mardi 4 août 2026

Vita & Virginia : d’amour et de littérature

Virginia Woolf et Vita Sackville-West se rencontrent en 1922. Un très beau film de femmes, esthétique et passionnant, sur une histoire d’amour très en avance sur son temps !

La première est une femme de lettres révolutionnaire. Pas très riche, elle écrit des chefs d’œuvres plus ou moins méconnus du grand public mais bénéficie en revanche de la reconnaissance intellectuelle de toute l’intelligentsia et du célèbre Bloomsbury Group, auquel elle appartient.

La seconde est une riche aristocrate, mondaine qui plus est, au succès retentissant avec ses romans que l’on nommerait aujourd’hui « de gare ». Sans la connaître personnellement, Vita admire Virginia, son style littéraire qu’elle ne parvient pas à atteindre. Elle rêve de la croiser, d’être partie prenante du Bloomsbury Group, cette communauté d’artistes qui voulaient mener leur vie comme ils l’entendaient et qui ont façonné leurs vies au service de leurs passions et leurs centres d’intérêt, dans une quête totale de liberté.

Vita & Virginia, un film de Chanya Button

Vita & Virginia, un film de Chanya Button

Quand leurs chemins se croisent enfin, Vita jette son dévolu sur la brillante et fragile Virginia. Virginia résiste, s’interroge. Vita est mariée. Elle aussi. Si elle accepte les avances non dissimulées de la belle Vita, il leur faudra à toutes les deux faire fi des conventions sociales et de leurs mariages respectifs.

La fascination de Virginia pour Vita est la plus forte. Elle cède. Commence une longue et belle histoire d’amour entre deux femmes au tempérament de feu et de glace. Il n’y a pas que du sexe, de la sensualité dans leurs échanges, il y a aussi une foisonnante fascination sur le « talent » de l’autre qui donne tout son sel à ce film d’époque qui n’est pas d’époque au sens primaire du terme tant la réalisatrice a su montrer la modernité des ces femmes avant-gardistes, ajoutant même certains anachronismes !

À terme, l’abîme entre la vie d’artiste de Virginia et le faste de l’excentrique aristocrate, la détresse et le chagrin Virginia ravagée l’abandon donneront naissance à l’une de ses œuvres maitresse : Orlando ! Un livre bouleversant sur le genre et sur l’art.


INFORMATIONS PRATIQUES

Vita & Virginia, un film de Chanya Button

Vita & Virginia (1h50), un film de Chanya Button avec Gemma Aterton, Elisabeth Debicki, Isabella Rosellini – En salles le 10 juillet 2019

La fréquentation des sorcières, vampires et démons est vivement conseillée !

Depuis le 12 juin, il est de bon ton de fréquenter ce monde invisible aux yeux des humains, surtout quand la sorcière est belle comme Diana Bishop et le vampire comme Matthew Clairmont. Le livre perdu des sortilèges, série tirée de la saga (A discovery of witches) signée par Deborah Harness (385000 livres vendus en France) est résolument une histoire d’amour transposée dans le monde fantastique. C’est le « gros » détail qui fait toute la différence et lui confère tout son charme.

Depuis que le monde est monde, les sorcières connaissent leurs heures de gloire et leurs heures sombres. Depuis quelques années, elles ont refait surface et sont légions au point de se faire concurrence sur nos écrans. La Sorcière bien aimée des années 1960 obtenait quelques faveurs dues à son rang en remuant son joli nez. L’histoire s’arrêtait là. La sorcière de 2020 se bat, a du caractère, est érudite, indépendante, gagne sa vie, fait des études, surfe sur internet, n’a pas besoin de mec, ni d’une belle-mère… quoi que !

Le Livre perdu des sortilèges

Le Livre perdu des sortilèges

Brillante historienne, Diana Bishop est une sorcière qui ignore tout de son appartenance au clan des sorcières. Un jour, un livre ensorcelé de la bibliothèque d’Oxford tombe entre ses mains. Immédiatement, le livre suscite toutes les convoitises des organisations de sorciers, démons et autres vampires.

