mardi 4 août 2026

Mise à mort du cerf sacré, r un film de Yorgos Lanthimos

Steven, brillant chirurgien, marié, deux enfants a une vie qui semble parfaite. Cependant, un tragique événement survenu un an auparavant fait pression sur lui et sa famille. Apparemment Steven doit payer une dette. Une lourde dette. Le prix ? Ce qu’il a de plus cher.

Tout roule dans la vie de Steven sauf que dans la discrétion la plus totale, il voit fréquemment Martin, un adolescent de 16 ans. Pourquoi ? Qui est cet adolescent ? Que font-ils ensemble lors de ces rendez-vous de plus en plus réguliers. ? C’est trouble d’autant que Steven offre une montre à Martin… Est-ce du chantage ? Peut être ! Seule certitude, la famille n’en sort pas indemne. Les enfants ont touchés par un étrange mal. Une paralysie des jambes. Martin semble le seul à pouvoir changer la donne. Et il en demande toujours plus et s’avère être un redoutable psychopathe.

Comme une souris prise au piège, Steven devra faire un épouvantable sacrifice pour payer sa dette.

Intrigant. Oppressant. Le film de Yorgos Lanthimos nous arrache les tripes tant le suspens est immense. Il faut bien quarante minutes pour comprendre l’intrigue de l’histoire. L’attente est insupportable… Un film à voir !

L’école buissonnière, un film de Nicolas Vanier

« A force d’être enfermés derrière des murs on en a aussi dans la tête. » dixit Paul, le gamin coincé dans un orphelinat, dans L’école buissonnière de Vanier.

L’école Buisonnière vue par Judith Lossmann

Bon d’accord ! Quand on parle d’un film signé par Nicolas Vanier on s’attend à de belles images sur la nature. C’est bien le moins que diable ! Et son école buissonnière sera fidèle à ses convictions et aux nôtres. Voilà qui tombe bien puisque j’ai adoré sa vision des forêts giboyeuses de Sologne. Adoré Totoche cet hirsute et bonhomme braconnier (François Cluzet) dont j’envie et la liberté et la maison flottante. Adoré Paul, cet orphelin aux yeux bleus grands ouverts sur un monde rural qu’il découvre jour après jour. Moins adoré le personnage du garde-chasse ( Eric Elmosnino ) austère et tellement investi de son petit pouvoir qu’il en est pathétique.

Ai-je moins adoré le scénario, un rien « bisounours » ?
Même pas. Parce que, avouons-le, les occasions de se faire plaisir avec un film simple, rempli de bons sentiments, de nature et de transmission de valeurs fondamentales … ne sont pas si fréquentes. Certes, l’école buissonnière de Nicolas Vanier est un conte, une fable, une belle histoire. Pas vraiment un thriller ! Nul besoin d’être grand vizir pour deviner qu’il y a du secret d’alcôve dans l’air. La question qui demeure serait plutôt : l’enfant de qui est-il ? Vous n’en saurez pas plus.

Pour s’offrir un bon bol d’air et une cure de jouvence pour le prix d’une place de cinéma, il suffit d’aller voir sur grand écran ce joli film récréatif avec des instants de nature, notamment ceux du cerf, particulièrement réussis. Les amateurs de cinéma avertis reconnaitront nombre de clins d’œil à des scènes marquantes du cinéma d’Alexandre Le Bienheureux à Au milieu coule une rivière. Rafraîchissant je vous dis !

L’école Buisonnière vue par Caroline Mzali

Drôle et émouvant, le film de Nicolas Vanier raconte l’histoire de Paul, un orphelin issu de la région parisienne et intégrant la famille Caradec à la campagne.

Paul est un enfant attachant et très intelligent. Au sein de la famille Caradec, ce petit aventurier aux grands yeux bleus part découvrir le domaine du comte et fait la rencontre de Totoche, un braconnier solitaire et rêveur. Paul découvre les joies de la nature et de sa beauté. Dans ce nouvel environnement, il cherche sa place malgré les tensions au sein du domaine…Tel un ange, Paul apparaît comme une lumière éclairant l’obscurité. Il se découvre en apportant indirectement la sérénité dans la famille Caradec, divisée et monotone en raison du décès d’un des membres de la famille survenu quelques années auparavant. On craque pour ce personnage attendrissant et sympathique. Des scènes de rires, des scènes de larmes. Nicolas Vanier nous fait passer par mille émotions. Jean Scandel et François Cluzet sont deux formidables acteurs qui nous entraînent dans une grande histoire d’amitié. Les répliques sont drôles. Paul a le sens de la répartie ! L’histoire est si touchante qu’il est difficile de contenir ses larmes. Alors un conseil : sortez vos mouchoirs !

