mardi 4 août 2026

Jazz à Juan 2022… Clap de fin !

Après deux années de restrictions COVID, Jazz à Juan avait des fourmis dans les doigts pour douze jours de Jazz à gogo… Deux années de frustration balayées, la scène de la pinède sous le feu des spotlights, pas un nuage dans le ciel de Juan, les cigales et les musiciens à l’unisson, un public assoiffé de Jazz… Que la fête commence ! Oui mais voilà… Après autant d’attente, les miennes étaient immenses. Trop ! Probablement ! J’ai donc accusé le coup, je n’ai pas voulu réagir à chaud, j’ai laissé un peu de temps passé pour me permettre de poser ma plume sur cette cession 2022. Une programmation éclectique propre à attirer le plus grand nombre, la « nouvelle vague » d’un côté, les « oldies but goodies » de l’autre. Oui, mais voilà…

Nul doute que la retraite sur les cours de Roger Federer, nous a laissé un peu sur notre faim, tant il nous aura fait rêver… mais quelle classe, il a préparé sa sortie, sans faire le match de trop !

jazz-juann22-Cecil Mc Lorin Salvant

Jazz-juan22-Cecil Mc Lorin Salvant. ©JLG

Mais trêve de rêveries, place à la musique ! Jazz à Juan 2022

a revêtu ses habits de lumière dans un décor naturel de rêves, la pinède majestueuse, le bleu nuit de la Méditerranée, les étoiles dans le ciel et sur scène… Subitement les cigales font silence, la rayonnante Cecile McLorin Salvant, vêtue d’une ample robe couleur framboise, pénètre sur la scène de la pinède précédée de ses musiciens. C’est elle qui a l’honneur cette année d’ouvrir le 61e Jazz à Juan. Plus qu’elle ne chante, Cécile McLorin interprète ces mélodies, elle les vit intensément de tout son être, de tout son corps, les mains, les bras racontent eux aussi ces fantômes cachés dans les chansons. Elle explore un répertoire allant de Duke Ellington à Véronique Samson en passant par ses propres compositions, en variant les formes. Après Sarah Vaughan ou Ella Fitzgerald, Cécile McLorin Salvant prend sa place auprès des grandes dames du jazz qui brillent auprès des fameuses cigales de la pinède Gould… J’aime. Oui, mais voilà…

Quelques minutes, après cette jolie entrée en matière, les spotlights s’allument à nouveau, je retiens mon souffle et je vois George Benson

apparaître sur scène, j’ai un frisson, le légendaire Georges Benson qui a traversé 50 ans de jazz, à la discographie longue comme le bras, qui a joué avec les plus grands, Monsieur Georges est devant moi en chair plus qu’en os, à 79 balais et pas un cheveu blanc, un sourire Colgate dévastateur et sa fidèle guitare Ibanez from Japan. La voix est incertaine, parfois absente, les chorus de guitare trop rares, la magie n’opère pas… On retient son souffle, on attend le moment de grâce qui ne viendra pas, alors on se dit que même si on reste sur notre faim, il est encore là… et que même s’il ne nous fait plus rêver aujourd’hui, il est encore à 79 ans un papy Jazz très résistant. Oui, mais voilà…

jazz-juan22-roberto Fonseca

jJazz-juan22-roberto Fonseca. ©JLG

Les concerts s’enchaînent douze jours durant avec leurs lots de surprises, bonnes ou mauvaises.

Au sommet de ce cru 2022, un très grand cru : Roberto Fonseca,

qui se présente revêtu de son éternel Panama sur la scène mythique de la pinède Gould. Le pianiste Cubain de 47 ans, débarqué tout droit de La Havane s’installe derrière le piano avant de nous adresser quelques mots en français puis, de sa main gauche énergique, lance ce concert. Impassibles les cigales bruissent encore dans les pins alentour. S’il est l’un des maîtres du jazz cubano, Roberto Fonseca ne se contente pas de faire vibrer les rythmes de son île natale. Il pimente ses compositions de toutes sortes de sauces fortes : afro-jazz, swing, soul. Et même quand il reprend « Besame mucho » après une longue introduction à la contrebasse, c’est pour le réinventer de façon extrêmement lente comme se fondre dans l’ambiance un peu moite de ce début de soirée. Il ne saurait finir son set sans le passage obligé – que tout le monde attend – le fameux  » Mambo pa la niña « . Il nous apprend le texte  » Niña yo se sue te gusta….Mambo  » pour qu’on puisse l’accompagner en rythme et dans la tonalité. Fusion totale avec le public et les cigales de la Pinède… un régal !

