
(Caroline du Nord 3/4 – USA) : Wrightsville and more sur la côte Atlantique
Partons à la découverte de Wrightsville. Très différente de Southport, également posée en bord d’océan, Wrightsville est une petite ville ultra-dynamique. Et pour nous rendre sur ces plages, très fréquentées et où l’agitation est permanente en saison, nous allons rouler à nouveau sur l’une de ces formidables highways où d’énormes voitures roulent tranquillement à un train de sénateur… Mais avant, je vous propose un génial arrêt dans la verdure…
Les Airlie Gardens
Aux États-Unis, il y a bien sûr des parcs nationaux, mais là-bas, l’État n’est pas le pourvoyeur de tout et, si l’on veut quelque chose, il faut le bâtir de ses mains. Beaucoup d’initiatives privées sont à l’origine de projets gigantesques. Nous le savons bien, nous qui aimons les séries américaines où la solidarité joue en permanence et permet des résultats. Et c’est précisément l’un de ces projets que nous allons découvrir aujourd’hui. Les Airlie Gardens ont été créés en 1901 par Sarah Jones, l’épouse d’un riche industriel local ; ces jardins ont été conçus dans un esprit mêlant le romantisme des États du Sud des USA et l’influence des jardins anglais.
Aujourd’hui, les Airlie Gardens sont un site historique et botanique connu pour ses paysages enchanteurs, ses vieux chênes couverts de mousse espagnole et ses allées d’azalées et de camélias.
Le domaine est immense : 27 hectares couverts de 100 000 azalées, des centaines de camélias, des palmiers, des cyprès chauves et des fougères indigènes. Le véritable maître des lieux s’appelle Airlie Oak. C’est un chêne âgé de plus de 400 ans et il domine le jardin de toute sa présence. Impressionnant par sa taille et son port impérial, il veille sur les lieux depuis des siècles.
Au fil de la promenade, on croise également les œuvres d’artistes, notamment la Chapelle en bouteille : une curiosité artistique réalisée par Minnie Evans, l’ancienne gardienne des jardins, dont l’œuvre visionnaire est toujours célébrée.
Les Airlie Gardens sont implantés dans un endroit très spécifique, entre mer et eau douce, dans les eaux du Bradley Creek, un cours d’eau salé soumis aux marées. La rivière serpente à travers les marais côtiers. Au début des années 1900, lors de la transformation du domaine en jardin paysager, Sarah Jones fit ériger une digue pour isoler Church Creek de Bradley Creek, créant ainsi un lac d’eau douce connu aujourd’hui sous le nom d’Airlie Lake.
La proximité de Bradley Creek confère aux Airlie Gardens une atmosphère unique, mêlant jardin botanique, marais salés, zones humides et écosystèmes côtiers, offrant ainsi un habitat riche pour une faune variée, notamment de nombreuses espèces d’oiseaux qui adorent nicher là.
Allez… Continuons vers le sud… Direction Wrightsville !
Wrightsville Beach est installée sur une île-barrière longue et étroite, séparée du continent par l’Intracoastal Waterway. C’est une charmante petite ville balnéaire de seulement 2 500 résidents hors saison. Mais, avec plus de 6 km de plage et des vagues régulières, c’est l’un des meilleurs spots de surf de Caroline du Nord !
C’est aussi l’une des stations balnéaires les plus appréciées de la côte atlantique sud, connue pour son atmosphère détendue, ses plages de sable fin et ses eaux claires idéales pour la baignade et les sports nautiques.
Ici, la mer rythme la vie quotidienne des habitants. D’ailleurs, l’image du surfeur musclé, aux cheveux blonds décolorés, conjuguée au masculin comme au féminin, colle à la peau de Wrightsville. On y pratique le surf, le paddle, le kayak, la voile et la pêche en mer, sans oublier les promenades sur la jetée ou le long des sentiers côtiers.
Loin du bling-bling de certaines plages plus touristiques, la petite cité cultive une image à la fois familiale, sportive et naturelle, avec une forte culture locale de la préservation de l’environnement. Développée au début du XXe siècle, elle a longtemps été une destination de villégiature chic pour les familles aisées de la région.
Wrightsville/ Southport : très différentes ?
À part le bord de mer, ces deux villes sont très différentes. À quelques kilomètres seulement, le contraste est saisissant. Wrightsville Beach vit au rythme du surf, du paddle et des activités nautiques. Southport, elle, invite davantage à la flânerie, entre maisons historiques, galeries d’art et souvenirs du passé maritime. Même les architectures sont réellement différentes : beaucoup de maisons de plage modernes et une esthétique contemporaine dans la première alors que Southport affiche ses maisons victoriennes et ses porches fleuris.
Quant aux activités, elles se résument plutôt au sport et à la vie nocturne en saison à Wrightsville, tandis qu’à Southport dominent antiquaires, musées, galeries d’art et croisières fluviales.