Confident royal, un film de Stephen Frears

Tiré de faits réels, Confident royal raconte l’histoire d’une amitié incroyable et improbable entre Victoria, la reine d’Angleterre et un jeune employé indien nommé Abdul Karim. Touchant et amusant, le film de Stephen Frears nous fait voyager entre deux mondes et deux cultures : l’Inde et l’Angleterre.

Angleterre, XIXe siècle. La reine Victoria, « Impératrice des Indes » possède la quasi totalité du monde. Note pour les fans d’histoire : elle possédait le Canada, l’Inde et l’Australie. Un gigantesque empire dans les mains d’une seule femme ! Certains y verront un conte de fée. Mais l’histoire n’est pas si rose qu’elle en a l’air. Confident royal nous fait découvrir une reine seule et isolée. Réveil, habillage et coiffage, cérémonies, réunions officielles, déplacements… Tous les jours le même refrain. La routine, quel ennui !

Indien, Abdul Karim travaille dans une prison. Sa mission : inscrire le nom des détenus dans un registre. Une vie peu passionnante. Un jour, des colons anglais débarquent et lui proposent d’assister au jubilé de la reine Victoria en Angleterre. Enfin un événement pour « épicer » la vie d’Abdul Karim ! Accompagné de son ami Mohamed Buksh, ils partent pour l’aventure, à la découverte de la Cour royale.

Un regard. Un sourire. C’est le « coup de foudre » entre la reine Victoria et Abdul Karim. Curieuse, la reine s’éprend de la culture indienne et fait d’Abdul Karim son munshi (professeur, ndlr). Deux mondes, deux cultures. Mais que vaut une amitié sans turbulences ? Cette magnifique amitié n’est pas du goût de chacun et encore moins de l’entourage royal. Une belle histoire qui durera jusqu’à la mort de la Reine en 1901.

Un film émouvant et drôle. Laissez-vous emporter par les paysages indiens et écossais. Ce film est comme un délicieux thé épicé… à savourer.

Téhéran Tabou, un film d’Ali Soozandeh

Briser les tabous tels que sexe, la drogue et l’alcool. Téhéran Tabou fait partie de ces rares films extra-européens luttant et militant pour faire éclater les tabous dans la zone du Proche-Orient. Une lutte presque similaire à celle des pays occidentaux…

Première scène. Une femme qui se prostitue pour subvenir aux besoins de son fils muet. Une seconde femme perd sa virginité lors d’une soirée discothèque et est prête à prendre tous les risques pour retrouver sa « pureté ». Une troisième femme, en ménage avec son mari, tente désespérément de trouver un travail malgré l’interdiction de ce dernier. Le point commun entre ces trois femmes ? Le désir de s’émanciper et de vivre comme bon leur semble. Dans la société iranienne, les hommes ont une totale domination sur les femmes. Celles-ci ne possèdent aucun droit, mis à part subir l’autorité du père ou du mari. Et la religion joue un rôle très important…

Téhéran Tabou

Cependant, Téhéran Tabou révèle et dénonce une société à deux visages ! D’une part, des valeurs culturelles et religieuses qui paralysent toute émancipation et liberté des femmes. D’autre part, les Iraniens vivent cachés et déjouent les interdits. Sexe, drogue et alcool. Les femmes portent le voile, les couples non mariés ne peuvent se tenir la main en public… Trop c’est trop ! Sauf que les femmes peuvent se faire greffer un hymen artificiel à l’aide d’une chirurgie… « Un délit impardonnable ! », disent-ils… et pourtant, il ne faut pas moins d’une masse d’argent !

Le film d’Ali Soozandeh nous fait ressentir l’oppression et l’angoisse que vivent les Iraniens au quotidien, dans une société schizophrène dans laquelle la prostitution, la corruption, le sexe et la drogue coexistent avec les interdits religieux. Un film qui donne la rage ! A voir absolument !

