mardi 4 août 2026

Lost in translation en Finistère vert : Terres océanes, Haute Cornouaille et Monts d’Arrée

Aujourd’hui 23 septembre 2023, c’est le jour de l’automne. Jour choisi pour aller à la découverte de cœur du Finistère niché de la pointe de Crozon aux pieds des Monts d’Arrée, des fronts de mer aux rives des lacs et des forêts jumelles de Brocéliande, de joyeux villages de la Haute Cornouaille dotées de landes plus irlandaises que bretonnes. Panoramas, lieux secrets, gourmandises et marchés… Allons « perdre » notre temps dans une région méconnue magnifiée par l’automne.

Les Monts d’Arrée. Au cœur du Finistère, ils dominent les landes, le lac de Brennilis et les villages alentour. ©JAL

Un tour du monde végétal en rade Brest

En arrivant à la gare de Brest, faisons une première halte aux conservatoires botaniques nationaux. Si Brest regorge d’endroits fabuleux à découvrir, il en est un qui reste trop discret malgré la pépite qu’il représente pour la région. Dans le fond du vallon Stang-Alar, à l’abri de l’agitation de la ville et sur les bords d’une rivière se niche le Jardin du Conservatoire Botanique National de Brest. Chaque année, il ouvre les portes de ses serres tropicales et présente les plantes les plus rares. Il s’agit d’une concentration unique en France ! En automne, on visite avec bonheur le jardin des plantes menacées d’extinction. Cette idée pionnière connait des précédents pour les animaux mais pour les plantes, c’est une rareté que l’on doit à Jean-Yves Lesouëf. Grâce à l’encaissement de la vallée, à la douceur du climat océanique, l’acclimatation des plantes est une réussite totale et magnifique à visiter au cœur d’une ancienne carrière réhabilitée. Pas moins de trente hectares attendent de pied-ferme les visiteurs soucieux du monde végétal. Pour visiter ces espaces, on emprunte des sous-bois, on traverse une bambousseraie, on respire l’odeur des eucalyptus, on se détend aux murmures des ruisseaux… Une véritable odyssée dans le monde végétal !

La Presqu’île de Crozon

Très engagée dans le tourisme vert et durable, la région de Brest dispose avec la Presqu’île de Crozon d’un « laboratoire » géant à ciel ouvert pour offrir le meilleur du vert. Rappelons-le, la Presqu’Île recouvre cette terre au centre du trident et offre plus de cent-trente kilomètres de côtes entre Camaret-sur-Mer à l’extrême pointe Ouest, Landévennec au Nord et Telgruc-sur-Mer au Sud.
Entre la Route des Phares – la plus forte concentration de phares au monde – et les centaines de sentiers reliés de près ou de loin à l’incontournable GR34, il y a largement de quoi ravir tous les goûts et toutes les tendances. Avec les Abers – vallées d’eau douce envahies par la mer-, la Côte des Légendes, les rudesses poétiques de la mer d’Iroise et au loin les îles d’Ouessant et de Molène, les yeux ne savent plus où donner de la tête devant tant de splendeurs ! De très nombreux parcours Brest Terres Océanes existent. En itinérance douce, sans voiture, à vélo, à pied… qu’on se le dise, une fois ne suffira pas. Ou plutôt une fois suffira à vous donner envie de revenir dans ce paradis vert et bleu aux parfums de sel.

Les forêts de la Presqu’Île de Crozon

Les forêts de Landévennec, d’Argol, du Cranou abritent des trésors de la biodiversité végétale. Pins maritimes, châtaigniers, chênes pédonculés, bouleaux, hêtres, épicéas… La liste serait trop longue. Il faut parcourir les sentiers pour aller au-devant de ces êtres de bois, de feuilles et de résine, capables de nous protéger des chaleurs et d’absorber nos trop pleins de CO2, pour admirer leur beauté et comprendre leur indispensable présence. En chemin se cachent des petits cadeaux : la fontaine de Folgoat, le sillon des Anglais, le rocher du C’hleguer, le Menhir et la spaigne de la Pylais, extrêmement rare en Europe elle est présente en forêt d’Argol et se caractérise par les tourbières et les landes humides.

La route des phares sur la côtes des légendes

Au cœur du Parc naturel marin d’Iroise se visitent les 20 phares de la destination Brest Terres Océanes. Cette route mythique que l’on parcourt à vélo via les voies vertes abrite nombres de pépites tel le phare du Stiff, le plus ancien de Bretagne, et le fameux phare le plus haut d’Europe, celui de l’île Vierge. Ce dernier que l’on peut atteindre avec les vedettes des Abers lors d’une escale. Tous offrent des panoramas d’une beauté magistrale sur l’océan. N’oubliez pas ceux de la Presqu’île de Kermorvan, Saint-Matthieu à Plougonvelin dont nous vous avions déjà parlé.

Quittons la mer et le ressac et pénétrons dans les terres bretonnes, celles de la Haute-Cornouaille dont l’épicentre est plus ou moins les Monts d’Arrée, cruellement blessés lors des incendies exceptionnels de l’été 2022 et dont la résilience est si forte que presque toutes les cicatrices ont déjà disparues. Les sites du Parc Naturel d’Armorique n’ont rien perdu de leur beauté farouche. À 330 mètres d’altitude, les Monts d’Arrée offrent un paysage de landes fantasmagoriques où bruyères et ajoncs se disputent les assauts du soleil et du vent sous l’oeil des rapaces. Bienvenue dans l’Argoat, le pays des bois.

Les jardins de l’Abbaye de Daoulas

Une infime partie de Jardins de Daoulas. Prévoir quelques heures pour profiter de tous les panoramas. ©JAL

Fondée au 12e siècle par les chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin, l’Abbaye de Daoulas surplombe la petite ville de Daoulas, autrefois port stratégique entre les Pays de Léon et de Cornouaille. Elle conserve encore aujourd’hui de beaux témoignages de sa splendeur initiale : un cloître roman, des vestiges des bâtiments communautaires du 13e siècle, une fontaine et un oratoire du 16e siècle. L’Abbaye de Daoulas concentre plusieurs centres d’intérêts. La qualité des jardins des plantes et arbres médicinaux du monde entier, autant d’invitations au voyage des sens et de l’esprit. La diversité culturelle au travers d’expositions qui « partent » à la découverte de l’Autre. Jusqu’au 3 décembre 2023, les Balades photographiques de Daoulas réunissent deux grands noms de la photographie, Sophie Zénon et Benjamin Deroche, en proposant une déambulation photo poétique sensible sur le thème de la mémoire. Un voyage dans l’intime qui fait écho à l’exposition Mourir, quelle histoire ! proposée à l’Abbaye de Daoulas depuis le 2 juin.

Le domaine de Trévarez

Le domaine de Trévarez. Sublime bâtisse, elle domine la vallée de l’Aulne. ©JAL

Depuis plus d’un siècle, cette énorme bâtisse domine la vallée de l’Aulne. Labellisé « Patrimoine du XXe siècle », le domaine doit son existence à un seul homme. Un visionnaire. Un entrepreneur, James de Kerjégu, qui amorça la construction de cette résidence hors norme en 1893. Il la dota de tout le confort attendu et la gratifia de toutes les innovations possibles de l’époque. Luxe et modernité, telles furent les directives de ce politicien qui rend avec cet édifice, un hommage vibrant à la Belle Époque ! La seconde Guerre mondiale causa des dégâts matériels importants. Elle eut sans doute été rendue à la nature et à l’écroulement sans les efforts consentis par le département du Finistère, propriétaire des lieux depuis 1968.
Aujourd’hui, on visite quelques salons et expositions. On admire l’ensemble depuis les hauteurs des jardins et l’on est ébloui par l’indéniable personnalité de ses murs et de son créateur au-delà du temps. Les jardins suivent un cheminement précis et sont aménagés en jardin anglais, italien et romantique dont la pièce d’eau monumentale en est le point d’orgue. Ils sont des lieux de rencontres avec les immenses et exceptionnelles collections de camélias, d’hortensias et de rhododendrons. Chaque saison à Trévarez a son spectacle. C’est Noël qui enchante petits et grands avec ses poétiques scènes tout droit venues de contes imaginaires, peuplés de fées, de farfadets et autres gentils gnomes des landes toutes proches. Noël à Trévarez c’est aussi un son et lumière de toute beauté.

Paysages et forêts légendaires à Huelgoat

La forêt d’Huelgoat… une promenade chère aux esprits de la nature. ©JAL

Il n’est de voyages qui ne finissent un jour. Voici pour la fin, une étrange promenade, une destination propice à toutes les légendes peuplées de Druides, de Celtes et de Korrigans, une promenade en forêt d’Huelgoat. Les « choses » commencent en plein jour, au cœur du village semble -t-il normal avec son lac, son marché gourmand et ses gentils habitants. On longe un torrent presque bouché par d’énormes blocs de pierre. Puis, la pénombre de la forêt assombrit les chemins et les voix résonnent étrangement. Partout, d’énormes pierres, lisses, on les dirait rasées de près par les mains de géants. Ça monte. Ça descend. Jusque dans les entrailles du diable. Les mousses s’accrochent et créent des tapis, comme des greens miniatures pour d’étranges petits êtres qui, aucun doute, nous surveillent sans jamais se laisser voir. Et puis, notre ami le conteur Remy Colleter, qui jouait déjà ici enfant, (il y a quelques siècles) fait du bout du doigt bouger une pierre de plus de deux tonnes.

Houlala, y’a de la magie dans cet homme-là, dans ces lieux-là, dans cette Haute-Cornouaille, dans ce Finistère, vert, décidément plein de surprises qui vous emprisonne le cœur et l’âme. Judith Lossmann

 

 


INFORMATIONS PRATIQUES FINISTÈRE VERT
LA VIE EST BELLE VOYAGES

 

AVANT DE PARTIR

Bretagne, éditions Du Chêne.

Le très bel ouvrage BRETAGNE édité par Chêne, signé Jules Gaubert-Turpin et Franck Juery.  Il déborde de photos, courts textes très ciblé et utiles, d’adresses et d’invitations à la découverte. Paru en avril 2023. ISBN : 9782812321184 – 35 euros.

À EMPORTER : LES GUIDES BRETAGNE ROUTARD

Le guide du Routard Bretagne Nord  2023/24 et le Guide du Routard Bretagne Sud 2023/24. Comme toujours ces guides sont des outils ultra-complets, toujours remis à jour. Si nos informations sont bonnes, il semble que le guide du Routard ait démarré avec la Bretagne, c’est dire si la conivence entre ces deux-là est importante et historique. Quoi qu’il en soit, les guides regorgent de bonnes adresses, de bons points de vue, d’immanquables. 14,95€ chaque. Chez Hachette. Plus d’infos : www.routard.com

PREMIERES ADRESSES SUR PLACE : OFFICE DU TOURISME

OT – Terres Océances => 8 avenue Georges Clémenceau , 29000 Brest – Tél. 02 98 44 24 96
OT – Haute Cornouaille => 17 Rue de la Mairie, 29520 Châteauneuf-du-Faou – Tél. 02 98 81 83 90
OT – Monts d’Arrée => 25 Pl. Aristide Briand, 29690 Huelgoat – Tél. 02 98 99 72 32

BON À SAVOIR SUR LE FINISTÈRE VERT ET LA HAUTE COURNOUAILLE

La Haute Cornouaille est un territoire ultra-dynamique composé d’une communauté de communes réunissant : Chateauneuf du Faou, Collorec, Coray, Landeleau, Laz, Leuhan, Plonévez du Faou, St Gaozec, St Thois, Spezet, Trégourez.  Partout on peut visiter et acheter. Plus d’informations : www.haute-cornouaille.bzh

MANGER EN FINISTÈRE VERT

 

La Maison éclusière, le long du canal de Nantes à Brest. On y déjeune et dort sur réservation. ©JAL

  • Ma Maison Éclusière. Une jolie halte sur le parcours à vélo qui longe le chemin de halage. Accueil randonneurs, hébergement et petite restauration au bord du canal de Nantes à Brest, sur le GR38 à Chateauneuf du Faou. mamaisoneclusiere.com
  • L’Aristide, restaurant traditionnel, lieu-dit Menez Bras à Huelgoat. Super service, très accueillant et contrairement aux apparences, sis dans un lieu calme, on profite d’une belle terrasse et les soirs d’été, les longues journées s’éteignent ici dans un déploiement de couleurs. Carte gourmande. Tarifs accessibles. Tél. 02 98 99 86 32.
  • Le café de la Cale. Restaurant avec une vue exceptionnelle et imprenable sur la rade de Brest. Dès que possible, on déjeune sur l’une des deux terrasses. Bonne carte. Produits frais. Accueil très sympathique. 53 rue de la Corniche, 29480 Le Relecq-Kerhuon – Tél. 02 98 28 13 19
  • Kouigns & Compagnie. En plein coeur du village, cette jolie adresse est à la fois une boutique de thés et de « gourmandises » bretonnes et un petit restaurant à l’arrière. La carte est parfaite, fraîche et bonne. 4 Pl. de la Résistance, 29520 Châteauneuf-du-Faou – Tél. 06 41 89 07 38