Deux autres pépites en or 24Kct from Cuba sont venues illuminer le ciel de la Pinède Paquito D’Rivera (clarinette et sax alto) et Chucho Valdés (piano)

Accompagnés par un quartet de fines lames. Les deux vétérans, qui n’avaient pas joué ensemble depuis vingt ans, ont dignement fêté leurs retrouvailles. Chucho et Paquito rattrapent aujourd’hui le temps perdu avec un nouvel album, « I Missed You Too » dont ils ont interprété de larges extraits lors de ce concert de toute beauté. Deux artistes au sommet de leur art, avec des passages remplis d’humour, dont le dérive de Chucho sur thème de… Wolfgang Amadeus Mozart ! fut l’un des fleurons. Un moment de pur bonheur !

jazz-juan22-chcho valdes et paquito d'rivera

Jazz-Juan22 – Chucho Valdes et Paquito d’Rivera. ©Jacques Le Rognon

Après Cuba et ses rythmes chaloupés, voici le temps du groove Jazzy, funky, soul, pop rock du collectif Snarky Puppy.

Leur groove est addictif, leurs compositions aux petits oignons, les solistes inspirés et leurs prestations torrides, tout cela dans une ambiance de fête et de partage. Un concert du collectif brooklynois « Snarky Puppy », c’est une expérience : vous prenez un plaisir fou dès les premières minutes, mais sans savoir quel genre de musique vous êtes en train d’écouter. Véritable centrifugeuse musicale conduite par le bassiste Michael League, ils ont totalement enflammé la mythique scène de « Jazz à Juan », « for your brain and body », votre âme et votre corps, puisque telle est leur devise… totalement jouissive ! Oui, mais voilà…

Pêle-mêle et méli-mélo…

Thomas Pourquery et son Supersonic, foisonnant d’énergie, brasseur et chercheur inlassable. Côté piano, le jeune prodige Joey Alexander et le non moins doué Tigran Hasmayan qui ne m’ont pas fait dresser les poils ! John Legend agréable et sirupeux, qui n’a de légende que le nom… Stacy Kent que j’aime pourtant d’amour, ne m’a pas séduit sous le ciel de la pinède 2022..son charme n’a pas opéré ! Et que dire de la prestation pitoyable de la diva Diana Krall avec son nouveau look bobo pas si chic, mèches de cheveux devant le visage, planquée derrière son piano, en train de faire défiler un répertoire soporifique, sans aucune inspiration, la voix juste posée et surtout avec cette très désagréable impression qu’elle s’ennuyait à mourir sur scène ! À oublier ! On a également retrouvé cette année avec des plaisirs mitigés, Rhoda Scott, 84 ans ; Paul Anka, 81 ans ; Van Morrison, 77 ans ; Herbie Hancock, 82 ans ; Gilberto Gil, 80 ans et Charles Lloyd, 84 ans ! Un peu comme des grands crus, avec les yeux de Chimène, la scène de la Pinède 2022, au milieu de tous ces jeunes rookies et autres musicos confirmés, aura vu défiler près d’un siècle de Jazz, grâce à des musiciens sans âge au talent éternel !

Et si, c’était ça le secret de la jouvence ?

Jazz à Juan 2022, clap de fin. Mais le Jazz lui est toujours là, plus jeune et inventif que jamais ! Alors le Rdv est pris. On se retrouve en 2023 à la Pinède, au son des cigales. Jean-Loup Guest

 

COMBINAISONS, une comédie musicale sociale

Dans un studio minuscule s’entassent, en plein confinement,- les vies de Philippine et Léo (plus quelques voisins). Ils s’aiment, sont en amour mais pas forcément en accord, se cherchent encore un peu professionnellement. Surtout elle… créatrice de combinaisons. Elle y croit dur comme fer et dessine, dessine, dessine. Mais rien ne se passe. Enzo, son manager/agent so dandy la secoue.

