ?

En plus de toutes celles qui précédent, l’art de vivre tout en douceur de cette jolie petite ville balnéaire est une fin en soi pour la découvrir. Mais ajoutons.
Un marché à la brocante mensuelle, très prisé des amateurs et des professionnels, où l’on peut chiner des objets et des tableaux toujours surprenants et souvent intéressants. (dixit Yves, notre vendeur d’art. Lire plus loin). C’est tous les troisièmes dimanches du mois, voilà qui vous laisse le temps de vous organiser.
Le musée d’Art Moderne de Richard Anécréon, sis en haute ville, propose une collection unique autour de Colette et Cocteau. En été et aux beaux jours, des transats sur le gazon invitent au repos et à la contemplation avant d’attaquer les marches pour descendre sur la plage.
La maison d’enfance de Christian Dior avec son jardin de roses est devenue le Musée Dior où s’expose la Haute Couture française. En été, on visite et l’on s’installe pour déguster un thé face à une vue magique sur la mer.

Granville, les voiles sous la lune. ©JudeLo

Les 7 et 8 octobre derniers se tenait un goûteux festival « Toute la mer sur un plateau ». A cette occasion unique, une fête est organisée sous la halle de la criée avec présentation des spécificités locales de la pêche. On sert l’assiette granvillaise avec les fameux bulots IGP GRANVILLE récoltés en pêche au casier responsable et écologique respectueuse des ressources. Une façon de refaire, dès aujourd’hui, le monde de demain que s’impose Granville. Elles ne sont pas IGP mais figurent au menu la poussette, nom du bébé araignée de de mer et la marguatte, autre nom de la seiche version grandvillaise.
Le carnaval de Granville est une « institution » à laquelle personne n’oserait de soustraire. On fabrique toute l’année des chars somptueux qui défilent dans les rues sous les haros de la foule en liesse. Cette fête païenne, commune à des nombreuses villes dans le monde, célèbre l’arrivée du printemps. À Granville, le carnaval est aussi le souvenir prégnant des marins-pêcheurs qui fêtaient à cette occasion, leur dernière soirée sur terre avant le départ des campagnes de pêche le lendemain. On raconte encore que nombre de jeunes gens se réveillaient à bord, la tête dans un étau d’avoir trop bu. Ils avaient signé… sans s’en rendre compte un engagement. Et ceci valait surtout pour la piraterie qui recruterait à tout va !

Et s’il ne devait y avoir qu’une seule raison de venir ? Chausey !

Le Marite en mer ©Schwart

Via la navette quotidienne qui circule tous les jours aller-retour (sauf si la météo est vraiment épouvantable), via des loueurs de bateaux privés, via le voilier, le Marité, tous les moyens sont bons de visiter l’archipel de Chausey. Le plus grand archipel d’Europe quand même avec ses 365 iles et îlots. Sis à 17 kilomètres du port de Granville, cet archipel se mérite. Il faut ab-so-lu-ment le visiter avec un professionnel ou un guide qui saura vous en présenter toutes les facettes et toutes les richesses. Chausey est une magie ! En savoir plus ici !

En conclusion, petite ville, petit rocher, petits îlots mais immenses plaisirs, merveilleuses découvertes, grands cœurs, belles tables et beaux produits se cachent derrière chaque centimètre carré de ce coin de la Manche !
P
erso, je suis fan ! Judith Lossmann


INFORMATIONS PRATIQUES

LA VIE EST BELLE VOYAGES

GRANVILLE NORMANDIE

 

Avant de venir !

Comité Régional de Tourisme de Normandie

  • normandie-tourisme.fr
  • pronormandietourisme.fr
  • tourisme-granville-terre-mer.com

Y aller ?

  • En voiture, environ 3H30 de trajet depuis Paris via les autoroutes.
  • En train depuis Paris Montparnasse. Environ 3h20, via la seule ligne TER de France qui roule Bio avec B100, un bio carburant à base de colza. Les gares desservies sont : Dreux, Verneuil sur Avre, L’aigle, Surdon, Argentan, Flers, Vire, Villedieu les poêles, Folligny, Granville.

Première adresse sur place

Un guide ?

  • Dominic Farrell – Pour info, il est très porté sur l’Histoire. Voir avec l’Office du tourisme de Granville

Granville, restaurant la Contremarche. ©JudeLo

MANGER À GRANVILLE

Granville, le restaurant le Loca Café. ©JudeLo

  • LA CONTREMARCHE est un restaurant authentique dans la veine des bistrots parisiens. Construit dans les murs de l’ancienne halle au poisson datant de 1827 dans la Haute-Ville de Granville, le restaurant propose une cuisine essentiellement élaborée à partir de produits frais, locaux et de saison afin de valoriser le travail remarquable des fournisseurs. Des menus naturels et simples. Convivialité, plaisir et partage sont les valeurs à retenir de cette expérience dans les remparts de la Haute-Ville de Granville.
    9 Pl. Cambernon, 50400 Granville – Tél.02 33 50 31 94 – lacontremarche.fr
  • LE PHARE ! Une adresse lumineuse ouverte jour et nuit ou presque. Une « place » très courue, mieux vaut réserver. On déjeune et dîne délicieusement dans ce restaurant où tous les poissons et fruits de mer proviennent directement de la criée, juste en face ! Plus court et plus locavore ça n’existe pas !
    11, rue du Port – 50400 Granville – Tél.02 33 50 12 94 – restaurant-le-phare-granville.com
  • LOCA CAFÉ – « Après 25 ans d’une cuisine étoilée à travers le monde, j’ai décidé, dit Stéphane Haissant le propriétaire cuisinier chef, de m’installer à Granville en 2021 pour écrire une nouvelle histoire plus personnelle, en ouvrant mon restaurant : le Loca Café. Ma cuisine est ponctuée de créativité, d’inspirations lointaines, mais sans jamais renier les bases de la cuisine française. La qualité des produits est au cœur de tous mes plats, avec une volonté forte de mettre en valeur mon engagement pour une gastronomie responsable, respectueuse des petits producteurs et de l’environnement. Au plaisir de vous accueillir pour partager ensemble un moment convivial. »
    24B rue Georges Clémenceau – 50400 Granville – Tél.02 33 69 03 12 –loca-cafe.frcontact@locacafe@gmail.com