Capitaine Superslip de David Soren

Les aventures du Capitaine Superslip, personnage atypique fondé par deux meilleurs amis aussi drôles que touchants.

Pourrions-nous vivre dans un monde sans humour ni farce ? Impossible pour Georges Beard et Harold Glousse, ces deux camarades et inséparables meilleurs amis pour la vie ! Ensemble, ils refont le monde à leur manière et créent le Capitaine Superslip, un héro issu de leur comic book. Original, en effet… Les deux protagonistes sont des experts en bêtises, surtout pour provoquer le méchant M. Chonchon, proviseur de l’école. Celui-ci veut « briser leur amitié », en les séparant de classe. Révoltés, ils s’embarquent dans un tourbillon d’aventures aussi farfelues les unes que les autres : M. Chonchon est hypnotisé et devient Capitaine Superslip… Mais chut ! On ne vous en dit pas plus. Attrayant et touchant, Capitaine Superslip nous plonge dans les pensées de deux enfants de CM1. Les petits vont adorer !

L’intelligence des arbres de Julia Dordel et Guigo Tölke

Tout le projet de ce film-documentaire repose sur le succès du livre La Vie secrète des arbres de Peter Wohlleben, vendu à plus d’un million d’exemplaires, qui décrivait comment les hommes, détachés de la source primaire qu’est la nature, ignorent tout du monde végétal. Issu d’entretiens avec Peter Wohlleben et d’autres scientifiques, cet excellent documentaire donne la parole aux arbres !

Les arbres respirent, les arbres vivent, les arbres souffrent. Le film-documentaire de Julia Dordel et d’Guigo Tölke, L’intelligence des arbres démontre à quel point les plantes sont du VIVANT ! Des arbres, des plantes, des inconnus, méprisés et malmenés par les activités humaines. Dans ce documentaire, les arbres sont présentés tels qu’ils sont : une communauté d’individus ayant besoin les uns des autres pour cohabiter, grandir, se protéger, communiquer. Ils dégagent des ondes qui leur permettent de se reconnaître les uns les autres. On ne le voit pas à l’œil nu, mais lorsqu’on se promène en pleine nature, se cache à quelques centimètres sous la terre tout un réseau de connexion entre les racines des plantes, comme un réseau internet, un www – Wood Wide Web ! Pendant 45 minutes, L’intelligence des arbres, nous invite à une découverte passionnante sur l’écosystème et les conséquences des comportements humains sur cet environnement qu’il nous faut apprendre à connaître et à respecter de toute urgence. Déforestations après déforestations, la nature entière est perturbée et n’a pas le temps de se renouveler. Les scientifiques tels Suzanne Simard et de nombreux autres, – tous aussi passionnants et passionnés les uns que les autres – tentent de trouver des solutions alternatives qui permettraient de sauvegarder et de préserver les milieux naturels et surtout de nous faire comprendre à quel point l’Homme est au cœur d’une nature, qu’il en est une pièce parmi d’autres et pas le chef ! Une prise de conscience et un apprentissage urgents pour continuer à profiter d’une si belle planète. Ce documentaire, forcément convaincra les « convaincus » mais s’il pouvait aussi et surtout éveiller de nouvelles consciences, l’objectif de ce très beau film serait atteint !

A Ciambra de Jonas Carpignano

Entre délinquance et dangerosité, Pio, quatorze ans, veut devenir un homme avant l’heure. A travers ce personnage attachant, Jonas Carpignano dévoile le quotidien qu’un jeune garçon issu d’une communauté de Roms, dans le sud de l’Italie.