Avec le confinement, les voisins d’habitude si prompts à rejoindre leur petite vie derrière leurs portes, se mettent à parler entre-eux. Confinement oblige ! On s’ennuie sec durant cette période. Ils échangent, s’invitent, boivent, rient.
Alors parfois, au hasard d’une soirée, Camille le vétérinaire un peu louche du bas se raconte. Il aime les robes, les bijoux. Mady, qui n’a jamais oublié un amour d’avant, il y a longtemps, le reverra peut-être au hasard d’une réunion familiale. La mère de Léo n’a pas accès à son toutes les facettes de son mari Christian. Ce qui donnera lieu à un scène construite sur un déplacement du temps.

Et puis, entre deux confinements, la vie reprend et donne naissance à une grossesse. Et se posent les questions. A-t-on le droit de lui offrir ce monde ? Quel père serai-je ? Quelle mère ? Au fil des mois, les voisins deviennent nouvelle famille. Mady donne son point de vue, Camille aussi. L’occasion d’une très jolie scène, bien construite et émouvante sur qui sommes-nous vraiment et comment vivre avec cette étrange « combinaisons » de nous-mêmes.

Bref, Combinaison(s) est un huis clos, charmant, plaisant où sont abordées des questions de fond sans pour autant en faire des traités de philosophie. C’est léger et fantasque.
On a bien aimé cette production de Emma Bus et Sylvie Kienast mise en scène par Nathalie Dorion.
Un texte riche et chaleureux porté par une troupe de comédiens/chanteurs/danseurs vraiment au top : Isabelle Rocher, Philippine ; Nicolas Kaplyn, Léo ; Corinne Frejlich, Mady Zambon ; Alain Tournay, Camille ; Fabrice Pochic, Christian/Enzo ; Sylvie Kienast, Catherine.

Dès que les représentations reprendront, notre meilleur conseil est : courrez-y ! Joyeux moment et émotions assurées !


Pour connaitre les nouvelles dates :
FaceBook Combinaisons le musical
Mail à la Compagnie Harmonie : compagnieharmonie@gmail.com
Mail au diffuseur : raph@ladouceprod.com

Une “Fausse note” pour une vie

Suspense, souvenirs enfouis, un passé tragique… Découvrez “Fausse note” de Didier Caron au théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 19 janvier 2020.

Un suspense glaçant tout au long de la pièce !
Des sueurs froides du début jusqu’à la fin… Dans “Fausse note”, Didier Caron mêle suspense, vengeance et tristesse. Les années passent mais les souvenirs restent. Et Léon Dinkel, interprété par Pierre Deny, s’en souvient comme si c’était hier. Son obsession : retrouver le meurtrier de son père, exécuté car juif. Après avoir passé quarante années à le rechercher, il fait enfin face au grand chef d’orchestre de renommée internationale. Ce soir-là, il faisait aussi froid que le jour où son père est décédé.

Dans une pièce sombre et étroite, Léon Dinkel prend un malin plaisir à se dévoiler petit à petit à son “prisonnier” et au public. On découvre au fur et à mesure de la pièce l’histoire tragique de ce “fan intrusif”. On en a la gorge serrée et l’estomac noué ! Le suspense est interminable. Ira-t-il jusqu’à le tuer pour venger la mort de son père ? À vous de le découvrir.

Fausse note de Didier CARON

Une tristesse en musique
Tout commence à partir d’une “fausse note”. Un air de Mozart dans un hiver glacial. On se laisse transporter par de délicieuses notes de violon quelque peu nostalgiques dans ce contexte particulier. Une note de travers, un événement tragique, un souvenir gravé. La musique est ici représentée comme l’espoir mais aussi la mort. “Fausse note” a réussi à nous surprendre et à nous faire pleurer. 

Nous avons aussi été touchés par ces deux personnages, interprété à la perfection par Pierre Azéma et Pierre Deny. Des comédiens aussi sincères que bouleversants. On en redemande encore !

 

Par un merveilleux jeu d’acteur, “Fausse note” nous transporte dans les souvenirs douloureux de la guerre. Une pièce bouleversante à découvrir au théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 19 janvier 2020 !


Informations pratiques

Fausse note de Didier Caron
Avec Pierre Azéma et Pierre Deny
Au Théâtre de la Contrescarpe
5 Rue Blainville
75005 Paris
Jusqu’au 19 janvier 2020
Réservation sur https://theatredelacontrescarpe.fr/

Plongez dans le monde onirique d’Érik Satie !