 

PAUSE GOURMANDE À GRANVILLE

  • AVANT L’HEURE. Ni un café, ni un restaurant, ni un bar … Située en haut de la rue des juifs, ce charmant endroit à l’accueil sympa propose tout un tas de gourmandises à manger et à boire à toute heure. Café, brunch, pâtisserie et take away.
    44, rue des Juifs – 50400 Granville

DORMIR À GRANVILLE

  • IBIS PORT DE PLAISANCE. C’est un Ibis, sans autre intérêt que son emplacement au Port de Plaisance. On peut dormir fenêtre ouverte sur le bruit des marées. Chambres minuscules pas adaptées aux épicuriens. Une adresse pour les urgences.
    Rue des Isles, 50400 Granville – Tél.02 33 90 48 08

ACTIVITÉS À GRANVILLE

Granville. Yves, l’heureux propriétaire passionné de mer. Galerie le crabe.©JudeLo

  • LA GALERIE DU CRABE – Un lieu insolite au cœur de Granville. Amateurs de lieux hors normes vous serez éblouis par la richesse de la collection de peinture (mais pas que) exposée ici sur le thème de la mer et … des femmes ! Il faut fouiller !
    22, rue du docteur Letourneur – 50400 Granville – librairieducrabe@gmail.com -Tél.06 63 52 71 07
  • LA GALERIE VALÉRIE BERTONI – l’atelier galerie d’une artiste-peintre au talent incandescent dès lors qu’il s’agit de magnifier l’âme des animaux et leurs visages si expressifs. Beaux tableaux, belles pièces monumentales, sculptures en résine, meubles peints pour une décoration très personnalisée.
    6, rue du docteur Letourneur – 50400 Granville – Tél. 06 09 16 33 61 – www.valerie-bertoni.comvalerie.bertoni60@gmail.com

SHOPPING À GRANVILLE

  • LA PICORETTE
    En plein centre de la ville, ne loupez les pains, friandises, gâteaux de cette boutique/boulangerie/pâtisserie 100% bio.
    22/24 rue Saint Sauveur – 50400 Granville – Tél.02 33 59 93 49 – www.picorette.fr
  • LA MAISON DES MATIGNON
    Au coeur de la vieille ville, face au restaurant La Contramarche, la boutique implantée dans la maison historique des Matingon. Une plaque honore la venue du Prince Regnier. La boutique, un poil chère, fait la part belle à la décoration marine. Joli linge de maison.
    28 rue Notre Dame  – 50400 Granville – Tél.06 46 50 80 86 – www.lamaisondesmatignon@orange.fr

Les pépites de l’Yonne !

Nombre de Parisiens n’ont pas le temps de monter sur la Tour Eiffel de toute leur vie. Ils partent en République Dominicaine, à Taïwan, à l’autre bout du monde mais ne trouvent jamais le temps d’aller à 1h30 de chez eux. Dans l’Yonne par exemple, maillée de découvertes, d’explorations, d’expériences et autres plaisirs inscrits dans l’art de vivre ou non du vin. Révélation de pépites !

L’étonnant parcours olfactif dans la cave de la cité des vins de chablis. ©JAL

Cité des vins et des climats de Chablis

L’Yonne c’est une part importante de la production de vins de Bourgogne, celle du Nord avec le Chablisien, Grand Auxerrois et Châtillonnais. Il y a d’énormes découvertes, des pépites vous dis-je, à faire dans ce domaine. Lisez l’article et le résumé des dégustations de notre « envoyé spécial œno« , Rfi Thuillier, ici. De mon côté, j’ai pris plaisir à découvrir ce monde du vin, ses origines, son histoire, ses ustensiles, ses savoir-faire, ses mœurs et ses « climats » dans la très belle cité des vins de Chablis qui vient tout juste d’ouvrir ses portes. La visite s’adresse autant au néophyte qu’au passionné. On y reçoit moult informations sur l’évolution de la vigne, des vignobles, des paysages façonnés de mains d’hommes. Une importante documentation interactive que l’on pilote avec un bracelet connecté tout au long d’un parcours immersif d’une infinie richesse. On ressort de là prêts à déguster. Mon coup de cœur ? En sous-sol, la superbe cave devenue avec ses espèces d’amphores en verre, le must du parcours olfactif.
Pour information, trois cités des vins et des climats sont nées en Bourgogne, trois architectures différents pour trois lieux musées du vin : Chablis, Beaune, Mâcon.

Découverte sensorielle oenotouristique avec Melo

Mélo et les vignes qu’elle connaît si bien. ©JAL

À l’opposé du bus rempli de touristes, il y a… Melo. La douce et passionnée Melo qui nous balade dans les terroirs au volant de sa 4L. Au début, on pourrait se dire une de plus ! Mais non, la différence réside dans de nombreux détails. Outre la passion incroyable que Melo éprouve pour ces paysages, dont elle organise la lecture de manière unique, ludique et passionnante, elle « ressent » et fait « ressentir » cette récréation olfactive avec ses talents d’ex nez chez les parfumeurs de la capitale. Aux yeux et au nez, s’ajoute la bouche… Après avoir expliqué le pourquoi du comment de la terre, des pentes, des collines qui accrochent ou pas la pluie, Melo ouvre des bouteilles. Assis sous un vénérable arbre-nid, le cours d’œnologie prend un sens très orienté nez/bouche. Telle une magicienne elle sort de son sac des fioles, des verres, des dessins et tout s’éclaire… Du savoir, du savoir-faire et une bonne douce dose de magie, telle est la recette de Melo. Mon coup de cœur ! Si vous ne devez en faire qu’une visite de ce type… que ce soit celle-ci.

