En Alentejo, belles découvertes des villes Unesco Evora et Elvas

Avec deux villes classées au patrimoine mondial de l’UNESCO et un lac artificiel en plein essor, l'Alentejo propose des destinations vacances inoubliables.
Posted on juillet 21, 2018, 5:08
22 mins

Evora et Elvas : deux somptueuses villes historiques, classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco, se disputent les faveurs des touristes en Alentejo.

Evora, la ville-musée de l’Alentejo

Evora n’est pas la capitale régionale de l’Alentejo pour rien ! C’est une ville chargée d’Histoire. Elle a survécu au passage de nombreuses cultures et de nombreuses batailles et, s’est enrichie de ces arts de vivre venus d’ailleurs. Indolent, à l’abri derrière les murailles d’enceinte de la ville, son centre historique est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1986. Comme dans les Açores, les grandes îles portugaise au milieu de l’Atlantique, des traces romaines, celtes, wisigoths et arabes sont présentes partout dans un entrelacs de petites rues et ruelles au charme absolu. Ombre et lumière s’arrachent les faveurs des regards sans cesse sollicités par des façades colorées où dominent le jaune et le bleu, des balcons décorés, des portes dérobées et des aperçus sur des patios secrets.

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Prendre un café sur une place à l’ombre de la cathédrale. Evora. ©JLossmann

Parfois, un étudiant en costume traditionnel déambule dans les rues en levant le nez, comme échappé d’un passé universitaire. Une résurgence du 18ème siècle durant lequel les Jésuites et leurs étudiants furent chassés, ce qui eut pour conséquence de plonger la ville dans une profonde léthargie dont elle ne s’est peut-être jamais relevée. Quoi qu’il en soit, certains quartiers sont fort animés comme la charmante « Largo d’Alvaro Velho », une petite place idéale pour prendre un verre (une bière locale par exemple, la SuperBock) ou déjeuner à l’ombre d’un énorme et fleuri Jacaranda du Brésil.
Les représentations des luttes de pouvoir sont nombreuses dans l’architecture de la ville, ce qui lui vaut le surnom de “Ville Musée”. On la visitera donc d’abord pour découvrir et admirer ses églises magnifiques, la stupéfiante cathédrale La Sé, pour la diversité de l’architecture de la place de Giraldo, le Château Vieux, l’Université et pour l’incroyable Église royale de Saint-François avec son cloître gothique et la fameuse Capela dos Osso.

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La Chapelle des Os à Evora. Alentejo. ©JLossmann

 

La chapelle des Os

Un lieu qui porte son nom à la perfection. Tout… du sol au plafond est en os. En os humains. Des crânes, des fémurs, des tibias, des péronés… il y a de quoi réviser les os du squelette. Sur le papier, cette chapelle des Os peut sembler un peu « funèbre ». Mais du tout ! Dans les faits, c’est absolument magnifique. Les détails, l’utilisation de la matière « os », les mosaïques créées par les artistes sont à voir absolument. Et puis, les bâtisseurs de l’époque ne manquaient pas d’humour. Ils nous invitent gentiment à venir ici les rejoindre avec cette phrase gravée au fronton de la chapelle : Nos os sont là, nous attendons les vôtres. »

Accroché à l’Église royale, le musée des Arts Traditionnels propose une exposition permanente sur les bois polychromes des 15 et 16ème siècles, propres à éblouir le regard. Christ en ivoire, peintures sur bois, objets de culte, tout mérite une attention particulière sur le talent des créateurs dont le Saint-Jean-le-Baptiste, une statue merveilleuse.

À Evora, on trouvera surtout un héritage romain plus imposant qu’à Elvas, notre prochaine destination. Au coeur de la ville, un temple est encore intact, on ne manquera pas de lui rendre visite. Et puis, il y a l’aqueduc qui dispose de deux particularités intéressantes. Tout d’abord, dans un souci de gain de la place, quelques maisons sont construites en-dessous. Petit détail insolite qui vaut le coup d’oeil ! Et puis c’est aussi l’un des rares aqueducs encore en fonction de nos jours ! Evora, ce sont aussi des petits rues baignées de soleil, percées de parcs et de monuments, cette ancienne ville de résidence royale n’a jamais perdu de sa splendeur. Quant à son célèbre fromage, il dit combien l’Alentejo est aussi et surtout une région agricole.