Vous aimez les fantaisies, l’art et la poésie ? Découvrez “Je m’appelle Érik Satie comme tout le monde” de Laetitia Gonzalbes au théâtre de la Contrescarpe jusqu’au 5 janvier 2020 ! 

Vous avez aimé “Charles Péguy le visionnaire”? Vous allez adorer “Je m’appelle Érik Satie comme tout le monde” de Laetitia Gonzalbes. À travers une histoire du moins surréaliste, on découvre la vie du compositeur avant-gardiste mondialement connu pour ses célèbres compositions Gymnopédies et les Gnossiennes.Il est considéré comme le précurseur de plusieurs mouvements tels que le surréalisme, le minimalisme, la musique répétitive et le théâtre de l’absurde. 

Je m’appelle Érik Satie comme tout le monde ©Fabienne Rappeneau

Que dire de la pièce ?

La pièce est donc à l’image du personnage atypique qu’est Érik Satie. Mélanger réalité et fiction devient un jeu d’enfant dans “Je m’appelle Érik Satie comme tout le monde”. La pièce nous fait voyager dans le monde imaginaire et fantastique de l’enfance. L’enfance, cet univers de l’innocence et de tous les possibles dans lequel se mêlent romance et philosophie. Cette ambiance onirique est merveilleusement bien orchestrée par les deux comédiens. Ceux personnages touchants et bouleversants nous transportent dans une folie poétique, philosophique à la découverte de l’art, de la féminité, des sentiments… Avec une question existentielle : qu’est-ce que la vie ? 

Aux deux comédiens s’ajoutent des jeux de sons et lumières, des dessins, des animés, des poèmes projetés en fond de scène… Nous sommes en immersion totale ! La pièce nous accompagne tout au long dans un voyage à travers les rêves et les émotions jusqu’à sa fin, une fin qui fait d’ailleurs travailler notre imagination !

“Je m’appelle Érik Satie comme tout le monde” est une pièce décalée, hilarante et touchante. L’occasion de passer une excellente soirée !

Lire aussi : Bertrand Constant incarne Charles Péguy


Informations pratiques

Je m’appelle Érik Satie comme tout le monde, écrit et mis en scène par Laetitia Gonzalbes
Avec Elliot Jenicot et Anaïs Yazit
Au Théâtre de la Contrescarpe
5 Rue Blainville
75005 Paris
Jusqu’au 5 janvier 2020
Réservation sur https://theatredelacontrescarpe.fr/

Ghost le musical cartonne à Mogador Paris

Film culte pour au moins deux générations successives, Ghost, par la magie de l’adaptation devient un musical sur la scène de Mogador à Paris. Qu’en pensez ? Y aller ou non ? Déchiffrage…

Pour mémoire, rappelons le pitch. Ghost navigue entre histoire d’amour, thriller et surnaturel. Un jeune couple, Molly et Sam, s’installe dans un loft de Brooklyn pour construire un avenir radieux. Tout s’effondre ! Dans une rixe, Sam est mortellement blessé. De son corps s’échappe un double fantomatique. Il erre sans réussir à quitter l’amour de sa vie. Puis, il comprend que sa mort n’était pas accidentelle et que Molly est en danger aussi. Par l’entremise d’une cartomancienne haute en couleurs, il va tout tenter pour la sauver.

Que celles et ceux qui n’ont pas instantanément eu envie de tomber amoureux devant la belle histoire d’amour racontée dans Ghost – le film -, arrêtent de mentir ! Signé par Bruce Joël Rubin, un auteur de talent, Ghost fut dans les années 1990, le film qui a confirmé Patrick Swayze, révélé Demi Moore et oscarisé Whoopi Goldberg. Pas évident 30 ans plus tard, d’en réussir une adaptation sur scène d’autant que l’histoire mêle intimement histoire d’amour, thriller et surnaturel.

Dans ce drame shakespearien parfait, j’attendais beaucoup des trois principaux comédiens : Molly, Sam et Carl. Ils sont très bien et maîtrisent leur texte mais peut-être castés plus pour leurs performances vocales, indispensables dans un musical que pour leurs talents d’acteur, leur travail me laisse un petit goût d’inachevé. Mon ressenti appelez cela de l’exigence si vous voulez-, m’impose de vous confier qu’ils jouent là où nous aimerions qu’ils incarnent. C’est peut-être un détail mais il fait toute la différence et les émotions ne sont pas forcément au rendez-vous. Un détail qui maltraite la scène mythique du film, celle de la poterie. Probablement LA scène la plus torride du cinéma contemporain, celle qui a le plus marqué les esprits. Avec elle, Patrick Swayze et Demi Moore sont entrés dans la légende et Unchained Melody a trouvé une seconde jeunesse. Ici pas de magie, pas de sexe torride.

