Eastbourne : troisième étape de la Creative Coast

Découvrir la côte Sud de l'Angleterre à travers l'Art !
Judith Lossmann
Posted on novembre 07, 2019, 10:30
8 mins

Avec le Brexit, Borders est un sujet chaud de l’actualité britannique au cœur de tous les débats et dans tous les cœurs aussi. Ce sera donc LE sujet imposé aux artistes de la saison 2020 de l’England’s Creative Coast.

Façade de la Towner Gallery

Façade de la Towner Gallery. ©Judith Lossmann

Mais qu’est au juste Creative Coast ?
L’exposition, de mai à novembre 2020, au grand public via les rues des villes, les galeries et les musées, du travail d’artistes locaux, britanniques et étrangers sur la thématique Borders (frontières) imposée. L’England’s Creative Coast est la réunion presque « labellisée » des côtes maritimes – waterfront- des Kent, Essex, South Essex and Sussex établies ensemble autour d’une destination proposée comme un « voyage artistique ». Autant de comtés « so old Fashion British » particulièrement concernés par le Brexit, eux qui voient de nuit les lumières des côtes françaises à peine à quarante kilomètres face à eux. Sont impliquées dans cette démarche artistique entre autres villes, celles de Folkestone, Hastings, Bexhill, Eastbourne lesquelles possèdent chacune des spécificités complémentaires à découvrir en plus des expositions.

Eastbourne, la grande ville de la Creative Coast
Copie presque conforme, en plus modeste, de Brighton, Eastbourne comme sa grande sœur est une ville de villégiature hyper traditionnelle avec son Pier doté d’un dôme venu des palais des Maharadja. Il faut avouer son étonnement devant cette coupole or jaune sur le gris du ciel ! Aujourd’hui, les jeux du Pier sont fermés et le lieu ne joue plus son rôle de « lâcher prise païen » mais l’architecture demeure en place et agrémente le paysage de son étonnante beauté.

Towner Gallery
Ville participante de la Creative Coast, Eastbourne est doté d’un magnifique musée d’art contemporain tant dans le bâtiment que dans les collections. Le Towner Gallery initié en 2009 doit son nom à son créateur. Le fond d’art de plus de 5000 œuvres est axé sur axé sur la position d’Eastbourne et ses alentours sur la côte. À ce titre la démarche éditoriale de la Towner Gallery entre en cohésion avec la démarche créative Coast. Deux collections semi permanentes s’alternent sur les murs des trois grandes salles d’exposition. Mais ce musée a plus à offrir que cela. Il propose une rareté à savoir la visite de son stock œuvres. Une fois par mois, sur inscriptions, les visiteurs ont accès aux toiles, photographies et illustrations stockées derrière de lourdes portes. Un grand moment à saisir par les amateurs d’art. On découvre de nombreuses œuvres d’Eric Ravilius, un artiste local tué pendant la Seconde guerre Mondiale dont la Towner Gallery possède la plus importante collection d’Angleterre. Peintre nostalgique, sentimental et romantique il a aussi été l’un des tout premiers illustrateurs. A admirer également le travail abstrait et très controversé de Gear William Gear et celui plus accessible de Patrick Haron. Mon coup de cœur va à un artiste totalement inconnu Harold Molford dont j’ai adoré le « un train sous un ciel étoilé ».

Pour 2020, l’artiste mexicaine Marianne Castello de Bal s’inspirera de cet héritage culturel (comme le Long Man of Wellington de 72 mètres de haut) pour mettre en place ses installations sur le thème de la frontière.

 

 

 

 

 

 

 

 

Beachy Head

Beachy Head entre Eastbourne et Brighton. ©Judith Lossmann

Beachy Heads
Entre Eastbourne et Brigthon, ce sont très classiquement les falaises de craie abruptes. Hautes de près de 160 mètres, elles sont les plus hautes falaises de calcaire de Grande-Bretagne ! Formée il y a 65 millions d’années, elles ne furent cependant pas foulées par les dinosaures du coin, puisqu’ici c’était la mer. Au fin des millinaires, la couche de craie se forma et de collisions en collisions, les plaques tectoniques expulsèrent ce paysage côtier d’aujourd’hui.

Au pied de Beachy Head, le phare Beachy Head Lighthouse
Quand on se gare et que l’on marche – lentement, il faut être très prudent – vers le bord de la falaise, se découvre au regard un phare qui malgré sa taille de 43m, semble bien modeste comparé à la falaise. La vue est sublime et représente sans doute le cliché le plus répandu de la côte Sud de l’Angleterre. Qu’importe ! Nous repartirons avec mais sans prendre de risque. De nombreuses personnes pour un simple selfie tombent de la falaise chaque année.

Avec cette très ventée balade à Beachy Head se termine notre joyeux et intéressant périple artistique Creative Coast. À l’heure où j’écris ces lignes (octobre 2019), le Brexit n’est toujours pas une affaire terminée. Les gens que nous avons rencontrés et interrogés regrettent tous cette rupture annoncée et savent bien qu’il s’agit d’une affaire politico-politique dont les citoyens sont désormais exclus. D’où la triste urgence de traiter des frontières qui réapparaissent dans la version 2020 de la Creative Coast. Personnellement, j’espère que nous n’aurons pas besoin de ressortir les passeports pour aller en Angleterre.


INFORMATIONS PRATIQUES

 

 

  • Venir sur la Creative Coast
    Depuis la France via l’Eurostar (Gare du Nord) et descendre à Ashford. Puis en voiture de location jusqu’à Folkstone (20 à 30 min).
    Depuis Londres, en train depuis la gare de Saint Pancras. www.southeasterrailway.co.uk
  • Infos culturelles
    Towner Gallery : www.townereastbourne.org.uk
    Tour of collection Highlights : www.townerestbourne.org.uk/collection
  • Déjeuner à Esatbourne
    Lunch a la Towner Gallery Café, un lieu très fréquenté, très coloré et fort agréable.
    www.townereastbourne.org.uk/visit/towner-cafe/
  • Dormir à Eastbourne
    À l’Hydro Hôtel. Le 4*, sans aucun doute le plus traditionnels de la côte sud de l’Angleterre. Ici, tout respire les années 1870 : le bâtiment, la décoration, le service, la carte du restaurant. Les chambres sont vastes et cosy. La vue sur Beachy Head et les jardins superbes. Le petit-déjeuner comme l’offre culinaire sont typiquement britanniques. C’est bon et … très anglais. Mon conseil au chef : moderniser sa carte et ses saveurs pour aller vers plus de créativité. Mais sans doute, ce lieu fréquenté par des têtes blanches doit-il sa pérennité à la tradition. Vous voilà prévenus. Mount Road, Eastbourne – www.hydrohotel.com et www.hydrohotel.com/dining/
Judith Lossmann
Je ne suis jamais aussi bien sur Terre qu'assise dans un avion en partance pour ailleurs. Ma passion pour les paysages, les gens, les cultures est le moteur de ma vie, ma motivation première pour ensuite les transmettre, les partager. J'exerce ma saine curiosité depuis de longues années et je suis toujours autant surprise par ce que je découvre.

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