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Le parterre coloré de la grand’place d’Elvas dans la plus pure tradition locale. ©JLossmann

Portugal, Alentejo, Elvas

La grand’place d’Elvas à la nuit tombante. Calme et peu fréquentée les soirs de semaine. ©JLossmann

Elvas, ville de garnison fortifiée à la frontière de l’Alentejo et de l’Espagne

Elvas, au nord de l’Alentejo, est célèbre pour les remparts qui l’entourent encore de nos jours. Les fortins de Wellington (le Vauban portugais) entourent la ville et en font une véritable place forte, un lieu défensif indispensable vu sa situation aux frontières de l’Espagne. Elvas fut longtemps une place stratégique importante. Elle fut le témoin de siècles de combats.
Tour à tour aux mains des Maures, des Portugais et des Espagnols, elle s’enrichit aussi de ses origines celtiques et romaines. Autant dire que c’est une ville chargée d’Histoire ! Ces différentes cultures ont toutes laissé leurs traces dans l’architecture de la ville. Il y a d’abord, évidemment, les longs remparts – les plus grands d’Europe encore intacts – qui ceignent la ville. Ils lui ont permis d’être classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, puisqu’ils témoignent comme nulle part ailleurs de tous les pouvoirs et cultures qui se sont succédés pour faire de cette ville une place forte.

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À la nuit tombante, les ruelles étroites d’Elvas prennent une dimension féérique. ©JLossmann

Elvas est remarquable pour ses forts en forme d’étoile qui complètent les défenses de la ville et en font le plus grand système défensif à douves sèches du monde. Mais c’est derrière ses remparts que se cache sa vraie beauté et celle des nombreuses chapelles, églises et cathédrale. On ne passera pas à côté de la visite de la Chapelle de Notre-Dame de la Conception, de l’église de Sainte-Marie de Alçova et de la toute simple Eglise de la Miséricorde avant de finir par l’Église de l’Ordre de Saint-François et celle de l’Ordre des Dominicains, choisies parmi bien d’autres. Toutes ces visites sont très axées sur la patrimoine religieux mais, rappelez-vous qu’à l’époque, il concentrait toutes les richesses ! D’autant plus, qu’ici après la reprise de la ville aux Maures au 13ème siècle, l’Église catholique restaura tous les bâtiments religieux de la ville pour effacer leur passage. Ils n’en restent pas moins bien des traces sublimes grâce aux diverses influences qui structurent l’architecture d’Elvas.
N’oublions pas non plus de faire un tour au musée militaire ou au château fort de style médiéval, deux places importantes pour les mordus d’Histoire sans oublier le Musée de la Photographie.
Tous ces édifices mélangent les styles, les époques, les cultures. Un véritable plaisir pour les yeux ! Et pour finir, on ne rate pas l’Aqueduc d’Amoreira. Avec ses huit kilomètres de long, il fait parti des plus grands au monde.

Le fort de Graça, le plus grand fort militaire du monde !

À quelques battement d’ailes de la ville fortifiée et à huit kilomètres de la frontière avec l’Espagne, s’élève un fort exceptionnel par son architecture en étoile. Au 17ème siècle le Comte de Lippe donna l’ordre à l’ingénieur De Bassemond, d’établir les plans de ce fort militaire défensif. La direction des ouvrages fut attribuée à un français, l’ingénieur Etienne durant la première partie de sa construction entre 1761 et 1767. La plus grande innovation de l’époque, due à Etienne, réside dans la construction au point culminant du fort, de la maison du Gouverneur. Plusieurs dates s’opposent sur la conclusion de la construction de l’édifice complet : 1792 versus 1797. Six mille hommes ont travaillé à son édification qui coûta 767 000 réis. Une fortune !
Ce fort est construit comme un château fort avec des remparts, des douves et un système défensif par rétrécissement absolument démoniaque. Une visite guidée vous expliquera comment on ralentissait la progression des attaquants, jusqu’à les « coincer » dans des pièces qui se refermaient sur eux. Une fois piégés, on leur jetait de l’huile, du sable brûlant, de l’urine chauffée à blanc, des tisons ardents du haut de cachettes implantées dans les plafonds. Au fil des décennies, le fort servit de poste d’artillerie et fut une terrible prison militaire et politique : cinquante personnes étaient retenues dans une cellule collective de petite taille, éclairée d’un minable vasistas. Ils dormaient à même le sol et partageaient un pot de chambre. Pire encore étaient les cellules d’isolement où les prisonniers passaient – absolument sans contact et sans lumière – de six mois à un an ! 