Pas d’inquiétude cependant, malgré l’absence de ce petit supplément d’âme, Ghost le musical est une réussite, à plusieurs titres.

  • Énergique, fidèle, inventive c’est une très belle adaptation, dirigée par Matthew Warchus qui se joue actuellement à Mogador. Rien que pour cela, il faut y aller !
  • Saluons les effets spéciaux, bien réels, portés au sommet de l’art scénique par Matthew Warchus et Paul Kieve. Le point d’orgue de la soirée est sans aucun doute la scène du fantôme du métro. Magistrale !
  • La musique, originale et puissante composée par deux compositeurs hors-pair : le multi-récompensé Glen Ballard et Dave Stewart dont tout le monde se souvient pour avoir co-fondé Eurythmics.
  • Une guest-star absolument fabuleuse : Claudia TAGBO – Oda Mae (jusqu’au 30/01/2020). Depuis 2006, on connaît de mieux en mieux Claudia Tagbo, repérée au Jamel Comedy Club et depuis avec tous ses spectacles et participations en télé. Avec ghost, elle retrouve la scène de Mogador dans le rôle mythique d’Oda Mae Brown, interprété par la pittoresque Whoopi Golberg au cinéma. Et, elle est au top ! Cette Claudia Tagbo-là possède un génie comique, une présence imposante qui emportent toute l’adhésion du public de sa truculence bigarrée. On attend avec une certaine impatience les moments où elle occupe la scène. Formidable !
  • Les seconds rôles très travaillés ajoutent une dimension narrative au spectacle et à l’adaptation. Mon coup de cœur va à Abdel-Rahym MADI – Fantôme du métro. C’est une révélation ! Comme Claudia, il possède une superbe présence. Il incarne à merveille ce fantôme du métro dans un très beau costume d’ailleurs. Plus tard, son échange avec Sam Wheat dans un rap puissant met les tripes à l’air. Un tout petit « petit » bémol, j’aurais aimé une diction un rien plus claire pour capter et jouir de tous ces mots lâchés comme des balles de revolver ! Abdel-Rahym possède une grâce naturelle (il a dansé aux côtés de Marie-Claude Pietragalla) jaillissante. Il s’empare de la scène. Retenez bien ce nom, ce n’est que le début.

Alors, Ghost le musical, y aller ou pas ?

Bien sûr, excellent moment en perspective et puis, disons-le encore, rien ne vaut le spectacle vivant. Quand toute la troupe s’élance sur scène, quand la salle résonne sous les pas saccadés, quand tous ces coprs bougent à l’unisson, on assiste à un véritable bain d’énergie positive. Voilà qui n’a pas de prix !


INFORMATIONS PRATIQUES

 

Informations, réservations sur www.theatremogador.com

 

Casting :

Claudia TAGBO – Oda Mae (jusqu’au 30/01/2020)

Clair JAZ – Oda Mae (à partir du 31/01/2020)

Moniek BOERSMA – Molly Jensen

Grégory BENCHENAFI – Sam Wheat

Philippe TOUZEL – Carl Bruner

Benoit CHARRON – Willie Lopez, l’assassin

Alain DION – Fantôme de l’hôpital

Abdel-Rahym MADI – Fantôme du métro

 

 

 

 

Dali et Gala, l’histoire d’un voyage surréaliste entre rêve et réalité

Amour, folie, humour et rêverie… Au théâtre de la Contrescarpe, découvrez pour la première fois une pièce reprenant l’histoire d’amour entre Salvador Dali, illustre peintre du surréalisme et Gala, sa tendre muse…

Un voyage dans l’imaginaire de Dali
Cette pièce est à la hauteur du monde imaginaire de Dali. Le spectateur se trouve troublé, voire perdu entre le rêve et la réalité. Quelle différence finalement lorsque nous parlons de Dali, ce célèbre peintre surréaliste ? Un grand peintre parfois incompris et surtout décalé par rapport à la réalité. Ici, on découvre sa méthode bien particulière et atypique pour réaliser ses toiles : tenir une cuillère dans sa main au-dessus d’une casserole, s’endormir, la laisser tomber et se réveiller pour peindre ses rêves. 