Hasard ou volonté fantastique, elle prend conscience de ses pouvoirs et de son immense potentiel. Et aussi de son attractivité. Quand elle croise Matthew Clairmont, un énigmatique vampire de 1500 ans, ils scellent un pacte d’amour que tout viendra contrarier. Ils n’auront d’autres choix que de percer les mystères de ce manuscrit et de s’assurer de le mettre à l’abri d’esprits mal intentionnés.

On ne vous cachera pas que cette série est un peu chargée en poncifs et en clichés. N’empêche, le divertissement est de qualité. D’abord, le jeu des acteurs est convaincant. Ensuite les décors sont à la hauteur de nos attentes et participent à la crédibilité de l’histoire. Quant aux effets spéciaux, ils sont rares et plutôt bien réalisés.

Conclusion : On se laisse volontiers ensorceler par cette série parfaite pour l’été où l’on se promène (parfois… on vole) dans les coulisses d’un univers enchanteur, des couloirs d’Oxford aux canaux de Venise en passant par les châteaux forts de la France. Je conseille et j’attends la suite avec impatience.


INFOS PRATIQUES

Le livre perdu des sortilèges (Disponible depuis le 12 juin 2019 en VOD / DVD / BLU-RAY

Diffusée sur SKY ONE en Angleterre, la série a connu un très gros succès d’audience, et a d’ores et déjà été renouvelée pour 2 saisons. Depuis le 19 mars 2019, elle est diffusée sur SYFY.

8 épisodes de 45 mInutes / Langues : Français et Anglais – Sous-titres : Français

Coffrets 3 DVD ou 2 Blu-Ray à 19,99 € TTC et en VOD sur toutes les plateformes

Édité par KOBA FILMS

Emji, l’artiste du mois

Après avoir dévoilé le single Vegas en février dernier, Emji revient avec son deuxième opus intitulé Je, Tu, Elles. A découvrir absolument !

Son visage d’enfant est si doux, son regard si intense et sa voix si mélodieuse… Si vous ne connaissiez pas Emji, c’est l’occasion de découvrir cette jeune artiste talentueuse ! Elle nous revient avec un deuxième opus intitulé Je, Tu, Elles qui sortira le 17 mai prochain. Je, Tu, Elles est une nouvelle formule en trio féminin au rythme électro-pop et composé de dix chansons toutes aussi douces que séduisantes.Vous aurez aussi le plaisir de découvrir une reprise de la fabuleuse chanson de Lady Gaga et de Mark Ronson, Shallow, du film à succès A Star is Born…

Une soif d’évasion ? Emji sera votre compagnie idéale sur vos routes de campagne !


INFOS PRATIQUES :

Ce qu’il faut savoir sur l’artiste :

– En 2013, elle vend Emji & Les Âmes en noir, son premier EP, à 2 000 exemplaires en un an.

– En 2015, Emji est l’heureuse gagnante de la Nouvelle Star. En effet, la rousse incendiaire, comme elle fut nommée par André Manoukian, a fait sensation sur le plateau auprès du jury et du public. Elle obtient 2 millions de vues sur internet après la diffusion de ses reprises de Beyoncé, Crazy in love et de Chandelier de Sia. Puis, elle signe chez Polydor et sort un premier album intitulé Folies Douces.

– Sa merveilleuse voix angélique lui permet ensuite d’interpréter le rôle de Milady dans la comédie musicale Les 3 Mousquetaires.

A savoir en urgence : Emji entame une tournée d’une trentaine de dates à travers la France !!

Je, Tu, Elles d’Emji – sortie le 17 mai

Avec La Boule Rouge, c’est parti pour swinger !

La Boule Rouge

La Boule Rouge

Dans un style Art Déco, La Boule Rouge nous plonge au cœur de Paris, dans les années 20 dites les « Années folles« . Cette comédie musicale vous donnera l’envie de swinger toute la soirée !

Une histoire où tout commence
Le comptoir de la Taverne du Baron est le lieu des rêves où l’impossible devient possible à une époque où la guerre est belle et bien terminée, en laissant toutefois de profondes blessures aussi bien pour les soldats que pour les civils. Alors on danse – comme dirait Stromae – ! Cette nouvelle génération débridée, scandaleuse voire provocatrice rêve d’un monde meilleur et de briser les codes et mœurs traditionnels. Deux idéologies s’opposent, deux mondes se font face. D’un côté, la famille de l’Arquebuse, surtout le père Antoine, représente la figure autoritaire et traditionnelle de l’ancien monde tandis que les employés du comptoir rêvent de s’émanciper !

