mardi 4 août 2026

Jazz à Juan, clap de fin sur déjà 58 ans de Jazz et de partages !

Et voilà… fin du 58e Festival de Jazz Juan 2018. C’est toujours déchirant de terminer quelque chose, c’est un peu comme une histoire d’amour qui commence et qui s’arrête  trop tôt. Comme dans toutes les  passions amoureuses on passe par toutes les émotions. Ça commence par des rencontres, des regards,  des vibrations, des rires, des joies, et parfois même des déceptions. Cette 58e édition du Festival Jazz à Juan n’a pas échappé à la règle. Mais avant de vous faire part de mes grands coups de cœur et de mes petits coups de gueule, un peu d’histoire.

– Le jazz est vif, douloureux, doux, tendre, lent ; il apaise, il bouleverse, c’est de la musique et ce qu’il rythme est vrai, c’est le pouls de la vie » a écrit la poétesse Andrée Maillet  !

Il était une fois Jazz à Juan…

Par un beau mois de juillet 1960, naquit le « 1er Festival du Jazz Européen » , dans le cadre idyllique de la pinède Gould à Juan les Pins, du nom du richissime américain Frank Jay Gould qui fit construire, au cœur de la petite station balnéaire le casino et un superbe palace, au milieu de cette pinède bordée de pins parasols centenaires, face à la Grande Bleue .
Le Festival de Jazz d’Antibes Juan-les-Pins fut le premier festival européen de jazz et rencontra très vite un grand succès. Et oui, Juan-les-Pins où Jazz à Juan fait swinguer la pinède Gould depuis 1960. Et depuis 58 ans, cet événement de renommée mondiale voit se produire, en juillet, tous les plus grands noms du Jazz ainsi que de nouvelles « pépites » internationales. Ce festival hétéroclite, où se mélangent toutes les tendances, attire chaque année des milliers d’amateurs de Jazz et réunit des orchestres des quatre coins d’Europe venus dans l’espoir d’être désignés « meilleure formation de Jazz européenne ». Depuis toutes ces années, Jazz à Juan a été reconduit, même malgré la concurrence du festival de jazz de Nice en 1971 et 1972.

Jazz à Juan, 1960, 2018

Première affiche Jazz à Juan 1960. ©Jazz à Juan

Sous la direction artistique de Norbert Gamsohn, Jazz à Juan a acquis une notoriété mondiale. Il est devenu le plus prestigieux festival après celui de Newport et a donné au jazz une diffusion sans précédent. En 1960, les États-Unis, berceau du Jazz, furent les invités d’honneur du festival de jazz d’Antibes. Participaient à cette première édition l’orchestre de Wilbur De Paris avec le bassiste Charlie Mingus, Bud Powell, Dizzy Gillespie ou encore Sister Rosetta Tharpe.
Durant le festival les musiciens en compétition durent se produire en deux lieux différents. Dans l’enceinte du stade Fort Carré d’Antibes et dans la Pinède Gould. Mais, dès la prestation du 10 juillet 1960 donné en hommage à Sidney Bechet dans la Pinède, les organisateurs comme les musiciens privilégièrent ce site.

De 2001 à 2009, Harry Lapp occupera la direction artistique du festival. La direction générale de Jazz à Juan est assurée alors par Philippe Baute, directeur de l’Office de tourisme. Depuis 2010, c’est Jean-René Palacio qui veille à la destinée de « Jazz à Juan ».

Longue vie à Jazz à Juan… et rendez-vous en 2019, mais Quid du « cru 2018 »… ?

Mon « Jazz d’Or »

va à Ibrahim Maalouf et Angélique Kidjo avec l’Orchestre de Cannes Alpes-Côte d’Azur pour l’opus « Queen of Sheba ». Pour ce métissage et cette osmose musicale entre Le classique et ce jazz aux couleurs d’Orient. Pour cet accord parfait  entre la trompette de Maalouf et la voix de Kidjo. Pour cette saga biblique sur les traces de la reine de Saba et du roi Salomon. Pour cette jubilation partagée entre Maalouf,  l’ensemble des musiciens et le public de la Pinède … comblé !

Mon « Jazz d’Argent »

est décerné  à Biréli Lagrène, Charlier, Sourisse et le multiquarium Big Band pour cet hommage explosif à Miroslav Vitous. Pour cette complicité musicale et humaine entre ces trois vieux briscards du jazz, réunis sur cette scène de Jazz à Juan afin de partager et de transmettre la musique de ce génie, trop tôt disparu, Miroslav Vitous.