Pio n’a que quatorze ans, mais sa vie diffère des autres adolescents de son âge, de ceux qui vont à l’école et mènent une vie paisible. Sa famille et lui vivent à Gioia Tauro dans le sud de l’Italie et son grand frère « modèle », Cosimo, est mêlé à des histoires de cambriolages et de trafics illégaux. Malgré les avertissements de sa famille, Pio s’initie volontairement à l’art des « petites » arnaques de la rue. Il fume. Boit. Découvre les femmes. Avec l’argent qu’il gagne de façon illégale, Pio veut subvenir aux besoins de sa famille. Dans cette ville d’Italie, la communauté noire et la communauté de Roms se confrontent, et pourtant, Pio se lie d’amitié avec Ayiva. Pio est ouvert à deux mondes distincts.
Jonas Carpignano raconte : « je crois fondamentalement qu’en dehors des contraintes politiques, économiques et nationales, le fait d’être confronté à des « éléments extérieurs » (que ce soit à travers les rencontres, une autre culture culinaire ou musicale) est la seule façon d’abattre les frontières artificielles qui nous séparent ». C’est à travers diverses expériences que Pio va se construire en tant qu’homme.
Angoisse, crainte, avenir incertain. Le réalisateur nous plonge dans le quotidien d’un adolescent qui se construit en tant qu’homme dans la misère et la délinquance.

Mediterranea, le premier long-métrage du réalisateur sorti en 2015, a été sélectionné au Festival de Cannes et a connu un vif succès. Il revient cette année avec une histoire encore plus poignante, encore plus touchante. A Ciambra, son deuxième long-métrage, est basé sur son court-métrage éponyme et fait sa première internationale à la Quinzaine des Réalisateurs 2017.

Éveil à la Permaculture…

S’opposant à tous points de vue à l’agriculture intensive, la permaculture fait ses preuves tous les jours ! Sera-t-elle la méthode de production des végétaux, légumes et fruits qui va sauver le monde ? Il semble bien que oui !

Eveil à la permaculture

KESAKO la permaculture ?

Une autre façon de penser la production de légumes et fruits, opposée à l’agriculture intensive, laquelle détruit notre planète. Là, où la permaculture non seulement la respecte, la protège et mieux encore lui procure des soins pro-actifs.

L’éthique de la permaculture s’appuie sur 3 valeurs fondamentales :
prendre soin de la Terre
prendre soin de l’homme
partager équitablement les ressources

La base de la permaculture est fondé sur un « design ». Ce que les professionnels et enseignants nomment DPC – Design Permaculture Courses – Par design, ici il faut entrendre le mot anglais qui, traduit en français, nécessite 4 mots explicatifs : conception, aménagement, planification, organisation.

À la base de ce DPC, les permaculturistes fabriquent une butte auto fertile. Ils creusent un vaste trou, en retire la terre par strates déposées de part et d’autre du trou. Puis, ils couchent des troncs d’arbres morts au fond du trou ( ce qui va générer gaz, azote, champignons, etc). Ils reposent par-dessus la terre la plus profonde, puis les graines des futurs légumes, puis la terre de surface. Ils ajoutent une protection de feuilles mortes et attendent. Avec ce système, tout simple, non seulement la production est augmentée dans des proportions de l’ordre de 1 à 10 mais la terre est régénérée. Comme la permaculture ne pratique – évidemment –  pas le labourage qui tue les micro-organismes, au fil des saisons la terre s’enrichie. Le contraire positif de l’agriculture intensive !

Les 5 zones au coeur du dispositif permaculture.

La permaculture se fabrique autour d’un design. Cinq zones concentriques ayant chacune sa spécificité réparties en fonction de l’intensité de son usage. Autrement dit, plus j’en ai besoin, plus la « production » doit être intensive, plus la zone est proche de la maison. Ce qui donne, au centre du tout : la maison, le jardin des condiments, la serre, le poulailler. Seconde zone : le potager en intensif avec la butte auto fertile. Troisième zone : les fruitiers en intensif. Quatrième zone : les fruitiers en extensif : noix, noisette et aussi n ourriture des grands animaux. Cinquième zone : le sauvage sans intervention de l’homme. Des interactions plus ciblées sont mises en place… Par exemple laissez aux poules l’accès au potager. Elles ne mangeront pas les légumes mais chasseront vers, limaces et escargots, qu eux se délectent des alades en pleine croissance. On pourrait multiplier les exemples basés sur l’observation et le pur bon sens au coeur de toute la philosophie permaculturiste. Le film en présente beaucoup.

La bonne nouvelle en permaculture !

Ce qui s’applique sur des espaces de quelques hectares à des centaines de milliers d’hectares s’applique aussi dans vore jardin. Pas besoin d’être au milieu de nulle part pour pratiquer la permaculture. La tendance est d’ailleurs très forte. De plus en plus de propriétaires urbains disposant de petites parcelles se mettent avec bonheur et surtout avec le sentiment tout à fait justifié de protéger la planète à produire un potager, abondant qui plus est, en permaculture. Pourquoi pas vous ?