DORMIR EN FINISTRÈRE VERT

  • A Plouguerneau, jouer au Robinson sur l’île Vierge et dormir dans le petit phare, celui des gardiens, devenu un gîte. Grimper l’escalier intérieur et profitez d’une vue à 360°. Attention, réservation longtemps à l’avance. www.abers-tourisme.com
  • Maison Killian, domaine Méros. Un havre de tranquillité. ©JAL

    Le domaine de Meros à Plonévez-du-Faou… Un endroit à connaître absolument tant il est merveilleux d’y dormir voire d’y séjourner aux moins deux nuits. Dans ce grand domaine, super calme, les maisonnettes ont été aménagées avec goût et practicité. Des jardins privés entourent chacune d’entre-elles. Elles acceuillent au choix un couple, une famille, une bande de copains. Ces gîtes charmants sont confortables et décorés dans l’esprit Haute Cornouille. Perso, j’ai adoré et je conseille ! Méros, 29530 Plonévez-du-Faou – Tél. 06 81 02 63 33 – www.domaine-de-meros.com

  • Chambres d’hôtes The Place to B&B à Huelgoat. L’accueil est sympa. Claudine, la propriétaire est une cuisinière et une hôte hors pair. La vue sur le petit lac de la ville est un ravissement. Les chambres sont simples et soignées. L’apéritif maison est une « tuerie » et le petit-déjeuner copieux. Cependant, nos amis ligth sleepers éviteront cette adresse en bord de route et pas suffisament isolée des bruits intérieurs et extérieurs. Les autres, en revanche seront ravis. Le départ en forêt d’Huelgoat est à dix mètres de là.

ACTIVITÉS EN FINISTÈRE VERT

Musée Sérusier à Chateauneuf-du-Faou

La guide raconte le parcours Sérusier. Une découverte du village et de l’œuvre de Sérusier tombé en amour pour le Finistère vert. ©JAL

Figure majeure du post-impressionnisme, Paul Sérusier découvre Chateauneuf-du-Faou au début des années 1890.Il y revient chaque été jusqu’à faire construire une maison en 1906 où il vit jusqu’à son décès en 1927.Il donne naissance au groupe artistique des Nabis à Paris. Avec son épouse Marguerite, ils laissent à la ville un lot important d’œuvres dont certaines représentent des sites et des paysages de la ville. Il était logique de rendre hommage à Sérusier. Au-delà d’un circuit d’interprétation en huit chevalets installés au cœur de ville, un musée va bientôt ouvrir ses portes. Quant à la nef de l’église, elle comporte une œuvre inaccomplie de Paul Sérusier. À vous de la dénicher.

Balades à vélo le long du canal de Nantes à Brest

Balade à vélo en pleine nature, le long du canal de Nantes à Brest. Une échappée ravissante…©JAL

Espace naturel remarquable, le canal de Nantes à Brest traverse la Haute Cornouaille sur plus de 35 kms. À vélo, loin du bruit, on admire la plénitude des lieux protégés où l’eau, la faune, la flore explosent d’une vivacité, tout simplement magnifique. Une balade à faire absolument. D’autant qu’il est conseillé de faire halte au Moustoir, écluse 216 où un adorable couple, des chiens et des chats accueillent les randonneurs.

  • Conservatoires botaniques nationaux – ouvert en automne de 14 à 17H – www.cbnbrest.fr
  • Parcours Brest Terres Océanes – N’hésitez pas à prendre des idées de balades courtes, de séjours, pour des itinérances douces sans voiture ou des séjours à vélo sur plusieurs jours.  www.brest-terres-oceanes.fr
  • La route des phares – Pour préparer votre venue et vos découvertes www.brest-terres-oceanes.fr   – Pour info cette route des phares se pratique à pied, en voiture, à vélo, en vedettes, en semi rigide sur la mer d’Iroise, en voilier. Le choix de la reine !
  • Domaine de Trévarez – 29520 Saint-Goazec – Tél. 02 98 26 82 79 – Informations et réservations : https://www.cdp29.fr/fr
  • Louer un vélo pour la balade canal de Nantes à Brest – Canal Loisirs – Olivier Jubin – Penn Ar Pont – 29520 Saint-Goazec France – Tél. 02 21 620 080 – contact@canal-loisirs.com
  • Musée Sérusier à Chateauneuf-du-Faou – Plus d’informations auprès de la mairie Tél. 02 98 81 75 41 – Plan du circuit d’interprétation : www.tourisme-chateauneufdufaou.com
  • Comment faire bouger une pierre de 2 tonnes.faire bouger des pierres de 2 tonnes

SHOPPING EN FINISTÈRE VERT / HAUTE-CORNOUAILLE

Miam ! Est-il utile de les citer ? ©JAL

  • Rapporter (s’ils vous en laissent le temps) des Kouigns Aman de la Compagnie Kouigns et Compagnies à Chateauneuf du Faou. 4, place de la résistance. www.kouignsetcompagnie.fr
  • Pain, Fruits et légumes de la ferme, viandes, fromages, cidre, pomme de terre, volaille, miel et tisanes, farines… Acheter des productions locales chez des producteurs animés par un puissant désir de faire bien et mieux pour la planète et pour notre bien-être. Retrouvez-les tous sur : wwwproduitslocaux.bzh

Les livres que vous avez loupés !

C’est la rentrée littéraire. On vous en parle plus tard… Finissons l’année avec les pépites que vous avez peut-être loupées !

ROMANS – Bélhazar -Le voyant d’Etamps – La Juive de Shangaï – Lapin Maudit – Ames Animales – Les cartographes

En poche, chez J’ai Lu, l’excellent « Bélhazar » de Jérôme Chantreau vous mènera par le bout du nez dans un univers de vérité et de fantasmes, à la recherche d’une explication. Qui était Bélhazar et s’est-il vraiment suicidé ? Une enquête si particulière que rien ne pourrait la résumer. La fin ? Une apocalypse et une apothéose avec la révélation du mystère. Un livre contre l’oubli.

Toujours chez J’ai lu mais radicalement différent et tout aussi addictif, « Le Voyant d’Etampes » d’Abel Quentin. Jean Roscoff, professeur à la retraite, mou, alcoolique, désœuvré est ranimé par le désir d’écrire une biographie entamée quarante ans plus tôt. Celle d’un poète noir américain, fuyant le maccarthysme, venu mourir sur une route de France. Le livre sort dans l’indifférence jusqu’à ce que les réseaux sociaux s’en emparent. Un livre d’une grande liberté d’esprit. De celle qui ne devrait jamais nous quitter une seule seconde !

Chez XO Éditions, le nouveau Marek Halter. Avec « La Juive de Shangaï« , comme à son habitude, l’auteur nous embarque dans une histoire pleine de rebondissements. Une histoire où tout s’oppose et où tout se rejoint. Où les évidences n’en sont pas. Une histoire si profondément humaine. Une histoire d’amitié improbable entre la juive Ruth Rostein et Clara, l’allemande résistante engagée auprès du parti communiste. Ruth sauve la vie de Clara ce qui va lier leurs vies et leurs destins à jamais. Au travers de leur histoire celle de millions de juifs polonais fuyant le nazisme. Un grand et beau roman signé par un immense nom de l’humanisme.

Chez Matin Calme Éditions, réalisme, magie et horreur sont le point commun de « Lapin Maudit« , un recueil de nouvelles signées par l’auteure coréenne Chung Bora, traduite pour la première fois en français. Pour la énième fois, un grand-père raconte à sa petite-fille l’histoire de la lampe sur la table à côté de lui. Une lampe lapin assis sous un arbre. « Quand tu confectionnes un objet maléfique, il est important qu’il soit agréable à regarder. » lui dit-il ! Dix nouvelles à lire avec l’esprit ouvert sinon passez votre chemin. Ce livre propulsé au firmament du Booker Prize oblige à replacer en permanence sa position de lecteur.

 

Un autre de nos chouchous (please, pas de jaloux vous êtes nombreux), le génial et incroyable J.R Dos Santos. L’auteur de romans inoubliables que nous avons encensés dans nos colonnes depuis des années, parmi lesquels « La formule de Dieu », « L’ultime secret du Christ », « Signe de vie » et tant d’autres. Point commun ? Tous ses romans sont hyper documentés. C’est la marque de fabrique de Dos Santos. Écrire un roman pour faire passer crème, disent les jeunes, tous les messages qui bousculeraient trop les esprits si ces mêmes informations étaient présentées dans un article. Avec « Ames Animales » aux éditions HC. Hervé Chopin, c’est encore plus palpable. Ne lisez pas ce livre pour l’intrigue. Il n’y en a guère. L’auteur-journaliste donne à lire un roman très averti sur les animaux et sur l’âme animale. Dans ce demi-millier de pages, comme quoi le sujet est vaste, il raconte, dénonce, explique l’horreur planétaire que nous faisons vivre aux animaux. Au prétexte qu’ils ne parlent pas, ne se révoltent pas, nous leur faisons plus de mal qu’il est possible de l’imaginer. Il révèle aussi et surtout des histoires de famille animale, de partage d’expériences, d’éducation et de sensibilité. Il nous dit les sacrifices que les mères sont capables de faire pour sauver leurs petits. Bref, cela ne fait aucun doute pour nous à la rédaction que de dire que les animaux sont nos sœurs et nos frères, cela reste bien incompris. Une donnée risible. Une vue de d’esprit. Combien de temps encore faudra-t-il à la pseudo humanité pour comprendre et assimiler que nous sommes tous, absolument tous, interdépendants les uns des autres. Ils meurent ! Nous mourons ! Ils vivent ! Nous vivons !
Âmes animales ? Un plaidoyer sur la cause animale qui prouve combien, nous les humains, ne sommes qu’une toute petite, minuscule partie d’un écosystème intelligent, où les animaux sont infiniment plus que de la nourriture ou des objets de chasse.

Dans un tout autre domaine, on vous entraîne avec « Les cartographes » de Peng Shepherd paru chez Albin Michel Imaginaire, dans le monde des passionnés de cartes anciennes. Année 1990. Ils sont jeunes, talentueux et fous de cartes. Ne sont-elles pas celles qui font et défont les mondes, les frontières. Depuis que les hommes voyagent sur la planète, ils n’ont eu de cesse que le morceler en territoires facilement identifiables. Pour y retourner. Pour permettre à d’autres d’y retourner et ainsi de mettre leur pas dans ceux des premiers explorateurs. La bande d’amis, auto-proclamés, les cartographes a un rêve : créer l’atlas imaginaire qui les rendra célèbres dans le monde très fermé des collectionneurs. Trente ans plus tard, Nell qui a déjà perdu sa mère, perd son père, le Dr Young retrouvé mort dans son bureau de la New York Public Library. Malgré une dispute qui les avait séparés depuis longtemps, elle adorait son père. Sa mort ressemble à une énigme. Elle s’empare du mystère et remonte le fil du temps. Voilà qui va les conduire dans d’étranges contrées où les apparences sont floues et la vérité intangible.

 

RECITS – En Inde – La Chine en folie

Albert Londres !? Notre maître à écrire à la rédaction. Le père du grand reportage moderne !  Les éditions Arléa nous rappellent ses écrits et les remettent au grand jour avec la parution de deux récits majeurs. Petit, concis, faciles à lire, ces trois textes « racontent » si bien, avec de tels accents de vérité absolue, sans concession aucune, le quotidien de ce reporter fabuleux. « En Inde« . Calcutta. 1922. Albert Londres radicalement hostile aux anglais, narre son penchant pour les revendications nationalistes exprimées par Nerhu, Gandhi et Tagore. Toujours en 1922, Albert Londres pose ses stylos et ses regards aiguisés au Grand Hôtel de Pékin et sur la Chine. Dans « La Chine en folie« , il décrit ses 400 millions d’habitants, les seigneurs de la guerre, les mercenaires, les bandits et les guerres civiles. Un avant-goût de notre Chine actuelle ou tout l’inverse ?