Au départ de la balade la tour de l’Horloge d’Auxerre. ©JAL

Balade à vélo électrique le long du canal du nivernais

Départ depuis la boutique de France à Vélo, au cœur du centre historique d’Auxerre. On passe sous la vieille horloge, rénovée récemment, elle semble flambant neuve. On longe des venelles pleines de charmes, quelques jolies boutiques pour parvenir devant la cathédrale Saint Éienne et ses centaines d gargouilles. Puis, l’on rejoint le pont et les quais le long du canal du Nivernais. De beaux espaces verts et très vite la campagne, le silence, la nature pleine et entière, quelques joggeurs (on les comprend, ce n’est pas le périph), des pêcheurs silencieux, des cygnes et des poules d’eau. Puis, on quitte les quais pour monter (ça monte vraiment mais heureusement on a des VAE) dans un ou deux petits villages afin de traverser les vignes. Tout est superbe. Une très belle promenade d’une bonne quinzaine de kilomètres. Seul bémol. La route finale avant de rejoindre Auxerre est totalement défoncée sur près de 3 kms. Dur, dur pour les vibrations. N’hésitez pas à demander un autre chemin pour rentrer, même s’il vous prive d’une vue exceptionnelle sur la ville et d’un retour par les quais. Si l’expérience vous a plu, sachez que France à Vélo organise des séjours sur mesure avec transferts de bagages dans toute la Bourgogne.

La maison natale de Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye

Buste de Colette (1873-1954), installé dans le jardin face à la maison natale de Colette.

Que l’on soit littéraire ou pas. Que l’on aime Colette ou pas. La visite guidée de cette très belle maison,- la maison de Claudine,- est révélatrice d’une sommité de détails qui donneront envie de devenir lecteur et de plonger dans un livre de l’auteure, (figurant encore parmi les écrivains les plus aimés de France). Au fil de la visite et de la découverte des lieux, on apprend sur Colette et sur ce qui l’a forgée. Ce qui l’a forgée et qui la forgée. Sa mère, Sidonie, quelle femme incroyable. D’une certaine façon bien plus extraordinaire que sa fille, tant elle l’a nourrie de valeurs, de concepts, de liberté qu’elle a réussi à la transformer en cette femme moderne s’il en est. Et moderne, Colette le fut et l’est encore. Par ses écrits, sa pensée, la cristallisation de ses désirs et envies. Bien sûr on aimera l’enfilage des pièces, l’escalier boiteux, la décoration en trompe-l’oeil, les luxueux papiers-peints de la Maison d’Offard, les détails de tissus dont les rideaux de la Maison Hermès, de la vaisselle monogrammée, le luxe de l’époque aussi pour cette maison bourgeoise qui n’a rien à voir avec les récits qu’en fait Colette quand elle écrit à propos de son enfance « paysanne ». Campagnarde certes mais pas paysanne ! On aimera les jardins dont Colette parle tant, la bibliothèque aux bibelots si utile à son imagination et sa petite chambre d’enfant posée telle une cachette à côté de celle de ses parents. Une « ruse » de sa maman qui ne supportait pas de s’éloigner de sa fille de plus de quelques mètres. Mon coup de cœur va à Claire, notre guide qui parle si bien de Colette et de Sido !
Pour info la Maison de Colette va prochainement devenir une résidence d’artiste. Pour postuler, rdv sur le site.

Bouquiniste à Saint-Sauveur-En-Puisaye à deux pas de la maison natale de Colette. ©JAL

Saint-Sauveur-en-Puisaye : un labyrinthe aux trésors et un marché

Mon conseil, venez visiter la maison de Colette les jours d’ouvertures du marché. D’abord, il est agréable, bien fourni par des producteurs pleins de bonne volonté qui n’ont qu’un désir, vous mettre l’eau à la bouche. J’y ai acheté des conserves de pâté, certes un peu chères mais excellentes, des tomates cueillies le matin même et ça fait toute la différence, des œufs de la ferme dont le jaune est orange comme un soleil couchant avec une texture que je n’avais plus jamais vue depuis mon enfance. Bref, vous avez compris.

Merveilleux bouquiniste

Et pourtant ce n’est pas mon coup de cœur principal à Saint-Sauveur-en-Puisaye. Non, mon coup de cœur c’est cette boutique de livres. Je n’ai jamais vu un tel amoncellement de livres, une telle quantité de travées chargées de milliers de bouquins, un tel labyrinthe de trouvailles. On marche, on tourne, on se retourne, on se croirait à Poudlard quand les escaliers changent de sens et que les tableaux aux murs s’animent. Mais où va-t-on ? Difficile même de trouver à qui payer ses achats ? Au fond, tout au fond, il y a même une brocante. J’aurais aimé avoir le temps de rester dans ces lieux entre livres et objets… Croyez-moi… Allez-y ! C’est une véritable institution conduite de mains d’expérimentés par deux bouquinistes passionnés.

 


INFORMATIONS PRATIQUES LA VIE EST BELLE VOYAGES DANS L’YONNE

 

Y aller ?

  • En voiture, environ 1h30 de trajet depuis Dijon ou Paris via les autoroutes.
  • En train depuis Dijon Gare et Paris Austerlitz. Environ 1h30. Plus si correspondance à Laroche-Migennes.