Portugal, Evore, Fort de Graça

Le fort de Graça, forteresse de type Vauban à côté d’Evora. ©JLossmann

 

Ce fort de 145 mètres de côté est une rareté mondiale. Un véritable chef-d’oeuvre plein de singularités : des tours, des cachettes, des douves couvertes, des passages secrets, une esplanade, des maçonneries, des murs d’une épaisseur dantesque, le corps de garde, 1,7 km de chemin de ronde, la coupole, la chapelle et … la maison du gouverneur accessible après des tours et des détours. Un labyrinthe destiné à perdre les éventuels assaillants. Pour finir, parvenus au point culminant, la vue à 360°sur tous les reliefs géographiques et la campagne environnante est une récompense à la hauteur des efforts ! Tout ce déploiement de forces a parfaitement fonctionné : le fort n’a jamais été « pris ». 
En sortant de la visite, jetez un coup d’oeil sur la maquette qui a nécessité 98620 allumettes. L’histoire ne dit pas combien de temps sa construction a demandé.

Que vous soyez plutôt plages idylliques, visites culturelles ou activités sportives, l’Alentejo aura donc de quoi vous ravir. Cette région encore peu connue à l’international propose des petits trésors de découvertes et de bons moments sous le soleil du sud.

 

Autres destinations au Portugal :

Alentejo, les villes Unesco Elvas et Evora : 

Alentejo : les terres dorées de l’Alentejo et le sublime lac Alqueva

L’Algarve : Faro ville phare de l’Algarve

Les Açores : Terceira et San Miguel


INFORMATIONS PRATIQUES


Alentejo Promotion Office
6, Rua Manuel Batista Reis, Grândola Tél. +351 269 498 680
info@turismodoalentejo.pt – www.visitalentejo.pt – www.visitportugal.com

Comment y aller ?

avion, Aigle Azur, Alentejo

La compagnie aérienne Aigle Azur dessert l’Alentejo plusieurs fois par semaine.

En avion : Paris Orly > Lisbonne (2h30)
Avec la compagnie Aigle Azur à partir de 62€ l’aller simple. Sur le site utiliser le bouton « Me contacter » pour être rappelé – Renseignements au 0 810 797 997 (0,06€/minute) – Plus d’informations et réservations de billet : www.aigle-azur.com/

Mieux connaître la compagnie Aigle Azur
Née au printemps 1946, dans l’euphorie de la libération de la France et du ciel, Aigle Azur a traversé la passionnante histoire du transport aérien français. Sans conteste, compagnie aérienne pionnière, Aigle Azur est une vraie maison d’aviateurs. C’est aussi et surtout la plus ancienne des compagnies aériennes françaises privées encore en activité. Dès 1970, elle ouvrit les lignes aériennes régionales en France et était déjà une référence pour les voyageurs de l’époque.

Aigle Azur aujourd’hui
• La 2ème compagnie aérienne régulière française en nombre de passagers (près de 2 millions en 2017)
• Près de 15 destinations au départ de 5 aéroports en France
• Près de 300 vols réguliers par semaine
• Une flotte Airbus moderne et homogène avec des A319, A320 et l’introduction de deux A330 dans la flotte en avril et en mai 2018
• Augmentation des fréquences de vols en Europe et lancement d’une ligne quotidienne vers l’Italie (Milan Malpensa) en septembre 2018
• Ouverture au long-courrier à l’est et à l’ouest : le Brésil (Sao Paulo Viracopos) en juillet 2018 et la Chine (Pékin) en août 2018
• Signature de partenariats stratégiques avec Hainan Airlines, Azul, TAP Portugal, Corsair et Air Caraïbes

Lisbonne est également desservi par :
Air France www.airfrance.fr
Hop www.hop.com
Transavia www.transavia.com

