dimanche 29 novembre 2020

Púca, le festival des origines d’Halloween

Púca, le festival des origines d’Halloween

La véritable identité d'Halloween… Accrochez-vous !

La planète entière s’est emparée d’Halloween. Très souvent réduite à sa version consumériste, elle est présente selon des codes orange, noir, citrouille, déguisement qui font le bonheur de tous les enfants, petits et grands, au soir du 31 octobre quand les esprits envahissent pour une nuit les rues de nos villes… Halloween, la véritable c’est autre chose… Halloween c’est l’Irlande païenne, l’Irlande de l’Est ancien dont les terres ancestrales sont mères, filles et sœurs de la légende fondatrice.

Finvarra, Púca, Boann, Morigan, les quatres visages de la transformation de Samhain.

Naissance d’un festival et renaissance des cultes païens celtiques
Pour la première fois, le 31 octobre prochain (2019), la Boyne Valley édite un festival exceptionnel nommé Púca pour fêter Halloween au plus près de l’esprit de l’époque. Les origines de cette fête, parmi les plus païennes du monde, se perdent presque dans la nuit des temps. On remonte à plus de 2000 ans. Toutes les fouilles archéologiques attestent de ce lieu comme de celui de la naissance d’Halloween. Mais quel était le rôle de ce rassemblement ? Mythe, légende, rite paysan, croyance ?

Avant d’être une fête du déguisement, des sorts ou des bonbons revue et corrigée par une Amérique bon ton, Halloween était, selon le folklore celtique, la fête de la fin de l’été, « Samhain », la saison des récoltes et le début de la nouvelle année. Une célébration importante du calendrier celte qui consistait à se rassembler autour de feux gigantesques, à se régaler des récoltes en écoutant de la musique, en chantant et en se racontant des histoires à faire peur quand l’obscurité envahissait les collines alentour…

Alors… Púca, le temps d’une seule nuit par an prenait vie !
Alors… Púca, changeait le destin de ceux qui la croisaient !
Mais qui est Púca ?
Qui sont Morrigan, Finvarra, Boann et les Hommes rouges ?

Le feu original embrassait en quelques minutes l’Irlande toute entière pendant la nuit de la Samhain, Halloween aujourd’hui.

Un peu d’histoire ancienne
Il semble que la ville d’Athboy ait été un centre important de cette tradition. Des manuscrits anciens disent que Tlachtga ou The Hill of Ward, était un site de grand rassemblement de Samhain. C’est là que l’on allumait le premier feu de l’année, le feu originel. Les autres villages à l’affût de la fumée, embrasaient un feu à leur tour et ainsi de suite. En quelques heures, d’Est en Ouest, toute l’île d’Irlande était gagnée par l’esprit de la fête, des moissons et des histoires.
Dans cette ambiance, – finalement la même qu’aujourd’hui, une tradition très vivante et durable en Irlande. -, il était aisé d’inviter les esprits des morts à se joindre aux monumentales réjouissances. Parmi les contes et légendes toujours en vogue, on raconte qu’à chaque Samhain, une foule d’êtres venus d’un autre monde, émergeait des ténèbres et se mêlait à la foule. Pour éviter d’être embarqué définitivement par les morts, on se déguisait comme eux pour ne pas être repéré.
Le festival de Púca propose, tout au long de trois nuits spectaculaires, une plongée dans l’esprit d’Halloween au travers des folklores, food, mythes, concerts, processions, promenades immersives, visites dans d’étonnants antres, performances artistiques.

Trois sites se prêtent à l’expérience…

Athboy : La colline de Ward (Tlachtga), enceinte cérémonielle majeure et l’un des premiers sites à accueillir Samhain, le lieu d’où émane la lumière de la nouvelle année. Ici, les traditions de Samhain se poursuivent sur l’ancienne colline.

Drogheda : Lorsque Púca reviendra, Drogheda accueillera Farewell to the Spirits, un immense défilé, un feu et un festin spectaculaires sur et autour de la rivière Boyne. Des lieux à travers la ville se joignent aux célébrations d’Halloween à Púca avec leurs propres concerts, pièces de théâtre et événements. Le 1er novembre, jour de la Toussaint, les esprits retourneront dans l’Autre Monde, laissant les habitants et les visiteurs en sécurité pour une autre année.

Château de Trim : Écrin s’il en est pour accueillir des illuminations spectaculaires, des plats locaux, des boissons et de l’artisanat, de la musique produites par certains des meilleurs musiciens d’Irlande. Sans oublier la procession enflammée et colorée qui accompagnent l’arrivée des esprits. Les esprits de Samhain justement. Revenons-y ? Qui sont-ils ?