JEUNESSE – Léo et la cité mécanique

Au rayon jeunesse, les très belles éditions Sarbacane (on a aussi le droit de le lire quand on se sent jeune dans sa tête) proposent un superbe roman initiatique « Léo et la cité mécanique« . Léo est un jeune prince humain. Le dernier de cet univers. L’un des derniers humains aussi. Il vit avec sa grand-mère, pas aimante, dans un palais et s’ennuie à mourir. Un jour, son robot-ami, joyeux et gaffeur est accusé de vol et emprisonné. Léo, s’échappe pour lui porte secours. Il rencontre Madeleine, une vieille (mot interdit dans la cité) inventrice qui l’aide mais lui révèle d’inquiétants secrets et réveille de douces espérances. La mère de Léo ne serait peut-être pas morte ! Commence une quête aventureuse pour les trois amis. Sous ses dehors de conte enfantin, ce livre pose les questions essentielles sur l’avenir, l’humanité, le climat et tant d’autres.

 

FACON DE PENSER – Le laboureur et les mangeurs de vent – Se souvenir du futur – L’étonnant pouvoir des couleurs

Que dit la 4ème de couverture de ce livre de Boris Cyrulnik chez Odile Jacob (paru en mars 2022) ?
« À 7 ans, j’ai été condamné à mort pour un crime que j’ignorais. Ce n’était pas une fantaisie d’enfant qui joue à imaginer le monde, c’était une bien réelle condamnation.  » B. C. Boris Cyrulnik a échappé à la mort que lui promettait une idéologie meurtrière. Un enfant qu’on a voulu tuer et qui toute sa vie a cherché à comprendre pourquoi, pourquoi une telle idéologie a pu prospérer. Pourquoi certains deviennent-ils des « mangeurs de vent », qui se conforment au discours ambiant, aux pensées réflexes, parfois jusqu’à l’aveuglement, au meurtre, au génocide ? Pourquoi d’autres parviennent-ils à s’en affranchir et à penser par eux-mêmes ? Certains ont tellement besoin d’appartenir à un groupe, comme ils ont appartenu à leur mère, qu’ils recherchent, voire chérissent, le confort de l’embrigadement. Ils acceptent mensonges et manipulations, plongeant dans le malheur des sociétés entières. La servitude volontaire engourdit la pensée. « Quand on hurle avec les loups, on finit par se sentir loup. » Penser par soi-même, c’est souvent s’isoler. Seuls ceux qui ont acquis assez de confiance en soi osent tenter l’aventure de l’autonomie. Au-delà de l’histoire, c’est notre présent que Boris Cyrulnik éclaire. À travers sa tragique expérience de vie, hors des chemins battus, Boris Cyrulnik nous montre comment on peut conquérir la force de penser par soi-même, la volonté de repousser l’emprise, de trouver le chemin de la liberté intérieure. Un livre profond et émouvant. Un livre fondateur.
« Le laboureur et les mangeurs de vent » !? Nous l’avions complètement oublié sur une étagère. Sans doute parce Boris Cyrulnik est un sage, un érudit, un « Monsieur » si profondément humain que nous en avons oublié de lire, ne serait-ce que pour l’honorer pour le travail réalisé. Shame on us ! S’il parle de son histoire « personnelle » l’auteur nous parle surtout de la nôtre. Et l’on découvre comment toutes nos émotions fonctionnent et nous font percevoir le monde différemment. Une lecture captivante et une lecture salutaire… indispensable. Monsieur Cyrulnik, pardon d’avoir tant tardé.

Dans « Se souvenir du futur » chez Guy Trédaniel, nous abordons des rivages inconnus. Dans cette version nouvelle et illustrée, les auteurs Romuald Leterrier et Jocelin Morisson affirment qu’il est possible d’accéder à des informations en provenance du futur sous forme de synchronicités. Mais que sont donc les synchronicités ? Pour les auteurs, ce sont des petits miracles du quotidien qui nous adressent des messages chargés de sens. En conjuguant les enseignements venus du fond des âges aux sciences les plus pointues de notre époque, il serait donc possible de connaître son futur. La méthode présentée ici, dite de rétrocausalité est étudiée par la physique. Les exemples spectaculaires choisis pour illustrer les réflexions ouvrent des champs qu’il est bon d’explorer tant les perspectives sont époustouflantes.

 

Pour rester dans les perspectives étonnantes et rarement abordées, il faut s’attarder sur « L’étonnant pouvoir des couleurs » de Jean-Gabriel Causse sorti chez Flammarion il y a un an. Dans cette version augmentée du best-seller de l’auteur, les illustrations originales permettent de comprendre comment, au-delà d’un aspect esthétique, le choix de la couleur est lié aux influences qu’elles exercent sur nous, sur notre humeur. Après cette lecture, impossible de voir les couleurs comme de simples aplats !

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. La suite avec la rentrée littéraire. À bientôt. Judith Lossmann

Et c’est ainsi que nous vivrons, Douglas Kennedy

Lecture d’été… Il est encore temps ! Le temps morose qui stagne sur la France en cette période estivale, invite plus encore qu’à l’accoutumée à lire. Dans la catégorie grosses ventes, il y a le dernier livre de Douglas Kennedy, Et c’est ainsi que nous vivrons !

Ceux qui me suivent savent combien j’apprécie cet auteur. Au fil d’une histoire, telle un tronc, il se plaît à ajouter des branches principales, des branches secondaires, des feuilles enrichissantes pour l’histoire et pour la connaissance intime des personnages. Sous sa plume, ils naissent, agissent et meurent (parfois). Le temps de leur vie dans un livre, toujours ils se heurtent, apprennent de leurs erreurs et finalement évoluent. A quel prix ? En sacrifiant lequel de leur rêve ? Laquelle de leurs certitudes ?

Dans cette presque dystopie « Et c’est ainsi que nous vivrons », suivons la mission de l’agente Samantha Stengel. Dans une Amérique divisée en deux blocs, tout s’oppose mais surtout les opinions et la liberté. Si ça vous rappelle quelque chose c’est normal. Ce en quoi, je ne suis absolument pas certaine qu’il s’agisse d’une dystopie, un mot qui rassure les optimistes mais plutôt d’une prospective assez probable qui conforte les réalistes. Passons…

Ambiance check Point Charly aux État-Désunis d’Amérique. Les États du Sud et du Centre, intégristes religieux, régoristes, puritains à l’extrême, contre l’avortement et pas du tout « awake » se confrontent à la liberté surveillée des États de l’Est et de l’Ouest, où l’on vit comme avant la séparation, la puce engrammée dans l’esprit et les corps en plus !

Chacun défend sa philosophie de vie. Samantha et son équipe d’un côté. Le clan de CS de l’autre. Et chacun tente de s’infiltrer de l’autre côté d’une frontière aussi terrible qu’entre Berlin Est et Ouest…

Sauf que ce qu’il y a de l’autre côté ressemble en effet miroir à ce que l’on a chez soi. Une réunion impossible sauf peut-être pendant quelques minutes d’intimité où d’autres liens que ceux de la politique se joueront. Judith Lossmann


Et c’est ainsi que nous vivrons de Douglas Kennedy aux éditions Belfond. ISBN : 97825 714 493 231 -22,90€

Le Juana, un boutique hôtel mythique de la Côte d’Azur

Le Juana avec son entrée précédée d’un jardin et de la piscine sur le côté. ©JAL

Quand on pense hôtel et Côte d’Azur, les noms des célèbres et immenses palaces de Cannes viennent à l’esprit. Quand on pense Cannes, on pense Festival International du Film, Palme d’or, Croisette… Actrices. Certaines, des exceptions, sont d’une beauté évidente, foudroyante. D’autres, sont belles. Cela tient à la mathématique subtile de l’équilibre de leurs traits. D’autres sont pleines de charmes, construites en éléments imparfaits qui, mixés ensemble, créent une beauté cachée qui se découvre, se redécouvre à chaque mouvement, à chaque instant.

Quand on pense hôtels et Juan les Pins-Antibes, s’impose le Belles Rives, avec sa vue méditerranéenne et l’insolente beauté de sa terrasse tout à la fois à l’abri des regards et face mer. Rien entre l’horizon et soi !

Quand on pense Festival de Jazz. On pense Le Juana ! Moins « tête d’affiche » que ses voisins cannois, plus discret que son grand-frère Le Belles Rives, -tous deux appartiennent à la même famille de passionnés,- Le Juana est comme ces femmes à la beauté cachée. Il se découvre petit à petit, s’amuse de vous étonner, vous protège avec sa culture et son bon goût et vous enveloppe de ses nombreux clins d’œil sur l’art de vivre. C’est ça le Juana ! Un joli bijou discret, sans ostentation et indispensable. Sans oublier sa situation d’exception dans la Pinède de Juan les Pins. Mélomane ou pas, fou de jazz ou simple amateur, l’association des mots Pinède de Juan doit certainement lancer dans votre tête, l’une ou l’autre de ces intemporelles mélodies du Jazz.

Les salons de l’hôtel Juana à Juan les Pins Antibes. ©JAL

On aime particulièrement la situation de l’hôtel. Au cœur de la célèbre pinède, celle qui fut le lieu de rendez-vous d’une multitude d’artistes dans les années 1960, du fait de sa proximité avec Vallauris. Picasso en tête… D’ailleurs, sa personnalité comme son œuvre sont un fil rouge décoratif adopté récemment par l’hôtel pour ses salons, lobby et espaces communs. On aime le salon avec les photos de l’époque, les magnifiques coussins créés sur mesure pour l’hôtel (rassurez-vous on peut les acheter), les détails qui rappellent la présence invisible mais bien réelle des artistes peintres et sculpteurs. Regardez bien, observez, au Juana TOUT est dans les détails. Certains pas faciles à repérer, un jeu de piste fort agréable.

En pleine période de Festival de Jazz d’Antibes, vous êtes aux premières loges. Chambres et suites plongent les visiteurs d’un soir dans une ambiance d’un autre temps. Confort contemporain pour des chambres lumineuses aux rideaux lourds et protecteurs. Dotées de peu de meubles, beaux et rares, les chambres offrent des vues pinède, terrasse, mer. Les charmes de la pierre, du blanc mat et des matériaux de qualité plongent les visiteurs d’un soir (ou plus)  dans une ambiance d’un autre temps. Une pause bienvenue, charmante, cocooning.

Le Juana, salle du restaurant le Paséo. ©JAL

L’hôtel Juana c’est aussi et surtout un incroyable restaurant : le Paséo. Suivez-moi, je vous conduis à la découverte d’un lieu « câlin », « open mind », à la déco stylée… Commençons par la salle. En forme de U allongé, organisé autour d’une gloriette vintage, de la fontaine, du bar, au cœur de la musique avec des playlists rythmées, parfois nostalgiques. Le Paséo, aux frontières décalées, s’exprime en plusieurs dimensions. Il fourmille de vie, de gaîté, lumière. Maîtres mots : couleurs, informel et forte personnalité ! Tant dans la décoration que dans l’assiette.

Le chef Seve Moracchini aux fourneaux du Paséo, le restaurant du Juana. ©JAL

Le chef Steve Moracchini est aux manettes et aux fourneaux salés, sucrés d’une carte inventive et généreuse. Axée autour des produits locaux, elle change souvent. On y dîne. On y déjeune. On y brunche… Autant donc de raisons d’y aller. Cherry on the cake, on peut emporter la cuisine du Paséo à la maison.
Quant au petit-déjeuner en bord de piscine… No comment. C’est le paradis.

Bon à savoir : les résidents du Juana ont accès aux bars, piscine, restaurants du Belles Rives. Voir avec le concierge. L’hôtel appartient au groupe Small Luxury Hotel of the world, l’un de mes labels préférés. Partout dans le monde, j’ai toujours été entièrement satisfaite par les hôtels de leur collection.