La Boule Rouge

La Boule Rouge

Un spectacle haut en chansons !
Des personnages touchants, des costumes sublimes, des voix mélodieuses… Entre joie, romantisme et rire, ce spectacle enchanteur m’a fait vibrer de mille émotions. Je me suis laissée emporter par l’histoire tout aussi touchante que festive.

A ne pas oublier, les fabuleux musiciens ! Ils nous ont transporté et dansé sur nos sièges. Ils nous font revisiter les grands classiques et de réécouter les plus grands succès de Claude François, de Nina Simone, de Jacques Brel… On en redemande encore !

La Boule Rouge est selon moi la comédie musicale la plus sublime depuis le début de l’année  !


INFOS PRATIQUES

Synopsis :
Comme d’habitude, Charles et ses amis errent dans les rues de Paris et terminent leur vadrouille au comptoir de la Taverne du Baron où les employés rêvent d’évasion et d’aventures. Mauvaise nouvelle… Il est temps de mettre les clés sous la porte. Cette tragique nouvelle offre une immense opportunité à Charles d’exceller auprès de ses parents, et plus particulièrement auprès de son père qui le perçoit comme un bon à rien… Charles a donc une idée innovante : transformer le comptoir en lieu de spectacle et de divertissement… au rythme du swing ! Mais chut, à vous de découvrir !

La Boule Rouge
Théâtre des Variétés
7 Boulevard Montmartre
75002 Paris
Réservation sur : http://www.theatre-des-varietes.fr/spectacles/la-boule-rouge.html
Tous les jeudis, vendredis et samedis à 20H.

Los Silencios

Los Silencios, affiche du film de Beatriz Seigner

Los Silencios, affiche du film de Beatriz Seigner

Une belle histoire de fantômes en forêt amazonienne ! Un film à mettre sous tous les yeux même si sa culture très « Art & Essai » ne lui ouvrira pas tous les publics. Donc pour le voir en salle on se précipite…

Synopsis : Nurai, 12 ans et Fabio, 9 ans arrivent avec leur mère sur une petite île presque en apesanteur au coeur de l’Amazonie. Ils ont fui le conflit armé colombien dans lequel leur père a disparu pour venir attendre des nouvelles aux confins des frontières du Brésil, du Pérou et de la Colombie. Un, jour, mystérieusement, leur père apparait dans leur nouvelle maison.

J’ai beaucoup aimé ce film, lent, très lent… Il pose d’interminables questions et n’apporte de réponses qu’à la dernière image. Il nous emporte dans un flot d’émotions et de couleurs dans un étrange village de maisons sur pilotis, des cabanes en bois comme tous les voyageurs ont pu les voir. Nous sommes dans notre époque en 2019. Et le film montre aussi cet étonnant mélange entre tradition et modernité. Très vite, on se demande pourquoi le garçon a toutes les attentions de sa mère. Sans doute parce que sa fille est muette. L’est-elle devenue avec les conflits colombiens ? A-t-elle assisté à des scènes traumatisantes ? Et ce père, avec lequel chacun entretient une relation larvée dans le… silence ! Qu’est ce que ça veut dire ?

J’ai beaucoup aimé ce film, lent, très lent … Il est rempli de poésie, d’amour, d’espoir et aussi d’une réalité complexe.

Et si vous avez des doutes, je vous livre un secret. S’il ne fallait qu’une seule et unique raison pour aller le voir ce serait pour la sublimissime scène de la fin. Celle où les pirogues voguent en silence sur l’Amazone, se rapprochent d’un centre, s’illuminent. C’est grandiose. Un tableau, une œuvre en soi cette scène et tous les amoureux du cinéma doivent la graver dans leur mémoire. Judith Lossmann


INFOS PRATIQUES

Los Silencios (1h30) un film de Beatriz Seigner – Au cinéma depuis le 3 avril – avec Marleyda Soto, Enrique Diaz, Maria Paula Abares Pena, Adolfo Savilvino.

 

 

Tel Aviv on fire, un soap-opéra réparateur !