Premières adresses sur place

  • YONNE TOURISME – 16 18 Bd de la Marne bât Le 89 – 89000 Auxerre – Tél. 03 86 72 92 00
  • OFFICE DU TOURSME DE L’AUXERROIS : 7 Pl. de l’Hôtel de Ville, 89000 Auxerre – TÉL. 03 86 52 06 19

MANGER DANS L’YONNE

 

Les superbes et goûteuses assiettes du restaurant du Roncemay, domaine et golf. ©JAL

  • Domaine et Golf du Roncemay
    Une fois le portail du Domaine du Roncemay passé, niché dans une centaine d’hectares de verdure, la tranquillité et la beauté du lieu vous aideront à tout oublier et à simplement profiter. Subtil mariage d’authenticité et de charme, le Domaine du Roncemay restitue l’ambiance chaleureuse des belles demeures françaises dans un écrin de verdure apaisant.
    Adossés à cet hôtel 4*, une table bistronomique et un restaurant gastronomique, un spa de 850m², des salles de réception et de nombreuses occasions de loisirs : golf, tennis, pétanque, piscine extérieure, découverte de producteurs locaux… Une table bistronomique dans un lieu d’exception pour déjeuner ou dîner tout en étant décontracté et cool.
    DOMAINE & GOLF DU RONCEMAY – Lieudit Boisserelle – 89110 CHASSY – Tél. 03 86 73 50 50 – www.roncemay.com
  • Déjeuner à la Cité des vins et des climats de Bourgogne
    Dans la cour en sortant de la visite, se trouve un petit restaurant. On peut déguster des vins et manger à l’intérieur (peu de place) ou à l’extérieur (dans une belle cour). A mon sens, les prix de la carte sont trop élevés, mais le cadre justifie peut-être cela.
    CITE DES CLIMATS ET DES VINS DE BOURGOGNE – 1 rue de Chichée – 89800 CHABLIS – Tél. 03 80 25 07 49 – www.citeclimatsvins-bourgogne.com
  • La Cantina à Auxerrre
    Située sur les quais de l’Yonne, cette table vivante cuisine avec amour des produits bio, locaux et de saison, accompagnés de jolis vins singuliers. Saluons l’accueil fort agréable, les assiettes copieuses et l’originalité de certaines compositions. Une bonne adresse !
    LA CANTINA – 4 Quai de la Marine – 89000 AUXERRE – Tél. 03 86 34 28 47 – tablevivante@gmail.com
  • La Véranda à Auxerre
    Ouverte en début d’année, cette petite brasserie sympathique et lumineuse, est idéalement située tout près de l’Yonne, à 5 min à pied du centre historique. Plats typiques d’une brasserie mais également, un beau choix de spécialités Bourguignonnes et Icaunaises : Gougères, escargots, bœuf bourguignon, vins de l’Auxerrois, bières Icaunaises…
    RESTAURANT LA VERANDA – 3 quai de la République – 89000 AUXERRE – Tél. 03 86 51 69 86

La terrasse de la Côte Saint Jacques, une pause gourmande sur les bords de l’Yonne. ©JAL

PAUSE GOURMANDE DANS L’YONNE

  • Nichée sur les rives de l’Yonne, La Côte Saint-Jacques & Spa ***** est l’endroit idéal pour celui qui recherche le calme d’une nature préservée, une cuisine de création et d’émotion récompensée par 2 étoiles au Guide Michelin et le raffinement d’une maison où il fait bon vivre. Profitez du décor unique, du restaurant et de sa table réputée ainsi que des chambres toutes décorées différemment et dont certaines avec terrasses ou balcons surplombent l’Yonne. Bénéficiez d’un jardin d’agrément au bord de l’Yonne et prenez le temps de vous détendre et de vous relaxer dans leur spa sur 800 m², unique en Bourgogne. Ce lieu dédié au bien être vous propose une piscine intérieure chauffée, jacuzzi, hammam, sauna, salle de fitness et des salles de soins. L’endroit idéal pour profiter d’un instant de luxe sur les terrasses en bord d’Yonne pour prendre un en-cas sucré ou salé. À ne manquer sous aucun prétexte.
    LA CÔTE SAINT JACQUES – 14 Faubourg de Paris – 89300 JOIGNY – Tél. 03 86 62 09 70 – www.cotesaintjacques.com

DORMIR DANS L’YONNE

  • Hôtel Normandie*** à AUXERRE
    Cette ancienne maison bourgeoise est pleine de charme et affiche 3 étoiles. Sise en bord de route elle relativement bien insonorisée et propose une belle terrasse/jardin. Top pour prendre un bon petit-déjeuner. Chambre petite et propre. Décoration sans ostentation. Les light-sleepers préféreront les chambres à l’arrière.
    Les moins : Pas de climatisation active. L’insonorisation entre les chambres laisse à désirer. On est bien informé de ce que font les voisins. Escaliers difficiles.
    Une adresse bien utile pour sa praticité, les urgences mais pas adaptée aux épicuriens.
    HÔTEL NORMANDIE  41 boulevard Vauban – 89000 AUXERRE – Tél. 03 86 52 57 80 – www.hotelnormandie.fr

SHOPPING DANS L’YONNE

  • LA PÂTEASSERIE DE GHK à AUXERRE
    Pause goûter dans cette nouvelle pâtisserie-salon de thé au cœur du Centre-Ville. Gilles et Karine vous accueillent dans une ambiance sucrée et colorée. Vous pourrez y déguster pâtisseries fines, confiseries chocolatées, viennoiseries, cakes, gamme de salés, thé en vrac… Un petit salon de thé situé à l’étage est à votre disposition pour profiter d’un moment de détente et de gourmandise. Et bien sûr, on en rapporte à la maison…PÂTEASSERIE DE GHK – 22 rue de la Draperie – 89000 AUXERRE – Tél. 03 86 52 08 59 – https://www.facebook.com/Pateasserieghk/
  • PATRICK BARON & CHRISTINE PERES BOUQUINISTES – 1 Rue de la Roche, 89520 Saint-Sauveur-en-Puisaye – Tél. 03 58 47 15 61