Eveil à la permaculture. Andy et Jessie Darlington

 

Le film documentaire (85mn) d’Adrien Bellay regorge de belles et bonnes idées. Il explique tès bien comment la permaculture est née. De quels constats ancestraux confirmés par les analyses les plus récentes, l’usage de la permaculture est une excellente méthode, voire LA méthode pour nourrir une planète surpeuplée sans la tuer cette planète justement. 

Traces et traques à Boston

Ah ! ces films tirés de l’actualité dont on connait la fin et auxquels on ne peut résister !

Et pourtant, « Traque à Boston » remplit son rôle. Et puisque le diable est dans les détails dit-on, les producteurs ont décidé d’exploiter minutieusement le montage de cet attentat qui a marqué les esprits. L’impression du spectateur depuis son fauteuil sera véritablement d’entrer dans un film d’action. Mais ce qui frappe, c’est l’intelligence des scénaristes à nous transporter avec un réalisme dans les conditions digne du reportage.

Traques à Boston

Aucune distance sur les événements, sur les émotions, sur la violence de certaines scènes. Tout au contraire, une plongée dans l’univers des métiers de l’urgence. S’en suit une chasse à l’homme assez unique, qui témoigne au passage des moyens de filature numériques, des nombreuses traces que laissent nos états d’âmes sur les réseaux sociaux et nos déambulations dans les lieux publics. Ceci à aussi le mérite de relancer la réflexion autour de l’absence de confidentialité de notre vie privée. Le film peut d’ailleurs vous permettre, si vous étiez indécis, de répondre pour ou contre la surveillance à grande échelle ?

Traques à Boston

La menace oppressante dans ce film est en soi un personnage, qui réapparait quand on ne s’y attendait pas. Mark Wahlberg n’est pas surprenant dans sa parfaite maîtrise de jeu d’un personnage de la vie ordinaire confronter à l’extraordinaire. Le physique émacié de Kevin Bacon parfois capable de jouer un visage qui se fige à l’extrême derrière ses lunettes, incarne bien le climat de tension et la pesanteur des responsabilités. Plus loin, cette histoire, vraie fait la démonstration d’un déploiement et de l’appel à l’intelligence collective d’une ville.

Dans la sélection des films qui sortent en ce moment sur les écrans et qui portent parfois sur une certaine forme de contemplation. Traque à Boston » tranche radicalement, mais pas sans souligner la démonstration d’une ville dévolue totalement à se défendre.

Alliés pour la guerre ou pour la vie ?!

C’est la question que pose cette nouvelle production bien ficelée signée Robert Zemeckis.

Dans le dernier film de Robert Zemeckis on rend sa superbe à tout ce qui fait un bon film. Les choses sont maîtrisées. La photo est digne des grosses productions de films historiques. La réalisation et les scènes d’action sont esthétisées, chorégraphiées et pourtant réalistes. Les deux acteurs servent le film du haut de leur talent. Et le tout s’appuie sur une histoire bien écrite. On pourrait croire que tout est dit après cela. Ça ramènerait cette production à l’application d’une simple recette. ce qui serait réducteur.

Si on rentre dans le film instantanément, saisi par la beauté de la première image, on a aussi la sensation paradoxale qu’il démarre à la 40ème minute. Il est agréable de constater qu’il s’agit en fait d’une facétie du réalisateur qui nous dirait de façon subliminale :  » attendez, ouvrez tous vos sens. » Cette lenteur volontaire se justifie parfaitement par son génie à nous distiller tous les ressors dramatiques subtils et indispensables à la construction narrative et au suspense qui va suivre. Et ça fonctionne, on a envie de dire, merci d’avoir pris le temps.

Brad Pitt se burine et campe son personnage, en imprimant une tension avec toute la virilité élégante d’un héros de la guerre. Guerre qui en définitive ne sera que le théâtre de fond où se joue un amour contrarié par l’époque. Marion Cotillard est intense, sublimée par les effets de couture sans rien gâter ni de sa fresh, ni de sa french touch !