Tel Aviv on fire

Tel Aviv On Fire

Salam, 30 ans, vit à Jérusalem. Il est palestinien et stagiaire sur le tournage de la série arabe à succès « Tel Aviv on Fire » ! Tous les matins, il traverse le même check-point pour aller travailler à Ramallah. Un jour, Salam se fait arrêter par Assi, un officier israélien, fan de la série, et pour s’en sortir, il prétend en être le scénariste. Pris à son propre piège, Salam va se voir imposer par Assi un nouveau scénario. Évidemment, rien ne se passera comme prévu.

Tel Aviv on fire, un film de Sameh Zoabi avec Kais Nashif, Lubna Azabal, Maisa Abd Elhadi – 1h37 – En salles le 3 avril 2019.

En savoir plus sur Sameh Zoabi, le réalisateur

Il nait et grandi à Iksal, un village palestinien près de Nazareth. Doublement diplômé de l’université de Tel Aviv en études cinématographiques, il fait une Master en réalisation à Columbia – USA. Il fait partie des 25 réalisateurs mis en avant par le Filmmaker magazine comme «New Faces of Independent Film 2006».

5 questions à Sameh Zoabi

Pourquoi réaliser Tel Aviv on fire ?

Pour faire une comédie ancrée dans la réalité du conflit israélo-palestinien ! Les gens envisagent cette région et le conflit avec beaucoup de sérieux, et les tentatives d’en rire sont rapidement considérées comme trop légères. Pour ma part, j’estime que la comédie permet d’aborder des questions très sérieuses d’une façon plus subtile. Avec Tel Aviv on Fire, l’histoire aborde frontalement l’idée de perspectives conflictuelles.

Salam, votre personnage principal, travaille sur un soap opéra arabe produit à Ramallah. Pourquoi un soap opéra ?

Les soap opéras sont une affaire sérieuse au Moyen-Orient. Les gens les regardent assidument et sont très impliqués dans ces feuilletons.

Est-ce que vous regardiez des soap opéras quand vous étiez enfant ?

Quand j’étais jeune en Israël, il y avait seulement deux chaînes de télévision. Les séries en langue arabe venaient essentiellement d’Égypte. Ils avaient les meilleurs soap opéras, particulièrement pendant le mois du Ramadan, même les israéliens regardaient. Le feuilleton que j’ai créé pour mon film est un hommage à l’un des plus célèbres et avec lequel j’ai grandi. À présent les choses sont

bien différentes. Il existe des centaines de chaînes de télévision arabes, de nombreuses séries syriennes, libanaises, égyptiennes, mais aussi turques ou indiennes sous-titrées. Les soap sont regardés partout.

Quelle a été votre approche visuelle pour ce film ?

Visuellement, l’idée était de travailler autour du contraste entre deux réalités : la magie, l’univers coloré du soap opéra et le quotidien, la réalité brute en dehors du studio. Nous avons essentiellement tourné en décor avec des lumières naturelles, à l’exception du check point que nous avons dû créer.

Pouvez-vous nous parler des différents niveaux de lecture que contient Tel Aviv on fire ?

Dans une perspective plus large, le film possède deux trajectoires politiques : premièrement, il y a l’histoire de la guerre telle qu’elle est décrite dans le soap et présentée par Bassam, oncle de Salam et producteur, créateur du show. Bassam appartient à l’ancienne génération, qui a combattu en 1967, et signé les accords d’Oslo. Deuxièmement, il y a la réalité quotidienne des check-points, qui est en lien direct avec l’histoire. L’histoire du soap et celle du film se croisent et fusionnent. En tant que jeune palestinien, Salam se retrouve à devoir lutter entre ces deux réalités. La vie de Salam et son interaction avec Assi sont reflétées dans le soap et lui donne une autre dimension. Pour le dire simplement, Assi, veut écrire sa propre histoire, celle d’une réalité enjolivée à Salam. Au fur et à mesure que la confiance de Salam grandit, il réalise que c’est impossible et doit arrêter cela. Rien ne pourra changer en Israël et en Palestine tant que les deux peuples ne seront pas égaux. C’est le seul moyen d’avancer.