Découverte des vins au coeur des vignes avec Oeno Melo. ©JAL

ACTIVITÉS DANS L’YONNE

  • Découverte sensorielle oenotouristique avec Mélo à Irancy.
    Mélody Letoqueu – 29 rue des Dames – Accolay – 89460 DEUX RIVIERES – Tél. 06 38 67 03 18 – www.oenomelo.fr
  • Balades ou séjours organisés à vélos.
    France à vélo – 7 rue de l’Horloge – 89000 AUXERRE – Tél. 03 86 42 35 96 – www.franceavelo.com

Fascinants week-ends en pays de Chablis

À 1h30 de Paris et de Dijon, dans le cadre des  » FascinantsWeek-ends », La Vie Est Belle Voyages vous propose, la découverte ou la redécouverte de ce surprenant et magnifique pays Chablisien. Les activités y sont multiples. Les découvertes sans fin. Il nous fallait faire une sélection. Voilà de quoi remplir votre week-end… agrémenté de quelques très belles dégustations finement exprimées par notre fine bouche dédiée.

Musée du Tire-bouchon, la Salle des outils. ©SB

L’incroyable musée du tire-bouchon

Dans les anciennes caves du Domaine Geoffroy, ouvert en 2004, le musée de la vigne et du tire-bouchon comporte plusieurs milliers d’exemplaires de cet ustensile incontournable, du 18e siècle à nos jours et presque autant d’objets liés à la vigne et au vin. Huit salles d’expositions présentent l’œuvre de toute la vie d’Alain Geoffroy. C’est surprenant, – mais comment peut-on avoir inventé autant de tire-bouchons ?-, instructif, ludique et parfaitement organisé.
Un caveau dédié à la dégustation des vins du domaine vous permettra d’en acquérir les climats* qui vous auront été préalablement explicités dans le menu détail. Là, j’ai dégusté entre autres, deux accessits. Un Premier Cru Vau Ligneau 2020 aux superbes couleurs, à la royale couronne glycémique, nez enjôleur et persistance importante. Le plus féminin de la dégustation selon moi ! Un Premier Cru Four Chaumes 2021 : Œil envoûtant et nez révélateur, une bouche tendre et conviviale avec une très belle persistance. Un coup de cœur à mon sens.

Les grands crus de Chablis en Méhari !

Rien de tel qu’une Méhari pour arpenter les vignes. ©SB

Imaginez une magnifique Citroën Méhari jaune, rétrofitée, avec chauffeur. Maintenant, montez à son bord et partez à la découverte des pentes escarpées de la Montagne des grands crus de Chablis. A peine remis de cette folle escalade, c’est que ça monte par ici, plongez dans la présentation de tous les Climats qui constituent l’exception de ce lieu. En surplomb de Grenouille, un point sommital, l’originale dégustation d’un Mont du Milieu 2020 de la maison Davenne, ravi autant les papilles que le regard porté au loin. L’air vivifiant développe des arômes surprenants et complémentaires à ce divin breuvage.
Avec sa pétillance, Clotilde Davenne nous enthousiasme de ses projets. Elle fait partie de ce regroupement de femmes vigneronnes qui bousculent, par leurs audaces, un monde souvent somnolent. Bravo !
Concernant mes dégustations dans ce domaine, j’ai un coup de cœur pour sa nouvelle Cuvée de Saint Bris baptisée « La Préférée », 100% Sauvignon Bourguignon. Œil vif, vert et brillant. Nez de fruits exotiques, minéral, effluences intemporelles. Bouche qui transporte aux merveilleuses suggestions du nez pour un voyage paradisiaque. Et aussi… Un Saint Bris Vieilles Vignes (85 ans) profond, ample. Un chablis 2020 Chardonnay Belle persistance et un Chablis 2020 Vieilles Vignes (85 Ans) avec un œil plus abouti, plus dense, dorure sombre. Nez en nuances de pruneaux confits et une bouche de : « Comment aboutir à l’excellence avec de l’ancien ».

Balade vignoble St Bris France à Vélo @SB 9

Au cœur du merveilleux pays de Chablis à bicyclette

France à Vélo propose à la location un large choix de matériels à assistance électrique (vélos ou trottinettes). Une belle opportunité de parcourir au départ de St Bris le Vineux, le cœur du pays de Chablis entre verdure et rouille d’or magnifique en cette fin de saison. C’est là que nous nous imprégnons de ces paysages vallonnés vinifères tels des mamelons nourriciers où se dissimulent, en leurs gorges, de paisibles villages ancestraux. Mais aussi, à l’instar de la Toscane, une douce et lumineuse maternelle beauté, hormis les cyprès bien sûr ! Le gravissement sans fatigue augmente et concentre le plaisir du spectacle environnant.

La Cité des vins de Chablis

Plancha roborative à la Cité de vins de Chablis. ©SB

Là, dans une très ancienne demeure ecclésiastique, vous découvrirez tout des vins de Chablis, du Kimméridgien et ses accumulations des Exogyra Virgula et leurs conséquences jusqu’à nos jours. Équipé d’une montre interactive, les éléments originels : humains, historiques et constitutifs des sols de la Bourgogne passée et actuelle sont présentés et expliqués sur un écran géant. Passionnante épopée que celle du vin. L’histoire des climats, les gestes de la vigne, les cépages, les méthodes du raisin au vin, les traditions festives, la lecture correcte d’une étiquette et enfin, la cave aux arômes où les douze grandes familles des senteurs vous sont exhalées dans des bonbonnes transparentes. Toutes choses qui vous rendront sinon plus érudits, mais qui vous faciliterons l’approche et la juste compréhension de cette terre d’exception. Sans oublier l’histoire de ce Y qui termine le mot Chably et dont l’origine remonte au berceau Gallo-Romain de la ville.