Le Juana ? Sans aucun doute, la meilleure façon de bien commencer 2024 et un coup de cœur assuré à l’année. Judith Lossmann

 

 


INFORMATIONS PRATIQUES LE JUANA – LA VIE EST BELLE VOYAGES

 

La petite friture du Paséo. ©JAL

Le carpaccio de St Jacques du Paséo. ©JAL

Les produits d’accueil du Juana. ©JAL

Hôtel Juana – La Pinède – Av. Gallice – 06160 Juan-les-Pins – Cap d’Antibes – France

INFORMATIONS & RÉSERVATIONS : +33 4 93 61 08 70 – restauration@bellesrives.com – reception@hotel-juana.com

Toute l’âme de la Toscane dans les villas magiques Casali di Casole

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Les allées sinueuses bordées de cyprès conduisent à les villas cachées… ©JAL

Mai… Juin, juillet… Enfin voici revenu le temps du farniente, de la caresse du soleil sur la peau, de la fraîcheur de l’ombre, des bains dynamisants du matin et des bulles relaxantes du jacuzzi du soir, des tablées d’amis autour des merveilleux plats goûteux, du chant des cigales et des grillons, du calme vespéral de la nuit, de la … Ho, pardon, quoi ? Je ne vous écoutais pas ! Vous dites ? Que je vous décris le paradis… Haaa, je ris, oui, le paradis, en effet, mais sur Terre. En Italie. En Toscane. J’y étais. Je vous raconte…

En deux heures de vol (départ Paris) plus une bonne heure de route, voilà on y est. Depuis quelques kilomètres déjà, la Toscane ouvre ses bras, les branches de ses cyprès méditerranéens, devrais-je dire. Ici, ils remplissent l’horizon de leurs feuillages vert foncé, jetant leurs cimes pointues aux vents et au soleil. Ils sont, à eux seuls, l’identité de la Toscane et ils invitent le passant à poser son regard sur les lignes magiques qu’ils forment plantés en allées longues et tortueuses, qui conduisent en toute majesté vers des villas cachées.

Villas cachées et secrètes

casali di casole

« San Giuseppe », l’une des villas Casali di Casole. Vue de l’arrière, qui est tout aussi beau que de devant. ©JAL

Et, nous voilà « rendus » à Casole, plus exactement dans l’une des villas Casali di Casole. Rien ne prépare à ce que l’on va découvrir. Un tournant supplémentaire, un dernier virage et hop, une allée de graviers bordée d’une végétation luxuriante, des romarins géants et en fleurs pour la plupart conduisent le regard vers une volée de marches en pierres et vers la maison La Casa. Que dire ? Elle est somptueuse. Rénovée de fraîche date, comme toutes les maisons du «village» avant, elle était une ancienne ferme, une vieille métairie, un hangar, une maison d’ouvriers jusqu’à ce que tous les corps de métiers italiens s’en occupent et lui rendent son charme, sa prestance, son authenticité d’autrefois. À la première, on a donné quelques touches design qui lui vont à merveille. À la seconde, San Giuseppe, on a préféré laisser sa véracité toscanaise. Pour cet ancien hangar de marchandises, on a choisi l’ultra modernité pour le transformer en une magistrale bâtisse contemporaine dans des murs d’autrefois. Mariage réussi !

Poussons les portes

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Le haut lit de la chambre de San Giuseppe, installée dans une grande chambre remplie de petites fenêtres avec vue sur la campagne toscanaise. ©JAL

Des matériaux intérieurs, – choisis avec un soin particulier par les propriétaires et sur le conseil parfois de l’architecte de Casali Di Casole,-  émanent le beau, le solide, l’éternel, le luxe.  Sol en tommettes d’origine, marbre, dalles blanches. Dans les cuisines ultra modernes et ultra fonctionnelles, il ne manque aucun ustensile. Tout y est. Y compris la « Mama italienne », je vous en parle plus tard, venue préparer des pizzas.  Ajoutons, à propos de pizza, que toutes les villas possèdent un four à pizza extérieur. Et, en parlant d’extérieur, piscine, jacuzzi, hammam, sauna sont inscrits dans le décor, ponctuant de leurs délices d’eau les jardins arborés qui entourent les maisons.
Des escaliers intérieurs en pierre, aux marches usées par les piétinements des siècles passés, grimpent aux étages, vers les chambres et salles de bain. Là encore, que dire ? Les mots seront répétitifs tant tout est beau, organisé, pensé juste. Les salles de bains laissent pantois même le plus repus de luxe qui soit ! Les chambres, certaines avec des lits très hauts, sont un modèle de dolce vita. Les matelas, les oreillers, le linge de maison, la qualité des draps frais, les armoires à l’ancienne, le bureau, les chaises et fauteuils, tout est chiné, choisi avec soin, aménagé avec un absolu bon goût.

Pas d’Italie sans gastronomie

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Antipasti dans les villas Casoli di Casole avec les « Mamas, toscanaises. ©JAL

Parfois, je me demande si la version mondialement reconnue qui place la gastronomie française au top planétaire, ne serait pas, au moins de temps à autre, remise en cause par deux cuisines tout aussi fabuleuses : Asiatique et bien évidemment, Italienne. Parmi les prestations proposées par Casali di Casole, on trouve les Mamas comme je le disais, les Cheffes à domicile et les cours de cuisine italienne. Ici, le concept de la « Mama » consiste à faire venir une dame du village d’à côté dont on commande la prestation sur simple demande et qui vient cuisiner un déjeuner ou un dîner comme elle le ferait chez elle pour sa famille. On peut aussi faire appel à des Cheffes à domicile, pour une prestation disons plus élaborée et un service plus pointu. Enfin, on peut aussi commander des cours de cuisine, et se transformer en pizzaïolo de compétition, en « fortiche » des antipasti, en spécialiste de la bruschetta et autres carpaccios… D’ailleurs, cadeau de notre amie italienne,voici sa recette de la pâte à pizza « maison.

Pâte à pizza d’Orietta

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Les pâtons de pizza tout juste terminés. On les laisse reposer 90 minutes. ©JAL.

Pour 5 personnes
Ingrédients :
1 kg de farine type 00
(équivalent français le T45)
500 ml d’eau chaude
1 c-à-s d’huile d’olive
15 gr de levure de boulanger fraîche
(achetée chez le boulanger)
2 c-à-c de sel

Recette :
Dans un bol, mixer ensemble la farine et le sel. Bien mélanger pour répartir le sel.
A part, dans un verre, mettre à fondre dans l’eau chaude la levure et ajouter l’huile d’olive. Bien mélanger.
Verser ce mélanger sur la farine et malaxer « gentiment » avec vos mains jusqu’à obtenir une boule bien élastique. (environ 10′)
Laisser reposer la pâte au moins 90′ sous un chiffon propre.

Comment ça fonctionne ?

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L’impressionnante salle de bains plus douche à l’italienne, de la villa San Giuseppe. Casali di Casole. ©JAL.

Chacune des 21 villas appartient à un propriétaire qui en a délégué la location en short time à Casali di Casole. La Général Manager en charge de toute l’organisation, Silvia Anichini est au top. Elle connaît son boulot sur le bout des doigts et sait répondre à la moindre question. D’ailleurs, quand je l’interroge, sur les activités des résidents temporaires, elle m’explique posséder un catalogue d’activités à faire à la villa ou très proche de la villa. Je m’en étonne. Silvia me répond qu’à l’arrivée et même avant à la réservation, les clients veulent tout faire. Visiter telle exposition, rencontrer telle personne, faire des courses à Florence, acheter des produits locaux dans tel village. Et, finalement, ils arrivent, posent leurs valises, s’installent et le charme magique des villas opérant, ils veulent rester dans l’enceinte de la maison. Il a donc fallu développer un catalogue d’activités. Il suffit de demander et la manager aura la réponse. Comme elle dit, je dis oui, puis je trouve. Quoi qu’il en soit, vous voulez apprendre l’italien, faire de la poterie, du crochet, visiter des vignes, déguster du vin et des charcuteries locales, faire du vélo, chasser la truffe, monter à cheval, jouer au golf, apprendre à cuisiner italien, vous faire masser, avoir un ou une Cheffe à domicile… Il suffit de questionner. Silvia entretient depuis des années des relations de confiance tant avec les propriétaires qu’avec les locaux et dispose de ressources innombrables.

 

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Détail du charme à la façon de la Toscane dans les villas Casali di Casole. ©JAL

En résumé, quelque que soit la villa que vous choisirez de louer, vous y serez comme à la maison, et même parfois mieux qu’à la maison puisque l’on est au Paradis. Au début de cet article, je vous parlais printemps/été mais en réalité la Toscane est merveilleuse à toutes les saisons et les villas se parent de charmes multiples à l’automne et en hiver. Les feux de cheminées n’espéreront que vous, si vous décidez de venir en basse saison. Judith Lossmann

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


INFORMATIONS PRATIQUES CASALI DI CASOLE

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Piscine d’une des villas Casali di Casole. ©JAL

AVANT DE PARTIR
Lire les guides consacrées à la Toscane.

Y ALLER
En voiture. Depuis Nice compter 5 Heures. Le tout en longeant la côte méditerranéenne.
En train TGV Inouï, TGV Lyria, compter 10 environ.

En avion. De nombreuses compagnies « assurent » ce trajet : Vueling, Easy Jet, Ryaniair, Airt France, Sur Opodo on trouve des vols à partir de 95 euros, ça monte à plus de 200€ A/R.

TAXI TRANSFERT
Casali di Casole propose une prise en charge pour le transfert entre l’aéroport de Florence Peretola et le « village ». Je vous le conseille. Les chauffeurs sont parfaits et surtout ils sont « maison » si j’ose dire !

SUR PLACE 

Casali di Casole – réservations et informations : www.casalidicasole.com – 53031 Casole d’Elsa – Siena – Italy – Tél. +39.0577.1697.801

Apprendre la poterie : Martabi, art Ceramic –- Trés joli et intéressant cours. En deux/trois heures on fiat une « oeuvre » enfantine certes, mais qui peut être attractive avec la méthode du boudin. Ensuite, elle est séchée plusieurs semaines, cuite et peut vous être envoyée. Renseignez-vous.
Tel. +39 335 7004697 – www.martabie.com : 

Apprendre l’italien : Avec Chiara (elle est francophone). En quelques heures vous n’apprendrez pas l’italien, mais autour du thème « commandez un café », vous apprendrez des rudiments utiles à propos de cette boisson identitaire de l’Italie et vous saurez tout sur la façon de la commander. Un bon début !  www.chiarasexperiences.com

SHOPPING À RAPPORTER
Sujet trop vaste. L’Italie recèle de bien vivre, bien manger, bien se looker, bien décorer…

BONUS GOURMAND
La recette du Tiramisu de Mama Orietta 

Ingrédients pour 8 personnes

500 g de mascarpone
3 œufs
3 c-à-c de sucre
6 tasses de café
1 boite de Pavesini (biscuits)

Recette
Séparer les jaunes des blancs des œufs
Monter les blancs en neige
Dans un bol à part, battre le sucre et les jaunes jusqu’à ce qu’ils changent de couleur
Ajoutez le mascarpone doucement à la préparation des jaunes
Ajoutez les blancs à la préparation
Préparer le café et laisser refroidir
Dans un récipient de service, étendre une couche de crème de mascarpone
Tremper les Pavesini un à un dans le café en prenant soin de ne pas trop les tremper et les déposer sur la crème en formant une couche.
Ajouter une couche de crème de mascarpone sur les Pavesini
Saupoudrer d’une fine couche de cacao en poudre
Répéter les couches jusqu’à ce que le plat soit complet
Saupoudrer de cacao
Réfrigérer au moins une heure avant de servir. Le tiramisu est encore meilleur le lendemain mais doit être consommé dans les 1 ou 2 jours.
Variantes pour les enfants : à la place du café utiliser du lait ou des fruits de saison finement tranchés

Deux livres essentiels : « Mon potager auto-suffisant « et « Vivre Autonome »

C’est dans l’air du temps : tous, nous sentons qu’il y a de l’eau dans le gaz. Tous, nous sentons qu’un changement dans l’équilibre du monde risque de se métamorphoser en danger. Tous, nous sentons et désormais savons que le changement (bêtement présenté uniquement sur l’une de ses faces : réchauffement !), que le changement climatique donc est là, bien là. Seuls, les climatosceptiques, (on se demande encore comment ils peuvent l’être ; cela dit il y a bien des révisionnistes, malheureusement), on se demande comment disais-je, certains pensent que c’est de la « flûte », qu’on (qui on ?) va trouver des solutions, que rien n’est vrai !