Bookshop, le film-fable Noël 2018, à voir en famille

Trois fois primé, « Meilleur film », « Meilleure réalisatrice », « Meilleure adaptation », ce film est une parfaite illustration du pot de terre contre le pot de fer… Puisque la vie est une lutte incessante entre les « malfaisants » et les « bienfaisants », il faut voir BookShop pour sa morale… Vous aimez les livres ? Vous feriez tout pour eux ? Bookshop est pour vous. Adapté du roman de Penelope Fitzgerald, le film raconte l’histoire de Florence Green, une jeune veuve, qui en 1959, tombe amoureuse d’une vieille baraque abandonnée de Hardborough au nord de l’Angleterre. Elle rêve d’y installer ses enfants chéris : ses livres. À force de persuasion et de compromissions, elle réussit. Un succès de courte durée, il faut compter avec le cynisme et la méchanceté gratuite d’une femme odieuse (Patricia Clarkson) et de quelques lâches nobliaux de la bourgade qui voient d’un sale œil cette femme indépendante, passionnée, libre trop avant l’heure. Ils vont lui mener la vie dure.
Bookshop, film, Isabel Coixet.
Bookshop, un film-fable d’Isabel Coixet.
Heureusement, une toute jeune fille (Honor Kneafsey, belle comme un cœur et très prometteuse) et un homme (Bill Nighy, sublime en ours mal léché) apportent du réconfort dans son quotidien. Est ce que tout cela suffira ? Pas sûr ! Cette touchante fable à l’insoupçonnable fin (il faut vraiment attendre les toutes dernières images du film pour sourire dans ses larmes) dit que les malfaisants gagnent plus souvent que les gentils mais au fond que gagnent-ils vraiment ? Ce qu’il faut voir c’est ce que gagnent les « bienfaisants ». Bookshop (1h52) un film de Isabel Coixet avec Emily Moritmer, Patricia Clarkson, Bill Nighy et Honor Kneafsey

Jazz à Juan, clap de fin sur déjà 58 ans de Jazz et de partages !

Et voilà… fin du 58e Festival de Jazz Juan 2018. C’est toujours déchirant de terminer quelque chose, c’est un peu comme une histoire d’amour qui commence et qui s’arrête  trop tôt. Comme dans toutes les  passions amoureuses on passe par toutes les émotions. Ça commence par des rencontres, des regards,  des vibrations, des rires, des joies, et parfois même des déceptions. Cette 58e édition du Festival Jazz à Juan n’a pas échappé à la règle. Mais avant de vous faire part de mes grands coups de cœur et de mes petits coups de gueule, un peu d’histoire.

– Le jazz est vif, douloureux, doux, tendre, lent ; il apaise, il bouleverse, c’est de la musique et ce qu’il rythme est vrai, c’est le pouls de la vie » a écrit la poétesse Andrée Maillet  !

Il était une fois Jazz à Juan…

Par un beau mois de juillet 1960, naquit le « 1er Festival du Jazz Européen » , dans le cadre idyllique de la pinède Gould à Juan les Pins, du nom du richissime américain Frank Jay Gould qui fit construire, au cœur de la petite station balnéaire le casino et un superbe palace, au milieu de cette pinède bordée de pins parasols centenaires, face à la Grande Bleue .
Le Festival de Jazz d’Antibes Juan-les-Pins fut le premier festival européen de jazz et rencontra très vite un grand succès. Et oui, Juan-les-Pins où Jazz à Juan fait swinguer la pinède Gould depuis 1960. Et depuis 58 ans, cet événement de renommée mondiale voit se produire, en juillet, tous les plus grands noms du Jazz ainsi que de nouvelles « pépites » internationales. Ce festival hétéroclite, où se mélangent toutes les tendances, attire chaque année des milliers d’amateurs de Jazz et réunit des orchestres des quatre coins d’Europe venus dans l’espoir d’être désignés « meilleure formation de Jazz européenne ». Depuis toutes ces années, Jazz à Juan a été reconduit, même malgré la concurrence du festival de jazz de Nice en 1971 et 1972.