EVORA

Se restaurer

Café Alentejo : 
Très connu dans son genre – disons plutôt provincial – ce restaurant sert une magnifique Pata Negra, un gratin de Morue aux épinard et pomme de terre excellent, ou une queue de boeuf inoubliable. C’est l’un des plats signatures de la maison, on peut y aller juste pour cette raison !
Rua do Raimundo, 5 7000-661 Évora – Tél. +351 266 706 296 –
cafealentejorestaurante@gmail.com – www.restaurantecafealentejo.com

Dom Joaquim Restaurant – 6, Rua dos Penedos – Évora – Tél. +351 266 731 105
www.restaurantedomjoaquim.pt/

Dormir

Portugal, Alentejo, Evora, Vitoria Stone

Petit déjeuner au Vitoria Stone. ©JLossmann

Vitoria Stone Hotel **** : Déco assumer autour du béton, du bois, des vieux papiers peints. Piscine et bar sur le toit. PD parfait. Large choix sucré salé. On peut PD dehors sur une terrasse. Hôtel à déconseiller aux light sleepers – A 10min du centre ville historique. 5, Rua Diana de Lis – Évora – Tél. +351 266 707 174 info@vitoriastonehotel.com – www.vitoriastonehotel.com

 

M’ar De Ar Aqueduto
72, Rua Cândido dos Reis – Évora – Tél. + 351 266 740 700
geral@mardearhotels.com – www.mardearhotels.com/en/contacts-en/

 

 

SUR LA ROUTE VERS ELVAS
Un stop déjeuner dans le village de Estremoz, célèbre pour son marché aux fleurs et aux plantes au restaurant Mercearia Gadanha. Vous apprécierez l’excellente cuisine proposée. Traditionnelle et moderne, basée sur des produits frais locaux et une production de qualité côte d’agneau, octopus (poulpe), supers vins. On adore la belle décoration trendy de ce restaurant/boutique/épicerie qui fait la part belle aux produits locaux. Absolument savoureux. Impossible d’être déçu. Une adresse à tester absolument. Attention ce lieu de qualité est fréquenté, mieux vaut réserver.

Merceira –

 Entrée à partir de 7€. Plats à partir de 12€. Tout est très copieux ! 

84, Largo Dragões de Olivença – Estremoz – Tél. +351 268 333 262
www.merceariagadanha.pt – mercearia@merceariagadanha.pt

Portugal, Alentejo, Mercearia Gadanh, Estremoz,

Restaurant Mercearia Gadanh à Estremoz. ©JLossmann

ELVAS

Dormir
Dans la Poussada Santa Luzia.
A première vue, l’hôtel est horriblement installé sur le bord d’un rond-point très fréquenté. Dans les faits, cette Poussada réputée est calme. La décoration des chambre – grandes, fraîches, à l’abri du soleil et calmes-, est archi traditionnelle… une plongée dans le Portugal des années 1950/60. Une piscine, bienvenue, en fin de joournée complète le tout.
On déjeune et l’on dîne fort agréablement dans la Poussada, le restaurant gastronomique propose une carte réputée et recherchée. Pour la petite histoire c’est dans cette salle et dans ces cuisines que fut inventée, en 1947, la recette du célèbre Dourado, la fameuse « Morue Dorée », servie aujourd’hui dans tout le pays. Le Chef le prépare en salle, devant vous. Un geste très technique permet d’obtenir cette effilochée d’oeufs sur des pommes de terres en purée mêlées à de la morue avant d’être flambée. Une sublimité jaune d’où son nom !

Ci-dessous la recette en image de la préparation devant les convives de la MORUE DORÉE…

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La carte fourmille de gourmandises et de spécialités telles que les entrées façon kemia (champignons étuvés aux noix, moules vapeur aux oignons et au persil, chouriço de porc noir grillé au charbon, fromage à pâte molle aux olives), Joue de porc noir façon gibier, sauce au vin. Desserts gourmands. Belle carte de vins portugais.

Av. de Badajoz, Edificio Pousada de Santa Luzia – Elvas – Tél. +351 268 637 470/472 – reservas@slhotel-elvas.pt – www.slhotel-elvas.pt

 

 

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