Et dans ses rêves, on y voit Gala, sa – future – femme, la muse de toutes ses pensées et de toutes ses œuvres. Elle est son inspiration, son oxygène. Il la peint et vit à travers elle. Elle est si belle que cela en devient presque surréaliste… 

Un jeu d’acteur impressionnant !
De part son excentrisme, Salvador Dali est un personnage rudement difficile à interpréter et pourtant, on ne peut qu’apprécier le talent du jeune comédien Théo Delezenne, pour son énergie et son dévouement exceptionnel. Joue-t-il le rôle de Dali ou est-il lui-même possédé par ce génie ? Telle est la question. À vous d’en juger par vous-même ! 

Photo de Fabienne Rappeneau

Cette surprenante mise en scène et la relation entre les différents comédiens rendent la pièce d’autant plus déroutante. Et si Dali n’était pas si fou ? Et si Gala était bien plus que le fruit de son imagination ? Cela se sent et se ressent, il est fou d’elle. Il veut la rencontrer, la toucher. Mais pour cela, il faudra passer par un seul et unique moyen : le rêve.

Pour une soirée décalée et onirique, Dali est là pour vous servir !


Informations pratiques

À propos de Salvador Dali :
Salvador Dali naît en 1904 et dès son plus jeune âge, il se passionne pour la peinture. Au cours de sa vie, il aura réalisé près de 1 500 tableaux dont les plus connus : La Persistance de la mémoire (1931), la Tentation de saint Antoine (1946) et le Christ de saint Jean de la Croix (1951). En 1929, il rencontre Gala, une migrante russe née sous le nom d’Elena Ivanovna Diakonova, alors mariée au poète français Paul Éluard et devient son fantasme, sa muse et sa future épouse. Dali meurt en 1989 après quarante-cinq ans d’amour au côté de sa femme.

Galatée ou la rencontre surréaliste de Dali et Gala
de Mathilde Aurier, mis en scène par Mathilde Aurier
Théâtre de la Contrescarpe
5 rue blainville
75005 Paris
Jusqu’au 11 décembre 2019
Réservation sur :
https://theatredelacontrescarpe.fr/galatee-dali-gala/

“Et si Racine avait écrit les Anges de la téléréalité ?”

Un mélange d’humour, de littérature et de téléréalité… Bienvenue dans “L’affaire Guédon”, une pièce de François Guédon. Seul sur scène au Palais des Glaces, il manie l’art de la langue française avec beaucoup de talent et de rhétorique…

Un comédien qui n’a pas la langue dans sa poche
François Guédon est remarquable pour sa gestuelle et son éloquence. Il emploie avec finesse la langue de Molière, de Racine et même de Proust sur des sujets, ou plutôt, des émissions TV connues telles que “Les Anges de la téléréalité”, “C’est pas sorcier” ou encore “Faites entrer l’accusé”. “Et si Racine avait écrit les Anges ?”, se questionne François Guédon. Vous imaginez un peu ? Ce serait drôle et enrichissant !

L'Affaire Guédon

L’Affaire Guédon

Une pièce plaisante pour tous
Amoureux de la langue française, “L’Affaire Guédon” est une pièce faite pour vous. Celle-ci allie amour de la poésie avec de grandes références littéraires et jeux de mots subtiles. Ce décalage entre la langue et notre époque actuelle rend la pièce irrésistiblement drôle ! De Proust à Racine, en passant par Booba, chacun y trouve SA référence. “L’Affaire Guédon” est intelligemment adapté pour passer un excellent moment en famille.

“L’Affaire Guédon” est la pièce idéale pour passer une soirée hilarante et enrichissante !

 

 

 


Informations pratiques

À savoir
François Guédon est aussi chroniqueur sur Europe 1 dans l’émission d’Anne Roumanoff.

L’Affaire Guédon
De et par François Guédon
Jusqu’au 18 décembre 2019
Palais des Glaces
37, Rue du Faubourg du Temple
75010 Paris
Réservation sur www.billetreduc.com

Un sac de billes, une première au théâtre

On a dévoré le livre, on a savouré les films et on a dégusté la BD… Vous pensiez tout connaître sur Joseph Joffo ? Mercredi 4 septembre s’est jouée la toute première représentation d’Un sac de billes à Paris ; une adaptation théâtrale réussie !