Enfin, à l’heure où l’on nie l’Histoire, où on la réécrit, où l’on déboulonne les statuts et où l’on change les mots des auteurs mondialement connus et respectés… Tout est possible ! Même l’impossible. Les Juifs, lors de la dernière guerre, victimes du nazisme, pensaient qu’il était impossible que la France les « vende », que la France les « lâche », que la France les sacrifie… et pourtant près de 75.000 d’entre eux ont été gazés. Ça donne des frissons, non ? Vous pensez que je me suis éloignée de mon sujet et que je mélange tout. En fait, non. Appliqué à d’autres sphères, il faut s’attendre à des erreurs magistrales de la part de nos gouvernants. Les pires sont possibles. Toutes sont possibles. Triste tableau !

mon potager auto suffisant

Mon potager auto suffisant d’Alexis Surre

Avec les réseaux sociaux, où chacun prend la parole, persuadé de détenir la vérité, on (nous, le gros de la troupe, des communs) pense que l’on est libres ! Tartuferie ! Rien ne nous rend plus esclaves que les échanges de bas étages qui sont légion sur les réseaux sociaux. Parlons du droit de vote (qui, selon moi devrait être une obligation de vote, un jour de semaine, pendant les heures de travail)… Nous pensons qu’il nous donne des droits. Que nenni ! Notre actuel président a été élu par moins de 25% des Français, est-ce normal ? Pire, même élu par 55% des Français, il faudrait entendre ce que disent les gens dans les rues à propos de sa brutalité, de sa gouvernance royale et verticale et la demande de changement au profit d’une démocratie participative. Un jour, peut-être. En attendant, rangez vos casseroles et vos sifflets, désormais interdits ! On va où là ???
En attendant, c’est le bordel et la peur gagne petit à petit toutes les strates du pays. Pendant la pandémie, jamais les petites maisons paumées dans nos campagnes n’ont autant été vendues. Pourquoi ? Parce qu’il y a un jardin ! Parce qu’il y a une potentielle autonomie ! Et, nous voilà de retour à mon sujet : deux livres essentiels !

Mon potager auto-suffisant d’Alexis Surre

Le premier, « Mon potager auto-suffisant » signé par Alexis Surre dit @the_gentleman_farmer, décrit par le menu comment cultiver un potager à raison de 2 heures de boulot hebdomadaire. Ce jardinier du week-end et apiculteur autodidacte partage toutes ses recettes, ruses et techniques. Son livre est formidable. Il enseignerait à un enfant de 5 ans comment faire. Donc si vous êtes plus âgé.e.s, ce devrait être OK pour vous. Avec ses techniques 100% bio, faciles à mettre en place et suivies mois par mois, vous pourrez nourrir votre famille en bons produits… Presque gratuits. Un peu d’eau, de terre et de temps… La table des matières est pleine de bons sens : La terre de votre potager, le calendrier du potager, la sélection des légumes et des aromatiques, les maladies, les outils et, les abeilles, qu’il faut absolument protéger. La meilleure façon consistant à leur offrir un espace plein de fleurs et sans pesticides.

Vivre autonome, le survivalisme à la française de Salsa Bertin

vivre autonome. Survivalisme à la française.

Vivre autonome. Le survivalisme à la française.

Le second, « Vivre autonome » signé par Salsa Bertin, va encore plus loin. L’auteure parle de survivalisme à la française. Et, ce n’est pas rien. C’est en la lisant que j’ai décidé d’introduire mon article en parlant de tous les nuages stagnants au-dessus de nos têtes. Salsa parle de la liberté ! Pour elle, à juste titre, France et Liberté sont des quasi-synonymes, tant, dit-elle, la Liberté est constitutive de l’Histoire de notre pays. Dès son premier chapitre : La Catastrophe qui vient ? Gouverner, c’est prévoir… Se posent les questions sur nos gouvernants et leurs capacités de décision et surtout sur leurs champs décisionnel, forcément orienté vers leurs propres intérêts. Dans son livre Salsa Bertin appelle à la résistance utile, féconde, réaliste, productive de solutions. Elle parle d’autonomie circulaire, de permaculture, de réseautage. Elle consacre un chapitre entier à l’eau. Fondamentale et dont il devient plus qu’urgent de conscientiser la valeur. Elle parle de la Terre, qui ne ment pas et peut-être nourricière si on la respecte. Puis, elle aborde le potager, la conservation, le pain… Avant d’arriver à la maison !

Deux livres phares pour produire à manger et se mettre à l’abri si les cieux s’assombrissent. Et même s’ils ne s’assombrissent pas. Il n’est pas question pour moi ici de me transformer en Cassandre et de prédire un destin français ou planétaire. Et comme le dit Paul Claudel : « le pire n’est jamais sûr. » Mais il est plus sûr d’imaginer le pire avec des solutions. Ces deux livres en sont. Judith Lossmann

 

 

 


INFORMATIONS PRATIQUES

Mon potager auto-suffisant d’Alexis Surre chez Leduc. 22€. ISBN : 9791028527815

Vivre autonome, survivalisme à la française de Salas Bertin, aux éditions Jean-Cyrille Godefroy. 22€. ISBN : 9782865533312

Voyage sur les pas de Van Gogh

Sur les traces de Van Gogh

Auto portrait de Van Gogh. ©Rfi

Vous connaissez peu ou mal Vincent Van Gogh ? Il est temps de vous rendre aux Pays Bas et plus précisément dans la région du Brabant Septentrional afin de satisfaire toutes vos curiosités en la matière. Plus une, celle de rencontrer des autochtones absolument adorables et passionnés par le peintre.

La meilleure introduction qui soit à l’œuvre de Van Gogh est sans conteste la découverte du Musée Van Gogh Village (anciennement Vincentre) et la visite du village de Vincent Van Gogh à Nuenen qui lui est exclusivement dédié. Il est situé au centre d’un parcours de sites de patrimoine culturel qui ont, tous, joué un rôle important dans la vie de Van Gogh. Au fil des expositions, on sent la vibrante admiration des concepteurs pour l’artiste et ses œuvres. Ici, tout est resté comme figé en l’état.
Quand bien même vous arriveriez néophyte, au cours de la découverte de ce musée, vous comprendrez comment ce peintre de génie était capable de capturer, seulement avec ses pinceaux, tant la réalité et la beauté de ce monde rural que ses immenses difficultés et détresse parfois.

Van Gogh, peintre de la vie quotidienne

En cette fin de dix-neuvième siècle, pour ces gens-là qui tentaient de subsister, la vie se passait dehors dans les champs l’été et dedans à tisser la toile l’hiver. Il y a, dans les peintures de Van Gogh de cette époque et les portraits qu’il a peints, une magistrale, pénétrante et réaliste transcription des expressions. Il montre des visages burinés par le soleil et le vent, des mains craquelées par le froid et les exigences de la terre. On en fait la découverte intrigante, à l’intérieur du musée, par le biais d’un très astucieux cheminement initiatique qui dispatche, au gré de tableaux explicatifs et de mises en scènes, jusqu’à la technique employée dans les évolutions successives de la maîtrise de son art. Très concret aussi, l’interprétation des jeux de lumière, ou de l’absence, dans un rendu de ciel menaçant ou des intérieurs de maison sombres d’origine, subjuguant de réalisme.

Sur les traces de Van Gogh

Rien n’a changé dans l’atelier de Van Gogh. ©Rfi

On sort transcendé de cette exposition, avec l’intime conviction d’avoir été des témoins admiratifs directs remplis de compassion, mais impuissants face aux situations pathétiques dépeintes. Tout est en place pour nous transporter. Même le tilleul de 350 ans nous invite à considérer cette terre porteuse, jadis, de misère comme révélatrice des plus belles preuves du talent de cet homme qui a réussi à traduire ce qui fut pour encore plus nous émouvoir des décennies plus tard.

Enfin, sachez-le, dans cette charmante bourgade, on peut encore croiser des descendants directs des gens qui ont posé pour le peintre lors de la réalisation de son célèbre tableau : « Les mangeurs de pommes de terre ».

Et, puisque l’on parle de pommes de terre, si la faim devait se faire sentir, vous pourrez vous rassasier d’une cuisine doublement étoilée Michelin au restaurant Lindehof, littéralement « Le jardin du tilleul », tout en gardant une vue directe sur le cœur du village depuis votre table.

Van Gogh dans sa maturité artistique

Si Nuenen nous permet de saisir « l’esprit de Van Gogh » dans sa maturité artistique, il est néanmoins nécessaire de diriger nos pas en direction de sa ville natale Zundert.  Pour nous pencher sur l’enfant, puis le jeune homme dans son milieu urbain et sa maison familiale qui existe toujours et dont un autre musée est né. Le père de Van Gogh, prédicateur protestant de cette petite ville rurale très majoritairement catholique, comprend vite que les écoliers du village n’acceptent pas très bien le petit Vincent, protestant. Il l’extrait de cette ambiance rugueuse et lui octroie une répétitrice à domicile qui se chargera autant de son éducation scolaire que de lui apprendre le Français … et le dessin. Elle-même fille d’un peintre hollandais renommé, c’est d’une passion partagée initiatique bien venue dont va profiter le jeune étudiant Van Gogh.

Van Gogh peint ses chagrins

On nous révèle aussi, par le menu, certains secrets familiaux qui, à mon sens, ne sont pas sans rapport avec les difficultés psychologiques du peintre et de l’homme dont on connaît la fin tragique. Entre autres indices, un tableau exécuté à la mort de son père, une peinture qui révèle la libération du joug paternel. On peut admirer une toile qui représente en son centre, la bible ouverte de son père, utilisée lors des prêches. À  l’arrière-plan, une bougie éteinte sur son socle, sans source de vie. Au premier plan, un exemplaire du livre d’Émile Zola « La joie de vivre » qui possède sur sa couverture les stigmates d’une utilisation intense.

Sur les traces de Van Gogh

Mieux comprendre la façon qu’avait Van Gogh de « découper » les espaces dans une toile. ©Rfi

Pour finir dans ce voyage sur les traces de Van Gogh, il faut découvrir le musée Noordbrabants dit aussi le Noordbrabants Museum dans la ville de Den Bosch. Au cœur d’un imposant et merveilleux hôtel particulier, pas moins de douze œuvres originales du peintre trônent fièrement accompagnées de pièces personnelles et de photographies. Elles vous permettront de rentrer en contact direct avec la main du Maître, sa gestuelle picturale et son relief dans ses différentes époques qui constituent, une des apothéoses du patrimoine émotionnel de ce grand Artiste.

Je vous conseille également la lecture de tout ou partie de ses 850 lettres qui renforceront votre connaissance de ce sublime peintre que fut Van Gogh. René-Philippe Thuillier

 

 

 


INFORMATIONS PRATIQUES

A LIRE : le tout récent livre de Jean Pierre Luminet qui retrace la position des étoiles selon les peintures de l’artiste.

LIVRE. Les-nuits-etoilees-de-Jean Pierre Luminet

Y ALLER

Train : Thalis Paris Gare du Nord => Rotterdam. Durée environ 2h30. Puis, Rotterdam => Eindhoven. Puis autocar ou voiture de location.

ACTIVITÉS

Musée Van Gogh de Nuemen

Zundert. Ville natale de Van Gogh.

Design Museum Den Bosch

MANGER SUR LES TRACES DE VAN GOGH

Restaurant Lindenhof

Toute la Jordanie depuis… Lyon Saint Exupéry !

Plus besoin de « monter » à Paris pour « descendre » dans le Sud. Désormais une ligne permanente est ouverte par la compagnie aérienne jordanienne Royal Jordanian entre Lyon Saint Exupéry et Amman, capitale de la Jordanie.

Ancien Pays du Levant, dit du Croissant d’Or, la Jordanie comme Israël d’ailleurs est essentiellement un pays de tourisme biblique. On trouve en Jordanie, moult traces des nombreux peuples qui l’occupèrent au fil des siècles : Ammonites, Assyriens, Nabatéens, Perses, Grecs, Romains. La Jordanie est longtemps chrétienne, puis devient musulmane.
En Jordanie, on pose ses pas sur les traces de figures célèbres Moïse, Élie, Josué, Jean-Baptiste et Jésus. Dans des décors d’exceptions entre le désert et la rive orientale du Jourdain, partons visiter quelques sites mémorables.

Amman, capitale de Jordanie, vue depuis la Citadelle.

Amman, capitale de Jordanie, vue depuis la Citadelle. ©JAL

Amman, la capitale à flancs de collines

Au fil des occupants, elle s’est appelée Rhabbat Ammon, puis Philadelphia. C’est l’une des plus vieilles villes du monde à être toujours habitée. Avec toutes ses collines et sa blancheur, on l’appelait la Rome du Moyen Orient. Désormais, ses locaux la surnomment la San Francisco orientale. Sans l’océan et les câbles-cars, là s’arrête la comparaison, mais il est vrai qu’installée sur les flancs et les sommets de dix-neuf collines, Amman présente un relief tout en courbes, en montées et descentes et en panoramas. Cette ville moderne de 4 millions d’habitants, en forme de cercle remplit l’horizon de toutes parts et présente des points de vue intéressants. Au sommet de la colline Jabal al-Qala se dresse la citadelle historique romaine et byzantine. On y admire les restes des piliers du temple romain d’Hercule et le palais d’Umayyad du VIIIe siècle, célèbre pour son grand dôme. Ce grand site architectural est très fréquenté par des cohortes de visiteurs venus du monde entier. Mieux vaut venir tôt le matin, dès l’ouverture.
Plus bas dans le centre-ville, construit à flanc d’une autre colline s’élève un magnifique théâtre romain. Cet ancien amphithéâtre en pierre du IIe siècle pouvait recevoir 6 000 personnes lors des grands événements.
La charmante petite rue El Rainbow possède quelques jolies boutiques et restaurants très prisés par les touristes. Les fans de shopping se retrouvent nous a-t-on dit dans un immense mole baptisé « Boulevard ».