Le château du Domaine et Golf Roncemay. ©SB

Domaine et Golf du Roncemay

Un havre de paix dans un écrin de verdure de plus de cent hectares, un très beau lieu d’échange de convivialité et de quiétude où le golf, le cours de tennis, la piscine, et les installations du magnifique Spa permettent à chacun de recharger ses batteries ou d’épuiser son énergie. Dans le beau restaurant avec terrasse et vue sur la piscine et le golf, on sert des menus dégustations à trois ou cinq plats. Une cuisine tendance et prestigieuse. Les accords mets/vins du sommelier Martial, constituent une approche goûteuse des nombreuses valeurs locales. Aucune étoile n’est usurpée en ce lieu si attachant dont on apprécie ce célèbre service “ à la Française “ que le monde entier nous envie. Il me ramène à un temps où feu mon père me faisait partager le sérieux des hommes, de l’art et du service. Dans notre monde où tout bouge sans cesse, cette pérennité est bien réconfortante.
Mes dégustations avec Martial, sommelier du Domaine du Roncemay
Un plein d’émotions gustatives et d’échanges fructueux qui me ramènent à mes inoubliables dégustations de jeunesse auprès des anciens. Ces vieux briscards, tant décriés par une relève pressée au gain, prenaient le temps d’expliquer ce qu’ils faisaient et de faire aimer ce qu’ils buvaient. Au-delà de la carte des vins qu’il a établie pour le Roncemay, notre sommelier Martial a sublimé aussi le savoir-faire de cette Bourgogne bien trop longtemps méconnue, à mon sens. Avec cette sélection, la Bourgogne revient aujourd’hui à une place éclatante forte de ses climats issus de son noble, chaleureux et ancestral terroir et au savoir-faire de ses vignerons. J’ai pu goûter un Chablis 2020 Goutte d’or de Christophe CAMU. Une quintessence ! Des Pinots Noirs de grande intensité : Chitry Vau du Puits 2020 Olivier Morin ; un Tonnerre Le Clos du château 2018 Dampt Frères, un Irancy « Veaupessiot » 2017 Bio de Gabin et Félix Richoux où des notes de cerises, de Kirsch et d’épices apparaissent dans une longue persistance.

Un seul week-end ne saurait suffire à l’appréciation de ces lieux chargés d’aventures humaines. En même temps qu’un plongeon dans l’Histoire préservée, c’est aussi à une découverte fascinante de ce que la nature et le savoir-faire humain peuvent conjuguer et cela ajoute aux plaisirs de ses propres découvertes sensorielles. René-Philippe Thuillier

 

* Climats du vignoble de Bourgogne = petites parcelles de vignes précisément délimitées et réparties tout au long des appellations Bourguignonnes.


INFOS PRATIQUES LA VIE EST BELLE VOYAGES EN CHABLIS

Y aller : par l’autoroute A6 depuis Paris et Dijon – Train, vélo ou mobylette… Lol !

Première adresse sur place : Office du Tourisme de Chablis : 1 Rue du Maréchal de Lattre de Tassigny  – 89800 Chablis – Tél. 03 86 42 80 80 – www.escale-chablis.fr

DORMIR EN CHABLIS

MANGER EN CHABLIS

Oeuf parfait sur lit de betteraves – Le Maufoux @SB

 

 

  • Le Maufoux. Vieille bâtisse mais chaleureusement moderne, bel accueil, salle ample, restauration bistrot. Œuf mollet sur betterave rouge. Œuf meurette champignons lardons et grumes de raisin. Juste cuit chocolat avec une boule glace vanille et biscuit croquant. Un menu à 35 euros vous rassasiera pleinement, vous pourrez plonger dans la carte des vins pour étancher votre soif sans tarir votre porte-monnaie.
    Restaurant le Maufoux – 10 r Jules Rathier – 89800 Chablis – Tél. 03 86 81 45 32 – contact@lemaufoux-chablis.frhttps://www.lemaufoux-chablis.fr
  • Restaurant du Domaine et Golf du RONCEMAY -Boisserelle, 89110 Chassy.

A ne pas manquer pour son excellence. Menus dégustations 3 ou 5 plats. Entre autres  : langoustines juste cuites, au coing, sabayon de sapin du golf. Agneau en deux temps, mille-feuille de panais et ketchup d’églantier du verger, sauce au foin de Chassy

 

 

 

DÉGUSTATIONS EN CHABLIS

  • Dégustation du Domaine Geoffroy – Musée de la Vigne et du Tire-Bouchon – 4 Rue de l’Équerre – 89800 BEINE – Tél. 03 86 42 43 76 – info@chablis-geoffroy.com
  • Domaine Clotilde Davenne – 3 Rue de Chantemerle – 89800 PREHY – Tél. 03 86 41 46 05 – serviceclient@clotildedavenne.frclotildedavenne.fr

ACTIVITÉS

SHOPPING

La rando Pari Roller de Paris ? Bien plus qu’une rando !

Hier soir, il y avait la rando Pari Roller. Comme tous les vendredis soirs depuis plus de trente ans, elle démarrait du parvis de la gare Montparnasse, d’ailleurs totalement défoncé par les travaux mais c’est pour la bonne cause nous a-t-on expliqué. En attendant que tout ce qui roule à Paris arrive pour le traditionnel départ de  21h30, l’organisation se met en place. La voiture Pari Roller toutes enceintes dehors, la bonne vingtaine de staffeurs revêtus de leur gilet jaune, l’ambulance qui fermera le convoi. Parfois, pour la sécurité, il y a la police mais pas hier et de moins en moins souvent.

Hâte de rouler !