Dès le jour tombé, ils pénètrent les lieux et les âmes de toute la profondeur de leur monde. Êtes-vous prêts à rencontrer de curieuses créatures, toutes révélatrices des différents aspects de Samhain à savoir la Lumière, l’Obscurité, le Mal (le méfait) et le Changement. Autant d’aspects montrés et célébrés durant le festival Púca. Quelles sont leurs histoires ? A quoi ressemblent-ils ? Comment se comportent-ils ? Existe-t-il des signes de leur arrivée dans notre monde ?

Finvarra, Púca, Boann, Morigan, les quatre visages de la transformation de Samhain.

Finvarra (la Lumière)1
Quand les dieux d’autrefois diminuèrent en puissance et en taille et se retirèrent dans le monde sous les monts d’Ireland, ils devinrent, ce qu’on appelle maintenant les fées. Pour survivre dans cette nouvelle forme ils avaient besoin d’un Dieu. Chaque tribu a élu un leader. Ce fut suffisant longtemps, mais les fées savaient qu’elles avaient besoin d’un grand roi, un roi pour tous les autres. Ne sachant qui choisir, elles se tournèrent vers le Dagdha, Dieu de la sagesse et de la force et dernier des anciens dieux à disparaître dans la boue. Il choisit Finvarra, qui jusque-là avait régné sur les morts dans le monde intérieur. Finvara a accepté, et est devenu le Grand Roi des Fées et des morts. Il était craint de tous. Roi grand et imposant, la tête ornée de bois et de cornes, le visage stoïque et solide comme taillé dans du bois, Finvarra avait le corps couvert des peaux de bêtes vivant dans les collines et les forêts. Pour la nuit de Samhain, il sort, accompagné d’un son de cloches obsédant qui appelle tout le monde à le suivre. Finvarra est lent et fort. Il contrôle les sujets les plus indisciplinés, en exultant un puissant hurlement de colère guttural capable de tuer quiconque se conduirait mal. Évitez donc de vous faire remarquer !

Púca (le Changement) 1
Méfiez-vous des cheveux noirs et des yeux dorés. C’est le meilleur conseil à entendre. Si vous êtes désorienté par le feu follet, affamé et désespéré dans le noir, réfléchissez à deux fois avant de monter sur le dos de ce cheval ! Si vous entendez des grondements dans la forêt et les grognements d’un chien, ne vous arrêtez pas pour vérifier s’il est amical ! Si vous apercevez un chat plus grand que la plupart, traversez la route, faites demi-tour, rentrez chez vous et cachez-vous ! Si vous êtes aidé dans vos travaux quotidiens, n’offrez pas en retour de fils fins. Acceptez l’aide avec courtoisie et ne dites rien, jamais des cheveux noirs et des yeux d’or. Car c’est la Púca et elle change sa forme selon son bon vouloir ! Elle apporte la chance ou la maladie à quiconque de son choix et n’a pas à se justifier !
La Púca est couverte de longs cheveux, la matière dont elle est faite. Elle peut avoir plusieurs têtes et membres, des cornes et des griffes. Elle peut être grande, elle peut être petite. C’est elle le changeur de forme ! Elle se déplace dans une foulée rythmique et hypnotique. Ses mouvements changent en permanence. Elle passe d’un saut très énergique à un mouvement bas et oscillant. Légère et rebondissant, elle traverse le paysage. Ses cheveux bruissaient constamment. Elle est difficile à cerner, c’est une énigme et vous ne pourrez pas quitter des yeux ! Attention, vous ne saurez jamais quelle forme Puca pourrait prendre, alors quand une collection de créatures surdimensionnées aux cheveux noirs et aux yeux dorés commence à marcher vers vous, supposez qu’elle pourrait être l’une d’entre elles. Bonne chance !

Boann (l’Obscurité) 1
Autour du puits au cœur de l’Irlande se trouvaient neuf noisetiers desquels sont tombées neuf noisettes, directement au fond du puits, là où vivait un saumon. Aucune noisette n’a flotté. Elles sont tombées au fond et le saumon s’est dit qu’il devait les manger. Ce qu’il a fait ! Or, à l’intérieur des noisettes se trouvait l’intégralité de toutes les connaissances du monde. Et cette Connaissance était maintenant dans le cœur du Salmon. C’est comme cela qu’il s’est rendu compte qu’il vivait dans un puits, sans aucune possibilité d’en sortir un jour. Il se trouve que s’occuper du puits relevait des fonctions de la divinité Boann. Elle s’ennuyait et a donc commencé à taquiner le puits. Le puits offensé a répondu en augmentant ses eaux, emportant Boann dans un torrent d’eau bouillonnante et …libérant le saumon de la Connaissance dans le monde. Ainsi Boann est devenu la rivière Boyne.
Boann a la tête d’une vache blanche, apparemment tissée à partir du saule poussant le long de ses rives. Son corps est composé des roseaux de ses bas-fonds et son cou serré dans une bande d’écorce de noisetier. Il émane d’elle une douce lumière rougeoyante.
Boann était autrefois une divinité et elle se tient avec la grâce de son rang. Elle agit avec royauté. Ses mouvements sont ceux d’une rivière large et douce, coulant d’un côté à l’autre. De temps en temps, elle se lance dans une spirale ondulante, comme si l’une des neuf noisettes tombait dans ses eaux.
Boann est représenté par le feu de Samhain. Elle brille avec le feu et le saumon brille avec Boann. Ensemble, ils bondissent quand elle bouge, signalant à tous que la déesse de la Boyne est arrivée !