Majestueuse porte d'entrée de la ville de Jérash.

Majestueuse porte d’entrée de la ville de Jérash. On l’imagine du temps de sa splendeur. ©JAL

L’ancienne et magnifique Jerash

Aujourd’hui, Jerash (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jerash) (Gherasa ou Gérase ou Gérasa) est une grosse ville moderne qui s’est établie autour du site de l’antique cité inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2004. Et, c’est cela que l’on vient visiter. Même le plus blasé des arpenteurs de sites aura un coup de cœur pour Jerash. Jerash fut implantée par Alexandre le Grand au 4ème siècle avant Jésus Christ. Les ruines réhabilitées entre autres, par des équipes françaises, présentent de beaux vestiges. Mais le plus important est au-delà. Il émane de ces vestiges, quelque chose d’immatériel, de gracieux, de profondément élégant. Il est si aisé de se représenter la vie dans cet espace parfaitement organisé. Là, le Cardo Maximus avec ses boutiques. Ici, les fontaines. Après le croisement de grandes avenues que l’on imagine traversées par des chevaux tirant des chariots, on trouve le théâtre du Sud. Là-bas à l’opposé le théâtre du Nord, l’hippodrome, le temple d’Artémis. Sous le règne de Pompée (ère romaine), Jerash fut une ville opulente et chic. Près de mille ans après sa construction, elle fut pillée par les Perses puis par les Arabes. En 747, un tremblement de terre lui infligea le coup de grâce. La ville tomba dans l’oubli jusqu’à ce que diverses opérations internationales de restauration se mettent en place et lui redonne, petit à petit, ses lettres de noblesse. Un conseil : ne pas hésiter à prendre un guide certifié tant il y a de « choses » à voir et qui demeureraient « invisibles » sans l’aide d’un professionnel. Ce serait regrettable, tant le site est prodigieux et recèle de merveilles.

Vue depuis le Mont Nebo

Vue depuis le Mont Nebo telle que le voyait Moïse. ©JAL

Le Mont Nébo

Nébo signifie colline, tumulus. C’est de là, qu’interdit de rentrer en Terre Promise après avoir sauvé les Hébreux d’Égypte, Moïse observe les Terres de Canaan et meurt âgé de 120 ans. (Deutéronome Chp.34). La tradition chrétienne fixe le Mont Nébo comme la tombe de Moïse. Pourtant des doutes subsistent entre le Mont Sinaï et le Mont Abarim. Une certitude toutefois. A l’époque comme de nos jours, des hauteurs du mont Nébo à l’Ouest de la Jordanie on voit le Jourdain et les terres jusqu’à Jéricho et par temps dégagé on distingue Jérusalem.
Une très belle basilique orthodoxe domine le Mont Nébo. À l’intérieur, il faut absolument voir la somptueuse mosaïque du diakonikon-baptistère de la basilique du mémorial de Moïse. Une immense fresque de toute beauté. Elle représente sur quatre registres des scènes de chasse et pastorale. Les mosaïques du baptistère sont l’œuvre des mosaïstes Soel, Kaium et Elijah et datées de 530, mais on les dirait crées hier matin car elles furent longtemps protégées par une surcouche. Leur redécouverte et leur mise en lumière sont un plaisir des yeux.
Le 9 mars 2000, le pape Jean-Paul II visite le mont Nébo, au cours de son pèlerinage en Terre sainte. Le 9 mai 2009, le pape Benoît XVI visite le site, au cours de son voyage apostolique en Terre sainte. Une sculpture à l’entrée du site symbolise ces visites.

Baptême orthodoxe sur la rive israélienne du Jourdain

Baptême orthodoxe sur la rive israélienne du Jourdain, à quelques brasses de Béthanie. ©JAL

Béthanie-au-delà-du-Jourdain

Béthanie situé sur la rive orientale du Jourdain, à moins de dix kilomètres des rives nord de la mer Morte est le lieu où le Christ a reçu le baptême par Jean Le Baptiste. J’avoue ma déception devant ce « trou » d’eau entouré de quelques pierres. Rien ne se passe. Pas d’émotions. Le guide m’explique que les rives du Jourdain ayant fort reculées, le site n’a plus grand-chose à voir avec le lieu de l’époque.
Cependant, déclarée site de l’Unesco, Béthanie accueille chaque année un nombre considérable de pèlerins. Attention, une visite à Béthanie se planifie. En effet, à quelques brasses seulement de l’État d’Israël, le site est placé sous la surveillance de l’armée Jordanienne.
Ce qui est émouvant, en revanche, ce sont les cérémonies de baptêmes organisées sur la rive occidentale du Jourdain. On y assiste à quelques mètres seulement. L’émotion est vive et prégnante chez les nouveaux baptisés. Un joli moment.
Petite précision : Béthanie est issue d’un nom araméen Al-Maghtas qui signifie « traversée des prophètes et/ou immersion donc par extension baptême ». Ne pas confondre Béthanie -au-delà-du-Jourdain en Jordanie avec l’autre Béthanie, le village de Judée où Jésus a ressuscité Lazare, le frère de Marie et de Marthe.

L’une des 7 merveilles du monde moderne1 : Pétra… Et son trésor !

Le trésor de Pétra

Le trésor de Pétra se dévoile entre deux falaises de grès. ©JAL

Plantons le décor tant en termes de relief qu’en termes d’Histoire. On l’a dit, ces régions du Levant furent très disputées. Nombreuses furent les civilisations qui occupèrent ces contrées. Du plus loin que l’on remonte dans le temps et la mémoire, on sait que Pétra est une ancienne ville édifiée huit siècles avant notre ère sur les terres des Édomites, descendants d’Ésaü, fils d’Isaac. C’est avec l’arrivée des Nabatéens qu’elle prend un essor particulier lié à la route de l’encens entre l’Inde, l’Égypte et le Yémen. L’encens, les épices, la myrrhe et la soie… autant de marchandises transportées par caravane à travers montagnes et déserts qui transitaient à Pétra, avant d’être expédiées à Gaza puis Damas.
On prétend souvent que Pétra n’est pas un lieu biblique. Erreur ! Due certainement au fait qu’elle est mentionnée dans la Bible sous son nom hébreu, Sela (Isaïe 16,1 et 2 Rois 14,7). Pour comprendre la raison de ces mentions, il faut savoir que la ville la plus proche de Pétra à l’époque est Wadi Mousa autrement dit Vallée de Moïse. C’est là que Moïse a frappé un rocher d’où ont jailli des eaux, une source riche et puissante qui fournissait les besoins en eau des Nabatéens de Pétra via un aqueduc d’argile toujours visible de nos jours. Ironie de l’étymologie, Pétra comme Sela signifient « Rocher ». Le rocher de Moïse et bien entendu, les rochers de grès, les immenses falaises, -dont l’une Jabal Harum serait le tombeau d’Aaron-, où fut sculptée cette ville étonnante et magnifique.
Encore aujourd’hui, alors qu’on la voit partout, dans des films (Laurence d’Arabie, Indiana Jones, Dunes, Mission to Mars), la troglodytique cité « vermeille, moitié vieille comme le temps » comme la décrit John William Burgon dans un poème, est une expérience sensorielle absolue.

l'arrivée au Trésor de Pétra.

Eblouissement avec l’arrivée au Trésor de Pétra. ©JAL

Le trésor de Pétra …

Tout commence par une déambulation dans le Siq, une descente entre les bords d’un chemin qui s’étroitise pour devenir un canyon entre les hautes roches. On y croise toutes les nationalités et aussi des ânes et des cheveux qui « remontent » des visiteurs épuisés et un balai de voiturettes électriques occupées à faire des aller-retours entre l’entrée et le trésor.

Entre les strates rocheuses, les rochers aux formes animales ou plus étranges encore, les traces de vie discrètes des Nabatéens, les restes de détails architecturaux qui narrent le fonctionnement de la cité. Mieux vaut être accompagné d’un guide qui partagera son œil exercé tout au long de cette balade.

Et puis, arrivera le climax de la promenade : l’apparition du trésor. D’abord, entre les falaises, dans un entrebâillement de rochers, une faille… Et l’on devine à la couleur orangée, la façade tant attendue d’Al-Khazneh (le « trésor » en arabe) le célébrissime tombeau. Ce somptueux mausolée fut érigé environ un siècle avant notre ère. Il fut et est toujours associé à Pétra, la cité vermeille.

En l’an 2, les Romains ouvrent des voies de commerces fluviales. Pétra tombe dans l’oubli. En 363, un puissant séisme la détruit à cinquante pour cent. Seuls, quelques bergers et leurs chèvres hantent les anciennes rues. Au 11ème siècle, les Croisés l’occupent un temps avant de la déserter totalement.
En 1812, l’explorateur suisse Jean Louis Burckhardt redécouvre la cité totalement oubliée depuis des siècles. La nouvelle court très vite dans le monde entier. Une nouvelle ère de prospérité s’ouvre pour Pétra. Des travaux d’historiens, d’archéologues et des populations locales ont permis de relancer les visites de Pétra, telle qu’elle est aujourd’hui.
Au-delà du trésor, émerveillez-vous devant le Deir (le « monastère » en arabe), les quelques 2000 tombeaux royaux, les 700 façades, l’église byzantine, la rue à colonnades, le théâtre romain, ou encore la « petite Pétra », la benjamine de la cité vermeille, située à quelques kilomètres de celle-ci, également classée au patrimoine de l’Unesco.

La mer Morte côté jordanien

La mer Morte côté jordanien, vue depuis le resort Crowne Plaza.

Et pour finir, la mer Morte

Comme chacun sait son degré de salinité empêche toute vie, d’où son nom. Comme chacun sait la mer Morte se réduit comme peau de chagrin d’année en années. Une des raisons revient au volume d’eau du Jourdain qui ne cesse de diminuer. Depuis des décennies, on entend parler de projets pour sauver la mer Morte mais comme la politique s’en même au mépris de l’écologie… ! Il y a donc urgence absolue à « visiter » la mer Morte. Lieu de villégiature incontournable lors d’un séjour en Jordanie. Laissez-vous flotter et porter par cette eau limpide après un bon bain de boue argileuse. On n’a pas trouvé mieux pour avoir un peau de bébé. Excellente occasion aussi de « shopper » les produits de la mer Morte. Riches en magnésium, potassium, calcium et sodium, ils possèdent des vertus propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et apaisantes. À Ma’In, profitez de la douceur d’un bain prolongé dans les sources d’eau chaude pour rêver à vos prochains voyages.

Avril, mai, début juin, puis septembre, octobre, novembre sont les meilleurs moments pour visiter la Jordanie. En juillet et août c’est extrêmement fréquenté. Laissez-vous gagner par ce pays tout en promesses. Judith Lossmann

 

*1 – Les sept merveilles du monde antique sont : 1 – La pyramide de Khéops à Memphis, 2 – Les jardins suspendus de Babylone, 3 – La statue chryséléphantine de Zeus à Olympie, 4 – Le temple d’Artémis à Éphèse, 5 – Le tombeau de Mausole à Halicarnasse, 6 – Le colosse de Rhodes, 7 – Le phare d’Alexandrie.

 

 


INFORMATIONS PRATIQUES JORDANIE

 

AVANT DE PARTIR

  1. Lire Jordanie par le Guide du Retour, Jordanie par Lonely Planète, Jordanie Guides Bleus, La Jordanie par Géo.
  2. L’entrée en Jordanie est conditionnée par la présentation du QR Code (un genre d’ESTA version Jordanie) à obtenir en remplissant le formulaire : https://www.gateway2jordan.gov.jo/index.html
  3. COVID : plus de restrictions au moment où je rédige cet article. (avril 2023)
  4. Prendre une extension de visa touriste pour visiter les sites bibliques d’Israël. Un accord entre les deux pays le permet. ATTENTION : sachez que la Jordanie ne pratique pas les visas volants, il y aura un tampon dans votre passeport.
  5. Visiter le site : https://international.visitjordan.com/
  6. Passeport en cours de validité et valable 6 mois après la date de retour.
  7. Vise électronique obligatoire : Voyage : la Jordanie lance l’e-visa (tourmag.com)
Aéroport Lyon St Éxupéry…

Aéroport Lyon St Éxupéry… direct pour Amman Jordanie !