Une première au théâtre
Joseph Joffo n’était pas destiné à devenir écrivain. Et pourtant, il publie en 1973 Un sac de billes et rencontre un très vif succès ; la même année son oeuvre devient un best-seller repris au cinéma deux ans plus tard, puis en 2017 avec Patrick Bruel. Les années passent et son livre ne prend pas une ride, dépassant les 20 millions d’exemplaires vendus dans plus de 22 pays…

Depuis le 4 septembre, vous pouvez (re)découvrir l’histoire de Joseph Joffo au théâtre ; une grande première dans l’art vivant ! Alors, si l’envie vous prend, que diriez-vous d’aller y faire un tour ?

Une mise en scène originale et fantastique !

Un sac de billes ©Michael Gramm

Un sac de billes ©Michael Gramm

Seul sur scène, James Groguelin donne vie à l’histoire en respectant fidèlement l’oeuvre de Joffo. Autour de lui, une trentaine de valises. Un décor en apparence simpliste, atypique qui dit tout de la situation dramatique de l’époque. France, 1941. Sous l’occupation nazie.

La scène se « limitant » à un espace statique, voire étroit, il fallait créer du dynamisme. Les valises jouent un rôle essentiel et rendent la pièce vivante. Qui dit valises, dit mouvements dans le temps et dans l’espace. James Groguelin devient le maître du décor… Déplaçant à l’envi les valises… il fait voyager le spectateur et le conduit sur les traces de Joseph Joffo de son départ de Paris jusqu’au sud de la France.

Joseph Joffo aurait été fier de ce travail laborieux. On s’attendait à voir une pièce sombre, finalement, on y voit un voyage qui donne de l’espoir vers un avenir plus lumineux grâce à la mise en scène et au talent de comédien de James Groguelin.


INFORMATIONS PRATIQUES

Un sac de billes ©Arnaud Perrel

Un sac de billes ©Arnaud Perrel

Synopsis (pour ceux qui ne connaîtraient pas l’oeuvre – honte à vous !) :
En 1941, Joseph n’a que 10 ans lorsque les nazis occupent Paris. Il va vivre une aventure riche en émotions et en péripéties avec son frère Maurice à travers la France pour rejoindre la zone libre. Ils vont devoir faire preuve de ruse et d’ingéniosité pour fuir à deux Paris et rejoindre le sud de la France.

Un sac de billes de Joseph Joffo
Mise en scène par Stéphane Daurat
Adaptation par Freddy Viau
Avec James Groguelin
Durée : 1H10
Jusqu’au 20 octobre à 18H30 du mardi au samedi et le dimanche à 15H
Tél. 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr

Il vaut mieux aimer le chocolat que l’amour….

Qu’est-ce que l’amour ? Nous pourrions parler de philosophie et de poésie pendant des heures mais nous préférons vous faire découvrir la définition d’Eva, jouée par Anne Buffet au théâtre de la Contrescarpe.

What is love d'Anne Buffet

What is love d’Anne Buffet ©Cyril Vaysse

L’amour selon Eva
“L’amour dure trois ans”. Selon Eva, l’amour commence par des papillons dans le ventre, une sensation de bien-être qui se répand dans tout le corps telle une drogue. Oui, car l’amour est une drogue dure. Nous avons tous déjà ressenti les bienfaits de cet extrême bonheur, cette joie euphorique… En couple, on voit le monde en rose. À deux, on est encore plus fort. Rien n’est plus beau que de partager de doux moments ensemble.

Puis la routine infernale s’installe et vient le temps des premières disputes, des premières blessures. On finit par oublier de s’aimer et par s’oublier. Pourtant, nous avons tant aimé cet être cher à qui nous aurions donné notre vie. Le romantisme et les chansons d’amour n’ont alors plus de place dans notre coeur.

On pourrait comparer l’amour à des montagnes russes, avec des hauts et des bas. Les tensions montent, descendent, puis remontent, et redescendent et se répète à l’infini. Dans “tomber amoureux”, les optimistes entendent “amoureux”, mais il y a aussi le mot “tomber”. Car l’amour fait mal, cela nous prend par les tripes. Aimer, c’est le risque de tout donner sans recevoir en retour. Et cela fait peur ! Mais n’est-ce pas là un jeu aussi dangereux qu’épanouissant ?