En résumé, Wrightsville est jeune, active, tournée vers la mer et l’avenir quand Southport est historique, paisible, tournée vers la rivière et le charme du passé. Voilà qui dessine, à quelques kilomètres de distance, deux visages distincts de la Caroline du Nord côté Atlantique.
FAT PELICAN
Quelques kilomètres plus au sud, à Carolina Beach, le Fat Pelican est devenu une véritable institution. Ce bar emblématique est considéré comme le plus typique de l’État et figure parmi les 25 meilleurs « dive bars » des États-Unis. Le Fat Pelican est célèbre pour son ambiance décontractée et son décor éclectique. Mais sa plus grande particularité est sa grande chambre froide accessible aux clients, où l’on peut choisir parmi plus de 400 types de bières. Je vous préviens : ça caille !
Parmi les figures locales qui participent à la légende du Fat Pelican, difficile de ne pas remarquer cette septuagénaire à la mini-jupe à carreaux, aux couettes de jeune fille et aux épaisses chaussettes de laine. Impossible de savoir où s’arrête le personnage et où commence la personne. Une chose est certaine : elle est devenue une attraction à elle seule.
Danny, l’actuel propriétaire, vétéran du Vietnam et ancien traiteur pour des groupes de rock tels qu’Aerosmith et The Rolling Stones, a enrichi l’ambiance du bar avec des objets insolites et une atmosphère qu’il décrit comme « chic de parc à roulottes ».
C’est un capharnaüm hétéroclite ! Plus kitsch que cela, difficile à imaginer. Mais impossible d’échapper au selfie avec le Fat Pelican !
Poursuivons nos escapades…
Avec un géant qui veille sur la côte : le phare d’Oak Island. Dressé face à l’Atlantique depuis 1958, ce phare moderne se distingue par sa silhouette élancée et ses anneaux peints en dégradé : gris, blanc, noir. Avec ses 52 mètres de haut et ses ampoules puissantes, c’est l’un des phares les plus lumineux des États-Unis. On voit sa lumière à 25 kilomètres en mer.
Cerise sur le gâteau, les courageux pourront le visiter. Il faut être prêt à monter 131 marches métalliques — car ici, pas d’escaliers en colimaçon — mais la vue panoramique sur la côte et les îles-barrières est la récompense !
Toujours plus loin… à Calabash puis à Kure Beach
Bienvenue à Calabash, le village où l’on déguste la mer sous toutes ses formes. Ici, tout tourne autour du poisson, des crevettes et des huîtres, frits à la perfection dans une pâte légère, croustillante et dorée. Une manière de cuisiner qui a donné son nom à un style culinaire : « Calabash Style ».
Avant de quitter la Caroline du Nord, une dernière halte s’impose à Kure Beach (prononcez Cure-ee) une petite station balnéaire familiale et tranquille située sur l’île de Pleasure Island. Bien moins fréquentée que les deux premières, elle est une destination de choix pour ceux qui recherchent calme, nature et authenticité. Une station familiale, sans grands hôtels ni complexes touristiques bruyants, où l’on vient pour se reposer, marcher sur la plage, pêcher et profiter du cadre naturel.
- La jetée de pêche (Kure Beach Pier). C’est l’une des plus anciennes jetées en bois de la côte Est (construite en 1923). Elle est très populaire pour la pêche et offre une belle vue sur l’océan.
• Fort Fisher. Ce fameux fort, surnommé « Gibraltar du Sud », a joué un rôle essentiel pendant la guerre de Sécession. Situé à la pointe sud de la ville, il abrite un musée et un sentier de randonnée côtière entre les arbres tordus par le vent.
• L’Aquarium de Caroline du Nord à Fort Fisher. Très apprécié des familles, il propose une plongée dans la vie marine locale, des tortues aux requins.
• Faune et nature. On peut y observer des tortues de mer, des oiseaux marins et profiter de promenades dans les dunes ou les marais salés tout proches.
Rendez-vous « Poétique » à Sunset Beach
Dernière escale, à la pointe sud de la Caroline du Nord. Au bout d’une marche d’environ deux kilomètres dans le sable sur sunset Beach, apparaît la Kindred Spirit Mailbox. Perdue au milieu des dunes, cette simple boîte aux lettres noire est devenue un lieu de pèlerinage discret. À l’intérieur, des carnets ouverts à tous recueillent depuis des années les pensées des visiteurs : déclarations d’amour, souvenirs de voyage, confidences, deuils ou simples mots de gratitude. Un lieu simple, émouvant et profondément humain. Sans doute l’un des plus beaux souvenirs que l’on puisse rapporter de cette côte américaine.
Quand vous y serez, je suis certaine que vous aussi, vous y laisserez quelques lignes. Judith Lossmann
*N’oubliez pas de partir avec votre papier et votre crayon.