AÉROPORT DE DÉPART

Tout savoir du départ depuis Lyon Saint Exupéry
https://www.lyonaeroports.com/vols-et-destinations/vols-lyon-amman

 

 

 

 

Y ALLER

Avion de la Royal Jordanian

Avion de la Royal Jordania

Avec la Royal Jordanian : http://www.rj.com
Rotation des vols printemps/été 2023 : mercredi/ samedi.
Vol /R à partir de 523 euros.

Royal Jordanian, la compagnie aérienne de Jordanie. Comme je le répète inlassablement, le voyage commence dans l’avion et voyager avec la compagnie du pays où l’on part est une agréable façon de démarrer son séjour ailleurs. Dans l’avion, le comportement des hôtesses et stewards informe déjà beaucoup de l’art de vivre. La qualité des plateaux repas aussi. Typiquement, alors que nous partons en Jordanie, je m’interroge sur le plateau repas 100% Mexicain qui fut servi à l’aller. Au retour, je suis aussi interpellée par la proposition « beef » or « chicken ». Je choisis chicken et j’ai beef … parce qu’il n’y en a plus ! A prendre ou à laisser. Idem sur le fait que je n’ai pas de fromage dans mon plateau retour et à la place deux fois un dessert. Quand je demande, on me répond, c’est comme ça ! Il semble qu’il y ait quelques petites « choses » à améliorer. Cela dit, l’avion est propre et en section économie, le volume de la place est correcte. Le personnel souriant. Et le commandant de bord au top ! En revanche pas de films. Et pas de connection wifi comme annoncé. Mais le wifi fantôme, c’est sur toutes les compagnies !

DUTY FREE AMMAN JORDANIE

Duty free à l’aéroport d’Amman Jordanie. ©JAL

À VOTRE ARRIVÉE :

Changer de l’argent dès l’aéroport est préférable au retrait à un DAB (beaucoup plus cher !) qu’un agent.

 

 

 

 

 

——————————————————– SUR PLACE ——————————————————–

ACTIVITÉS

Tarifs :

  1. Citadelle d’Amman 3 JOD (4 euros)
  2. Jerash 10 JOD (13 euros) – Voir la visite en 3D sur youtube. https://www.youtube.com/watch?v=z08-q4zr6y0 et https://www.youtube.com/watch?v=z08-q4zr6y0
  3. Petra 50 JOD (65 euros) une journée, 55 JOD (72 euros) deux journées, 60 JOD (79 euros) trois journées
  4. Béthanie : Le site est ouvert toute l’année de 8 h à 18 h, mais ferme 2 heures plus tôt en hiver. Les frais d’entrée sont fixés à 7 JOD pour les étrangers occidentaux. Compte tenu du temps nécessaire pour explorer les ruines, le dernier ticket d’entrée est délivré à 17 h. Quand visiter ? Privilégiez les mois de mai, de septembre ou d’octobre pour planifier votre pèlerinage à Béthanie.

Bon à savoir : Le Jordan Pass (environ 90€) comprend le visa pour la Jordanie, l’entrée au site de Pétra et dans plus de 40 sites (dont Jerash et le désert de Wadi Rum).

GUIDES FRANCOPHONES

  • Guide Jerash : voyageenjordanieavecmuneer. Tél.+962 779 737171
  • Guide Petra : Firas – Tél. 00962795604035
  • NB important : compte tenu des tensions fortes entre la Jordanie et Israël et ce malgré la signature d’un accord de paix signé en 1995 entre les deux pays, certains propos dits par certains guides sont à prendre avec des « pincettes ». Mieux vaut exercer son esprit critique que de prendre pour argent comptant certaines assertions. A bon entendeur, salut !

CULTURE ET MUSÉES

Un site regroupe toutes les infos sur tous les musées jordaniens : http://jordanmuseum.com/

DORMIR À AMMAN

Grand Hyatt Amman – Our Luxurious 5 Star Hotel in Amman, Jordan : Grand Hyatt Amman

DORMIR À PÉTRA

Petra Moon Luxury Hotel – Un tout nouvel hôtel qui vient d’ouvrir. Idéalement situé à l’entrée du site. On ne fait pas mieux. Petra Moon – Luxury Hotel (petramoonluxury.com)

DORMIR À LA MER MORTE

Crowne Plaza Dead Sea – Un immense resort avec un accès plage. Pratique, familial. Un rien « old fashion ». La plage n’est pas remarquable. En revanche la table du restaurant de l’hôtel est exceptionnelle. À tester absolument pour sa générosité et son service. Crowne Plaza Jordan – Dead Sea Resort & Spa – Swemieh, Jordan (ihg.com)

MANGER EN JORDANIE

Le Sufra à Amman – Sis dans la rue la plus fréquenté d’Amman, la bien nommée El Rainbow, c’est l’undes restaurants les plus courus d’Amman. Je le conseille. Sufra (romero-jordan.com)

Lebanese Umm Khalil à Jerash – J’ai fait une adoration de ce restaurant immense, sans doute capable de recevoir des centaines de touristes et à la déco basique. Un « bouiboui » génial. Le meilleur Hoummous du monde !

Le Basin à Petra : DOMICILE | PetraGuestHouseHotel

Le Bourj Al Hamman au Crowne Plaza Dead Sea – lire plus haut.

Restaurants Near Swemieh – Crowne Plaza (ihg.com)

Caravansérails en Jordanie

Caravansérails en Jordanie, sur la route pour Pétra depuis Amman. ©JAL

SHOPPING À RAPPORTER

Sur la route entre Amman et Pétra, il y a quelques caravansérails qui vendent de beaux objets typiques, du mobilier en mosaïques, des vêtements, des produits de la mer Morte…

 

 

 

 

 

 

 

En Roussillon Occitanie, Toques Blanches et producteurs d’exception !

A peine arrivé que déjà, l’air fleure les bonnes choses sous les cieux d’Occitanie. Une région côtière du sud de la France qui étire ses territoires multiples et variés entre la Provence, la chaîne des Pyrénées, la frontière espagnole. C’est dire si les influences sont nombreuses. Bordée au Nord par l’Aude, à l’Ouest par l’Ariège, au Sud par Andorre, l’Espagne et l’imposant Canigou et à l’Est par la Méditerranée, que cette terre est douce. Que les noms qui l’honorent sont savoureux aux oreilles comme aux papilles ! Je vous emmène en visite ?

Les Toques Blanches du Roussillon et d’Occitanie

A l’instar de l’homme de Tautavel, d’Hannibal, des Légions Romaines, de Charlemagne et de Vauban, je dirige mes pas aujourd’hui à la découverte des trésors ancestraux de cette terre de talents. Avec, au centre de mes pérégrinations la Catalane Perpignan. En ces lieux, je rencontre le chef Jean Plouzennec, Président fondateur des célèbres et prestigieuses Toques Blanches. Ce passionné a organisé le 20eme anniversaire de cette association de bons faiseurs. Le rendez-vous est pris pour le 30 mars 2023 à l’espace Saint-Manet de Saint-Estève sous l’égide : Palais des Chefs Terroir, Vignobles, Gastronomie. Tout un programme !

Prodigieuse réunion bisannuelle s’il en est. Pas moins de 40 chefs incontournables locaux et régionaux ont proposé, – aux mille premiers fins gourmets inscrits,- des dégustations de créations culinaires surprenantes, goûteuses, originales et toujours concoctées avec des produits du terroir. Et, ils ne manquent pas, les producteurs sont légion. Inventifs, créatifs, généreux. Je vous en parle plus tard. Ce soir-là, le végétal est à l’honneur pour cette dixième édition et l’accent est mis sur le développement durable et la responsabilité sociétale de l’entreprise. Les Vignerons Indépendants du Roussillon se sont associés à ce grand événement en un accord spécifique pour une parfaite symbiose : Le Met d’un Chef pour le vin d’un vigneron.
Pour ne rien vous cacher, ce fût l’apothéose d’une semaine dédiée à des découvertes somptueuses dans toute la région qui feront date à mon palais et chaud à mon cœur en l’espoir qu’elles suscitent. Quand bien même tous les acteurs de ce programme gourmand n’ont pas eu la fibre égale, il n’en demeure pas moins une qualité de travail et de recherche remarquable de chacune et chacun où terre et mer se conjuguent parfaitement. J’ai côtoyé l’excellence grâce aussi à des échanges chaleureux, à une grande disponibilité, à une humilité empreinte d’un souci quasi permanent de faire partager leurs passions.
De ces rencontres authentiques et bienveillantes, je retiens autant la qualité des produits que les producteurs, ambassadeurs et chefs eux-mêmes, que l’approche de ces grands noms des fourneaux qui montrent les bases d’une « plus belle vie » à vivre en adhérant à leurs principes : le vrai, le bon, le terroir.
Lors de vos prochaines envies d’évasions, je vous invite à penser à cette terre passionnément gourmande. Et, pour vous donner encore plus envie, je vous recommande quelques lieux et rencontres à privilégier. Vous m’en direz des nouvelles ! Allez, c’est parti… René-Philippe Thuillier

Restaurant La Fabrique

restaurant la fabrique

Tataki de thon mariné à la sauce Ponzu, Houmous à la Spiruline et Aïoli au Wasabi. Un plat signé par le Chef Jean-Louis Ferrié. Restaurant La Fabrique.

Jean-Louis Ferrié est venu ouvrir son restaurant dans son village natal en partenariat avec sa Mairie. Il assure la cantine scolaire dans une partie d’un bâtiment municipal et juxtaposé, un espace lumineux et moderne lui est réservé pour son activité professionnelle propre. A ce titre, les enfants ne veulent pas quitter leur cantine pour celle du collège de peur de ne pas retrouver un cuisinier aussi bienfaisant. La générosité du chef se retrouve aussi à toutes les étapes de la dégustation dont les éléments tant liquides que solides proviennent majoritairement des producteurs qu’il côtoie depuis sa tendre enfance et dont il a suivi et validé toutes les fragrances. De sa cuisine d’inspiration Méditerranéenne, Française, Japonaise et Catalane, il propose entre autres, une revalorisation tendre et savoureuse du patrimoine gastronomique de Latour de France avec des menus très abordables. Il est aussi Chef à domicile. Très belle carte des vins. Superbe terrasse au calme. Je recommande chaleureusement.

Restaurant LA FABRIQUE – Chef Toques Blanches, Maitre Restaurateur – Emilie et Jean-Louis Ferrié – Rue des écoles – 66720 Latour de France – Tél. + 33 468 594 161 – www.66720.fr/ –  lafabrique66720@gmail.com

Restaurant le Fénix

Mise en bouche du restaurant le Fénix.

Mise en bouche du chef Sébastien Colombier Pois Chiches, Radis noir, Coriandre. Restaurant Le Fénix.

Cuisine ouverte en baies vitrées, salles lumineuses en niveaux décalés et grande terrasse extérieure, accueil sympathique et jeune, décoration moderne. Le Porc Ibérique est sublimé par une cuisson longue à basse température. Les goûts m’ont renvoyé à des expressions aromatiques oubliées qui me confortent dans le plaisir de la découverte de l’univers de ce Chef. Belle carte des vins. Simple et chaleureux.

Restaurant Le Fénix – Chef Toques Blanches  Sébastien Colombier – Avenue René Victor Manaut – 66600 RIVESALTES – Tel. +33 468 821 989  – restaurantlefenix@outlook.com – www. le-fenix-restaurant-rivesaltes.eatbu.com/?lang=fr

Restaurant La Patio Catalan

Pour que la vie soit belle, il faut des instants et des êtres pour les sublimer. Le Patio Catalan réuni les deux… A ne manquer sous aucun prétexte. Aucun de mes mots ne rendrait hommage à la cuisine de David Vincent ! Et notamment à son Ceviche de thon rouge de Méditerranée, pickles d’oignons de Toulouges, coriandre fraîche, à ses quenelles de brochet sauce Nantua, à son pavé de lieu noir étuvé au safran des Aspres, risotto de céleri rave ou encore à sa tarte fine au citron meringué, citron confit.