Finvarra, Púca, Boann, Morigan, les quatres visages de la transformation de Samhain.

The Morrigan (le Mal) 1
Morrigan est la seule qui peut influencer le cours de la bataille. C’est elle qui peut choisir un favori, sortir et se battre sur son cheval noir pour vaincre l’ennemi de son favori. C’est aussi elle qui déclare la mort. Sous sa forme de corbeau, elle se reposera sur un mur, un toit ou une pierre de jardin pour proclamer la disparition de ses habitants. Elle dirige une armée d’âmes spectrales défigurées et désordonnées. Elle est leur commandant et les chevauche la nuit pour hanter et terrifier. Sa horde sauvage et hurlante déchire le ciel nocturne. Mais que recherchent-ils ? Des individus imprudents qui ne réalisent pas qu’ils sont chassés hors de leur parcours et une fois attrapés, qui sont conduits dans l’autre monde, celui de Morrigan, pour y être tourmentés et torturés.
On reconnaît Morrigan à son bec coriace, à son visage sombre orné de plumes noires irisées. Autour de son cou, de sa taille et de ses poignets sonnent des bracelets composés d’un assortiment d’os. Des plumes noires dépassent de ses épaules et de son dos tandis que ses mains endurcies se terminent par des doigts tordus comme des brindilles.
Morrigan se meut à une vitesse irrégulière. Elle est remplie d’une énergie brûlante, prête à se recharger à tout moment. Ses actions sont comme des oiseaux – courtes et nettes. Quand elle ralentit pour un mouvement, ses pas sont déchiquetés et brisés. Morrigan est aussi une créature sournoise. Elle offre ses faveurs d’une main pour les reprendre de l’autre. Pour le plaisir du jeu !
On sait que Morrigan arrive quand les silhouettes des corbeaux envahissent les lieux. Avec sa horde d’ombres et de créatures déformées, Morrigan est difficile à manquer ! Tous aux abris !

The Red Men (la Sottise) 1
Quant aux Hommes rouges comme le dit le poème « My dear god, not the Red Men ! » Leurs corps gras et trapus sont recouverts d’un tissu rouge viril. Leurs visages cochons, ressemblant à des rats, sont couverts de cheveux longs et rebelles. Leurs queues minces et méchantes leur servent de fouets. Leurs têtes sont amovibles ! Avec leurs langues trop longues, ils sont terriblement dérangeants ! Au début, les hommes rouges semblent idiots, se déplaçant frénétiquement, mettant en valeur leurs talents acrobatiques. Mais ensuite viennent les farces et les sauts, les coups de pied, les poussées et vous réalisez que vous ne les voulez pas près de vous. Mais malheureusement, Samhain est la nuit où ils donnent leur spectacle. Les hommes rouges aiment le feu, aussi imprévisible qu’eux. Ils aiment la musique, surtout celle qui devient de plus en plus folle. Ainsi, lorsque les torches sont allumées et que la musique est jouée, vous reconnaissez les hommes rouges sur leur chemin.

1- Source : The symbolic beings of Samhain by Dr.O.Bishop

_____________________________________________________________________________________________________ INFORMATIONS PRATIQUES

L’Irlande de l’Est, terre ancestrale d’Halloween.

L’an dernier, nous avions été conviés à une conférence de presse du Festival naissant sans pouvoir le tester. Cette année, pour des raisons sanitaires, il est annulé et reporté à sa version 2021. Toutes informations, réservations sur www.pucafestival.com

L’année dernière, lors du premier festival de Púca, des milliers de personnes se sont rassemblées dans des endroits à travers Meath et Louth pour célébrer l’Irlande comme le berceau original de l’Halloween avec un programme d’événements comprenant de la musique live et des performances, des installations lumineuses et une reconstitution de l’éclairage symbolique le Samhain tire sur la colline de Ward. Cette année, en raison de restrictions, les célébrations seront virtuelles avec la diffusion d’un enregistrement de l’allumage des incendies de Samhain le 31 octobre et une campagne de médias sociaux axée sur le contenu pour raconter l’histoire des origines d’Halloween dans les traditions irlandaises et celtiques.

Samedi 31 octobre 2020  à 21H, suivez l’évènement sur la page : https://www.facebook.com/events/354395725980712/

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