Jazz à Juan, 1960, 2018

Première affiche Jazz à Juan 1960. ©Jazz à Juan

Sous la direction artistique de Norbert Gamsohn, Jazz à Juan a acquis une notoriété mondiale. Il est devenu le plus prestigieux festival après celui de Newport et a donné au jazz une diffusion sans précédent. En 1960, les États-Unis, berceau du Jazz, furent les invités d’honneur du festival de jazz d’Antibes. Participaient à cette première édition l’orchestre de Wilbur De Paris avec le bassiste Charlie Mingus, Bud Powell, Dizzy Gillespie ou encore Sister Rosetta Tharpe.
Durant le festival les musiciens en compétition durent se produire en deux lieux différents. Dans l’enceinte du stade Fort Carré d’Antibes et dans la Pinède Gould. Mais, dès la prestation du 10 juillet 1960 donné en hommage à Sidney Bechet dans la Pinède, les organisateurs comme les musiciens privilégièrent ce site.

De 2001 à 2009, Harry Lapp occupera la direction artistique du festival. La direction générale de Jazz à Juan est assurée alors par Philippe Baute, directeur de l’Office de tourisme. Depuis 2010, c’est Jean-René Palacio qui veille à la destinée de « Jazz à Juan ».

Longue vie à Jazz à Juan… et rendez-vous en 2019, mais Quid du « cru 2018 »… ?

Mon « Jazz d’Or »

va à Ibrahim Maalouf et Angélique Kidjo avec l’Orchestre de Cannes Alpes-Côte d’Azur pour l’opus « Queen of Sheba ». Pour ce métissage et cette osmose musicale entre Le classique et ce jazz aux couleurs d’Orient. Pour cet accord parfait  entre la trompette de Maalouf et la voix de Kidjo. Pour cette saga biblique sur les traces de la reine de Saba et du roi Salomon. Pour cette jubilation partagée entre Maalouf,  l’ensemble des musiciens et le public de la Pinède … comblé !

Mon « Jazz d’Argent »

est décerné  à Biréli Lagrène, Charlier, Sourisse et le multiquarium Big Band pour cet hommage explosif à Miroslav Vitous. Pour cette complicité musicale et humaine entre ces trois vieux briscards du jazz, réunis sur cette scène de Jazz à Juan afin de partager et de transmettre la musique de ce génie, trop tôt disparu, Miroslav Vitous.

Mon « Jazz de Bronze »

est dédié à Marcus Miller et Selah Sue pour leurs variations éclectiques de jazz funk pop RnB, rythmées par la guitare basse de Marcus Miller accompagné pour la circonstance  par la jeune chanteuse belge Selah Sue. Pour l’hommage poignant de Marcus Miller à son père récemment décédé. Et pour cette reprise tonitruante de « Come Together » à faire pâlir les Beatles de jalousie.

Mes Jazz « mi figue mi-raisin »

reviennent à Carla Bruni et Norah Jones. Ni la proposition musicale variée de la belle Carla, ni son univers vocal ne m’ont séduit…
Quant à Norah Jones… elle déroule tranquillement son répertoire folk et country sans prise de risque, sans surprise, sans véritable présence scénique, ni de réelle fusion avec ses musiciens…really sorry, Ladies !

Mon « Jazz de Cœur »

va sans conteste à la sublime diva Melody Gardot qui une fois de plus a réussi à séduire et à émerveiller son public. Melody possède tout : un talent fou et un charme sans égal. Une histoire personnelle poignante puisque elle a failli perdre la vie et l’usage de ses jambes à l’âge de 14 ans. C’est une épicurienne assoiffé de vie et de partage. Bref une grande Diva hors catégorie !

Mentions spéciales

à Lenny Kravitz qui nous a fait danser, à Eli Degibri le saxophoniste israélien qui nous a fait voyager, au jeune prodige arménien le pianiste Tigran Hamasyan qui nous a fait planer et à Dhafer Youssef, ce maitre de l’Oud qui nous a envoûté…

 

Longue vie au Jazz et à la liberté de créer pour tous ces artistes, unis par une langue de paix intemporelle…la musique !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian

 

Dhafer Youssef et Norah Jones assurent au Jazz à Juan 2018

L’Orient a traversé la Méditerranée avec la venue de Dhafer Youssef en première partie de Norah Jones. Ce chanteur et virtuose du oud (guitare arabe inspirée de la lyre), joue les passeurs entre musiques traditionnelles et jazz contemporain. Musicien autodidacte et vocaliste, à 51 ans, il incarne à merveille la fusion réussie entre chant soufi, musique arabe, jazz, électro et autres courants de la scène musicale mondiale.