Devant la gare, le flot de plus en plus compact des randonneurs de toutes sortes a hâte de se lancer à l’assaut des rues, ruelles, avenues et grands boulevards de la capitale. Malgré le calme absolu et l’ambiance douce, chacun trépigne d’impatience, pressé de batailler avec le macadam, les nids de poules et les pavés. Samuel Moreau, vice-président de l’association Pari Roller fondée par Boris Belohlavek, prend la parole. Avant chaque lancement, il rappelle les consignes de sécurité, donne des explications sur le parcours du jour et lance le top départ. C’est parti !

Tout ce qui roule…

Franck, l’un des staffeurs qui partage la première ligne avec le staff. Il pratique le roller depuis ses trois ans ! ©Frederique Berry

Jamais lassés, les parisiens et les touristes toujours surpris photographient cet étrange cortège mobile qui, au début, peine à trouver son tempo de la soirée. D’abord la voiture d’ouverture, une Ford électrique derrière laquelle on peut respirer, suivie par les éclaireurs, puis les staffeurs mobiles qui feront les prises de relais à toutes les intersections. Et voici la première ligne. Celle des staffeurs-meneurs. Chasuble rouge au centre. Chasubles jaunes sur les côtés. Imaginez leur rôle ! Conduire la rando et symboliser, par leur simple présence, une ligne « infranchissable », une frontière à ne pas doubler. Impératif ! Le cortège doit être derrière eux. Entre le début et la fin de la rando, plusieurs centaines de personnes suivent leurs consignes. Il s’agit d’être à la hauteur ! Puis, à leur suite, dans l’ordre d’entrée en scène, noblesse oblige… les rollers et tout le reste de la mobilité : les vélos, les trottinettes à pédale à l’ancienne, les trottinettes électriques, hier soir un skate, les gyro, les vélos cargo et parfois des fauteuils roulants !

Une belle communion d’esprit !

Cette soirée est agréable comme on aime. Un véritable soir d’été. La météo a des clémences dont nous devrions plutôt nous inquiéter. Qu’importe ! Ce sera pour une autre fois. Ce soir on roule cool ! Dans Paris, les terrasses débordent de gens, de vie, de rires. Paris, qui depuis longtemps n’est plus une fête en était une hier soir. Elle rappelait une nuit de coupe du monde gagnée. La ville était remarquable, pleine, foisonnante et les gens rayonnaient.
Moi, la rando Pari Roller, je la fais à vélo. Parfois, je me colle à Patou, que j’appelle Monsieur/Madame, dont le rôle consiste à faire barrage de son corps pour empêcher les impétueux cyclistes d’aller ficher leurs roues dans celles des rollers juste devant. Sinon, je m’installe, tranquille, à la presque fin de la rando. J’aime le point de vue que j’ai, de là, sur ces centaines de gens qui roulent de concert. Je me plais à observer dans le détail chacune de ces personnes. J’admire les manœuvres dans les mouvements d’unité quand il s’agit, par exemple, de faire tourner toute cette longue colonne d’au moins deux cents mètres sur un axe plus grand que celui que l’on quitte. À chaque fois, il se passe un truc à ce moment-là. On dirait qu’on rend leur liberté à des lions encagés. Imaginez la beauté de cette masse d’humains qui se meut dans le même élan. Tout le groupe pivote à l’unisson. Telle une horde d’animaux sauvages fuyant le danger dans la savane. Telle une nuée de papillons Monarque prêts à polliniser l’espace. Pendant ces quelques secondes, une vitalité incroyable envahit l’air et les rues. Sur les côtés, certains, les plus jeunes, les plus vigoureux, et des filles, plein de filles, toutes en puissance, développent leurs forces pour remonter le cortège. Et la beauté des corps dans l’effort se révèle. Et les muscles saillent. Et la vitesse grise. Et la liberté temporaire d’avoir tout un boulevard à soi l’emporte pour offrir un plaisir de la glisse dont il est difficile de partager l’intensité, sauf à être dedans !

Pour qui ? Comment ?

Dans le détail, le groupe est un ensemble de sous-ensembles et d’individus. On fait la rando Pari Roller seul, en famille, en bande de potes. En mode je participe. En mode, je fais ce que je peux. En mode, je vais vous montrer, sans arrogance ni morgue, ce que je sais faire avec des rollers aux pieds. Qu’ils soient en ligne ou en quad !

Hier soir, 29 septembre 2023, la rando roller en détail !

La rando Pari roller c’est aussi pour nos amis à quatre pattes. ©Frederique Berry