Mon « Jazz de Bronze »

est dédié à Marcus Miller et Selah Sue pour leurs variations éclectiques de jazz funk pop RnB, rythmées par la guitare basse de Marcus Miller accompagné pour la circonstance  par la jeune chanteuse belge Selah Sue. Pour l’hommage poignant de Marcus Miller à son père récemment décédé. Et pour cette reprise tonitruante de « Come Together » à faire pâlir les Beatles de jalousie.

Mes Jazz « mi figue mi-raisin »

reviennent à Carla Bruni et Norah Jones. Ni la proposition musicale variée de la belle Carla, ni son univers vocal ne m’ont séduit…
Quant à Norah Jones… elle déroule tranquillement son répertoire folk et country sans prise de risque, sans surprise, sans véritable présence scénique, ni de réelle fusion avec ses musiciens…really sorry, Ladies !

Mon « Jazz de Cœur »

va sans conteste à la sublime diva Melody Gardot qui une fois de plus a réussi à séduire et à émerveiller son public. Melody possède tout : un talent fou et un charme sans égal. Une histoire personnelle poignante puisque elle a failli perdre la vie et l’usage de ses jambes à l’âge de 14 ans. C’est une épicurienne assoiffé de vie et de partage. Bref une grande Diva hors catégorie !

Mentions spéciales

à Lenny Kravitz qui nous a fait danser, à Eli Degibri le saxophoniste israélien qui nous a fait voyager, au jeune prodige arménien le pianiste Tigran Hamasyan qui nous a fait planer et à Dhafer Youssef, ce maitre de l’Oud qui nous a envoûté…

 

Longue vie au Jazz et à la liberté de créer pour tous ces artistes, unis par une langue de paix intemporelle…la musique !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian

 

Dhafer Youssef et Norah Jones assurent au Jazz à Juan 2018

L’Orient a traversé la Méditerranée avec la venue de Dhafer Youssef en première partie de Norah Jones. Ce chanteur et virtuose du oud (guitare arabe inspirée de la lyre), joue les passeurs entre musiques traditionnelles et jazz contemporain. Musicien autodidacte et vocaliste, à 51 ans, il incarne à merveille la fusion réussie entre chant soufi, musique arabe, jazz, électro et autres courants de la scène musicale mondiale.

« Miles Davis était mon maître, même si nous ne jouons pas du même instrument »

Ce disciple de Miles Davis a partagé la scène du 58e Jazz à Juan avec de jeunes musiciens américains pour présenter la musique de son album Diwan Of Beauty And Odd (2016), qui flirte avec des mélopées orientales et andalouses. Dhafer Youssef s’est imposé comme l’un des musiciens les plus prolixes de la dernière décennie. Le public de la Pinède ne s’y est pas trompé et lui a réservé un triomphe.

Puis arriva, dans un ciel bleu-nuit flamboyant, illuminé par les feux d’artifice de la baie de Cannes, LA diva, Norah Jones, très attendue elle aussi, passant avec élégance du piano à la guitare, de sa voix charmeuse et apaisante, dans son univers très personnel de jazz, country et folk. Geetali Norah Jones-Shankar, fille du « dieu » indien du sitar Ravi Shankar, s’est révélée en 2002 au grand public grâce à la sortie de son premier album Come Away with Me, véritable triomphe qui s’écoula à plus de 20 millions d’exemplaires et lui valu cinq Grammy® Award. Un plébiscite conforté par le succès de son récent album, Day Breaks qui a égrené cette soirée, d’une façon si douce et si tranquille, que les cigales pourtant en « saison d’amour », se sont endormies……chut, ne faisons pas de bruit, Norah est dans la place !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian


INFORMATIONS PRATIQUES


58e Jazz à Juan du 12 au 22 juillet 2018 pinède Gould Juan-les-Pins

Billetterie en ligne : www.jazzajuan com

Office du Tourisme : 60 chemin des Sables – Juan les Pins – www.antibesjuanlespins.com

Parking offre spéciale : 10,50€ de 18h à 02h00 – Parking du Palais des Congrès de Juan les Pins

 

 

 

Ibrahim Maalouf, c’était de « ouf » à Jazz à Juan !