Restaurant LE PATIO CATALAN – Chef Toques Blanches : David Vincent – 4 Place du General de Gaulle – 66300 Thuir – Tel. +33 468 535 728 – contact@lepatiocatalan.fr – www.restaurant-lepatiocatalan-thuir.metro.rest/?lang=fr

Un Thibault Gonzales, charcutier traiteur

toques blanches charcutier

La vitrine du charcutier traiteur, éleveur de porcs noirs, Thibault Gonzales à Thuir.

Nous avons beaucoup aimé l’accueil, la présentation et la dégustation de ses produits délicieux.

Charcutier Traiteur Thibault GONZALES – Charcutier Bio, éleveur de ses propres cochons noirs et Champion du Monde de la Saucisse Catalane – 3 Place de la République – 66300 THUIR – Tél.+33 468 530 029

Restaurant La Galinette*

toques blanches, La Galinette

Carottes des sables, gelée de bouillon « Dashi », Sashimi de Gambas rouges de la Costa Brava et Coriandre. Plat de Christophe Comes, La Galinette.

Le Chef Christophe Comes pose une signature végétale et saisonnière et nous fait partager ses deux passions, la Cuisine et le Potager. Le menu intitulé «Mars au Jardin», transmet la diversité végétale que le chef cultive sur ses six hectares de terre entre «Ille-sur-Tête» et «le Soler». Ses compositions sont légères et sont un plaisir tant des yeux que du palais. Dans chaque assiette, le Chef offre une palette aromatique sur des thèmes choisis. Les accompagnements s’associent à produire, là où notre fourchette se porte, un cheminement qui met notre esprit au diapason du sien et nous transporte dans son univers. Une belle rencontre entre grande maîtrise et ouverture vers des arômes délicats qui se révèlent à nos papilles… Magnifique ! Une cuisine très créative et si généreuse dans ce qu’elle provoque en nous d’émotions.

Restaurant  LA GALINETTE* – (Menu 6 plats 78 euros sans les vins) – Chef Etoilé Toques Blanches : Christophe COME – 23 Rue Jean Payra – 66000 Perpignan – Tél.+33 468 350 090 – www.restaurant-galinette.com/

Producteurs de Rivesaltes

Brigitte Verdaguer, productrice de Rivesaltes

Brigitte Verdaguer, productrice de Rivesaltes à l’entrée des caves…

Bienvenue dans ce domaine familial établi à Latour de France depuis cinq générations. Brigitte, Jean-Hubert Verdaguer et leur fille aînée sont aux manettes de sa destinée. Ils sont producteurs de RIVESALTES Rancio, IGP Cotes Catalanes, Rancios sec, Cotes de Roussillon villages. En femme décidée, à poigne, passionnée par son métier et son terroir, Brigitte nous conduit dans le labyrinthe des caves de vieillissement de la propriété. Là, se trouvent de vénérables fûts de Chênes qui ont vu se succéder les récoltes et les vieillissements sans faillir. Ils sont remplis de précieux liquides. 1947 pour les plus anciens. 2011 pour les plus récents. L’endroit est hors du temps et tellement authentique. Une sympathique, généreuse et très révélatrice dégustation a clos la visite de ce domaine ancestral. Un endroit incontournable pour s’ouvrir, comprendre et apprécier les motivations de ces producteurs et leurs résultats.

Domaine de RANCY – 8 Place du 8 Mai 1945 – 66720 Latour de France – Tél. +33 04 68 29 03 47

Cuvons la Joie

Au cœur de la production de Cuvons la joie, on demande la fille…

« Cuvons la Joie »

Voilà une très belle propriété surplombée, à l’horizon Nord Est, par le château de Queribus pour des balades gourmandes à thèmes en perspectives. Un bâtiment design bien conçu, avec un chai, une salle de réunions-dégustations et une cave de vieillissement religieusement entretenus, le tout à la pointe du progrès. Entre le père (self made man) et sa fille, une entente propice à l’élaboration de cuvées intéressantes à plus d’un titre. La propriété de trois hectares de vieilles vignes donne des vins complexes et chaleureux, deux blancs et deux rouges qui s’inscrivent, à n’en pas douter, dans le Patrimoine Viticole Immatériel de Maury.

Le Domaine « Cuvons la Joie » – ZAC clos de la Serre – 69 Route des Mas 66400 MAURY – Contact : Fernando Rodriguez – Tel. +33 609 546 399 – fernando@cuvonslajoie.com

Vinaigrerie La Guinelle

Shandra BRUNE est à la tête d’une vinaigrerie artisanale.

Un vinaigre ? Non des vinaigres !

À la tête de cette entreprise artisanale, Shandra BRUNE qui veut sauvegarder et transmettre le savoir-faire authentique. Dans ses pièces de chêne en aération extérieure, elle produit des vinaigres sur des Banyuls Rimage et des vieux Banyuls, des Grenaches gris et noirs et même des moelleux ou des muscats petits grains. Elle utilise aussi un cépage Grignolino du piémont Alpin Italien pour un vinaigre flash. Elle se fourni également auprès du Domaine des Dominicains sur des vins Bio sans sulfites pour des résultats probants. Il en découle un choix impressionnant de qualité dans une grande diversité. Il y en a pour tous les goûts et toutes les cuisines. Ses produits sont en dégustation à la vinaigrerie ou à la boutique. Du vrai, du bon, du surprenant, de l’authentique !

Vinaigrerie «LA GUINELLE» – Production : Cospron 66660 Port Vendres – Tel. 04 68 98 01 76 / Boutique : Rue St Sébastien – 66650 Banyuls sur Mer – Tel. 04 68 85 54 12 – info@levinaigre.com –  www.levinaigre.com

Dormir ?

Hotel Dali

Jardin de l’hôtel Dali à Perpignan.

Mon lieu de villégiature pendant ce merveilleux séjour en contrée gourmande fut un hôtel proche du centre de Perpignan. Les propriétaires marient savamment le digne recevoir, le confort, le service et la satisfaction de la contemplation artistique de certaines répliques d’œuvres ou photos de l’immense artiste Dali. Outre les prestations dues à son rang, il offre un très agréable Sun roof très verdoyant et bien agencé. La conciergerie et la partie restauration sont de bonnes factures.

Hôtel DALI **** – 18 Bd Jean Bourrat 66000 – Perpignan – Tél. 04 68  61 42 10  http://www.dalihotel.fr

Un psaume pour les recyclés sauvages de Becky Chambers

Ou une histoire de moine et de robot dont on ne sait trop qui est le moine de qui est le robot.

De plus en plus souvent, je m’entends dire, en parlant d’un concept, d’une idée, d’une façon de voir l’avenir : « c’est très 21e siècle ! ». Ma façon intime de qualifier les premières conséquences de ce 21eme siècle âgé à peine du quart de sa longévité et donc toujours empreint du mode de réflexion de son prédécesseur et largement représenté par une majorité d’habitants nés au 20e siècle. Des gens qui disent : « C’était mieux avant. » « De mon temps… » « Non, mais t’as vu ça… Ces revendications à la con ?! »
Allez, l’autodérision n’ayant jamais fait de mal à personne, je vais rire de moi-même. C’est toujours salutaire. Moi, la première… Je me désespère de ces revendications. Pourquoi vouloir à tout prix exprimer son homosexualité ? Son transgenre ? Sa sexualité multiple ? Sa race ? Sa couleur ? En quoi tout ceci nous (les hétérosexuels nés homme ou femme et désireux de le rester) regarde-t-il ? Que cachent ces revendications, cette inclusion ? Quel besoin ? Quelle nécessité ?

Dans ma (déjà longue) histoire de vie, je suis certaine de n’avoir jamais été moqueuse, anxieuse, critique envers un ou une gay, un ou une transgenre, un ou une handicapé. Je n’ai jamais compris à quel moment les mots nain.e, sourd.e, aveugle, noir.e sont devenus des insultes. Quand blanc ne l’est pas (Je fais juste remarquer au passage parce que dans les faits je m’en contrefiche de cette revendication). J’ai toujours réagi violemment (en mots) à cette hypocrisie sociale qui fait nommer les éboueurs… des techniciens de surface, les caissières … des hôtesses de caisse et les standardistes… des hôtesses d’accueil téléphoniques. Comme si l’on voulait, transformant l’image mentale, transformer le fond. Une hérésie de plus. Une caissière fait le même métier qu’une hôtesse de caisse mais « on » réussit à lui faire croire que le second est plus valorisant que le premier. Flatterie !? Ça marche toujours.

Quelle émotion, quel but, quel intérêt commande aux politiques et à leurs corollaires sociaux de « dorer la pilule » aux gens, au point qu’ils s’en contentent voire en sont fiers et qu’ils oublient de regarder là où ça fait mal. Pourquoi ceux qui gouvernent ne peuvent-ils le faire sans recourir aux vils instincts ? Personne, pas une, pas un qui voudrait « gouverner » par le haut. Par l’intelligence partagée, par la communauté, par l’esprit, par… Allez je lâche le mot qui pue, par et avec conscience ?! Bref, les gens de pouvoir prennent les petites gens sans pouvoir pour des cons et ceci depuis que le Monde est Monde. Et, jusqu’à ce que tous, nous fassions ensemble, notre révolution de conscience, il y aura toujours des gouvernants avec leurs abus de pouvoir et des gouvernés qui plieront l’échine pour ne pas risquer de perdre le peu qu’ils possèdent. La loi du talion. Le pot de fer contre le pot de terre. De la chair à canons. Les « ressources » humaines au sens du droit de vie ou de mort fut-il démocratique ! Nommez cela comme il vous (en)-(dé) chante !

Je me suis fort éloignée du Psaume pour les recyclés sauvages de Becky Chambers là non ?

Et bien pas tant que cela ! C’est à la lecture des premières pages de ce livre que me sont venues ces aigreurs intellectuelles. Je me suis dit :  » Punaise, jusque-là ! La revendication des minorités va venir m’emmerder jusque-là !  » Quelques pages et j’ai refermé le livre avec son « iel », ses « froeurs », ses dieux multiples qui règnent sur la conscience des robots. Ses moines. Les laïcs, les écologiaires, les cosmistes, les charismistes, les essentialistes. Nous sommes sur Panga. Un temps où les robots servaient les humains. Suivi d’un temps où ils prirent tout le travail des hommes qui en avaient pourtant bien besoin. Puis, d’un temps où leur porte-parole a expliqué aux humains que les robots refusaient d’intégrer la société humaine. Qu’ils n’en avaient pas grand-chose à faire du statut de citoyens libres. « Nous vous remercions, dirent-ils, de ne pas nous contraindre à rester ici, et, même si votre proposition nous touche, nous souhaitons quitter vos villes afin d’observer ce qui n’est pas une création : la nature sauvage.»

Pour ma part, dit Frère Gil, dans Le Grand Saut : rétrospective spirituelle de l’ère des usines et des débuts de la Transition : « À quelque dieu que soit due la conscience des robots, je crois qu’il est raisonnable de se tourner vers le dieu des mystères. Après tout, comme le garantissait la Promesse de Séparation, nous n’avons plus jamais eu aucun contact avec des robots. Nous ne pouvons leur demander ce qu’ils pensent de tout cela. Nous l’ignorerons sans doute toujours. »

Et, j’ai rouvert le livre, intriguée par cette société humaine (enfin je crois…) représentée par Dex, un froeur parvenu à un moment de sa vie où il doit absolument foutre le camp de la ville. Et le voilà qui enfourche son vélo-maison pour vendre du thé au mug sur les places publiques des jolies campagnes. Et, il entend les grillons, sent la pluie, respire l’ozone de l’herbe coupée, rencontre d’autres iels.

Et, le charme de ce monde agit. Et l’on veut savoir où le conduit cette poésie. Nulle part peut-être mais quelle importance. C’est le chemin qui compte n’est-ce pas ? Pas la destination. Sur la route, iel s’étonne d’objets manufacturés encore en place, de découvertes en la personne des araignées-pommes et j’en passe.

Au fil de ses pérégrinations, il va faire des rencontres interdites. Je ne vous en dis pas plus.

Lisez ce livre gracieux d’une auteure riche, généreuse, cultivée. Une ode à la poésie, à la beauté, à la réflexion, à l’étonnement. Une écriture lumineuse comme un matin d’été. Une vision optimiste d’une planète fertile qui a réussi à échapper au pire. Délicieux et enchanteur, Ce psaume pour les recyclés sauvages gomme toute la première partie de ma chronique. C’est bon ça ! Une pépite « très 21e siècle » dont notre société a grand besoin. Judith Lossmann


INFORMATIONS PRATIQUES

Un psaume pour les recyclés sauvages de Becky Chambers aux éditions L’Atalante – ISBN : 9791036001192 – PRIX : NC