Hier soir, une jeune femme roulait avec des quads roses tout droits venus d’une bienveillante comédie musicale Hollywoodienne. C’était charmant. Hier soir, il y avait ce grand papa, martiniquais peut-être, avec ses deux filles. Une à droite. L’autre à gauche. Il y avait la glisse incertaine de la plus jeune et il y a eu le renfort des staffeurs venus filer un coup de main. À cinq on est plus fort qu’à trois ! C’était joli à voir ce petit cordon humain rouler sur le bitume.
Hier soir, iI y avait ce monsieur avec son vélo cargo réservé à son petit chien installé sur un cousin avec sa gamelle d’eau. J’aime le regarder donner à manger à son copain poilu à chaque arrêt en le caressant. Ce que tout le monde fait. Le chien fait le plein de câlins. Il y avait ces deux géants, enfin quand ils montent sur leurs trottinettes électriques. Tout de noir vêtus, fin comme des roseaux, ils dominent leur engin silencieux, sans dire un mot ou presque. Quand même, je les ai entendus, parlant de leur première participation, dire c’est cool l’ambiance ici !  Ha oui, hier soir, il y avait ce grand gaillard, tout en os et en articulations. Fort sur ses jambes avec des genoux capables de résister aux pires chutes. Tous les vendredis il est là, vêtu de son kilt, sa grosse boite à sons accrochée sur son dos comme une carapace. Je l’appelle Monsieur Tortue et pourtant il va vite. Il y avait ces deux jeunes saoudiens pas du tout gênés par la peau offerte à la fraîcheur de la soirée des filles présentes. Il y avait cette grosse dame, habillée en vert fluo, pas toute jeune et au top du pédalage qui n’a rien lâché dans la montée jusqu’à Ménilmontant. Il y avait ces jeunes, vous savez ces gamins issus des banlieues comme on dit. Ils sont venus faire les kakous. Pas complètement intégrés dans le groupe, pas très éloignés non plus, non juste à la frange, à la frontière, sur les bords. Mais quels bords !? Si l’on parlait voile, je dirais qu’ils en tirent des bords. Ils sont magnifiques ces gosses. Le squelette fin, les muscles en longueur, les cheveux en rasta ou pas, ils sont sublimes. Ils se déplacent avec une aisance indécente (si je pouvais faire le quart de la moitié du dixième) sur leurs rollers. Ils sont capables de partir en force sur deux ou trois longs enchaînements des jambes et fuselés comme des Appolon 11, ils jouent à remonter et à redescendre la rando non-stop. Il y avait cette jeune fille, à dix ans près, elle pourrait être ma petite-fille. Elle a roulé à vélo à ma hauteur pour me dire, j’adore votre musique ! Mon merci venait du fond du cœur. Je craignais d’être une bolosse. Oups ! Askip, ça ne se dit plus ! Ma musique est cool ! C’est déjà ça ! J’allais oublié. On ne l’avait pas vu ces deux/trois dernières fois, il y avait le BGBG. Torse nu, short moulant. Un corps à faire pâlir les statues du Parthénon, il joue de ses rollers comme Gene ou Fred le faisaient de leurs claquettes. Et puis, il y avait cette jeune femme aux cheveux hippie chic des années 1970 qui s’est pris une gamelle monumentale. Elle s’est ouvert le coude sur les pavés mais son premier réflexe en se relevant a été de s’excuser et de s’inquiéter de l’autre fille qui pourtant l’avait percutée. Rassurée, elle s’est autorisée à avoir si mal qu’elle en a pleuré. L’ambulance l’a prise en charge. Tout va bien. Elle a fini la rando avec nous. Hier soir comme tous les vendredis soirs, il y avait tous ces gens, ces vies, cette force et franchement c’était magnifique à observer et à ressentir.

Sans eux, pas de rando pari roller !

Le staff en pause à mi-parcours. C’est qu’il en faut de la jambe ! © Frédérique Berry

Fathi, Martin, le grand Antoine et Antoine… Pour le plaisir, ils staffent. Giovanni, Josef, Les Louis… Pour notre sécurité, ils staffent. Ils… Omarou, Clément et Victor et elles… Orlanne, une bombe en roller, fan de la Suède et Coralie, une flèche au vélo illuminé toujours loin devant, sont jeunes et passionnés. Parfois, ils sont moins jeunes. Pour connaître l’âge de notre vétéran staffeur, il faut savoir sa table de multiplication de 9. Tous s’impliquent, se responsabilisent, s’engagent. Si l’on peut rouler, traverser des boulevards sans être inquiéter, si l’on peut envahir des avenues, s’approprier les quais de Seine, c’est grâce à eux. Ils sont bénévoles. Ils staffent gratos ! La rando Pari Roller c’est les staffeurs ! Sans eux, pas de rando ! À leur corps défendant, ils retiennent les voitures impatientes, les taxis injurieux, les motos vrombissantes. Ils nous protègent. Ils jouent de leur courtoisie et diplomatie pour stopper la circulation le temps que l’on passe tous, jusqu’au dernier, jusqu’à l’ambulance qui ferme de cortège. Les staffeurs ont en commun le goût et la pratique de la glisse. Outre qu’ils maîtrisent, il faut ajouter qu’ils ont en eux quelque chose du Bon Samaritain, entièrement dévoués à cette idée de nous reconduire au point d’arrivée dans le même état que nous étions au départ. Un immense merci à Franck et à tous les autres, vous me pardonnerez, je ne vous connais pas tous.

Le saviez-vous ?

La rando pari Roller est narrée dans tous les guides de voyages. Elle est si célèbre que bien des touristes veulent la « faire » et s’imposent quelques kilos de bagages supplémentaires pour être équipés et venir rouler avec nous. Et se filmer pour le prouver ! Elle n’est pas belle la vie ?!

À l’heure où le monde entier se divise en groupuscules et minorités revendicatrices, je savoure mon plaisir. Le premier, celui de ceux qui nous regardent passer. Les gens assis en terrasses, sortant du métro, discutant entre amis, s’arrêtent, nous regardent, sourient ! Ils sont heureux de nous voir heureux. Ce bonheur est communicatif !
Le second, celui d’être avec ces femmes, ces hommes, des jeunes, des vieux pour partager un bon moment, pour intégrer un groupe qui roule comme il peut, chacun à son niveau, avec son moyen de prédilection, pour attaquer dans une unité partagée, les avenues, les pavés, les montées, les descentes de Paris. Pour connaître – ensemble – l’ivresse de la glisse ! Cette soirée Pari Roller du vendredi soir à Paris est la plus belle image qui soit sur le vivre ensemble. Yolo ! Judith Lossmann


INFORMATIONS PRATIQUES rando Pari Roller Paris

 

Ça roule ! ©Frédérique Berry

La rando c’est tous les vendredis soirs sauf en cas de mauvaise météo.

Rendez-vous devant la gare Montparnasse

Départ : 21h30.

Pour tout savoir : www.pari-roller.com.

RANDO HALLOWEN : vérifier la date. Elle aura lieu la semaine suivante. Il est vivement souhaité d’être déguisé ! Plus d’infos sur le site.