Ibrahim Maalouf… Que faut-il en savoir ? Franco-libanais, né à Beyrouth, c’est un véritable homme-orchestre, un créatif intarissable, un trompettiste et pianiste également compositeur – notamment de musiques de films -, un arrangeur, producteur et professeur d’improvisation et de trompette. Son succès est fondé sur un métissage des genres, passant du jazz à la musique orientale ou au rock, parmi de multiples sources d’inspirations.

Sur la scène, il est suivi de près par la belle Béninoise, Angélique Kidjo, à la voix puissante et chaude, dont la musique s’inspire de divers styles, dont la pop africaine, le jazz et les musiques latines.

La scène grouille de musiciens. Une véritable arche de Noé qui s’agite sous une rythmique endiablée avec, en plus,  l’orchestre de Cannes Provence Alpes Côte d’Azur qui flirte avec l’imaginaire de Maalouf. Le son, les sons, la musique bondit et rebondit entre les musiciens. La jubilation est palpable. Le public aussi est acteur de ce partage !

Très à l’aise dans le rôle du compositeur-chef d’orchestre à la baguette et aux pas de danses très agiles, Ibrahim Maalouf passe d’un côté de la scène à l’autre, toujours très enthousiaste, alors qu’Angélique Kidjo reste très concentrée sur ses paroles. La chanteuse a écrit les textes des sept morceaux qui racontent chacun une énigme que la reine de Saba a posé au roi Salomon pour tester sa légendaire sagesse…Enivrant !

Conteur, globe trotteur musical, brasseur de cultures, agitateur pacifiste, Ibrahim Maalouf est un créatif impénitent, débordant d’une énergie ultra positive et communicative. On aime ce « gosse » heureux, sans cesse émerveillé sur scène et soucieux d’un partage permanent avec le public et d’un plaisir de transmettre.

Bref, Ibrahim Maalouf nous a offert un magnifique spectacle musical festif et jubilatoire, quasi hypnotique. Je crois même que je plane encore !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian


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58e Jazz à Juan du 12 au 22 juillet 2018 pinède Gould Juan-les-Pins

Billetterie en ligne : www.jazzajuan com

Office du Tourisme : 60 chemin des Sables – Juan les Pins – www.antibesjuanlespins.com

Parking offre spéciale : 10,50€ de 18h à 02h00 – Parking du Palais des Congrès de Juan les Pins

 

Back in Juan… Ça groove avec Marcus Miller !

Soirée chaude, très chaude à Juan… Le Maître de la basse électrique Jazz et Funcky, « Mister Marcus Miller himself, from NYC », pénètre sur cette scène qu’il connait si bien, « ma deuxième maison » comme il dit, acclamé par un public complètement acquis à sa cause et salue la foule surchauffée dans un français quasi parfait ..
À 59 ans, il  a joué avec les plus grands, Miles Davis, Eric Clapton, George Benson, Aretha Franklin, Brian Ferry, Wayne Shorter, Herbie Hancock et Carlos Santana pour n’en citer que quelques-uns.
Orné de son fameux « pork pie hat » hérité  du saxophoniste Lester Young dans les années 1940 et symbole du be-bop…Marcus Miller nous propulse dans son tout dernier opus très funky « Laid Back », entouré par des musiciens exceptionnels .
Du côté des reprises, on trouve « Que Sera Sera » le standard que reprend la talentueuse  chanteuse Belge de RnB Selah Sue dans l’arrangement de Sly Stone….Génial !
Déjà enregistré sur « Afrodeezia », le thème Preacher’s Kid se teinte cette fois d’une émotion très perceptible. Marcus Miller dédie en effet ce morceau à son père récemment disparu. Son chant est porté par la complainte sacrée de la clarinette basse, autre instrument sur lequel Marcus Miller excelle… Poignant !
Final de ce concert ébouriffant, avec une nouvelle  version de « Come Together » des Beatles, à faire pâlir ses créateurs.
Merci Monsieur Marcus Miller pour le plaisir que vous nous avez procuré.

À très vite à Juan !

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian

 


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58e Jazz à Juan du 12 au 22 juillet 2018 pinède Gould Juan-les-Pins

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Melody Gardot … un ange passe !