Aimer oui, mais COMMENT ?
On aime le chocolat. On aime ses parents. On aime son chien… Donc on peut tout aimer. Oui, mais à quel degré d’intensité ? Peut-on plus aimer le chocolat qu’un être vivant ? Même si le chocolat ne peut nous aimer en retour, n’est-il pas moins douloureux qu’une déception amoureuse ? On peut alors établir une hiérarchie des sentiments.

Le verdict est tombé… Dans la salle, le chocolat fait l’unanimité. Triste réalité. Pourtant, si vous êtes ici à lire cet article, c’est bien parce qu’il a fallu deux amants amoureux pour vous mettre au monde. 

What is love d'Anne Buffet

What is love d’Anne Buffet ©Cyril Vaysse

L’amour comme COD ?
On parle de poignées d’amour, de chagrins d’amour, d’histoires d’amour… Et si l’amour n’était qu’un complément d’objet, un substitut à la vie ? C’est du moins ce que conclut Eva. 

La question de l’amour a suscité et suscite toujours autant d’émois. Alors oui, on a aimé, on aime et on aimera encore. L’amour va et vient dans notre vie en laissant des moments de bonheur et de chagrin. Pour les “amourosceptiques”, Eva vous donnera cinq précieux conseils pour “tuer l’amour sans tuer personne”. Un concept assez fou, toutefois. 

Et vous, vous êtes plutôt chocolat ou amour ?


Informations pratiques

What is love de et par Anne Buffet
Jusqu’au 27 septembre 2019
Théâtre de la Contrescarpe
5 rue Blainville
75005 Paris 

 

On se met “En mode projet” avec Philippe Fertray !

Entre rire, jeux de mots et lapsus… Philippe Fertray reste fidèle à lui-même : drôle et talentueux. La langue française n’a plus de secret pour lui. On l’avait adoré dans “Pas d’souci !” Aujourd’hui, on l’aime encore plus dans sa nouvelle pièce “En mode projet”. 

En mode projet de Philippe Fertray ©Fabienne Rappeneau

En mode projet de Philippe Fertray ©Fabienne Rappeneau

1 homme, 6 personnages
Alfred Carmut avait un job de rêve : employé au sein d’une entreprise, il possédait un bureau, un PC et un téléphone, des classeurs de couleur et une agrafeuse rien que pour lui… Puis un jour, il tombe de sa chaise et se retrouve chez Paul Empoil où il va faire de drôles de rencontres… 

Entre une coiffeuse visagiste avant-gardiste, un jeune chanteur apprenti-star internationale, un dealer de cité et un startuper transhumaniste, Philippe Fertray manie à merveille l’art d’interpréter des personnages aussi farfelus les uns que les autres. Bien sûr, le coach professionnel est présent pour les aider à “lâcher prise” pour monter leur projet. Enfin, un lâcher prise assez spécial… 

En mode projet de Philippe Fertray ©Fabienne Rappeneau

En mode projet de Philippe Fertray ©Fabienne Rappeneau

La POSITIVE attitude !
Qui aurait cru que danser le Kamaté revisité permettrait d’ouvrir tous ses chakras et de libérer son imagination ? Une expérience hors du commun à laquelle seront initiés les demandeurs d’emploi, sous l’oeil amusé des spectateurs ! 

Pourquoi lâcher prise ? Pour monter un projet, notre projet. Qu’est-ce qui nous fait vibrer ? De quoi avons-nous réellement envie ? Dans “En mode projet”, le doute, la peur, l’angoisse laissent place à l’imagination, la persévérance et la force de croire en ses rêves. Quelle belle leçon !

Selon le dicton, “ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort”. En effet, Philippe Fertray nous apprend par l’humour à rebondir et à rester POSITIF même dans les moments les plus difficiles. Une pièce touchante et hilarante !

Mieux qu’une séance chez le psy, Philippe Fertray sait redonner des couleurs à notre vie avec humour et talent. 


Informations pratiques

En mode projet de Philippe Fertray
Avec Philippe Fertray
Durée du spectacle : 1h10
> du 31 juillet au 31 août : du mercredi au dimanche à 21h
> du 3 au 28 septembre : du mardi au samedi à 21h
Théâtre de la Contrescarpe
Rue Blainville, 75005 Paris
Tél. 01 42 01 81 88
www.theatredelacontrescarpe.fr