« Miles Davis était mon maître, même si nous ne jouons pas du même instrument »

Ce disciple de Miles Davis a partagé la scène du 58e Jazz à Juan avec de jeunes musiciens américains pour présenter la musique de son album Diwan Of Beauty And Odd (2016), qui flirte avec des mélopées orientales et andalouses. Dhafer Youssef s’est imposé comme l’un des musiciens les plus prolixes de la dernière décennie. Le public de la Pinède ne s’y est pas trompé et lui a réservé un triomphe.

Puis arriva, dans un ciel bleu-nuit flamboyant, illuminé par les feux d’artifice de la baie de Cannes, LA diva, Norah Jones, très attendue elle aussi, passant avec élégance du piano à la guitare, de sa voix charmeuse et apaisante, dans son univers très personnel de jazz, country et folk. Geetali Norah Jones-Shankar, fille du « dieu » indien du sitar Ravi Shankar, s’est révélée en 2002 au grand public grâce à la sortie de son premier album Come Away with Me, véritable triomphe qui s’écoula à plus de 20 millions d’exemplaires et lui valu cinq Grammy® Award. Un plébiscite conforté par le succès de son récent album, Day Breaks qui a égrené cette soirée, d’une façon si douce et si tranquille, que les cigales pourtant en « saison d’amour », se sont endormies……chut, ne faisons pas de bruit, Norah est dans la place !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian


INFORMATIONS PRATIQUES


58e Jazz à Juan du 12 au 22 juillet 2018 pinède Gould Juan-les-Pins

Billetterie en ligne : www.jazzajuan com

Office du Tourisme : 60 chemin des Sables – Juan les Pins – www.antibesjuanlespins.com

Parking offre spéciale : 10,50€ de 18h à 02h00 – Parking du Palais des Congrès de Juan les Pins

 

 

 

Ibrahim Maalouf, c’était de « ouf » à Jazz à Juan !

Ibrahim Maalouf… Que faut-il en savoir ? Franco-libanais, né à Beyrouth, c’est un véritable homme-orchestre, un créatif intarissable, un trompettiste et pianiste également compositeur – notamment de musiques de films -, un arrangeur, producteur et professeur d’improvisation et de trompette. Son succès est fondé sur un métissage des genres, passant du jazz à la musique orientale ou au rock, parmi de multiples sources d’inspirations.

Sur la scène, il est suivi de près par la belle Béninoise, Angélique Kidjo, à la voix puissante et chaude, dont la musique s’inspire de divers styles, dont la pop africaine, le jazz et les musiques latines.

La scène grouille de musiciens. Une véritable arche de Noé qui s’agite sous une rythmique endiablée avec, en plus,  l’orchestre de Cannes Provence Alpes Côte d’Azur qui flirte avec l’imaginaire de Maalouf. Le son, les sons, la musique bondit et rebondit entre les musiciens. La jubilation est palpable. Le public aussi est acteur de ce partage !

Très à l’aise dans le rôle du compositeur-chef d’orchestre à la baguette et aux pas de danses très agiles, Ibrahim Maalouf passe d’un côté de la scène à l’autre, toujours très enthousiaste, alors qu’Angélique Kidjo reste très concentrée sur ses paroles. La chanteuse a écrit les textes des sept morceaux qui racontent chacun une énigme que la reine de Saba a posé au roi Salomon pour tester sa légendaire sagesse…Enivrant !

Conteur, globe trotteur musical, brasseur de cultures, agitateur pacifiste, Ibrahim Maalouf est un créatif impénitent, débordant d’une énergie ultra positive et communicative. On aime ce « gosse » heureux, sans cesse émerveillé sur scène et soucieux d’un partage permanent avec le public et d’un plaisir de transmettre.

Bref, Ibrahim Maalouf nous a offert un magnifique spectacle musical festif et jubilatoire, quasi hypnotique. Je crois même que je plane encore !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian


INFORMATIONS PRATIQUES


58e Jazz à Juan du 12 au 22 juillet 2018 pinède Gould Juan-les-Pins

Billetterie en ligne : www.jazzajuan com

Office du Tourisme : 60 chemin des Sables – Juan les Pins – www.antibesjuanlespins.com

Parking offre spéciale : 10,50€ de 18h à 02h00 – Parking du Palais des Congrès de Juan les Pins