Jazz à Juan jouait la carte de la passion en recevant Melody Gardot. Oh temps, suspend ton vol… un ange passe ! Avec un prénom comme celui là, Melody la bien nommée a démontré une fois de plus toute l’étendue de son talent et de son charme. Son talent est aussi d’avoir su comme toujours s’entourer de musiciens exceptionnels. Une section de cordes sublime qui a marqué de son empreinte la couleur acoustique de ce concert hors du temps. Un guitariste complice dont l’élégance n’eut d’égal que son efficacité redoutable. Un contrebassiste génial , un batteur jubilatoire…et la Diva sur son Steinway légèrement dissonant par l’humidité ambiante de la Pinède Gould .
Quel charme, quelle voix, quel glamour, quel talent, quel répertoire, quelle grâce ! Melody Gardot une grande parmi les plus grandes .

You are my Melody…..

Le même soir en première partie, Tigran Hamasyan,  un jeune pianiste prodige Arménien nous a fait décoller dans son univers sidéral…époustouflant ! Puis, la belle Carla Bruni a investi la scène pour une performance « glam-rock » un rien décevante, voire soporifique.

 

À lire à propos de Jazz à Juan 2018 : Clap de fin du 58ème Jazz à Juan, Lenny Kravitz, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Dhafer Youssef et Norah JonesMelody Gardot, Eli Degibri & André Manoukian

 


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Jazz à Juan : une terre de musiques sans frontière !

En ouverture Lenny Kravitz et au soir du 14 juillet, la scène de Jazz à Juan recevait à la Pinède des musiciens venus des frontières du Caucase pour l’un et du Moyen Orient pour l’autre. L’Arménie et Israël sont à l’honneur. Du festival de la mer Rouge à Eilat aux rives de la Méditerranée dans la baie de Juan, il n’y a qu’un pas que franchit le saxophoniste Israélien le plus en vue du moment… Eli Degibri !

Jazz à Juan, Degibri

Jazz à Juan reçoit Degibri : l’âme de Rollins sur les Terres d’Abraham ! ©Gilles LEFRANCQ / OTC Antibes Juan Les Pins

Il est sans nul doute le meilleur saxophoniste israélien à ce jour. Avec un son généreux et une aisance en référence à Sonny Rollins, il occupera la scène pendant 45 minutes avec une grande intensité. Il est accompagné d’un superbe trio, interprétant ses propres compositions, dans un registre  hard bop cool, pour un final aux notes orientales à faire chavirer les cœurs. 

Ensuite, place à André Manoukian qui s’installe derrière son Steinway. Très vite, cet éternel charmeur va séduire son auditoire…N’est ce pas Mesdames !
Il va nous conter en parole et musique, avec humour et émotion,  l’histoire de sa vie, de ses amours et de ses racines : l’Arménie. Accompagné pour la circonstance de ses musiciens : le violoncelliste Guillaume Latil, le batteur Pierre Alain Tocannier et le saxophoniste/flûtiste Hervé Manoukian.
Son répertoire et ses mélodies sont parfumées aux épices d’Orient, surtout quand Hervé Manoukian, délaisse ses saxophones pour le duduk, cette flûte arménienne réalisée en bois d’abricotier.

Une fois encore son charme a opéré ce soir….trop fort ce Dédé !

 

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Lenny Kravitz enflamme la pinède Gould pour le 58e Jazz à Juan !

Jeudi 12 juillet, 22h30, 25 degrés, Pinède Gould,  face à la Baie d’Antibes… Les gradins sont pleins à craquer, et dans l’arène une horde de fans de 30 à 60 ans, debout, briquets et smartphone à la main, agglutinés contre les barrières de sécurité. Face à eux se dresse le king de la pop rock soul,  Lenny Kravitz, le digne héritier de Prince, véritable idole des foules, fils d’un père américain d’origine juive et d’une mère Banaméenne, qui va nous livrer une performance immense  de prés de 2 heures .
Les cigales de la pinède ont cessé leur concerto pour faire place au maestro. Il enchaîne les titres, les tubes. « Stop Draggin Around« , « Fly Away« , « Are You Gonna Go My Way » (immanquable), le vieux truc des Guess Who avec son riff implacable, « American Woman » (il y en avait dans le public) et bien d’autres dont  « Let Love Rule » 
Bref le genre de soirée d’où l’on sort en se disant…. Yessss, j’y étais !

 

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